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ISBN : 274277999X
Éditeur : Actes Sud (05/01/2009)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 129 notes)
Résumé :
Elle s'appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l'amour, elle a vécu d'illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d'arsenic - c'est du moins ce que prétendra Flaubert. Or c'est un fait reconnu que l'arsenic, en une seule prise, n'est presque jamais mortel...

Voici ce qui s'est réellement passé : au chevet de la jeune femme, deux médecins ont été appelés. L'un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
Labyrinthiques
  08 avril 2012
« Ce qui me semble beau, ce que je vou­drais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache exté­rieure, qui se tien­drait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être sou­te­nue se tient en l'air, un livre qui n'aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invi­sible, si cela se peut. Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière. […] C'est pour cela qu'il n'y a ni beaux ni vilains sujets et qu'on pour­rait presque établir comme axiome, en se pla­çant au point de vue de l'Art pur, qu'il n'y en a aucun, le style étant à lui seul une manière abso­lue de voir les choses. »
G. Flau­bert, Lettre à Louise Colet, 16 jan­vier 1852.
Tout d'abord (re-re-re)tordons le cou à cer­taines idées tenaces. La lit­té­ra­ture et l'art en géné­ral sont faits pour être pillés, déva­li­sés, détour­nés, alté­rés, copiés, pour­sui­vis, moles­tés. Toute l'histoire des idées marche sur ce prin­cipe, depuis l'antiquité. On copie, on pro­longe, on détourne, on s'inspire, on nuance, on contre­dit le maître. Si, je ne le nie pas, la conser­va­tion du patri­moine est essen­tielle et indis­pen­sable pour la trans­mis­sion de notre iden­tité d'humains, l'art n'a pas pour unique fina­lité de dégé­né­rer dans un musée (ou une biblio­thèque) pour le bon plai­sir bour­geois d'être relu­qué, pos­sédé, capi­ta­lisé, inven­to­rié, estimé, mar­chandé. Ainsi, par exemple, je qua­li­fie d'acte artis­tique et poé­tique celui Pierre Pinon­celli qui pisse dans la Fon­taine de Duchamp avant de la bri­ser. L'oeuvre a une vie, et n'en déplaisent aux conser­va­teurs de musée, elle peut aussi avoir une mort. A cet égard, j'aime beau­coup le tra­vail de Wolf­gang Laib qui réflé­chit sur la notion d'oeuvre et de temps et qui donne tou­jours beau­coup de mal aux conser­va­teurs des musées pour gar­der l'intégrité de ses oeuvres faites de pol­len ou de lait, de maté­riaux bio­dé­gra­dables (mais je repar­le­rai je pense de cet artiste). Pinon­celli, par son geste, désa­cra­lise le rea­dy­made en le réin­vo­quant pour ce qu'il est : un simple objet de manu­fac­ture. Chan­ge­ment d'époque, chan­ge­ment d'esprit. L'acte aurait sans doute plu à Duchamp, d'autant plus que le rea­dy­made est fina­le­ment plus une idée qu'un objet artis­tique en soi (enfin il l'est par la simple énonciation/désignation de l'artiste, mais l'essentiel réside dans l'idée et l'ironie de cette trans­gres­sion). La répé­ti­tion sans fin de la dési­gna­tion par le rea­dy­made (l'oeuvre des conti­nua­teurs en somme) se ter­mine par cet acte poé­tique de Pin­non­celli qui brise le modèle, inter­di­sant par là l'acte de répé­ti­tion sté­rile du même (cercle vicieux sans fin qui redit tou­jours le même), et le pas­sage à autre chose. Conti­nuité dans cet exemple par la des­truc­tion, plu­tôt radi­cale, mais conti­nuité quand même.
Et en lit­té­ra­ture il en va de même. Il n'y a pas de per­son­nages, d'oeuvres, de lieux, d'idées qui soient défi­ni­ti­ve­ment invio­lables, per­chés sur un pié­des­tal inac­ces­sible sans prise aucune au chan­ge­ment, à la dépos­ses­sion, au pas­tiche, à l'interprétation. Bien sûr une oeuvre reste une oeuvre est sa qua­lité n'est pas, de facto, trans­mise par héri­tage depuis son modèle. Bien au contraire, elle doit être per­ti­nente, intel­li­gente, com­plé­men­taire, sub­ver­sive… elle doit alté­rer son ori­gine, jouer de contre­point dans son dis­cours, elle doit la sur­pas­ser dans son ambi­tion intel­lec­tuelle, poli­tique et esthétique.
Cette longue intro­duc­tion pour dire que non, Emma Bovary n'est pas une vieille momie à conser­ver jalou­se­ment dans le musée de Flau­bert et qu'il est cou­ra­geux de la part de Phi­lippe Dou­menc de la faire revivre (bon pour mieux la tuer, mais ça c'est son autre his­toire). N'en déplaisent aux conser­va­teurs (et pour­tant j'aime cette oeuvre de Flau­bert, lue et relue).
La contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, reprend l'oeuvre exac­te­ment au moment de la mort d'Emma. Il s'agit d'une enquête menée sur l'origine de sa mort, ordon­née par le pré­fet suite à la décou­verte sus­pecte de traces minus­cules sur son corps. L'oeuvre est donc le rap­port de cette enquête pas ordi­naire sur un fait on ne peut plus ordi­naire. On y retrouve tous les ingré­dients du roman poli­ciers, ingré­dients fri­sant par­fois la cari­ca­ture : le vieux com­mis­saire proche de la retraite, le jeune ini­tié Remi (qui est le témoin et le rap­por­teur de l'histoire dans sa tota­lité), un méde­cin légiste, des dépo­si­tions, une enquête reti­rée par les auto­ri­tés parce que trop déran­geante, 4 sus­pects, des faux et des vrais aveux, des men­songes, de l'adultères, de la déca­dence… Bref tous les éléments d'un bon poli­cier. Et dans ce sens, il peut être sim­ple­ment lu comme tel. Sans réfé­rence à l'oeuvre de Flaubert.
Je repense à la phrase de Flau­bert à Louise Colet (cf. inci­pit) : « Ce qui me semble beau, ce que je vou­drais faire, c'est un livre sur rien ». Comme Flau­bert, Dou­menc lance une enquête sur une non-affaire, sur rien, ou si peu. Une femme, qui a englouti son patri­moine par des dettes incon­si­dé­rées, qui a été reje­tée par ses amants, qui meurt suite à l'absorption d'arsenic, d'aucuns auraient conclu (et Flau­bert le pre­mier) au sui­cide. Mais non ! L'enquête doit avoir lieu. Même sur la base d'un presque mal­en­tendu. Toute his­toire, toute enquête mérite d'être creu­sée afin d'en révé­ler la beauté (par le style) ou la vérité (par la confron­ta­tion des faits). le choix du style et du ton, celui de l'enquête, neutre et plat, renoue évidem­ment avec celui de Flau­bert, simple obser­va­teur, enquê­teur sur le rien. On notera, parmi les pas­tiches du style (car il y quand même cette ten­ta­tion, tant l'univers de Flau­bert est intrin­sèque à son style, cf. la cita­tion) le recours à l'adverbe flau­ber­tien, un long adverbe de manière, déta­ché en incise, comme un appen­dice inutile à la phrase.
C'est une oeuvre vrai­ment plai­sante lire, on y retrouve l'ambiance pro­vin­ciale d'Yonville et de ses ‘char­mants' habi­tants, les amants d'Emma… On replonge avec délec­ta­tion dans cet uni­vers médi-ocre… On fouille, on creuse dans ces “sujets invi­sibles” et on y découvre la nature humaine, ses fai­blesses, ses souf­frances, ses men­songes… mais on ne découvre tou­jours pas ces mots qu'Emma “avait trouvé beaux dans les livres”. On croise un per­son­nage nou­veau, la fille du phar­ma­cien Homais, jeune fille de seize ans qui s'éprend du jeune Remi et qui souffre des mêmes maux qu'Emma, dont ce besoin irré­pres­sible de fuir Yon­ville et sa bêtise, de s'évader de cette pri­son. On veut croire un moment à la féli­cité avec Remi mais l'image se creuse, les sen­ti­ments se dégonflent en ne lais­sant qu'« un goût acide et tendre dans la bouche. »
Le dénoue­ment est plu­tôt sur­pre­nant. Mais plus encore la post­face, qui attaque direc­te­ment l'oeuvre de Flau­bert, lui fai­sant le pro­cès (encore un !) d'avoir volon­tai­re­ment fal­si­fié les faits, d'en avoir omis voire même d'en avoir inven­tés. de n'être qu'un fal­si­fi­ca­teur de la réa­lité. de cette fal­si­fi­ca­tion qui a trompé Emma jusqu'au tom­beau ? Plu­tôt que les livres et leur uni­vers déréa­li­sant, n'est-ce pas plu­tôt la triste réa­lité d'Yonville la vraie cou­pable du meurtre d'Emma Bovary ?
« Pour­tant quand il [Remi] par­lait du livre qu'un jour enfin il se décida à lire, il ne pou­vait dis­si­mu­ler — à regret — que cer­taines pages étaient belles. Dans le roman, Yon­ville et ses per­son­nages res­plen­dissent à jamais de l'éclat immor­tel de la bêtise. Mais sur­tout la figure cen­trale rede­vient Emma Bovary. Par ins­tinct Flau­bert l'a splen­di­de­ment res­ti­tuée, lui qui jamais ne l'a jamais ren­con­trée vivante, alors qu'Herville et Remi avaient eu au moins une sorte de contact indi­rect avec elle, l'un au bout de son scal­pel, l'autre au tra­vers d'une enquête plu­tôt fan­geuse. Remi n'en était pas jaloux. Sa pro­fes­sion avait été de recher­cher les cir­cons­tances de la mort de cette femme, celle de Flau­bert de bro­der sur sa vie, en ce domaine un pauvre flic aura tou­jours tort : il n'a droit qu'à la stricte vérité des faits, alors que le roman­cier, lui, peut à loi­sir inven­ter, rêver — et men­tir ! » p. 186

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sabine59
  08 mai 2017
Réjouissante, cette lecture! Imaginer qu'Emma ne s'est pas suicidée mais a été assassinée est le point de départ d'une contre- enquête malicieuse et prenante.
Tout fait clin d'oeil au roman de Flaubert, dans ce policier atypique.D'ailleurs, Flaubert lui-même y est présent et cherche l'inspiration littéraire à travers la mort de la pauvre Emma... Ceci dit, l'auteur est bien documenté et connaît "Madame Bovary" en détails, il se permet même de relever des erreurs ou de réinterpréter le texte.
Une véritable enquête policière est conduite par Rémi, le jeune débutant pas si maladroit qu'il n'y paraît. Lui aussi est obsédé par la morte et ses mystères. A travers lui et ses questionnements se révèlent les mensonges, les turpitudes des bourgeois normands.Suivez les pistes multiples qui s'offrent à Rémi, comme lui subissez la bise campagnarde s'attardant au printemps , et les regards agressifs de ceux qui voudraient que cette histoire soit étouffée, pour préserver la paix des nantis vicieux...
Au jeu du chat et de la souris, on sent que Philippe Doumenc s'est beaucoup amusé, le lecteur aussi. Dont il a su surtout retenir l'attention et la curiosité .
Même si vous n'avez pas apprécié le roman de Flaubert, cette contre-enquête piquante et ironique peut vous plaire...
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caro64
  01 août 2009
Et si la mort d'Emma Bovary n'était pas due à un suicide ? Et si elle avait été assassinée ? En une seule prise, l'arsenic est rarement mortel… de cette périlleuse hypothèse (entre autres), Philippe Doumenc nous livre un réjouissant polar littéraire.
24 Mars 1846. Emma Bovary, dans son lit, alterne moments de répit et atroces souffrances liées à son empoisonnement à l'arsenic. Autour d'elle s'affairent, s'affolent et se désolent son mari Charles, le pharmacien Honnais et son épouse. Ainsi que les docteurs Canivet et Larivière appelés d'extrême urgence.
Mais rien n'y fera, Emma a bien réussi son suicide ! Sauf qu'à son retour à Rouen, le docteur Larivière s'est empressé d'avertir la police : avant de rendre l'âme, Emma Bovary, dans un dernier instant de lucidité, a eu le temps de lui souffler à l'oreille dans un soupir ; « Assassinée, pas suicidée ! ». Et les observations de contusions sur le corps de la victime, faites par son confrère Canivet, ont justifié d'un sursis à délivrer le permis d'inhumer ! Commence alors l'exposé d'une excellente enquête de terrain menée par le commissaire Delévoye dépêché depuis Rouen, en compagnie de Rémi, un jeune apprenti policier qu'il laissera seul sur place pour terminer le travail après avoir été rappelé par le Préfet. Les suspects ne manquent pas. Charles Bovary, mari cocu à la face du monde, avait toutes les raisons de tuer sa femme. le pharmacien Homais, qui regardait la fragile Emma avec «concupiscence», aurait pu jouer l'amoureux éconduit. Même Rodolphe, lassé de sa jeune maîtresse, était capable d'espérer sa mort jusqu'à la provoquer. Les femmes n'étaient pas en reste: une épouse jalouse, une belle-mère acariâtre. A moins que l'argent, les dettes ne soient le motif principal quand un prêteur sur gages vient demander qu'on le paye aussitôt...
Philippe Doumenc prodigue clins d'oeil et citations. Flaubert apparaît furtivement à l'enterrement de Madame Bovary. le réel se mélange à la fiction et le fait divers dont Flaubert s'était inspiré, refait surface. Et il pousse la provocation jusqu'à commencer son roman par une citation de Flaubert, extraite de sa Correspondance avec George Sand :
" Mais naturellement ma pauvre Bovary s'est bien empoisonnée elle-même. Tous ceux qui prétendront le contraire n'ont rien compris à son personnage !…Comment ne pas se suicider si l'on a un peu d'âme et que le sort vous condamne à Yonville ?"
Philippe Doumenc invente une suite fort convaincante au célèbre roman de Flaubert avec audace et humilité. Il redonne vie aux personnages négligés dans Madame Bovary. Avec un exercice de style parfait, il réussit le tour de force de retrouver la langue de l'époque, une atmosphère, un milieu. Et nul doute que le nom du coupable en surprendra plus d'un. Un roman (im)pertinent !

Ce petit livre est une réussite, très agréable à lire. Une bonne raison de relire Mme Bovary mais surtout d'apprécier la façon dont l'auteur a eu de remettre ce classique au goût de jour.
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Malaura
  27 avril 2011
"Assassinée, pas suicidée", avant de rendre son dernier soupir, c'est ce que chuchote Emma Bovary à deux médecins appelés d'urgence à son chevet. de plus, l'un d'eux a remarqué des traces d'ecchymoses sur son corps. Alors, Emma s'est-elle bien suicidée en absorbant une forte dose d'arsenic ou bien quelqu'un dans son entourage l'a-t-il assassinée? Deux policiers de Rouen sont dépêchés à Yonville pour tenter de résoudre cette énigme où les suspects sont de plus en plus nombreux...
Transformer un monument de la littérature en intrigue policière est très audacieux. Là où Flaubert fût bridé par la censure, Doumenc développe les hypothèses, faisant d'Emma Bovary, non plus une femme suicidée mais une femme assassinée.Là où le maître décrivait si admirablement les horizons médiocres, l'ennui, les amours illusoires, Doumenc ajoute la vénalité et la concupiscence. Point commun entre les 2 auteurs : un très beau portrait de femme victime de la bassesse des hommes.
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Zazette97
  28 avril 2011
"Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary" est un roman publié en 2007 et signé Philippe Doumenc, écrivain français également auteur de "Les Comptoirs du sud" et d' "Un Tigre dans la soute".
Suite au décès d'Emma Bovary, les deux médecins présents au moment de sa mort rendent un rapport qui mentionne des traces de contusions sur le corps de la défunte ainsi qu'une déclaration de celle-ci à l'un d'entre eux juste avant sa mort. Seuls quelques mots prononcés, "Assassinée, pas suicidée", qui suffisent à mettre en doute la thèse du suicide pour envisager le meurtre.
Deux policiers sont envoyés à Yonville pour mener cette contre-enquête. Nouveaux éléments, secrets, témoignages contradictoires, faux aveux, suspects multiples. Mais qui est donc le coupable?
Avant de m'atteler à cette lecture, j'ai jugé bon de relire "Madame Bovary" afin de me remettre en mémoire l'histoire et les personnages habitant ce récit.
Bien que je ne la regrette en aucune façon, cette relecture ne fut pas indispensable étant donné que l'auteur a pris soin de contextualiser cette contre-enquête en opérant un retour en arrière sur les dernières pages du roman initial et en brossant les portraits des différents protagonistes.
Je dois dire que j'étais plutôt sceptique en commençant ce roman. Selon moi, le suicide était incontestablement la seule fin possible pour Emma et j'étais d'avis que tout le roman de Flaubert était construit de manière à converger naturellement vers cette seule fin.
Mais au fil de ma lecture, j'ai découvert que plusieurs zones d'ombre - notamment cette fameuse lettre laissée par Emma avant son décès et sur laquelle Flaubert ne revient pas - planaient sur la mort d'Emma au point de justifier le postulat de l'auteur.
Les témoignages des villageois m'ont fait sourire à plusieurs reprises dans la mesure où, ayant fraîchement l'histoire originale en tête, je reconnaissais assez facilement les mensonges dans les déclarations des uns et des autres.
Les choses se sont corsées ensuite, au moment où les uns commencèrent à se rétracter, les autres à passer facilement aux aveux, ce qui donna lieu à de (trop) nombreux rebondissements.
J'avais l'impression que le policier n'avait pas à mener l'enquête mais tout simplement à attendre que le coupable lui arrive tout cuit dans le bec.
De plus, si j'ai bien aimé la conclusion - qui repose sur, comme le dit l'auteur, "une faiblesse dans le scénario élaboré par Flaubert" et complique quelque peu la version originale sans toutefois la dénaturer - , j'ai beaucoup moins apprécié la façon dont l'auteur s'est ré-approprié les personnages de Flaubert.
Doumenc s'est risqué à gonfler les caractéristiques de chacun pour en faire de présumés coupables et semer le doute dans l'esprit du lecteur. Et tout le monde en prend pour son grade, y compris la victime (déjà bien assez mal lotie dans la version initiale) dont l'image se veut salie- et pas qu'un peu - par la trop grande liberté prise par l'auteur qui a jugé bon de faire oublier toutes les prétentions romantiques d'Emma (quand même au centre de l'oeuvre de Flaubert).
Bref, une belle idée de départ, une habile conclusion mais une progression entachée par des coups de théâtre à répétition et des personnages grossièrement pervertis.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
sabine59sabine59   09 mai 2017
- Qui est-ce ?, demanda Rémi.
-Jamais je ne l'ai vu,dit Tuvache.
-Moi, je sais qui c'est , dit Delévoye . C'est Gustave, l'un des deux fils du professeur Achille Flaubert, le professeur de la faculté de Rouen. Il se croit doué pour les gazettes, il veut écrire des romans, cette idée ! Que fait-il ici, est-il à la recherche d'un sujet ? Un goujon, la gueule toujours ouverte pour gober ce qui passe à portée et le régurgiter à sa manière. Du monde à éviter !
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   29 septembre 2012
L’instant d’après, il était chez Charles. Il le trouva en robe de chambre et en bonnet de nuit, assis débonnairement avec sa mère dans la pièce à demi démeublée où d’Herville avait fait l’autopsie d’Emma et où maintenant, seul signe d’animation, le balancier de la grande horloge paysanne brune à longue caisse continuait de battre avec l’obstination domestique d’un bœuf qui rumine ou d’un feu qui brasille.
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LabyrinthiquesLabyrinthiques   19 mars 2009
Pourtant quand il [Remi] parlait du livre qu’un jour enfin il se décida à lire, il ne pouvait dissimuler - à regret - que certaines pages étaient belles. Dans le roman, Yonville et ses personnages resplendissent à jamais de l’éclat immortel de la bêtise. Mais surtout la figure centrale redevient Emma Bovary. Par instinct Flaubert l’a splendidement restituée, lui qui jamais ne l’a jamais rencontrée vivante, alors qu’Herville et Remi avaient eu au moins une sorte de contact indirect avec elle, l’un au bout de son scalpel, l’autre au travers d’une enquête plutôt fangeuse. Remi n’en était pas jaloux. Sa profession avait été de rechercher les circonstances de la mort de cette femme, celle de Flaubert de broder sur sa vie, en ce domaine un pauvre flic aura toujours tort : il n’a droit qu’à la stricte vérité des faits, alors que le romancier, lui, peut à loisir inventer, rêver - et mentir !
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Zazette97Zazette97   28 avril 2011
Quittant la Huchette, Remi songeait qu'entre son mari imbécile, un Homais libidineux, ce Lheureux escroc qui lui faisait signer des papiers et ce dandy cynique, Emma ne voyait pas trop de beau monde à Yonville !
Y avait-il le choix?
Le chemin descendait vers la vallée et la rivière. Les champs avaient perdu leur blancheur uniforme, mille ruisseaux se formaient, les corneilles éternelles s'envolaient devant eux. La voiture conduite par Girart cahotait et, du haut de ses vingt-cinq ans, Remi ne pouvait s'empêcher de songer à Emma.
Elle avait dû être une enfant rieuse, recevoir une éducation modèle chez les bonnes soeurs de Rouen, pratiquer le piano et ces romans ingénus que les prêtres laissent aux mains des jeunes filles.
Elle avait, pauvre rêve ! voulu aimer et être aimée, ne trouvant pour s'y jeter que les bras malhabiles du pauvre Charles puis de quelques autres bien médiocres.
Et maintenant un jeune homme chargé d'une mission de police se trouvait dans cette voiture, évaluant tranquillement à son sujet les possibilités de meurtre et de chantage ! p.145
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valreinevalreine   28 août 2018
Premières dépositions
5 - M. HOMAIS, pharmacien
"Je m'appelle Homais. Je suis pharmacien de première classe, spécialiste d'eaux de Vichy, de Seltz et de Barèges, de robs décoratifs, de médecine Raspail, de racabout des Arabes, de pastilles Darcet, de pâte Regnault, de bandages, de bains, de chocolats de santé, etc.
Dès l'arrivée à Yonville du jeune ménage Bovary, mon épouse et moi lui témoignâmes notre sollicitude.
..."
relu et signé :
HOMAIS, pharmacien de première classe.
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GONCOURT RESULTAT
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