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EAN : 9782221246832
360 pages
Éditeur : Robert Laffont (20/02/2020)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.34/5 (sur 538 notes)
Résumé :
En 1518, un Portugais exilé du nom de Magellan convainc le roi d'Espagne, Charles Quint, d'un projet fou: "Il existe un passage conduisant de l'océan Atlantique à l'océan Indien. Donnez-moi une flotte et je vous le montrerai et je ferai le tour de la terre en allant de l'est à l'ouest." Partie en 1519, l'expédition reviendra trois ans plus tard, disloquée, victorieuse.
Malgré fausses cartes et mutineries, froid, faim et maladies, Magellan a forcé le détroit q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (103) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  31 juillet 2017
J'aime Zweig parce qu'il m'apprend des choses sur notre histoire, notre monde et la nature humaine.
Magellan ne fait pas exception : j'y ai découvert la grande aventure de la chasse au détroit et du premier tour du monde, les péripéties des mutineries, des découragements ou des combats inutiles, la personnalité austère et fière du grand navigateur portugais qui dut renier le Portugal pour (presque) réaliser son rêve.
Comme souvent chez Zweig, le livre mêle la biographie et l'épopée, la psychologie et l'histoire, une documentation faramineuse et des détails qui ne peuvent être qu'inventés ou extrapolés. Et, comme souvent chez Zweig, j'aime ça !
Au point que je serai prête à repartir pour ce difficile tour du monde avec lui à nouveau un de ces jours...
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kielosa
  20 juillet 2020
Au moment d'écrire cette ode et hommage à un des plus courageux navigateurs de tous les temps, l'auteur lui-même était au sommet de sa carrière comme auteur le plus lu et vendu du monde. Nous notons 1938 : 5 ans après la prise de pouvoir d'Hitler et 4 ans avant le suicide ďe l'auteur qui avait ainsi perdu tout espoir dans l'espèce humaine.
Huit décennies plus tard, les livres de Stefan Zweig continuent à être vendus comme des petits pains et Magellan continue à fasciner par ses exploits la énième génération de jeunes.
Je ne sais plus le nom de l'écrivain (local) de qui j'ai lu, comme môme, la première biographie de Fernnāo de Magalhāes (1480-1521), mais ce récit m'a tellement fasciné que Magellan est devenu un de mes grands héros et l'est resté, car à chacune de mes visites à Lisbonne, que ce soit lors des vacances ou pour le boulot, je me suis rendu invariablement au superbe Monument aux Découvertes près du Tage dans le quartier de Belém, avec dans la tête des épisodes des pérégrinations du téméraire navigateur avant sa triste mort aux Philippines.
Il faut, quoi qu'il en soit, une sacrée réserve de courage pour aller demander à son souverain l'autorisation d'entreprendre une expédition à l'autre bout du monde vers un endroit dont on n'est même pas certain qu'il existe et cela avec toute une équipe de marins dont on a la charge et la responsabilité.
Comme ce livre a été lu par 1157 Babelionautes et que 92 d'entre eux en ont présenté une critique, il n'y a pas grand-chose de neuf que je puisse vous raconter, à part naturellement vous recommander vivement cette superbe biographie.
Je veux cependant profiter de l'occasion pour rendre également un hommage à "la voix française (bien qu'en partie wallonne) de Stefan Zweig", Alzir Hella (1881-1953) qui a grandement contribué - par l'extraordinaire qualité de ses traductions - au succès immense de l'oeuvre du grand maître autrichien auprès du public francophone. Les 2 se sont rencontrés chez Émile Verhaeren, lorsque Zweig était encore relativement jeune et qu'il avait admiré la qualité de la traduction par Hella du best-seller d'Erich Maria Remarque "À l'ouest rien de nouveau". Ceci explique le grand nombre de livres traduits de Zweig par Hella et la grande amitié qui les liait. La Gestapo lui a par exemple "confisqué" plus de 700 lettres de Zweig,
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berni_29
  30 décembre 2019
Magellan, c'est un extraordinaire récit de voyage écrit par Stephan Zweig, qu'il publia en 1938. Mais c'est bien plus qu'un récit de voyage, c'est une admiration, une fascination, un hommage à celui que l'écrivain autrichien considère comme le plus grand explorateur de son temps et peut-être des générations futures.
Nous connaissons tous Magellan, peut-être davantage par le détroit qui porte son nom, au sud du Chili, en Patagonie.
En 1517, Fernand de Magellan, navigateur portugais, connu sous le nom de Fernão de Magalhães, est déjà depuis quelques années un marin aguerri.
Magellan porte un projet, mais ce marin indispose la cour et à commencer, le roi du Portugal, par sa silencieuse fierté. Qu'à cela ne tienne ! Il ira proposer son projet chez le voisin, le rival, l'ennemi : l'Espagne. À cette époque, depuis la découverte de Christophe Colomb, les deux royaumes ibériques à eux seuls, se partagent les océans et les nouvelles terres découvertes par la voie maritime, sur la base d'un arbitrage imposé par le Pape. Le nouveau roi d'Espagne, Carlos 1er, connu plus tard sous le nom de Charles-Quint, est séduit par le projet. Mais quel projet ? Le projet de Magellan est d'atteindre les Îles des Épices, non pas par la route traditionnelle, c'est-à-dire par la route de l'est qui contourne l'Afrique, mais par l'ouest en contournant l'Amérique.
À la lecture de cette très belle biographie de Magellan, je découvre une autre facette de ce grand écrivain qu'est Stefan Zweig.
Aux premières pages de ce livre, je m'attendais à une lecture plus âpre, plus ardue. Mais peu à peu, j'ai été conquis par ce récit, emporté par cette odyssée captivante qui m'a fait faire le tour du monde par les voies maritimes. J'ai été littéralement transporté à bord de cette flotte de cinq navires qui quitte le port de Séville ce mardi 20 septembre 1519, vers des terres inconnues, aux côtés de ces deux cent soixante-cinq marins, dont seulement dix-huit survivants reviendront au même endroit deux ans plus tard. J'ai appris beaucoup sur le contexte historique de l'époque, les événements petits ou grands qui ont accompagné cet exploit.
Mais quelle est cette force inouïe qui pousse ce marin taciturne, impassible, impénétrable à imaginer le secret d'un passage, d'un détroit ? Un rêve capable d'agrandir brusquement l'espace de la mer et de la terre.
J'ai été séduit par le talent de l'auteur, son écriture ciselée, son art de nous entraîner autant dans un récit homérique qu'au plus près de l'âme humaine.
Magellan fait de son destin une oeuvre accomplie. Il façonne son exploit à venir, le construit, tel une oeuvre d'art.
Il n'est pas étonnant que Stefan Zweig fût séduit par ce personnage opiniâtre, hors du commun, faisant autant preuve d'imagination que de maîtrise pour entreprendre la réalisation de son rêve.
Ce voyage à venir est une idée animée par un génie, portée par la passion, transfigurée par le rêve ; tous les ingrédients sont réunis pour faire de Magellan un personnage homérique. Stefan Zweig s'est penché sur ce destin fabuleux pour lui prêter sa plume, mettre son écriture à son service, nous restituer avec beauté le récit de son aventure.
Mais le destin de Magellan n'est pas un long fleuve tranquille. À chaque bonheur vient un malheur, à chaque rai de lumière, une ombre lui fait face.
C'est à croire que les dieux des mers et des terres nouvelles ont voulu soumettre le destin de Magellan à toutes les épreuves possibles et inimaginables.
Ainsi, il n'y a pas que les océans qui regorgent d'écueils et de requins... Naviguer, c'est aussi dévoiler les intrigues, déjouer les complots, se relever des trahisons, affronter les ambitions. Cela commence déjà à quai dans la préparation de l'expédition, cela a déjà commencé à l'ombre du palais royal de Lisbonne, cela se poursuit sur les quais du port de Séville, cela se poursuivra plus tard en mer...
Magellan, marin rusé et soldat aguerri, sait tout cela.
Celui qui maîtrise la science des cartes et de la navigation comme personne, maîtrise aussi la connaissance des siens. En ces temps d'exploration qui suscitent les convoitises et les rivalités, savoir lire les eaux saumâtres de l'âme humaine est aussi important que savoir lire une carte maritime.
C'est peut-être cette stature qui produit l'admiration de l'auteur, plus que l'exploit qui sera réalisé. Mais l'oeuvre n'est jamais si éloignée de la figure de celui qui l'a façonnée...
On le devine alors, c'est la force de l'âme de Magellan qui fascine Stefan Zweig, pour notre plus grande joie de lecteur.
L'exploit n'est pas d'avoir réussi à découvrir ce fameux passage...
L'exploit de Magellan est d'être un jour parti du port de Séville en filant tout droit par la route de l'ouest et d'être parvenu à son point de départ en revenant par l'est, démontrant ainsi que la terre est bien ronde, agrandissant brusquement l'image du monde.
Malheureusement, comme je vous l'ai dit quelques lignes plus haut, le destin de Magellan est fait de lumières et d'ombres qui se côtoient sans cesse... Magellan ne vivra pas lui-même le bonheur, l'ivresse d'achever ce premier tour du monde par les mers aux côtés des siens, aux côtés des quelques rescapés de ce voyage, il n'aura pas la joie d'étreindre dans ses bras sa femme Béatrice et ses deux fils sur le quai du port de Séville. Comment ne pas avoir un pincement au coeur en songeant que lors de l'embarquement du 20 septembre 1519, il serrait pour la dernière fois dans ses bras sa femme enceinte de son second fils? Comment imaginer l'attente de cette femme, son espoir lorsqu'elle apprend l'arrivée d'un seul navire, presque une épave flottante, dans la rade de Séville deux ans plus tard ? Comment imaginer son chagrin devant la joie des familles des quelques survivants ? Tous les chagrins des femmes de marins disparus se ressemblent peut-être, qu'ils soient de célèbres navigateurs ou de simples pêcheurs... Les mots de Stefan Zweig laissent aussi entrevoir cette émotion.
Aux côtés de Magellan, j'ai découvert d'autres destins qui se sont révélés dans cette fabuleuse histoire : je pense notamment à l'esclave Henrique ramené des Îles des Épices une première fois par Magellan et qui lui sera un fidèle compagnon dans cette épopée, au chroniqueur Antonio Pigafetta dont les écrits ont pu aider Stefan Zweig à écrire cette biographie...
Mais alors, qu'advient-il de ce fameux passage...?
Ce détroit s'avère être un véritable labyrinthe peuplé de fjords sinistres où les navires se perdent. Si vous avez la curiosité comme moi de regarder de près une carte du lieu, vous vous demanderez sans doute comment les navires de cette première flottille, et les autres d'ailleurs par la suite, sont parvenus à se frayer un chemin dans ce dédale de falaises et de roches.
Et cette nouvelle route dont le monde entier avait salué avec enthousiasme la découverte, fut peu à peu oubliée... Devint même quelques temps un repaire de pirates, faisant de cette géographie austère une alliée pour se cacher.
Pour autant, l'épopée de Magellan, elle, restera inoubliable. Sans doute le talent d'un biographe comme Stefan Zweig y contribue-t-il encore largement.
Je me suis demandé si Stefan Zweig, écrivain juif devant fuir, dans un exil forcé, qui l'amena jusqu'au Brésil où il écrivit cette biographie de Magellan, avait lui aussi été subjugué par cette symbolique du passage...?
Laissons une fois encore les mots de cet écrivain nous parler : « Un exploit n'entre pas dans l'histoire du seul fait qu'il a été accompli, mais seulement parce qu'il a été transmis à la postérité. Ce que nous appelons l'histoire n'est nullement la somme des événements qui se sont déroulés dans le temps et l'espace, mais seulement la petite partie d'entre eux qui est passée dans l'oeuvre des poètes ou des savants. Que serait Achille sans Homère ? Sans l'historien qui les raconte ou l'artiste qui les recrée sur le plan de l'art les plus grandes figures resteraient à tout jamais ensevelies dans l'ombre et les prouesses les plus héroïques tomberaient irrévocablement dans la mer insondable de l'oubli. »
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Fransoaz
  29 avril 2019
Dans ce court, mais intense récit, Stefan Zweig rend un hommage appuyé à Magellan et à sa découverte du passage qui porte son nom au sud de la Patagonie. Il met en avant l'ambition, la patience de cet homme qui a mûri son projet pendant de nombreuses années. Écueil après catastrophe, trahison après refus, Magellan a fait preuve d'un sang-froid infini, d'une grande maîtrise et à souvent su choisir parmi les différentes options celle qui s'avèrerait la plus judicieuse, la plus efficace. La personnalité de Magellan force le respect il est à la fois un chef d'entreprise, un employeur, un tâcheron et un metteur en scène, infatigable.
Je me suis délectée à préparer la traversée puis à affronter l'océan atlantique jusqu'au terres inhospitalières de la Patagonie dans le sillage des cinq caravelles battant pavillon espagnol. J'ai appris des pans entiers d'histoire et conforté des notions de géographie trop floues.
le travail de recherche de l'auteur est fascinant et s'appuie, entre autres, sur le récit d'un des 18 survivants. Nous apprenons beaucoup sur l'avidité des européens qui n'avaient pas de scrupules à piller, voler les richesses, décimer et anéantir les populations autochtones.
Un récit épique, une aventure homérique portée par le détail et la précision de l'écriture de Zweig qui m'a remis le nez dans les atlas et m'a éclairé sur le colonialisme et l'omnipotence occidentale.
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thisou08
  13 juillet 2018
Quel magnifique biographe que Stefan Zweig !
Ce qui pourrait être ardu devient limpide sous sa plume, abstraction faite des expressions latines non traduites et que je n'ai évidemment pas comprises.
Il a fallu à Magellan un an et cinq mois pour voir se réaliser son rêve.
Et ce laps de temps lui a réservé bien des embûches. Mais il a triomphé de tous les obstacles et lui, le portugais, ignoré par son roi, se voit accorder le commandement d'une flotte espagnole et obtient le soutien inconditionnel de Charles Quint ( qui n'est pas encore Charles Quint ) sans lequel rien n'aurait été possible.
Traître à sa patrie, certes, mais fidèle à son rêve.
Le 10 août 1519, le San Antonio, le Trinidad, le Conception, le Victoria et le Santiago " descendent vers San Lucar de Barrameda où le Guadalquivir débouche en pleine mer ".
Le rêve fou de Magellan devient enfin réalité.
Mais ce n'est que le 20 septembre de la même année qu'ils partiront tous à la recherche du passage espéré par Magellan.
Sur deux cent soixante-cinq hommes, dix-huit seulement reviendront sur le Victoria, sans Magellan, mort bêtement au cours d'une échauffourée avec des indigènes.
Une vie incroyable, une fin inepte, un livre merveilleux.
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Citations et extraits (119) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   18 décembre 2017
L’historien, ne retient de préférence que l’instant dramatique, pittoresque : César passant le Rubicon, Napoléon au pont d'Arcole. Cette brutale amputation a l'inconvénient de mettre dans l'ombre les années non moins créatrices de la préparation, la lente gradation spirituelle, constructive du fait historique. Représenter Magellan lui aussi au moment du triomphe, quand il franchit le détroit qu'il a découvert, peut séduire le peintre, le poète. En réalité, la partie la plus ardue de son œuvre fut peut-être d'arracher l'obtention d'une flotte, de poursuivre son armement au milieu de mille difficultés. L’ancien « sobresalente », le « soldat anonyme », se trouve tout à coup en présence d'une tâche formidable. Organisateur novice, il doit accomplir quelque chose de nouveau, de jamais réalisé : équiper une escadre de cinq navires en vue d'un voyage sans exemple auquel ne s'applique aucune mesure connue. Personne ne peut le conseiller, car tout le monde ignore les zones vierges dans lesquelles il va s'aventurer le premier. Personne ne peut lui prédire la durée de son expédition, vers quel pays, quel climat, quels peuples elle le conduira. L'équipement de cette flotte doit parer à toutes les éventualités à la fois : températures polaire et tropicale, tempêtes et calmes plats, navigation d'une, deux, voire trois années, guerre et commerce. Il doit tout prévoir, tout faire, tout réaliser par lui-même, et cela en dépit des obstacles les plus inattendus. C'est maintenant seulement, en face de l'immensité de cette entreprise, que se révèle l'énergie de Magellan, longtemps éclipsée par les événements.
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cmpfcmpf   12 janvier 2015
Un exploit n’entre pas dans l’histoire du seul fait qu’il a été accompli, mais seulement parce qu’il a été transmis à la postérité. Ce que nous appelons l’histoire n’est nullement la somme des événements qui se sont déroulés dans le temps et l’espace, mais seulement la petite partie d’entre eux qui est passée dans l’œuvre des poètes ou des savants. Que serait Achille sans Homère ? Sans l’historien qui les raconte ou l’artiste qui les recrée sur le plan de l’art les plus grandes figures resteraient à tout jamais ensevelies dans l’ombre et les prouesses les plus héroïques tomberaient irrévocablement dans la mer insondable de l’oubli.
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cmpfcmpf   12 janvier 2015
Après trois semaines de traversée, le 11 septembre 1509, la petite flotte est en vue de Malacca. À distance déjà on peut constater que le brave Varthema n’a pas menti ni exagéré quand il disait « qu’il abordait dans ce port plus de navires qu’en aucun autre endroit du monde ». Grands et petits bateaux, blancs et multicolores, jonques et praos d’origine malaise, chinoise et siamoise se pressent voile contre voile dans la rade immense. La Chersonèse d’Or, le détroit de Malacca, doit à sa situation géographique d’avoir été choisie pour être le grand marché de l’Orient. Tout vaisseau qui veut aller de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud, de l’Inde en Chine, des Moluques en Perse est obligé de passer par ce Gibraltar oriental. Il est donc normal qu’on échange dans cet entrepôt toutes les marchandises imaginables, les clous de girofle des Moluques et les rubis de Ceylan, la porcelaine de Chine et l’ivoire du Siam, les cachemires du Bengale et le bois de santal de Timor, les lames damasquinées de l’Arabie, le poivre de Malabar et les esclaves de Bornéo. Toutes les races, toutes les couleurs et les langues se mêlent, en une confusion babylonienne, dans ce centre commercial qui compte, estime-t-on (avec quelque exagération sans doute), deux cent mille habitants et au centre duquel s’élèvent, au-dessus d’un amoncellement de cabanes, les silhouettes majestueuses d’un palais éclatant et d’une mosquée de pierre.
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gillgill   02 mai 2014
Le 10 août 1519, un an et cinq mois exactement après que Charles-Quint a signé la Capitulacion, les cinq navires quittent enfin la rade de Séville pour descendre vers San Lucar de Barrameda où le Guadalquivir débouche en pleine mer.
On doit y procéder à la dernière inspection et à l'approvisionnement définitif de la flotte. Mais le véritable départ a déjà eu lieu.
A l'église Santa Maria de la Victoria, après avoir prêté à genoux le serment de fidélité, Magellan a, devant tous les équipages réunis et une foule admiratrice et respectueuse, reçu du "corregidor" Sancho Martinez de Leyva la bannière royale...
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TaraxacumTaraxacum   03 juin 2014
Dans les grandes inventions et découvertes l’élan spirituel, moral, fait toujours fonction de force accélératrice ; mais, la plupart du temps, l’impulsion réalisatrice décisive n’est due qu’à des facteurs matériels. Sans doute la hardiesse des idées de Colomb et de Magellan aurait suffi à enthousiasmer les rois et leurs conseillers ; mais jamais personne n’eût financé leurs projets, jamais les princes ni les spéculateurs ne leur eussent équipé une flotte si on n’avait eu en même temps la perspective de récupérer au centuple les dépenses. Derrière les héros de cette époque se cachent les forces agissantes, les commerçants, l’impulsion première elle-même a eu des causes essentiellement pratiques. Au commencement étaient les épices.
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Vidéo de Stefan Zweig
1/10 Stefan Zweig : “Le Monde d'hier : Souvenirs d'un Européen”. 1er épisode : « Le monde de la sécurité » Diffusion sur France Culture du 19 au 30 octobre 2015. Pages choisies par Florence Le Corre. Traduction : Serge Niemetz. Réalisation : Etienne Vallès. Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière. Écrivain, dramaturge, biographe, Stefan Zweig, né en 1881 à Vienne, aura vu glisser sa ville et sa vie de l'élévation spirituelle et culturelle la plus haute à la décadence morale et à l’échec. Zweig fuit le nazisme et s'exile à Londres dès 1934, puis au Brésil en 1941. Il commence alors la rédaction du “Monde d'Hier, souvenirs d'un Européen”, livre nostalgique, mais d'une nostalgie active, c'est un “cri de papier”. Livre-Testament d'un monde qui n'est plus, celui de la sécurité et du “Progrès” ; Livre-Témoignage sidéré d'un européen face à ce qu’il appelle “l'échec de la civilisation”. En 1942, Stefan Zweig se suicide, précisément au lendemain d'avoir posté le manuscrit du “Monde d’hier” à son éditeur. “Le Monde d'Hier” sera publié en 1944. Lecture Guy Chapellier. Prise de son : Stéphane Desmons, Assistance technique et montage : Emmanuel Armaing, Mixage : Claire Levasseur Assistante à la réalisation : Laure-Hélène Planchet « Le monde d'hier : Journal d'un européen » est publié aux éditions Belfond. Thèmes : Création Radiophonique| Littérature| Autriche| Art| Culture| Deuxième Guerre mondiale| Europe| Stefan Zweig
Source : France Culture
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