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EAN : 9782876735293
157 pages
Champ Vallon (07/05/2010)
4.75/5   2 notes
Résumé :
" Voilà longtemps que le travaillait l'idée d'affronter une certaine solitude. Sans avoir jamais décidé quel en serait le théâtre, une île, un phare, la montagne, la forêt ou un monastère, chacune de ses lectures relatant une expérience d'ermite variait son désir, se défiant cependant de tout romantisme. Un chagrin a mis en branle le vieux fantasme de revenir dans cette ferme hantée de bruits et de bonheur et d'y passer quelques semaines seul ; l'a imposée comme le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
germanaud
  18 août 2018

Le Défait se déroule sur un rythme à trois temps. Premier temps, celui qui ouvre le livre : le narrateur revient dans une maison de campagne, lieu de ses vacances d'enfant. Une Marraine l'accueille, lui prête un vélo sur lequel il arpentera routes et chemins. Elle veillera discrètement sur lui. Deuxième temps, celui de l'enfance. Grands-parents paysans, coups de main aux travaux agricoles, premières amours. Troisième temps, celui de l'écrivain, celui du récit qu'on va lire et qui se fabrique – difficilement – sous les yeux du lecteur. Deux « ils » et un « je », trois présents de narration qui s'imbriquent les uns dans les autres, une même langue, qui va chercher ses racines dans la mémoire, les particularismes locaux, et un savoir encyclopédique.
Les brefs épisodes se dégustent comme un bel alcool parfumé. IL est d'ailleurs souvent question d'ivresse dans ce récit, et cela donne lieu à de beaux délires verbaux. Déroulés de longues phrases, coupures sèches, jeux typographiques, Jean-Pascal Dubost ne s'interdit rien, et surtout pas la jouissance des mots, du rythme, de l'humour.
Le tout forme un récit tonique et drôle. Il est rare de trouver dans la littérature romanesque une telle jubilation verbale. Les colères et impatiences de l'écrivain aux prises avec sa narration donnent lieu à des passages particulièrement savoureux. Défait, certes, mais jamais complètement vaincu, notre héros se relève au matin, avec parfois la gueule de bois, pour reprendre le stylo, le vélo, ou le chemin des souvenirs. Et si la narration lui résiste – Jean-Pascal Dubost est poète, cela n'est pas mentionné dans cette fiction, mais le lecteur ne peut s'empêcher d'avoir cela à l'esprit - il sait admirablement manier la langue, en jouer, et partager son plaisir avec le lecteur.
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Bernardbre
  07 octobre 2012
Que vient-il de se passer dans la vie de ce défait ? Un désespoir d'amour, peut-être, qui le laisse vaincu, tombé, couché, remenant*. Dans ses trois premières pages, remarquables, Jean-Pascal Dubost donne une exposition on ne peut plus convaincante de concision et d'efficacité pour le "récit" (merci et salut à l'éditeur qui a osé ce sous-titre en place de "roman") qui va suivre.
Voici ce "défait" quittant sa vie pour rejoindre, ermite solitaire et nostalgique, la ferme désormais déserte, en déshérence, où il a passé son enfance, s'y livrant à la fois au travail d'anamnèse propre à toute écriture et à l'oubli par l'abus d'alcool, se perdant dans sa vie, sa mémoire, sa conscience et ses interrogations inquiètes sur la mort.
Écrit à la troisième personne, ce livre inclut, de temps à autre des passages entre parenthèses où s'exprime directement le je de l'auteur, alternance qui n'a rien, ici, d'artificiel, mais éclaire avec l'honnête pénétrante de l'intelligence.
Télescopant dans une grande variété de registres d'écriture, comme à son habitude si personnelle et reconnaissable, le savant et le populaire, l'ancien et le moderne, le plus souvent puisés dans sa culture du Moyen-Âge ou la parlure normande de son enfance (lesquelles désespèrent le Petit Robert), disant le banal mais jamais banalement, Jean-Pascal Dubost creuse avec une finesse exemplaire (ou plutôt des finesses) le lexique, la langue, la construction, le rythme, n'hésitant pas à jouer parfois d'audaces typographiques.
Tout livre, comme toute vie, oscillant entre vérité (et seulement la sienne, celle de l'auteur, du narrateur) et fiction, celui-là, ancré dans le corps et l'esprit, nous fait comprendre, une fois de plus, que chaque réalité est invention.
Et dans ce récit de terre, de souffrance et de chair, si attentif aux paysages, sons, aux odeurs, aux cinq sens des humains et des bêtes, apparaissent, pour la première fois peut-être dans l'oeuvre de Jean-Pascal Dubost, des notations érotiques qu'on ne pouvait imaginer que pertinentes et lucides quand elles viendraient sous pareille plume.
"Le Défait", finalement, est le récit, échappant magistralement au pauvrement autobiographique, d'une victoire: celle de l'écrivain réussissant à prendre le dessus sur son texte — «C'est ça écrire : une paresse active».
* le mot "remenant", cité à la fin du récit, et qui aurait pu en donner le titre, est emprunté à ce vers de François Villon : «Et Dieu sauve le remenant», signifiant alors « celui qui reste/le survivant».
Critique parue dans "Encres de Loire" n° 53 page 29, automne 2010

Lien : http://www.paysdelaloire.fr/..
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Tmor
  14 janvier 2020
Voici un récit poétique tout à fait curieux, qui part d'une simple mise au vert, un face à face avec la solitude ordinaire, qui se dilue dans du retour aux sources à la sauce souvenirs d'enfances rurales et qui bascule dans une sorte de délire poétique à tendance trash et satyrique. C'est parfaitement inclassable. cela se lit très bien. On se sent parfois complètement largué. On se rattrape au pinceau mais l'échelle du non sens a été enlevée et on plonge dans un bain de sang (de porc donc ça va) et on se dit à la fin wahou, tout de même ! Désolé c'est court mais c'est du retour brut et spontané.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
BernardbreBernardbre   30 septembre 2012
Trop d’enfance étouffe.

J’ai pris place dans la pénombre et la fraîcheur de l’appartement et je lis. La fascination extrême qu’exercent souvent les voix des maistres du mestier et des grands crédits dont on épouse les mouvements de l’âme à tant s’imprégner de leur rythme met en appétit gigantesque et remplit alors d’un bouillonnement extraordinaire la volonté d’écrire laquelle devient alors joie énergique communiquant au corps une telle excitation stylistique et compulsive qu’elle transforme intensément le futur et l’instant ; écrire est un jeu de conséquences enchaînées.
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BernardbreBernardbre   07 octobre 2012
Préparer une soupe à l’oseille et à la crème fraîche en m’accompagnant d’un beaujolais quand le soir se pointe et la perspective de l’avaler ensuite en vidant la bouteille est une parade possible, du moins un truc personnel, contre l’épuisante exaspération que le sentiment d’écrire face à un mur et dans le vide et pour le néant engendre souventes fois surtout et d’autant quand elle ne se dégonfle pas de la journée et tourne en obsession ravageuse et finit par nuire subrepticement à l’humeur.
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BernardbreBernardbre   07 octobre 2012
Préparer une soupe à l’oseille et à la crème fraîche en m’accompagnant d’un beaujolais quand le soir se pointe et la perspective de l’avaler ensuite en vidant la bouteille est une parade possible, du moins un truc personnel, contre l’épuisante exaspération que le sentiment d’écrire face à un mur et dans le vide et pour le néant engendre souventes fois surtout et d’autant quand elle ne se dégonfle pas de la journée et tourne en obsession ravageuse et finit par nuire subrepticement à l’humeur.
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"Dans cette direction-là, indiqua le Chat d'un mouvement circulaire de sa patte, vit un Chapelier, et dans cette direction-là, fit-il de l'autre, demeure un Lièvre de Mars. Allez voir celui que vous voulez : ils sont fous tous les deux."

Roméo et Juliette (Shakespeare)
Candide (Voltaire)
Fahrenheit 451 (Bradbury)
L'Avare (Molière)
Le Chat Botté (Perrault)
Le nom de la rose (Eco)
Le livre de la jungle (Kipling)
Le Petit Prince (Saint-Exupéry)
Alice au pays des merveilles (Carroll)
Virgin suicides (Eugenides)
Robinson Crusoé (Defoe)
Le crime de l'Orient-Express (Christie)
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