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EAN : 9782070462308
256 pages
Éditeur : Gallimard (25/02/2016)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Herbert George Wells (1866-1946) est un homme pressé de vivre et d'aimer. Lecteur de Platon et de Darwin, ce fils de commerçants anglais, d'abord professeur de biologie, abandonne vite la dissection des grenouilles pour laisser libre cours à son imagination débridée. Tandis que l'ère victorienne agonise, il donne naissance à une quatrième dimension (La Machine à explorer le temps), fait débarquer les Martiens sur Terre (La Guerre des Mondes) et envisage les conséque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  09 février 2020
« « Pour vous, la littérature comme la peinture est une fin ; pour moi, la littérature comme l'architecture est un moyen, elle a une utilité. » La discorde se clôt sur cette distinction de la fonction des arts. » (Polémique entre Henry James et H. G. Wells)
« La pratique de la bicyclette lui est à cette époque quasi quotidienne. C'est en pédalant — seul ou en tandem avec Jane — qu'il réfléchit à ses prochains livres, qu'il imagine de possibles décors. En passant un jour près d'une plaine, il se dit qu'elle serait le parfait théâtre pour faire atterrir une soucoupe volante. »
Comme le folio biographie sur Marie Curie, ce livre court se lit très facilement et est une bonne synthèse récente de différentes sources biographiques dont les deux livres d' H. G. Wells : « H. G. Wells, Une tentative d'autobiographie et H. G. Wells in love ».
« Lui qui ne vit que pour la poésie de Walter Scott et les Voyages du capitaine Cook se retrouve derrière la caisse d'une boutique d'étoffes, debout, les mains qui s'emmêlent, les pieds qui tiraillent, attendant qu'un client passe la porte. Dix heures par jour, il plie les tissus, rend la monnaie, nettoie les vitres. (…)  Cette désertion forcée du cadre scolaire va hanter son oeuvre littéraire qui se dresse tout entière contre ce qui empêche l'esprit de se former. Wells a vu l'enseignement lui échapper, il a été cet assoiffé de connaissances, cet enfant perdu dans la nuit à la recherche de « la flamme immortelle ». »
On suit le parcours de Wells qui vient à la base de pauvres gens et qui va se construire tout seul. L'auteure cerne très bien l'émergence de l'imagination débordante qui se nourrit de sciences et de faits du passé. Une fois lancée, la « machine » ne pouvait que débouler sur ses propres créations comme porte de sortie d'un monde trop clos. Outre les femmes, Wells sera toute sa vie cerné par l'ambition, l'excellence et une besoin impérieux de reconnaissance.
« Il aime autant Shelley que Darwin. Comment concilier ses différentes aspirations ? (…) Wells explore le registre fantastique, mais plus encore la robinsonnade. Moreau serait-il le descendant névrosé de Thomas More (l'auteur de L'Utopie) et du comte Arthur de Gobineau (l'inventeur de la théorie de l'inégalité des races) ? »
J'ai découvert que Wells était bien plus socialiste que je ne le pensais et qu'il avait écrit bien plus de livres que ses quatre grands succès: « La machine à remonter le temps, L'Île du docteur Moreau, L'Homme invisible et La Guerre des mondes » (Les quatre publiés en l'espace de trois ans ! ). En fait, Wells a écrit beaucoup sur lui soit via la fiction (et donc pas SF) soit via carrément la biographie. Il a même écrit des essais de futurologie dans un recueil « Anticipations » qui lui tenait à coeur, au point qu'il en parlera comme « clef de voûte » de son oeuvre.
« «  Je vous désire. Je veux que vous soyez mon amant. Je veux me donner à vous. Je veux être tout ce que je peux pour vous  » Ces quelques mots sont révolutionnaires, tout comme la formulation de la négligence assumée des conventions »
« Ce n'est pas un simple caprice qui amena Wells à inviter Charlie Chaplin dans sa maison de l'Essex. Les deux hommes ont en commun un sens du comique, un génie comique. La tragi-comédie du petit homme aux prises avec un grand univers qui le déconcerte, à l'esprit toujours quelque peu embrumé, et qui est pourtant fondamentalement supérieur à toutes les forces mécaniques, est un thème qui leur est cher à tous les deux. »
Wells était aussi un coureur du jupons certain qui prônait à un amour libre loin des conventions mais il aura la chance de tomber sur une de ses femmes, Jane, qui le soutiendra une bonne partie de sa vie malgré ses frasques. Ami de Maxime Gorki, Bernard Shaw et Joseph Conrad, détracteur de Henry James, on découvrira aussi toutes sortes de grandes personnalités qu'il aura l'occasion de croiser et avec lesquelles il se liera parfois d'amitié.
« Enfin quelque chose enlèverait « cette sereine confiance en l'avenir, qui est la plus féconde source de la décadence ». » (Citation de la guerre des mondes)
L'homme sera de tout temps impliqué dans l'évolution de l'humanité mais on pourra faire remarquer que c'est encore un exemple de ces gens qui veulent changer le monde sans trop se changer. Comme pour « l'excellence », on ne peut s'empêcher de penser que l'auteur est par trop idéaliste en espérant une « voie sacrée tout tracée » pour le bonheur global.
«  I don't say that at all. Read my early works, you shit. » (« Je ne dis pas du tout cela. Lisez mes premiers travaux, petit merdeux. ») » (Réponse d' H. G. Wells à George Orwell qui le critique de prendre les sciences comme l'ultime salut de l'humanité)
Le dernier tiers se prolonge dans les implications de Wells dans la politique et le cinéma mais il est clairement moins intéressant. Cette partie pourra ennuyer un certain lectorat car on a eu le temps de percevoir l'homme et ses principales contributions à la littérature. Je l'ai appréciée comme continuité de la pensée d'un homme (et de ses amours) mais c'est ce dernier tiers qui m'a fait retiré une demi-étoile.
«  Si tu veux quelque chose, et si tu la veux vraiment, prends-la, et fiche-toi des conséquences. [...] Si ta vie n'est pas satisfaisante, change-la ; ne supporte jamais une vie  terne et triste, car la pire des choses qui peut t'arriver, si tu luttes et si tu continues à lutter pour t'échapper, c'est de subir une défaite ; et cela n'est jamais tout à fait certain jusqu'à la fin, qui est la mort, et la fin de tout.   »  (H. G. Wells, Une tentative d'autobiographie)
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   09 février 2020
Quelle est ici-bas […] la tâche de celui qui enseigne ? C'est la plus haute de toutes les tâches humaines. C'est d'assurer la croissance de l'Homme, de l'Homme divin, dans les âmes humaines. Qu'est-ce qu'un homme, sans instruction ? Il naît comme naissent les bêtes, composé d'égoïsme avide et d'âpre désir, créature de passions et de craintes. Il ne sait considérer toutes choses que dans leurs relations avec lui-même. L'amour même n'est pour lui qu'un marché. Son maximum d'effort n'est que vanité, puisqu'il doit mourir. Et il n'y a que nous, les éducateurs, qui puissions l'élever au-dessus de cette préoccupation de lui-même. Nous, les éducateurs… Nous pouvons le libérer et l'introduire dans un cercle d'idées plus large, qui le dépasse et dans lequel il puisse enfin s'oublier complètement, lui et ses misérables fins personnelles. Nous pouvons lui ouvrir les yeux sur le passé et l'avenir, et l'immortelle vie de l'Humanité. Et ainsi, grâce à notre intervention, il échappera à la mort et à la futilité. Un homme sans instruction n'est que lui tout seul, aussi isolé dans ses fins et sa destinée que n'importe quelle bête ; un homme initié est un homme libéré de cette étroite prison du moi et participant désormais à une vie immortelle qui a commencé nous ne savons quand, et qui se développe au-dessus et au-delà de l'immensité des étoiles. (Citation d’H. G. Wells , La Flamme immortelle (1919) )
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Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   09 février 2020
Bert (H. G. Wells) aime se rendre à Up Park pendant les vacances (lieu de travail de sa mère). Il connaît tous les recoins de cette fabuleuse bâtisse qu'il décrit, plus tard, dans son roman Tono Bungay. La grande maison « grise  » aux cent dix-sept fenêtres, située près de South Haring, est entourée d'un parc et fascine le garçon qui en imprime dans sa mémoire les moindres contours. Il arpente des heures entières les couloirs tentaculaires du rez-de-chaussée, ceux qui relient la cuisine à l'escalier de service, et qui mènent plus loin au grand salon. Traverser cette longue pièce, bordée de lourds rideaux de soie, est une expérience unique. Plus on avance, mieux on distingue la sculpture posée sur l'immense cheminée tout au fond : Romulus et Remus aux pieds de la louve. Ce dédale d'alcôves, de boudoirs et de corridors annonce déjà le « monde souterrain  » et labyrinthique des Morlocks, ces créatures visqueuses et carnivores que l'Explorateur du Temps, à la recherche de sa machine perdue, rencontre dans les ténèbres. (…) Les domestiques vivent en bas et ne montent dans les étages que lorsqu'ils y sont invités.
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Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   09 février 2020
« On m'a envoyé ses livres et je les ai lus. C'est très curieux et, ajouterai-je, très anglais. Mais je ne vois pas de possibilité de comparer son œuvre et la mienne. Nous ne procédons pas de la même manière. Il me semble que ses histoires ne reposent pas sur des bases très scientifiques. Non, il n'y a pas de rapport entre son œuvre et la mienne. Je vais sur la Lune dans un boulet de canon lancé par un canon. Ce n'est pas une invention. Lui va dans Mars avec un aéronef qu'il construit dans un métal qui supprime la loi de la gravitation. Ça, c'est très joli, […] mais montrez-moi ce métal. Qu'il nous le fabrique ! »

( propos de Jules Verne recueillis dans T.P.'s Weekly, 9 octobre 1903, par Ribert H. Sherard, dans Textes oubliés de Jules Verne, édités par F. Lacassin, 10-18, 1977 ; dans Les Chefs-d'œuvre de H. G. Wells, préface de Francis Lacassin, Omnibus / SF, 2007. » )
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Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   09 février 2020
Écrit à la fin de l'année 1913, publié quelques semaines avant le déclenchement du conflit mondial, le livre se veut une mise en garde contre cette formidable découverte de la puissance du radium. Wells est très au fait des travaux de Rutherford et Soddy, deux scientifiques (l'un néo-zélandais, l'autre britannique) qui analysent la transformation radioactive dès 1903, et observeront quinze ans plus tard la première réaction nucléaire.  (Le livre dont on parle est "La Destruction libératrice")
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