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EAN : 9781548346010
128 pages
Éditeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (25/06/2017)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Nous présentant René Daumal1, Georges Perros livre un puissant credo : « Quelque chose en ce monde est perpétuellement menacé, toujours à sauver. Cette chose concerne l’homme, expressément. Que les rares privilégiés frappés, prévenus, mis en cause par cette idée, ce rien, que le mot : poésie, risque de définir en chacun, que ces éperdus empruntent au langage ses moyens et ses prestiges pour réduire leur nostalgie, voilà qui sauve la littérature, lui rend sa force, s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Tandarica
  06 novembre 2017
Permettez-moi de sous-traiter parfois. Octavian Soviany a qui je laisse ici le champ libre de toute occupation illicite, est souvent membre de jurys pour des prix littéraires, alors sagesse debout : "Le refus de textualiser sera dans de tels poèmes solidaire d'une occultation de la mémoire, qui est à son tour un dépôt de traces, il revêt le caractère d'un livre où l'on enferme historiquement le passé, mais constitue en même temps un univers carcéral isomorphe à la casemate de papier de l'écriture. Parcourir ce musée du passé et ses souvenirs momifiés confère à la poésie de Valentin Dolfi les volutes d'une oppressante mélancolie, qui constitue probablement la particularité de ce poète qui semble interpréter la partition du textualisme désabusé, érodé par le mal de la tristesse et de la fatigue. (Octavian Soviany, Lecția de melancolie [La leçon de mélancolie], dans Luceafărul [L'étoile du berger, nouvelle série], n° 22, juin 2000)
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Herve-Lionel
  28 mai 2020
Ma poésie comme biographie - Valentin Dolfi.
Tout d'abord je remercie Tanderica (Gabrielle Danoux) de m'avoir permis d'aborder Valentin Dolfi, un poète roumain contemporain, né en 1961 qui vit dans la ville thermale de Băile Govora où il est bibliothécaire et dont elle est la traductrice.
En réalité ce recueil est intitulé « Photos de famille », rebaptisé par la traductrice avec l'accord de l'auteur « Ma poésie comme biographie » et s'inscrit dans une anthologie « La nature éphémère des choses » . le recueil se décline en plusieurs moments : « Casamate de papier », « Le monde de plâtre », « La vie de carton-pâte », « L'anthologie de la petite ville de Băile Govora ». le titre général de ce recueil indique assez clairement que l'auteur va parler de lui, de sa vie, de sa mémoire.
Aborder un écrivain étranger est toujours une aventure surtout si cette découverte se fait par le biais de l'écriture poétique, différente de celle du roman. La poésie n'est jamais aussi appréciée que lorsqu'elle se lit à haute voix mais ici je diviserai ce recueil en deux parties inégales. Dans les trois premiers chapitres, les mots sont un peu saccadés comme les images de rue qui se succèdent devant les yeux de celui qui écrit, des clichés du quotidien qui réveillent son enfance, ses rêves d'ailleurs et ses folies ou simplement s'imposent par leur banalité quotidienne. L'écriture est hachée, avec des inversions, des répétitions sans ponctuation, des expressions et des mots étrangers, ce qui ne facilite pas la lecture et on perd souvent en émotion. Il y a la fascination de l'Amérique ou de la France, c'est à dire de l'ailleurs que les événements, le destin où je ne sais quoi ont fait avorter, celle de l'amour qui donne l'illusion de la jeunesse et de la liberté mais n'enfante que la solitude déprimante face à la silhouette d'une femme en allée. Les mots qu'on emprisonne sur le papier, parce qu'ils doivent sortir pour fixer l'instant ou libérer l'âme grâce à son pouvoir cathartique, restent morts même face aux volutes bleues de la fumée d'une cigarette ou le farniente d'une bière sirotée à une terrasse de bistrot. Écrire est un accouchement douloureux et se heurte parfois à l'indifférence d'autrui, mais ceux qui ont choisi d'écrire le font quand d'autres préfèrent invoquer Dieu, verser des larmes ou boire de l‘alcool.
Dans ces trois parties j‘ai senti l'auteur perdu dans ce monde, qu'il ait la couleur d'une grande ville ou le microcosme d'une maison, malgré la présence d'une mystérieuse Mme Fisher, j'ai senti l'omniprésence de l'ennui et du dérisoire quotidiens, « une vie de carton pâte », celle du travail chaque jour recommencé, sans intérêt, sans amour et avec des souvenirs qui la pourrissent tous les jours un peu plus. L'écriture ne parvient pas toujours à l'apprivoiser comme elle n'apprivoise pas davantage la vie ordinaire en général ni la mort, simple événement qui en marque la fin, sonne comme une sorte de délivrance, le terme d'une existence sans joie et souvent dans la souffrance, face à un Dieu absent, inutilement invoqué et qui restera toujours mystérieusement silencieux, comme un leurre. Un abandon, une déréliction que ni le travail ni l'écriture ne suffisent pas à exorciser, parce que les mots ne pèsent rien.
En revanche j‘ai beaucoup plus apprécié la dernière partie consacrée à la ville de Băile Govora parce que l'auteur y parle des autres, des petites gens qui vivent comme ils le peuvent et se battent pour survivre ne trouvant leur salut que dans l'abnégation, le travail dur et ingrat ou l'alcool. La vie s'interrompt vite ou perdure dans la souffrance ou dans l'injustice de la maladie et la trahison des autres, toute chose que Dieu, ou l'idée qu'on s'en fait, ne suffit pas à adoucir. Ces moments délétères ainsi évoqués se conjuguent avec l'histoire de la Roumanie, l'arrivée des communistes, la dictature de Ceausescu et la cruauté de ceux à qui on croyait pouvoir faire confiance. Ces petits, ces sans grade, meurent ne laissant rien derrière eux que la désolation et le malheur et leur passage sur terre se dissout dans l'oubli ou dans un souvenir douloureux.
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Francharb3
  12 juillet 2017
Un sympathique recueil de poésie roumaine, dont l'auteur vit dans la petite ville de Băile Govora. Au fond, la sympathie doit s'entendre surtout au sens de "compassion", comme un anglicisme bienvenu puisque Valentin Dolfi ne se prive pas de références américaines. Nombre de poèmes sont en effet consacrés aux moins que rien, aux oubliés quelque part au fin fond de la Roumanie et le poète semble se considérer comme un des leurs. Parmi eux : Judi la simple d'esprit, l'ancien maire déchu, le prêtre décédé, Prunicel le hamster ou les chiens errants, "godforsaken place" (endroit abandonné de Dieu) pour tous. Même le couple ne préserve pas de cette solitude: comme chez Carson McCullers, qu'il mentionne en passant, le coeur est hypothéqué.
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ancienjour
  28 juillet 2017
Je acheté le livre et je l'ai aimé ! Je relis plusieurs fois. Les poèmes sont belles et bien écrit, dans le meilleur style post-moderniste. Dans une forme poétique austère et parfois délibérément dramatique, mais toujours avec ironie, l'auteur raconte petites histoires de sa vie. Pour tous les fans de poésie, je recommande ces poèmes merveilleux !
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
mcd30mcd30   20 avril 2020
Alexandra croit je crois

Ce que Dieu aime le plus ce sont les animaux

croit Alexandra car ils sont doux

et beaux et inoffensifs beaucoup

de gens prennent un animal de compagnie contre

l'ennui aux vieux jours et pour cette raison

notre chatte Misa n'a rien eu quand

elle est tombée du quatrième étage sur la plateforme en béton

du premier étage on l'a juste trouvée un peu barbouillée

et effrayée sous l'escalier ce que Dieu

aime le plus ce sont les animaux croit
Alexandra je crois

que ce que Dieu aime le plus ce sont les
chiens

tant il a laissé d'ossements ici bas sur terre
chiens

* lire le commentaire
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TandaricaTandarica   20 juillet 2017
Papa dit Alexandra la demoiselle pour les maths
nous a gardés durant tout le cours debout à cause d’un camarade
qui était en retard nous avons écrit penchés au-dessus des bancs
à cause de cela l’écriture est désordonnée
et les lettres la tête à l’envers ne me
gronde pas tu sais que d’habitude j’écris bien
à l’armée pareil on nous punissait
à cause d’un seul qui n’avait pas bien nettoyé
son arme ou qui ne s’était pas rasé on était tous
de corvée à la popote ou à la porcherie quand venait
le lieutenant devant le peloton on prenait la pose
de salut avec ses bottes noires lustrées
il nous disait que peut-être il aurait pitié de nous
Dieu et que le service militaire s’achèverait
mais si on se rencontrait une seconde fois dans cette vie
nombre d’entre nous pleureraient dès
le lendemain est mort un des nôtres il s’est fusillé en
service par erreur ou parce qu’il le voulait bien
comme de jeunes gens nous nous sommes cachés
notre douleur comme de jeunes gens nous avons accourus
aux douches pour pleurer à gorge déployée en serrant les poings

(Une seconde fois dans cette vie, p. 47)
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TandaricaTandarica   03 septembre 2019
Tiens me suis-je dit

Père est mort aujourd’hui six octobre au matin
c’est Mioara du troisième qui a sonné à la porte et a
dit tiens il est mort le père de Valentin qu’il parte
de suite à Vâlcea quand je suis arrivé je l’ai trouvé
allongé sur le lit habillé en costume
tout neuf comme les chaussures longtemps je l’ai regardé
j’ai boutonné sa chemise je lui ai mis
un petit miroir dans la poche de poitrine
dans la vitrine il conservait une bouteille de whiskey
qu’il n’a jamais voulu ouvrir j’ai pris
un verre j’ai bu j’ai pleuré longtemps au cimetière
j’ai redressé les couronnes et les fleurs j’ai touché la croix
de ma propre main tiens me suis-je dit ainsi s’achève de
mon père la vie Dolfi A. Valentin soixante-quatre
ans c’est ainsi que commence la mort avec les premières mottes
de terre qui s’abattent sur le cercueil

(p. 57)
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Francharb3Francharb3   12 juillet 2017
Sur une véranda dans une berceuse un vieux
et une vieille se balancent dans la cour sur les tables
sont posés des objets divers je les soulève je les repose
à leur place tasses verres ébréchés vieux dépareillés
certains en bon état habits livres disques un ramoneur un
sac à dos Mickey Mouse avec une guitare Donald
Duck un anorak sur une véranda dans des
berceuses une vieille et un vieux se balancent
et pas un son qu’on entende passe une voiture
de police doucement tombe la nuit la solitude
s’enfonce à fond dans la chair comme une lame de couteau

Mercredi (p. 30)
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TandaricaTandarica   20 juillet 2017
Barney est seul sa femme est morte l’année passée
je me tiens sur la collinette près de la maison de madame Fisher
et j’écoute de la musique au walkman Barney sort
pour étendre son linge dehors dans une niche
il a un méchant chien il a un chien qui quand il me voit
aboie je me tiens sur la collinette près de la maison de madame
Fisher et j’observe les voitures qui passent vers Newburgh
vers Monroe et la voiture de la poste s’arrête et
klaxonne une fois et arrive madame Fisher elle prend
son courrier et la voiture repart vers chez Barney ne s’arrête pas
lui est seul sa femme est morte l’année passée
il tond son gazon personne pour lui écrire

(Barney est seul, p. 43)
+ Lire la suite
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