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ISBN : 2070349705
Éditeur : Gallimard (21/02/2008)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 241 notes)
Résumé :
Exilé en Australie, Paul Osbone apprend le suicide de son ami Fitzgerald : le chef de la police d'Auckland aurait abattu un chaman maori soupçonné de meurtres atroces, avant de se donner la mort. Or, non seulement le cadavre du chaman n'a jamais été retrouvé, mais Fitzgerald n'était pas du genre à se suicider. Spécialiste de la question maorie, ancien bras droit de Fitzgerald, Osborne est chargé de remonter la piste. Dans un climat social et politique explosif, épau... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
09 avril 2012
Férey deuxieme ! le retour de la grosse claque , sorte de plaquage All Black viril mais correct entrainant un immédiat coma non moins viril...
Ce qu'il y a de bien avec ses couvertures , c'est qu'elles annoncent tout de suite la couleur ! L'on se doute que pour le darjeeling avec un nuage de lait en discourant art floral , ça va pas etre possible...
Utu , en langage Maori , signifie vengeance ! le ton est donné , le déchainement de violence débridée se profile deja à l'horizon...
Paru apres Haka , Utu en reprend tous les ingrédients et certains personnages sans pour autant en représenter une suite directe . Paul Osborne fut le second de l'emblématique Fitzgerald . Reconverti brillamment en loque humaine suralcoolisée et droguée jusqu'aux yeux apres avoir jeté l'éponge , il reprend du collier « au pays du long nuage blanc «  , ne pouvant croire un seul instant au suicide de son superieur et ce , apres qu'il eut démantelé une organisation de fanatiques dirigée par le charismatique activiste , shaman de niveau 1 s'cusez du peu , Zinzan Bee dont le corps manque toujours à l'appel...Flanqué de Culhane , chargé de le surveiller comme le lait sur le feu , Osborne réintegre la Nouvelle-Zélande afin d'éclaircir ce non-sens , toujours taraudé par le fantome d'Hanna qu'il n'a jamais oublié...Ajoutez-y le vol d'une relique sacrée Maorie à élucider , saupoudrez de quelques cadavres désossés rejetés par la mer et dégustez ce Utu au fort relent d'apocalypse .
Et un anti-héros , un ! Osborne seme la mort et la désolation avec un rare détachement . N'était sa touchante histoire d'amour perdu , ce type aurait tout du sale con sans foi ni loi habité par la mort et le chaos . Un flic ripoux dans un pays de ripoux , tout est raccord...Il poursuit inlassablement sa quete de justice et de vengeance , s'enfonçant toujours un peu plus dans les abysses dépravés d'une nature humaine qui n'en porte que le nom . Car la patte Férey , c'est un récit apre voire excessif au service du sociétal et de l'éthnique ! L'auteur , que l'on sent bien documenté , aime à immerger le lecteur dans un contexte de minorité opprimée , acculée , à qui il ne reste que la rebéllion légitimée par des traditions séculaires , pour s'opposer farouchement à l'oppresseur blanc dont il dresse un portrait peu flatteur ! J'ai trouvé ce récit beaucoup plus pointu , historiquement parlant , que le précédent . Férey multiplie les anecdotes Maories , tout en usant régulierement du langage tribal , ce qui en renforce l'adhésion . Autant Haka était linéaire , autant Utu est morcelé , éparpillé façon puzzle . Un récit sous forme de tableaux divers qui viennent finalement se completer pour éclairer ce gentil conte Néo-Z qui fleure bon l'enfance...perdue ! Une jeunesse dorée pourrie jusqu'à la moelle , des notables véreux , une communauté sacrifiée sur l'autel du profit et de la luxure .
Ames sensibles , s'abstenir ! Déviances sexuelles , brutalité exacerbée , cadavres à la pelle , protagoniste qui , s'il n'est pas proche du coma éthylique n'est jamais bien loin de l'overdose...Catalogue non-exhaustif d'un Férey tres inspiré ! Les personnages ont de la consistance ( mention spéciale à Amélia , attachante assistante légiste énamourée ) , l'histoire tient la route .
Le sentiment qui vous colle à la peau en refermant ce bouquin , c'est cette désagréable odeur de charogne et d'épuration éthnique au pays roi de l'ovalie . Un époustouflant thriller racial qui vous laissera sans voix , incapable d'entamer le moindre petit Haka , pour peu que vous en ayez encore l'envie...
Utu , véritable ode à la noirceur , vibrant hommage au désespoir , fortement déconseillé par l'office du tourisme Néo-Zélandais ;)
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belette2911
23 décembre 2012
Ne devrait-on pas poursuivre l'auteur pour les actes de barbarie et de tortures qu'il commet envers ses personnages ? Parce que là, je dépose plainte, moi !
Déjà que dans le roman précédent "Haka", Fitzgerald, le flic alcoolo et un peu drogué en avait pris plein son matricule (et les autres aussi), mais là, le suivant, Paul Osborne, en a ramassé encore plus (et les autres avec lui).
D'ailleurs, dans les deux romans de Férey que je viens de lire, tout le monde en a pris plein sa gueule !
Certes, bon nombre d'entre eux avaient des choses pas très nettes à se reprocher - hormis le labrador qui lui n'avait que des arrosages de réverbères sur la conscience - mais tout de même, c'est violent.
"Utu" veut dire vengeance en maori et cela ne concerne pas une petit vengeance minable du genre "saler le café de l'autre". A ce jeu là, certains jouent gros, très, très gros.
Dans cette "suite", nous avons Paul Osborne, flic encore plus atypique que son supérieur Fitzgerald. Il était son second avant de démissionner. Là, on vient de le rappeler au travail et ça ne fait pas plaisir à tout le monde.
Si le premier était déjà alcoolo, torturé, un peu drogué, l'autre, c'est le même mais puissance 10 ! Fitzgerald n'était pas un tendre, Osborne le dépasse et fait bien pire que lui.
Plus salopard et dépravé que lui, faut se lever tôt pour le trouver, ou alors, ce genre de type est du côté des Méchants, pas des Gentils.
Afin d'éviter tout débordement, un flic nommé Culhane est chargé de le baby-sitter. Comme si on pouvait surveiller et gérer la bombe à retardement qu'est Osborne ! Il est hanté par un ancien amour, torturé, malaxé et c'est cette touche qui fait que, malgré tout, on apprécie ce "foutu salopard". Bien que sur certains faits, je l'ai détesté, avant de me dire que, tout compte fait... si un salopard tombe sur plus salopard que lui...
Comme pour "Haka" dont on pourrait dire que "Utu" est la presque suite, sans l'être vraiment, l'auteur nous parle de la minorité opprimée que sont les maoris.
Bien au courant de la chose, il nous plonge dans leurs revendications, dans toutes les exactions commises par l'Homme Blanc, il nous parle de leurs traditions anciennes et la révolte qui gronde car le maori doit s'intégrer ou crever.
Férey nous dépeint avec acidité une jeunesse dorée qui est pourrie jusqu'au trognon, nous montre des notables véreux prêt à tout pour le fric et une communauté maorie sacrifiée sur l'autel de la modernité, de l'argent sale, du business...
Sans oublier quelques scènes "crues" dans un bar pour échangistes... fréquenté par les Huiles de la ville, of course.
Ici, le récit est plus fractionné que dans le précédent puisque nous avons une partie de l'enfance et de la jeunesse de Osborne ainsi que quelques scènes de vie de son "baby-sitter", Culhane, qui prendront tout leur sens ensuite.
Devenu un flic ripoux parmi des plus pourris que lui, son enfance nous permet de comprendre sa quête de justice (selon sa définition à lui) et de vengeance.
Et une fois de plus, l'auteur en m'a pas déçu dans son final. J'ai ouvert grand mes yeux pour certaines explications auxquelles je n'avais pas pensées.
Vous l'aurez sans doute compris, avec "Utu", je viens de me prendre un second coup de pied dans le cul, une claque magistrale, comme administrée par l'intégralité des All-Blacks.
Si vous aimez les Bisounours et les poneys roses, je vous en conjure, passez votre chemin ! La tendresse est inexistante dans ce roman.
Les cadavres, tout comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle. En deux romans, Férey a commis un génocide de personnages.
Ma seule critique sera pour la fin que je trouve trop ouverte. J'aurais aimé que l'auteur nous en donne un peu plus, ne fut-ce que pour savoir si Osborne allait enfin liquider ses vieux démons ou non... et puis, je suis fâchée parce que Férey a zigouillé une personne que j'aimais beaucoup.
Bon, je vais lire "Picsou Magazine" afin de remettre mes idées en place et d'avoir un peu de douceur après cette saga Maorie. Là, c'est sûr, je vais décommander mes futures vacances en Nouvelle-Zélande... M'est avis que l'Office du Tourisme a moyennement apprécié les deux romans.
Critique publiée dans le cadre du challenge "Thrillers et polars" organisé par Liliba.
Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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gruz
15 août 2012
Second volet de la saga Maorie, après Haka, ce roman en est le prolongement, même si les deux bouquins peuvent se lire indépendamment (mais se serait du gâchis, parole d'admirateur).
Nouveau personnage principal, nouveau flic écorché vif, drogué, violent, monstrueux parfois, désenchanté, désincarné, mais touchant aussi.
Quatre ans se sont passés entre l'écriture des deux histoires, est on sent l'évolution du style. Moins lyrique que dans Haka, mais plus fluide.
L'histoire en elle même propose son lot d'horreurs, de violences, de déchéance à en remuer les tripes des lecteurs les plus blasés.
Férey est cependant un peu moins jusqu'au boutiste que lors du premier opus (mais juste un peu alors, hein).
Le roman, quant à lui est moins linéaire que Haka, mais toujours aussi prenant. Une vraie sombre histoire de vengeance (traduction du mot maori Utu) qui ne laisse pas indifférent et qui nous happe pour ne plus nous lâcher.
A noter que Férey détaille bien plus la culture maorie dans ce second volet, rajoutant un intérêt supplémentaire à l'histoire.
Estomaquant.
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Lilou08
14 août 2013
wahou ! Je viens de finir Utu de Caryl Ferey… et je me prends encore un bon gros coup de poing… je devrais être habituée avec lui, mais non… c'est toujours bon comme une première fois !!! Je l'ai dévoré en 2 jours de temps… j'avais déjà lu Haka il y a quelques années, après avoir lu Zulu… et du coup, Haka avait souffert un peu de la comparaison de Zulu… j'avais jugé Haka un peu moins bon… mais là, la « suite » de Haka, Utu m'a complètement happée ! Et j'ai adoré, bien que très violent. Mais quand on prend un livre de Caryl Ferey, on sait que ce ne sera pas une causerie autour d'un thé. Et puis la vie, la réalité est violente. Bon j'avoue néanmoins que son « héro » si on peut l'appeler ainsi, disons le personnage principal, Paul Osborne, est plus que tourmenté (il a des raisons…) et qu'il s'en prend plein la figure pour pas dire autre chose. Faut dire qu'il veut aller au fond des choses, qu'il va là où ça fait mal, où on ne veut pas qu'il aille, à n'importe quel prix… d'ailleurs il n'a pas grand-chose à perdre, si ce n'est rien… juste il veut la vérité !
j'ai mis des guillemets en parlant de suite de Haka, car on n'a absolument pas besoin d'avoir lu Haka pour lire Utu. La seule chose est que l'histoire se passe au même endroit, en Nouvelle-Zélande, en plein dans les traditions maoris, que le flic Paul Osborne faisait partie de Haka et que les évènements se passent après. Mais on peut sans difficulté, lire Utu tout seul.
Je souris car le livre que j'ai lu juste avant Utu, son personnage, Harry Holle (de Jo Nesbo) était lui aussi tourmenté, mais à côté de Paul Osborne, il me parait tel un enfant de choeur mdr… Les Nordiques n'arrivent pas encore à la cheville de Caryl Ferey.
L'intérêt avec Caryl Ferey, en dehors d'une intrigue qui nous tient en haleine jusqu'au bout, c'est qu'on apprend aussi beaucoup sur des peuples, souvent opprimés (Zulu en Afrique du Sud, avec le post-apartheid, Mapuche en Argentine, la dictature, les disparus, les folles de mai…).
J'ai cru un moment qu'au milieu de toute cette noirceur et cette violence, un personnage, une femme, allait peut être réussir à « sauver » Osborne, le ramener dans la vie… mais mais…
Je ne vous dirais pas, à vous de lire…
Euh Monsieur Caryl Ferey, votre fin m'a laissé un peu sur ma faim… mais bon, je me la fais toute seule, comme une grande, c'est ce que vous vouliez non ?
Bref, si vous ne l'aviez pas encore compris, je vous le recommande plus que chaudement… bon seulement si vous avez le coeur bien accroché…
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michfred
19 février 2015
A la question : Fitzgerald - le héros de Haka- peut-il décemment avoir un fils spirituel aussi brutal, aussi toxico, aussi testostéroné – et néanmoins aussi fleur bleue- que lui, Caryl Ferey dans Utu répond : oui, Paul Osborne !
Il est juste un peu moins Maori. Quand même, pas un de ces pakehas, ces pâles petits blancs colonisateurs- un métis, sans père, mais avec des yeux jaunes, des yeux de bête sauvage, ce qui compense largement..
Paul Osborne, donc, prend la relève en terre maorie, après la disparition apocalyptique de Fitzgerald et de quelques dizaines d'autres…
Un flic, lui aussi.
Pas plus clean que son prédécesseur : toujours chargé à tout ce qui se sniffe, s'injecte ou se fume, prêt à en découdre sans se faire prier, n'hésitant pas à tirer une balle dans le genou de son supérieur hiérarchique pour avoir les coudées franches sur une enquête, pas avare de sa personne non plus : Rosemary, la femme de son coéquipier, Ann, une ravissante top-model, Amelia, la toute jeune assistante du coroner, toutes y passent allègrement , même si aucune ne remplace son seul et unique amour de jeunesse, Hana, la belle et sombre Maorie, éternellement poursuivie, et éternellement insaisissable…
Voilà pour les poncifs…mais ce serait manquer aux attentes du lecteur- petit –poucet-amateur- de -polar que de lui refuser ces cailloux pour baliser sa route…surtout en terra incognita !
Tout le reste, en effet, est profondément et vigoureusement original : la Nouvelle-Zélande, le « pays du long nuage blanc » est cette fois nettement plus présente que dans Haka - et toujours plus dépaysante.
Au fil des péripéties, et avec autant de rigueur que de doigté, nous voilà instruits des rites et coutumes maoris, comme les élèves de ces kohangareos, ces écoles maories où s'apprennent les hakas.
Ni les mokos, ces tatouages rituels des guerriers maoris exécutés par le tohunga, chaman et homme-médecine de haut savoir-faire, ni le uhi, ce couteau à inciser les chairs, bistouri du tatoueur expérimenté…taillé dans un fémur humain, ni le culte de Hauhau, institué anciennement pour résister à la colonisation britannique et brutalement ressuscité, ni le mana qui est l'âme et la force d'un Maori , ni son attachement à sa terre- son turangawaewae, littéralement lieu où il peut se tenir droit- ne nous demeurent étrangers..
Et enfin, moko sur le mana (ou cerise sur le gâteau), Tu-Nui-a-Ranga, la hache de guerre, la hache sacrificielle , la hache à décapiter les ennemis - qui devait servir à aiguiller sur une fausse piste notre beau métis aux yeux jaunes, loin des magouilles politicardes et immobilières qui font les beaux jours des nantis et de leurs hommes de main, police comprise… ce qui aura pour effet, évidemment , (avec l'aide de quelques substances psychotropes), de décupler ses facultés neuronales et de le jeter, au contraire, sur les traces encore fraîches du scandale et de l'horreur…
Je vous laisse découvrir ce que sont les mokomakaïs…
Un indice : Utu veut dire vengeance…
Un superbe polar, lyrique, hystérique et fou, dopé à l'humour noir, mais totalement maîtrisé et construit comme une symphonie…le final vaut son pétant de dynamite… Des personnages attachants et bien campés : Paul, Hana, Amelia- et moi, qui ai toujours un faible pour les kupapas (non, je ne traduirai pas…) sans espoir de pardon, j'ajouterais Jon Timu, vieux policier maori doublement condamné et père d'un enfant trisomique, Mark.
Mark, un innocent : le seul peut-être de cette sombre course vers l'abîme…
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Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Lilou08Lilou0814 août 2013
Amelia accourait.
— Mon Dieu, fit-elle en le voyant.
Osborne chancela contre le mur : il ne voyait plus que des ombres sur le trottoir et ce sang chaud qui gouttait de sa tête…
— Paul ! Paul, ça va ?
À travers l’opacité, il distinguait le son de sa voix. Amelia cala son épaule sous son aisselle.
— Viens, dit-elle, ne restons pas là…
La terre tournait à toute vitesse et la douleur allait empirant. Osborne s’accrocha à son épaule, si frêle qu’elle manqua de s’affaler. Mais Amelia tiendrait bon. Semant des petits cailloux écarlates sur le trottoir, ils titubèrent jusqu’à la Honda. Le couple de noctambules qui s’était arrêté demanda s’ils avaient un problème mais l’assistante du coroner se chargea de les éloigner. Osborne n’entendait plus rien, sinon les bruits de son cœur qui cognait contre ses tempes. Il roula sur la banquette arrière, la tête en feu. Amelia grimpa à bord, mit le contact et s’engagea sur Queen Street.
— Ça va aller ? souffla-t-elle depuis son volant.
Glissé à l’arrière, Osborne n’émit qu’un son rauque. Son cerveau bourdonnait, commençait à donner des signes de faiblesse. Des petites billes rouges phosphorescentes filaient devant le pare-brise, il voyait double, ou triple.
À l’avant, Amelia parlait d’hôpital, des types qui l’avaient tabassé, du sang qui dégringolait de sa tête… Ses yeux papillonnaient, quittaient leur chrysalide. Il balbutia :
— Pas d’hôpital.
La douleur était là, intense : Osborne ne pensait pas à l’agression qu’il venait de subir, juste à y survivre.
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MissAlfieMissAlfie10 juin 2011
Vous croyez peut-être, vous les Occidentaux, que les peuples primitifs sont broyés par la culture dominantes, c'est-à-dire la vôtre, mais nous n'avons pas disparu : non seulement nous continuons à penser sans vous, mais nous continuons à penser sur vous. Je suis partie en Europe pour décrocher vos diplômes et tenter de modifier votre approche de l'homme, vos fameuses sciences humaines, pour forcer la discipline à changer, transformer vos regards dominateurs et vous obliger à parler de nous en partenaires des temps modernes et non pas pour se conformer à vos canons civilisateurs... Civilisateurs ! s'emporta-t-elle. Combien de temps faudra-t-il vous le dire ? Vous avez conquis les peuples premiers comme on mate un animal sauvage : vos explorateurs, vos grands découvreurs, vos soi-disant héros ont pillé non seulement nos ressources économiques mais aussi notre art, notre culture même ! Vos musées sont pleins de nos biens les plus sacrés, vous avez volé noter histoire, nos langues, nos coutumes, pour imposer votre mode de vie, vos cultes, votre culture, vos clowneries d'adolescents attardés, ce que vous appellerez vos valeurs.
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AelaAela04 juillet 2012
La condition des Maoris n'était guère reluisante, surtout comparée à celle des Blancs.
Sous-diplômés, chômeurs à près de 20%, condamnés à vivre d'allocations, dépossédés de terres que leurs ancêtres avaient vendues en connaissance de cause, beaucoup de Maoris étaient contraints de chercher refuge dans les villes.
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Lilou08Lilou0814 août 2013
— Je ne sais pas, acquiesça Paul. Peut-être qu’on pourrait apprendre à se connaître. Un peu…
— J’ai du travail, rétorqua Preston. J’ai pas le temps. Une autre fois peut-être.
Il fit un geste pour s’en aller.
— Vous êtes mon père, insista Paul. Je voulais juste qu’on…
— Te fatigue pas, coupa le maçon. Va bien falloir que tu te mettes ça dans le crâne : j’ai pas besoin de fils.
Ses mots étaient des couteaux.
— Désolé, mon gars…
Todd Preston lui serra la main dans un au revoir qui sentait l’adieu à plein nez, avant de filer rejoindre les copains qui attendaient un peu plus loin.
La pluie tombait sur le trottoir. Les yeux trempés, Paul ne bougeait plus.
« Qui c’était ? » il entendit depuis le coin de la rue.
« Oh ! rien… »
D’un haussement d’épaules, son père invita les autres à poursuivre leur chemin. Les ouvriers disparurent bientôt sous la bruine, abandonnant au trottoir un voile d’indifférence.
Paul resta un moment devant la grille du chantier, les mains dans les poches, à contempler le vide. Son père n’avait pas voulu lui parler, encore moins le connaître. Paul ne valait même pas un café dans un bistrot, même pas un dollar… Il ne valait rien.
Une bourrasque balaya la rue sale, comme un avant-goût de ménage dans la vie…
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RoggyRoggy15 février 2016
A cinquante-trois ans, Jon Timu ne se sentait pas vieux, simplement malade. C'était ça et seulement ça, la vieillesse. Cet état latent qui en douce vous exclut de la communauté des biens portants, des bien vivants. Même si tout le monde doit mourir un jour, la maladie inventait un compte à rebours dont seuls ses sursitaires pouvaient mesurer le point d'impact.
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Videos de Caryl Férey (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Caryl Férey
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