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Germaine Delamain (Traducteur)Christine Jordis (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070320172
576 pages
Éditeur : Gallimard (17/01/2008)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Le temps, Virginia Woolf n'a pas d'autre sujet. Les années passent, de 1880 à 1918 et au temps présent, dans ce roman de 1937. Il raconte l'histoire d'une famille en trois générations, où tout change, conditions économiques, valeurs spirituelles et morales.
Les faits ne sont rien sans la vision, l'histoire sans le sentiment de la durée, l'extérieur sans l'intériorité. Le présent est pénétré de souvenirs, et le passage du temps marque les corps et les coeurs. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
PiertyM
  21 mai 2017
Au souvenirs de Mrs Dalloway, un bon livre mais dont la lecture n'a pas été facile, j'ai entamé Les années avec beaucoup de préjugés mais quel bon début! Virginia Woolf nous dépeint d'un coté de la panique, du déchirement et de l'autre coté de la lassitude dans la longue attente d'un miracle sur une mourante. La forte probabilité est que Mrs Pargiter est aux portes de la mort, et la belle écriture de Virginia nous fait vivre, dans une atmosphère plus ou moins cocasse sans toute fois chuter dans le burlesque, comment cette âme résiste à la mort, et on voit Rose, la benjamine des Pargiter, lasse de cette attente, qui se répète toute fois "tu ne veux pas mourir!", elle s'afflige chaque fois que sa mère se remet de ses évanouissements. Mais par la suite, on retrouve le même style que dans Mrs Dalloway, on suit la vie de plusieurs personnages, l'auteure inondent son oeuvre des monologues intérieurs qui parfois se mêlent avec la réalité. Les années est une série d'années qui retrace la vie des membres de la famille Pargiter mais les véritables personnages de ce roman sont le temps et la nature. A chaque nouveau chapitre, l'auteure s'attelle à décrire le temps et la nature, le soleil qui se lève, les plantes qui fleurissent, le ciel est toujours bleu comme si toutes ces choses de la nature ne changeaient jamais. Par contre, les hommes, eux, changeaient et n'avaient qu'une seule destination la mort, et la vie paraissait à ce moment là comme un simple gros vide...
Une fois les morceaux de Puzzle réunis, on prend plaisir avec Les années, la finesse dans les descriptions n'alourdit pas pour autant le lecture, et l'auteure prend le malin plaisir de ne point s'attarder aux faits, elle nous entraine directement aux conséquences, de même que les émotions des personnages sont imprécises, ils sont comme des pions que le vent pousse à sa guise, c'est juste une espèce de silence que l'auteur veut nous faire partager ! Le néant de l'être!
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cmpf
  26 février 2015
La présentation de cette oeuvre parle de l'histoire d'une famille sur trois générations. Oui, mais à la façon de Virginia Wolf. Donc pas de récit linéaire, avec toutes les explications des divers évènements mais une succession de tableaux que le lecteur observe et écoute et dont il déduit l'évolution de la famille Pargiter. Et bien sûr, les pensées des différents protagonistes.
Ainsi dans les premières pages, on apprend que la mère de famille est mourante. Or le père et l'une des filles s'en réjouissent à part eux, tout en respectant les règles du comportement en pareil cas. La fille pense à cette mère qu'elle aime et qu'elle déteste mais sans qu'aucune explication claire ne soit donnée à ce sentiment ambivalent.
Les éléments sont aussi très présents, pluie, vent, neige, canicule.
Un roman très plaisant si l'on accepte le parti pris de l'auteur. Je trouve que d'une certaine façon il demande une plus grande participation du lecteur qui n'a pour seuls repères que l'indication de l'année qui sert de titre à chaque chapitre. Mais il peut aussi induire un sentiment de voyeurisme.

Lu dans le cadre du Challenge ABC 2014-2015
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nathalie_MarketMarcel
  23 juin 2020
Nous sommes en 1880, dans le salon du colonel Pargiter et de ses enfants. Et puis, en 1891, en 1907, en 1913, etc. jusqu'aux temps présents.
Woolf ne nous raconte pas exactement l'histoire des membres de la famille, parce que nous les suivons par intermittence et que nous apprenons, incidemment, que Maggie est mariée, que Rose est en prison (on suppose que c'est une suffragette) ou que Charles est mort à la guerre. Au fur et à mesure que le temps passe, de nouveaux membres apparaissent dans la famille et, comme la vieille Eleanor, nous commençons à nous perdre un peu dans ces « jeunes » qui ne sont déjà plus les plus jeunes.
Pour le moment, c'est le roman de Woolf que j'ai le moins apprécié, sans doute parce qu'ici la fragmentation des existences, des conversations et des pensées est à son maximum. Si le personnage d'Eleanor constitue le fil principal, beaucoup d'autres sont un peu trop fantomatiques à mon goût.
Et pourtant ! Nous traversons toute l'Angleterre : la fin de la période victorienne, l'Empire triomphant, la guerre (il y a l'évocation d'une nuit à Londres pendant les bombardements de la Première guerre mondiale), les premières voitures et l'inquiétude politique des années 30. le roman raconte la coexistence et l'incompréhension entre générations, parce qu'on s'oppose à sa mère, mais que l'on finit par lui ressembler. La grande soirée finale n'est pas sans rappeler Mrs Dalloway – tout converge vers une soirée – ou le Bal des têtes de Proust – c'est que l'on retrouve tout le monde, mais tout vieillit !
Et sans le dire, on comprend que les personnages peinent à vivre, écrasées par le poids des conventions sociales (les hommes d'Oxford, le mariage et la vie de famille, le jugement des autres). Ils chancellent et hésitent, repartent comme ils le peuvent, un peu perdus et isolés. Si les Pargiter sont une famille aisée, les classes populaires ne sont pas absents du roman, parce que certains membres sont pauvres et doivent vivre dans des meublés, ou parce que la vieille domestique doit également chercher un logement, ou encore parce que chacun craint d'être « déplacé » en face de l'autre, jugé sur ses vêtements ou sa nourriture.
Chaque chapitre s'ouvre sur une merveilleuse évocation de la météo à Londres et dans sa région. le roman avance au fil des saisons. Finalement, que reste-t-il de toutes ces Années ? Les événements d'histoire politique sont à l'arrière-plan et les événements individuels, s'ils sont colossaux, ont tendance à s'estomper. On ne se souvient plus qu'Edward a passionnément aimé Kitty, mais il reste une danse un soir, le souvenir d'un thé autour d'une bouilloire récalcitrante, un dîner où l'on s'est rencontré.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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apcalipticart
  26 octobre 2019
Les Années c'est une longue complainte de la vie des femmes ennuyeuses et vaporeuses à travers la fin du 19ème et le début du 20ème. Découpé en chapitres, chacun est affilié à une année précise et on voit se succéder plusieurs générations de familles, mais avec une très grande importance pour la gente féminine. le roman est parsemé de dialogues quand l'ennui se fait beaucoup trop intense, elles décident d'échanger les banalités les plus creuses mais avec distinction. .
Virginia Woolf nous parle de ces femmes qui n'ont aucun but de plus que ce que la société leur dicte, ces femmes qui déambulent à travers les années comme des spectres (soyeux) très esthétiques, ne se confrontant à aucune agressivité extérieure. Elles sont nobles, belles et tout à fait transparentes, de bonnes mères, de bonnes femmes à marier avec untel comte ou untel noble. Les Années, c'est une longue traversée fantômatique, à travers la vacuité des gestes du quotidien des femmes à ces époques .
Pourtant, le roman cache une structure forte et solide, quelque chose qui vient en contrepoint de toute cette vie vaporeuse : Ce sont les descriptions, la colonne vertébrale des Années c'est la précision qu'a mis Woolf à décrire toute cette fragilité à lui donner une consistance et nous faire vivre son «consciousness». Chaque détail de la vie de ces femmes est minutieusement décrit et, par certains moments, on sent que c'est à travers ces descriptions que le récit prend toute sa consistance. .
Lire les Années, c'est être le témoin de plusieurs vies sans âmes, sans but mais qui, autour d'elles,cachent un trésor de vies, de formes et de plaisir sans nom. La vie ne réside pas toujours chez l'être humain et encore moins chez des femmes écrasées sous le poids des traditions, des habits, des hommes et de la société.
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Tschum
  05 mai 2020
C'est un portrait de groupe, celui d'une famille et de la société anglaise sur trois générations. Il commence en l'année 1880 et se développe sur dix chapitres portant chacun sur une année jusqu'en 1918 avant de rassembler, dans un dernier chapitre, les personnages à une époque contemporaine (le temps présent).
Description de la vie normale, de la vie quotidienne, des personnages, leurs actions, leurs idées, leurs pensées, leurs souvenirs, et l'influence du monde extérieur.
Virginia Woolf établit dans ce roman des analogies entre les comportements des individus dans la société et dans la sphère familiale. Elle observe les rites, les signes, les manières qui distinguent les différentes classes sociales. Mais, la critique des institutions, des conventions, des comportements reste subreptice et feutrée. Ce roman dépeint l'évolution générale de la société tout en conservant ce qui est individuel : le sentiment que les choses reviennent indéfiniment et que néanmoins elles changent. On assiste à un jeu constant entre le monde extérieur et la vie intérieure des personnages , entre le mouvement d'une action et l'intrusion soudaine d'une pensée, d'un souvenir, d'une réflexion.
Virginia Woolf alterne les scènes à travers la ville de Londres et celles à la campagne, par tous les temps et toutes les saisons, par temps froid ou grand soleil.
En résumé, le sujet de ce roman est bien la Vie. La vie, la mort, le ciel, la ville, la nature, la vie intérieure, le monde tel que l'appréhende la conscience. J'ai aimé l'atmosphère de poésie et de douceur que l'on ressent à la lecture de ce roman de 540 pages que l'on quitte avec regrets.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
cmpfcmpf   26 février 2015
Pourquoi cette obligation de réfléchir ? Elle ne voulait plus penser. Elle aurait aimé que des stores, semblables à ceux des compartiments de chemin de fer, viennent lui masquer la lumière, lui mettre un capuchon sur l’esprit. Ce store bleu qu’on tire en voyage la nuit. Réfléchir est un tourment ; pourquoi n’y pas renoncer, aller à la dérive, rêvasser ? Mais la misère du monde m’oblige à réfléchir. Ou bien était-ce de la pose ? Ne se plaçait-elle pas elle-même dans l’attitude avantageuse de celle qui montre du doigt son cœur saignant : qui partage toutes les misères de la terre, quand, en fait, elle n’aimait pas ses semblables ? Et elle revit un trottoir plaqué de rubis, les visages massés à la porte d’un cinéma : visages apathiques, passifs ; visages de gens drogués par des plaisirs sans valeur, qui n’ont même pas le courage d’être eux-mêmes, mais qui se parent, se copient, font semblant. Et ici, dans ce salon, songea-t-elle, les yeux fixés sur un couple… Mais je ne veux plus penser, se dit-elle encore, elle obligerait son cerveau à se vider, et elle se reposerait, se laisserait aller, accepterait avec calme et tolérance ce qui adviendrait.
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NievaNieva   10 février 2016
Le soleil brillait de nouveau, les pavés humides luisaient ; une bouffée de vent souleva les branches des amandiers dans les jardins des villas. Brindilles et touffes de fleurs tourbillonnèrent sur le pavé et y restèrent collées. Kitty s'arrêta une seconde à un croisement et crut être, elle aussi, arrachée à ce qu'il l'entourait par un tourbillon. Elle oublia où elle se trouvait. Le ciel bleu, balayé, ne contemplait plus les rues, ni les maisons autour d'elle, il planait au-dessus de la campagne où le vent soufflait sur les Moors, et où les moutons, leur toison grise ébouriffée, s'abritaient contre les murs de pierre. Kitty se figurait presque voir les Moors s'éclairer, puis s'assombrir, lorsque les nuages les survolaient.
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laborolaboro   22 septembre 2019
Il doit y avoir une autre vie, pensait-elle, retombant dans son fauteuil, exaspérée. Pas dans les rêves; mais ici et maintenant, dans cette pièce, avec des gens vivants. Elle eut l'impression qu'elle tait au bord d'un précipice, les cheveux flottant au vent; elle était sur le point de saisir quelque chose qui venait de lui échapper. Il devait y avoir une autre vie, ici et maintenant, répéta-t-elle. Cette vie est trop courte, trop fragmentaire. Nous ne connaissons rien, même sur nous-mêmes. Nous commençons seulement, se disait-elle, à comprendre, ici et maintenant. Elle creusa ses mains sur ses genoux en une sphère, exactement comme Rose avait creusé la sienne en cornet autour de son oreille. Elle teint ses mains arrondies; elle avait l'impression de vouloir enfermer le moment présent; le faire demeurer; le remplir de plus en plus, du passé, du présent et de l'avenir, jusqu'à ce qu'il brille, complet, éclatant, plein d'une profonde compréhension.
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NievaNieva   10 février 2016
Dans la pénombre, car toutes les persiennes étaient abaissées, les fleurs luisaient. Et dans le hall, on respirait une odeur intense, sensuelle, de serre. Couronne après couronne continuaient d'arriver : lis striés de larges bandes d'or, ou dont les calices tachetés étaient collants de miel ; tulipes blanches, lilas blancs — fleurs de toutes sortes, les unes aux pétales épais, comme du velours, les autres transparentes, d'une minceur de papier, mais uniformément blanches, massées, corolle contre corolle, en cercle, en ovale, en croix, si bien qu'elles ressemblaient à peine à des fleurs.
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LillyLilly   03 juin 2010
Voilà à quoi aboutissent trente ans de vie commune, entre mari et femme - tut-tut-tut et tchou-tchou-tchou. On aurait cru entendre des bestiaux ruminer plus ou moins distinctement dans leur étable - tut-tut-tut et tchou-tchou-tchou - en piétinant la paille douce et fumante de leur litière, de la même manière qu'ils se vautraient jadis dans les marais primitif ; nombreux, prolifiques, à peine conscients, se disait North, tandis qu'il écoutait d'une oreille distraite le jovial clapotement, qui soudain s'adressa à sa personne.
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Vidéo de Virginia Woolf
Marie Darrieussecq est une romancière fêtée. Vingt-trois ans après la parution tonitruante de l'inaugural Truismes, elle affiche une ample et belle bibliographie (Bref séjour chez les vivants, le Pays, Il faut beaucoup aimer les hommes...) dont La Mer à l'envers, le dernier jalon en date, paru mi-août aux éditions P.O.L, s'impose comme le roman-phare de cette rentrée littéraire 2019. « Comment peut-on écrire aujourd'hui sur un autre sujet que les migrations ? », s'interrogeait-elle lorsqu'on l'a rencontrée au début de l'été, à Paris, pour évoquer avec elle cette fiction à la fois grave et légère qui met en scène une jeune femme dont l'existence ordinaire est soudain bouleversée par sa rencontre avec un jeune réfugié nigérien. Marie Darrieussecq est aussi traductrice (notamment de Virginia Woolf et de James Baldwin), elle préside depuis l'an dernier la Commission d'avance sur recettes au Centre national du cinéma (Cnc) et s'apprête à prendre en charge la chaire d'écrivain en résidence récemment créée à Science Po. Où trouve-t-elle le temps et l'énergie ? Quel est son moteur : la curiosité, la passion, ou la peur de l'ennui ?
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