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Alice Seelow (Traducteur)
ISBN : 9782246749813
Éditeur : Grasset (01/09/2010)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Valeria, qui se raccroche au passé, observe du haut de son appartement new-yorkais la neige couvrir l’Hudson et se souvient. Cuba, trente ans auparavant. Sur la plage d’une île à l’ouest de La Havane, dans le vieux bungalow qu’elle a hérité d’un médecin américain, la famille Godínez s’active à barricader portes et fenêtres pour prévenir l’arrivée de l’ouragan Katherine, annoncé comme dévastateur. Sous le même toit sont réunies trois générations. Il y a d’abord les a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
traversay
  29 août 2012
Un roman qui ressemble au sac et au ressac de la mer des Caraïbes. Et chaque vague, ou plutôt chaque chapitre, charrie des souvenirs du temps passé. Dans le navigateur endormi, des personnages isolés dans un bungalow attendent. Un ouragan est annoncé, toute la parentèle des Godinez est là, y compris les pièces rapportées. Beaucoup de vieux, plus de 90 ans pour la plus ancienne, et quelques jeunes. Et des fantômes qui rôdent, personnes disparues, souvent de mort violente.
Le livre d'Abilio Estevez se dévoile au fur et à mesure. Il faut beaucoup de patience pour découvrir les liens de parenté entre la vingtaine de personnages qui emplissent le roman de leurs présences et les écouter, tout à tour, raconter dans une sorte de monologue, leur histoire, qui recoupe celle de Cuba, depuis le début de vingtième siècle. Et leur isolement, leur déréliction, est plus que symbolique de l'état de cette île qui, sous la plume d'Estevez, est davantage un enfer qu'un paradis.
Se laisser aller, ne pas chercher à combattre la marée, sinon le navigateur endormir a tôt fait de vous engloutir. L'écriture est déliée, loin du style baroque que l'on associe volontiers aux romans latino-américains. Elle se fait onirique à l'occasion, mais sans excès, souvent tranchante et réaliste pour décrire les maux endémiques de Cuba, liés en particulier aux gouvernements qui se sont succédé des dictateurs d'opérette manipulés par les américains au régime castriste, guère ménagé.
L'un des bonheurs du livre est son érudition immense. On y évoque les écrivains cubains, le cinéma hollywoodien, le jazz, l'existentialisme, et mille autres références culturelles, sans pédantisme, avec une ouverture sur le vaste monde qui contraste avec la "petitesse" de Cuba.
Fuites en bateau qui ressemblent à des suicides, deuils à répétition, désillusions, la tragédie est le lot de la famille Godinez. Elle attend l'ouragan avec une sorte de fatalisme. A Cuba, quand on n'est pas au milieu d'un cyclone, c'est qu'un autre se prépare et ne va pas tarder. Ainsi va la vie dans cette île "ridicule" aux yeux du monde, constate Abilio Estevez avec les mots d'un pessimiste invétéré et sans doute nostalgique, qui vit aujourd'hui à Barcelone et qui clôt ainsi sa trilogie cubaine après Ce royaume t'appartient et Palais lointains.
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jmfhcb
  22 septembre 2010
J'ai adoré ce livre. Je vous le dis de suite pour que vous sachiez à quoi vous en tenir. C'est un livre d'accès difficile à mon avis à cause du style et du fait qu'il n'y a pas d'histoire à part de dire qu'il y a des gens dans une maison à Cuba qui attendent. L'attente dans un roman ce n'est jamais bon mais ici, cela passe grâce au style. C'est un peu le serpent qui se mort la queue : le livre est difficile à cause du style qui permet de faire passer une histoire qui n'aurait pas passionné avec un autre style.
Une phrase du livre résume son propos :
Elle commencera à écrire ce livre, qui sera l'histoire d'une vieille maison de bois devant la mer, ainsi que celle d'une ou de plusieurs évasions, d'un cyclone et de quelques fantômes. (p. 473)
L'histoire m'a fait pensé aux Vagues de Virginia Woolf. On est à la fin des années 70 dans un petit bungalow sur une plage de Cuba. Rien autour à part la mer. Sont réunis les grands-parents, les parents, la bonne de 90 ans, la fille de la bonne, les petits-enfants mais aussi les morts qui sont présents dans la tête de tout le monde : ceux qui se sont enfuis vers le Nord, ceux qui se sont suicidés, ceux qui sont des morts de l'Histoire de Cuba. Ce qui m'a rappelé Les Vagues c'est qu'aucun personnage ne se parle sauf exceptions, mais chacun vit dans son monde, se remémore son histoire propre. Il ne parle jamais de leurs histoires communes. C'est notamment l'occasion de se repasser l'Histoire de Cuba depuis les années 1890.
Comme je le disais, un autre élément important du livre est l'attente. Il y a l'attente de la tempête mais surtout d'un monde meilleur qui n'arrive pas malgré les promesses. Il y a les plus vieux qui n'en peuvent plus d'attendre après tous les malheurs qu'ils ont subi, il y a ceux qui tolèrent encore ou ceux qui fuient. Je crois que l'attente est un élément très important de la littérature cubaine ; j'avais déjà eu cette impression avec les livres de Leonardo Padura. Cette attente est à mettre avec ce que représente le Nord pour les plus jeunes habitants du bungalow :
Quoique ces perceptions fussent sans doute ultérieures, le Nord était aussi le signe de la quiétude, du plaisir, de la joie, du bien-être, ou, ce qui revenait au même, de la bonne chère, du bon travail, du bon sommeil et du bon temps. (p. 481)
Pour parler du style, j'ai lu dans Lire que c'était un style baroque. Je dirais moi que c'est un style qui ressasse, qui redit en donnant encore un peu plus de détails à chaque fois.
Cela se passa un après-midi au bord de l'étang. Un après-midi lumineux d'avril 1963. Année fameuse en d'autres lieux qui n'étaient pas Cuba, encore moins Carabello, année de la mort d'Edith Piaf et de Jean Cocteau, année de l'assassinat du président Kennedy.
Cela faisait quatre ans que les rebelles étaient entrés à La Havane. La crise des missiles avait eu lieu l'année précédente. Personne ne s'était encore vraiment rendu compte du changement définitif, sans appel, sans retour, irréversible d'une certaine vie, personne n'avait vraiment pris conscience qu'une vie différente commençait à s'imposer. Peu comprirent l'irrévocabilité de cette transformation qui avait lentement, insensiblement commencé. (p. 344)
Je trouve aussi le paragraphe final magnifique :
Alors, fermant les yeux sans cesser de ramer, il pense, ou dit :
- Sans aucun doute, ce voyage est un rêve.
Et en supposant que nous soyons d'accord et que nous croyions comme lui que ce voyage est un rêve, qui aurait le courage de révéler à ce rameur, intrépide ou naïf, que les rêves ont une fin ? (p. 488)
En conclusion, si vous ouvrez ce livre pour le lire, persistez même si cela vous paraît très difficile. C'est un livre qui en vaut la peine ; il faut juste prendre son temps pour le savourer.
Lien : http://cecile.ch-baudry.com/..
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pasiondelalectura
  27 août 2014
Ce livre est le troisième d'une trilogie sur Cuba et le premier livre que je lis à ce cubain exilé à Barcelone.
Le style de la prose est tout à fait particulier, très poétique, parfois onirique et avec un tempo qui fait penser au ressac de la mer.
L'action se situe dans une maison sur une plage où cohabitent trois générations de cubains, les Godinez. Ils attendent tous sans espoir. Ils attendent quoi? D'abord le cyclone Katerina, nous sommes en 1977, une année ténébreuse et orthodoxe de la révolution de Castro. Puis, ils attendent des jours meilleurs, ils attendent des nouvelles de leurs disparus, fantômes qui rôdent dans cette maison décrépite, à l'image des personnages et de Cuba.
Les chapitres sont parfois très courts et les membres de cette famille sont nombreux; on se perd dans les filiations, mais tous ces personnages sont magnifiquement campés.
Belle prose en V.O., tempo original. Je me dois de lire le premier tome qui a été plusieurs fois primé:"Ce royaume t'appartient". A suivre...
Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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vdujardin
  26 avril 2012
"Le Proust des Caraïbes", dit Qué Leer sur la couverture... Je dirais roman fleuve et ch...t comme certains Proust! Si je ne l'avais pas sélectionné car entrant dans deux défis... je l'aurais sans doute abandonné vers la page 100. Je l'ai lu en entier, mais avoue avoir passé quelques pages ici et là... et renouvelé mon emprunt à la médiathèque pour arriver au bout. Je sais, il y a des fans de Proust... et de ce livre d'Estevez. Mais je ne suis pas entrée dans cette histoire immobile face à la mer en attendant l'arrivée d'un cyclone et en passant en revue l'histoire de Cuba et des habitants de ce bungalow (en vrai bois bien solide... c'est suffisamment répété...).
Lien : http://vdujardin.over-blog.c..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
carrecarre   13 septembre 2012
Les problèmes qui n’ont pas de solution ne sont pas des problèmes.
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