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ISBN : 2743644672
Éditeur : Payot et Rivages (22/08/2018)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Kansas, un été plus chaud qu'à l'ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l'Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l'ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s'échappent d'une cave. Des rêves de gloire naissent, d'autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  28 août 2018
Merci à Babelio et aux Éditions Rivages pour cette plongée en enfer complètement addictive. Sept cents pages, remarquables de justesse, qui sondent les tréfonds de l'âme — non de monstres mais d'êtres entraînés dans un spirale infernale et poussés au pire par un traumatisme originel.
Un roman noir et psychologique, dont on sort ébranlé, qui explore formidablement la vengeance et jusqu'où on peut aller pour sauver ceux qu'on aime. De vraies questions où si les réponses des personnages de Jérémy Fel bousculent souvent nos convictions, nous pouvons qu’être d’accord avec lui quand il dit que l’amour d’une mère change tout.
Je n’en dirai pas plus au risque de gâcher votre plaisir, si une saine curiosité vous poussait à vouloir découvrir Helena.
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Kirzy
  08 septembre 2018
*** Rentrée littéraire 2018 ***
Mais qui est Helena ?
Au fil des pages, le découvrir a été mon obsession … et la révélation ne se fait que dans les toutes dernières pages, inattendue, déroutante, décevante à prime abord, brillante après réflexion.
J'ai dévoré Helena en apnée, estomaquée par un premier chapitre absolument hallucinant ; avec la sensation de danger qui en exsude, tu sais illico que tu ne vas pas dormir sur tes deux oreilles lorsque tu refermeras Helena … Tu sens que l'épée de Damoclès va se fracasser quelque part, et plusieurs fois peut-être.
Ce qui est puissant avec ce livre, c'est comment à partir de personnages archi stéréotypés omniprésents dans la culture américaine, l'auteur déconstruit, triture et explose ces clichés à la TNT.
Les 4 personnages principaux de ce roman choral sont tous d'une grande richesse psychologique, jamais linéaire : le psychopathe effrayant du premier chapitre devient presque touchant en enfant blessé cherchant de la tendresse auprès d'une prostituée; la greluche friquée toute pimpante se révèle implacable; la mère très desperate housewife qui rêve de concours de Miss pour sa fille, surprend dans ses actions de louve; le fils préféré qui sert de détonateur à ce que l'addition de ces personnages caricaturaux conduise à l'innommable.
Tous se retrouvent piégés. Les chapitres alternent leur point de vue et ce qui est très dérangeant, c'est qu'on s'identifie à chacun à un moment donné, même aux plus monstrueux, même lorsqu'ils basculent dans la folie, avec à chaque fois, une question lancinante : qu'aurai-je fait, moi, dans cette situation terrible ? Aucun jugement n'est possible, les frontières entre le bien et le mal sont trop fines pour qu'on puisse se réfugier, se rassurer derrière un manichéisme de bon aloi.
Avec une maestria assez dingue, Jérémy Fel tisse son intrigue comme un puzzle dont les morceaux seraient disséminés dans chaque chapitre. le drame familiale prend des allures de thriller avec des flash-backs ( qui semblent anodins au départ, attention ! ) qui se révèlent indispensables à la compréhension de cet engrenage diabolique. La lecture devient une expérience quasi physique, épuisante parfois, tant l'auteur possède un talent incroyable pour créer de la tension grâce à une écriture très cinématographique, particulièrement bouillonnante lorsqu'elle s'envole dans des embardées fantastiques.
On tient là un extraordinaire roman qui radiographie le mal, ses origines et qui propose en même temps une réflexion forte sur la transmission mère-enfant. Tout sur ma mère. L'amour maternel est au centre de tout dans ce roman noir très noir, qu'il soit défaillant, absent, excessif, ou dans le déni.
F-O-R-M-I-D-A-B-L-E mais âmes sensibles s'abstenir !
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Commenter  J’apprécie          719
berni_29
  24 juin 2018
Helena est le second roman de Jérémy Fel.
J'ai lu d'une traite ce livre, dévorant les pages, comme emporté par une effroyable addiction. Et j'en suis ressorti presque sonné.
Pour autant, la première scène nous prévient, mais elle ne suffit pas à donner l'étoffe du roman : Tommy, presqu'encore un gamin, un des personnages qu'on retrouvera plus tard au cœur du récit, égorge des chats et des chiens dans un vieil abattoir désaffecté...
Le roman se situe en plein Midwest des États-Unis, précisément dans le Kansas. A un moment donné, je me suis demandé à quelle date se situait l'intrigue, tant certains personnages semblaient bien trempés dans leur jus. Non, nous sommes bien dans l'Amérique de Donald Trump, celle qui à cet endroit des États-Unis, a voté massivement pour ce Président.
Les personnages avancent un à un dans la torpeur de l'été. Il y a tout d'abord une forme d'insouciance qui caresse des adolescents qui se cherchent. Ils ont des rêves plein la tête et veulent changer de vie.
La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Mais voilà qu'au retour d'un tournoi, sa décapotable rouge tombe en panne dans un village en plein Kansas, pour elle c'est un endroit sordide, une sorte de brousse sauvage, perdue dans l'Amérique civilisée. Quelle galère ! La garagiste indique qu'il faut commander une pièce qu'il n'a pas en stock, cela ne prendra qu'un jour tout au plus. Heureusement, c'est sans compter sur la solidarité du coin, Norma qui habite aux abords du village, connaissance du garagiste, propose à Hayley de l'héberger pour la nuit dans sa grande maison au milieu de nulle part, en pleine campagne...
C'est ainsi que le décor se plante progressivement autour de cette voiture qui tombe en panne, d'une maison adossée à des champs de maïs qui s'étendent à perte de vue, d'une femme généreuse qui propose l'hospitalité... Sauf que Norma a pour fils le fameux Tommy qu'on a rencontré au début du roman...
Avant que tout ne bascule, nous avons juste le temps d'apprécier comme Hayley la quiétude du lieu, le temps qui semble figé dans cette campagne sereine, le vent qui agite au loin les épis de maïs comme les vagues d'un océan. Juste le temps d'apprécier cela avant que tout ne bouscule, irrémédiablement... Voilà, j'en resterai ici sur le récit. Je vous laisse le plaisir de découvrir la suite...
Que dire sur ce livre qui décoiffe totalement. Plusieurs voix viennent dire les uns après les autres les fragments d'une histoire qui les lie les uns aux autres dans un puzzle infernal. On entend leur voix et on est perdu, on ne sait plus s'ils sont victimes ou bourreaux. On est pris à notre tour dans l'histoire comme dans une de ses tornades du Midwest qui savent tout démolir sur leur passage...
Le récit est sans répit, nous tient en haleine jusqu'au bout.
Nous sommes à chaque instant comme sur un fil tendu au-dessus du vide. J'ai ressenti une forme d'addiction qui m'empêchait par moment de lâcher ce livre dense.
J'ai apprécié le récit, le cœur de l'intrigue qui se construit comme une traînée de poudre emportant un à un les personnages vers un destin implacable. Les personnages ont de l'épaisseur. On se surprend à les contempler dans une forme de gêne qui ne nous laisse pas indemne. Dans ce drame familial, car c'en est un, une petite lumière semble à chaque instant retenir son souffle et nous parler à voix basse, au bord de l'abîme, car dans chaque personnage il y a aussi une humanité et c'est cela qui rend beau et tragique ce roman vertigineux.
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migdal
  01 septembre 2018
Confrontant le lecteur à l'inceste, la pédophilie, la pornographie et au viol, Héléna est un roman épouvantable (au sens propre du mot), vivement déconseillé aux âmes sensibles.
C'est un roman qui fera date et, après les cent premières pages où il ne se passe pas grand chose, à l'exception d'un chien écrasé et d'une panne dans le circuit de refroidissement d'un moteur … la fuite d'eau déclenche un véritable tsunami et il devient alors impossible de lâcher ce livre épais qui trouble encore mes nuits car l'intrigue est diaboliquement construite et Jérémy FEL nous emmène de rebondissement en rebondissement dans un déchaînement de désastres, de violences et de vengeances vers le dénouement.
C'est aussi addictif qu'une bouteille d'alcool et à la fin on a le même mal de tête.
Jérémy FEL nous peint une galerie de personnages qui n'est pas manichéenne et le lecteur vit les drames des uns, des unes et des autres, et, in fine, se demande :
• Comment réagir en surprenant son conjoint dans les bras d'une autre ?
• Comment réagir en découvrant un pédophile agressant son enfant ?
• Comment réagir face au violeur de sa soeur ?
• Comment réagir en voyant la racaille incendier sa voiture ?
La frontière entre bons et méchants est très perméable et très éphémère dans ce scénario et c'est une clé de sa réussite.
Mais quelle injustice de voir un enfant innocent payer sa vie durant dans sa chair les crimes de sa mère !
« Les parents boivent, les enfants trinquent » enseigne le dicton populaire
Ce n'est pas seulement un roman noir et deux points méritent, à mon avis, d'être soulignés. L'auteur, dans la filiation d'Aristote, nous offre une illustration de la théorie de la causalité en reprenant, par une succession d'exemples très brutaux (club de golf), la classique distinction entre cause matérielle, formelle, efficiente et finale que le jury d'un tribunal ayant à juger les prévenus devra prendre en compte pour estimer les responsabilités.
Par ailleurs les personnages, sont « orphelins », dans leurs quasi totalité, et n'ont pas la chance d'avoir ou d'avoir eu, un père et une mère, et donc n'ont pas connu leurs grands parents, n'ont ni tradition familiale ni généalogie claire.
Déracinés, fruits de mère célibataire, nés dans des familles décomposées puis recomposées, élevés dans des familles victimes d'accidents divers (noyade, chasse, accident), ou victimes de parents indignes, ils ont souffert d'une pénurie affective et d'un manque d'éducation qui semble une des raisons pour laquelle, plongés dans un contexte de désordre, ils n'ont que la violence comme issue de secours.
Qu'y a t il de plus important qu'une mère interroge Jérémy FEL ?
Je prends la liberté de répondre : un père.
Car sans père, pas de repaire, et l'éducation d'un enfant exige la double présence d'un père et d'une mère et nos policiers et les juges pour enfants le constatent hélas chaque jour et pas seulement dans l'Arkansas.
Que nos députés lisent ce magnifique ouvrage avant de se prononcer sur la PMA sans père car vouloir protéger un enfant que l'on a pas su ou pas pu éduquer, c'est hélas trop tard et donc irrémédiable. Respectons la nature.
Jérémy FEL, me semble digne de rejoindre dans nos bibliothèques Hector MALOT, et Héléna trouver sa place aux cotés de « Romain KALBRIS » et « sans famille », avec une nuance malgré tout, c'est qu'il y a un siècle il fallait travailler pour survivre, se nourrir et gagner sa vie, alors que dans ce roman les rares personnes qui travaillent (camionneur, épicier, policier) sont (à l'exception de la péripatéticienne) présentées sous un jour peu flatteur et cet univers où le fric, la came et l'alcool tombent du ciel m'a semblé très virtuel.
Enfin l'écriture alterne le récit narratif et le brouillard onirique, c'est souvent beau, très beau, mais complexe et parfois incompréhensible !
Merci aux Editions Payot et à Babelio de m'avoir offert ce roman ; je suis impatient de rencontrer son auteur dont l'avenir s'annonce prometteur.
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Tostaky61
  20 septembre 2018
Ça y est, l'ouragan Helena m'a frappé en plein coeur.
J'étais pourtant prévenu.
Les nombreux éloges de lecteurs avaient tiré le signal d'alarme.
J'étais préparé,  barricadé,  lesté.
Pourtant tel un fétu de paille, j'ai été emporté. Entornadé (j'aime bien inventer des mots, mais c'est pour exprimer la puissance avec laquelle cette lecture m'a embarqué).
Helena, roman noir de chez sombre.
Histoire de mères.
Présentes. Absentes. Aimantes. Protectrices.
Histoire a travers quatre personnages principaux.
Une mère, Norma. (que l'on ne peut presque pas dissocier de sa petite fille Cindy au rêve de Little miss sunshine américain)
Un fils Graham, qui rêve de New York, de grande école de photographies et d'Amber sa petite amie.
Son frère Tommy, ses fantômes,  ses fantasmes et ses dérives.
Et une jeune fille de passage, Hayley, experte en maniement de club de golf.
Chacun de ces personnages est une histoire à lui seul.
Jeremy Fel en a fait un roman intense, 730 pages qui se dévorent, comme les monstres dévorent les petits enfants...
Helena, c'est l'effet papillon... ou comment un téléphone dans une piscine va engendrer une série de drames.
Helena, c'est une succession de mauvaises décisions prises par chacun des protagonistes.
Helena c'est l'âme noire de l'humanité.
Il est fort Fel.
Il vous broie les tripes et l'instant d'après il vous fait entendre les chants d'oiseaux, ou le ressac de la mer.
Il alterne avec talent les passages violents et les images d'Epinal ( bon, là on est au Kansas,  pas dans les Vosges...). L'hémoglobine et le maquillage...
Il tient le lecteur en éveil.
Il lui fait peur, mais d'une caresse amicale sur la joue il le rassure.
Dans Helena les rêves deviennent cauchemars.
La cause ? La violence, la mort, l'alcool et la drogue.
Maman, comme le monde est méchant.
Maman, comme le monde est beau.
Et à la fin, tout à la fin, la question se pose, être mère, bonheur ou malédiction ?
Ce roman ne laisse pas indifférent.
Je me joins à toutes les louanges déjà exprimées et je vous encourage à découvrir l'un des meilleurs romans de cette rentrée littéraire.


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critiques presse (2)
Actualitte   29 août 2018
Les lieux communs des quatre ou cinq premiers chapitres font redouter les 700 pages à venir. Ce serait une grave erreur que de s’y arrêter, parce qu’ils s’imposent comme une nécessité du récit. Du plus loin on prend son élan pour sauter, on parvient à plonger dans le plus terrible de l’angoisse.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Telerama   24 août 2018
Au fin fond du Kansas, une pin-up croise un psychopathe. Un conte sanglant et réjouissant vivifié par les clichés d’une Amérique de cinéma.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
SbllySblly   17 septembre 2018
Le chien gisait sur le flanc et poussait de petits gémissements, aussi aigu que le crissement de roues d’un vélo.
Tommy passa sa main le long de sa mâchoire entrouverte, un souffle chaud lui enrobant la paume. Le chien lui lécha alors les doigts, comme pour le supplier de lui laisser la vie.
Commenter  J’apprécie          20
YuyineYuyine   14 septembre 2018
Il ne devait pas pleurer. Il n'était plus un gamin. Les gamins, on les dévorait dans les champs à la nuit tombée. Les gamins, on les faisait hurler derrière les portes closes.
Commenter  J’apprécie          40
palamedepalamede   30 août 2018
Même si elle savait n’avoir du Kansas que des idées préconçues, Helena ne pouvait s’empêcher de frémir en imaginant y vivre au milieu d’une multitude d’arriérés votant pour les Republicains, presque en terre étrangère.
Commenter  J’apprécie          390
palamedepalamede   25 août 2018
Elle n’arrivait pas à comprendre comment on pouvait autant se négliger, elle qui avait suivi un régime draconien, elle qui vivait dans un monde où, si on n’avait pas un certain physique, on n’était plus rien, du moins aux yeux de ceux qui comptaient vraiment.
Commenter  J’apprécie          260
palamedepalamede   29 août 2018
Merci ... à ma mère, Dominique Fel, d’avoir été pour moi, tout le long de ma vie, l’inverse de ce qu’a été Helena pour Hayley.
L’amour d’une mère change tout.
C’est peut-être le sens profond de ce livre.
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Videos de Jérémy Fel (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jérémy Fel
Entretien avec Jérémy Fel à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com le 6 septembre 2018. Découvrez les 5 mots choisis par l'auteur pour évoquer son roman "Helena", paru aux éditions Rivages.
La page du livre : https://www.babelio.com/livres/Fel-Helena/1047504
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