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EAN : 9782070130764
464 pages
Gallimard (27/04/2012)
4.04/5   1237 notes
Résumé :
Jana est Mapuche, fille d un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd’hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.
Rubén Calderon aussi est un rescapé, un des rares «subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l'École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune sœur, durant la dictature milita... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (243) Voir plus Ajouter une critique
4,04

sur 1237 notes

carre
  23 juillet 2012
Je viens de terminer « Mapuche », hé bien quelle gifle. Sans dévoiler l'histoire (vous avez du remarquer, je lis jamais les 4ème de couverture) il y est question d'Argentine, de dictature, d'enlèvements et d'assassinats arbitraires, de grands-mères qui veulent savoir que sont devenus les maris et enfants disparus. Avec deux personnages formidables qui vous hanterons longtemps : Jana la mapuche et Ruben Calderon le détective.
Après le remarquable « Zulu » qui m'avait sérieusement impressionné, Caryl Ferey frappe un grand coup, son livre vous happe dès les premières pages, une plongée dans les arcanes du mal qu'il déroule avec une puissance narratrice tout simplement dévastatrice. Une plongée effarante au coeur de la barbarie humaine (une de plus). Jana et Ruben sont des personnages inoubliables. Impossible de le lâcher, les bouffées d'angoisse et d'adrénaline vous secouent durablement. Pas de répit, une course contre la mort maitrisée de bout en bout.
Pour ceux qui pensent que ce genre de littérature est mineur, il ferait bien de découvrir Caryl Ferey, il vient d'écrire un chef d'oeuvre. Tout simplement.
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ninosairosse
  09 juin 2022
♫Est-ce que ce monde est sérieux?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
J'en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou pour que je m'incline
Ils sortent d'où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier?
J'ai jamais appris à me battre contre des poupées
Sentir le sable
Sous ma tête, c'est fou comme ça peut faire du bien
J'ai prié pour que tout s'arrête♫
-Francis Cabrel- 1994 -
----♪----♫----🤘---🕵️‍♂️---🤘----♫----♪----
Banderille enfoncée dans la colonne vertébrale
Pointe aiguisée fichée entre deux vertèbres
Cloué au plancher s'accorde lie tes râles
Douleur fulgurante, l'enfer, refuge funèbre
succédané de tauromachie
succés damnés, tes rêves finiront détruits.
Faux dires ou vrai sang blanc, torture
1976-1983, Buenos Aires, dictature qui dure...
Indulto après quinze ans de procédure...
Oune dose stress
"La police tue"
Sauf qu'ici ils le font express
Ticket de metro à la place du Mayo
Las Madres, lange sur la tête, le Panuelo
Tournée en couche-culotte et anti-Généraux
Dans le cercle d'un poète disparu
Au coin de la rue
Chaman ou Catwoman
La Mapuche compte pas pour une greluche
La Corrida n'aura plus lieu
Le picador et el Toro
ont perdu oreilles et la queue.
Est-ce que ce monde est sérieux ?
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Dionysos89
  28 février 2014
Mapuche, un peuple perdu aux confins du Chili et de l'Argentine. Après l'Afrique du Sud de Zulu et les Maori dans Utu et Haka, Caryl Férey nous propose une nouvelle plongée sociale à l'orée d'une peuplade opprimée pour y modeler un thriller complexe sans fausse note.
Nous alternons ici entre deux personnages forts, à la vie bien remplie, pour leur plus grand malheur ; en effet, ce sont tous deux des rescapés, des survivants. La crise économique et ses conséquences, les régimes autoritaires et leurs carabiniers : les causes douloureuses ne manquent pas. Sombre indienne du fin fond de l'Argentine, Jana côtoie les travestis, a fait le trottoir et tente de lancer sa carrière de sculptrice avec difficulté ; détective au passé douloureux, Ruben Calderon a le goût de l'illégal et du crasseux. Malgré leurs habitudes et leurs modes de vie, ces deux là démarrent, quand ils se rencontrent, une chevauchée meurtrière de haute volée.
Caryl Férey nous propose trois parties très tranchées : une présentation glauque et flippante des bas-fonds argentins (« Petite soeur »), puis une enquête débridée nous mettant face aux plus grandes barbaries (« le Cahier triste »), et enfin un road-trip mortellement sanglant (« Kulan – la Femme terrible »). C'est non seulement l'occasion de rencontrer une violence à l'état pur avec des descriptions parfois très crues, quelquefois gores aussi, mais également de contempler avec un certain fatalisme l'incroyable prégnance de l'histoire dans notre psychologie, elle circule à fleur à peau de notre existence et influe sur notre réflexion de tous les jours.
Certains lecteurs n'adhèreront peut-être pas à la quête de liberté et de vérité de ce casting distordu, tout comme ils pourraient tout aussi bien s'étonner de l'insistance faite à la description cabossée de Jana. Or, finalement, les défauts physiques et « moraux » de Jana sont bien peu de choses face à ses réflexes affectifs et instinctifs. Et c'est bien là le fond de cet ouvrage : c'est se raccrocher à des souvenirs perdus, à une famille, à un rêve, à un amour naissant qui nous fait nous construire un peu plus.
Mapuche est donc un très bon thriller social, nourri de la verve foisonnante de Caryl Férey et de son goût prononcé pour le passé historique récent qui rejaillit inopinément : en effet, au pays du tango, mettez vos Mapuches, il pleut des coups d'État. L'ensemble est porté par des personnages entiers, dont une héroïne singulière ; et c'est cette figure de la femme argentine, bafouée mais battante, qui soutient le récit. Elle est belle, elle est rebelle, elle est Mapuche.
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Crossroads
  04 avril 2013
Bienvenue chez Férey Travel Tour....
Sa douce balade Maorie vous avait transporté de bonheur .
Sa bucolique escapade en terre africaine ne vous laissa pas indifférent .
L'argentine , votre nouvelle destination idyllique , ne saurait , à prestations égales , manquer de combler l'intrépide aventurier assoiffé d'ailleurs qui sommeille en vous !
Le prix à payer ? Trois fois rien...si ce n'est celui de la rage et du sang !
Jana , 28 ans , sculptrice , Mapuche et fière de l'être ! Un corps sans aspérités , à l'image de sa Pampa nourricière, et l'esprit aussi aride que le soleil qui la baigne .
Ruben Calderon . Détective . Particularité : le fait d'avoir échapper à la torture étatique quand son père et sa soeur , eux , ployaient sous les coups mortels de leurs bourreaux toujours plus ingénieux en la matière...
A ma droite Toro . Son arme , un membre surdimensionné dont il use et abuse à volonté en véritable sodomite brutal qu'il est afin d'extorquer toute info susceptible de satisfaire ses commanditaires .
A ma gauche , le Picador . Son arme , la banderille qu'il plante judicieusement laissant qui sanguinolent , qui handicapé à vie voire flottant mortellement dans un bain de sang , le sien...
A priori , aucun point commun , aucune raison de frayer dans le même milieu . N'étaient les disparitions concomitantes d'un travesti , proche de Jana , retrouvé proprement massacré puis éparpillé façon puzzle et celle de Maria Victoria Campalo , fille d'un notable notoire , de par le fait , dont Ruben se faisait désormais fort de retrouver la trace .
Aaaah , Férey le poète mais aussi Férey la tendresse , Férey le joyeux troubadour...
Voilà exactement ce que vous ne trouverez pas en découvrant la nouvelle pépite de cet auteur français à l'écriture si prompte à vous étourdir . le contraire eût été étonnant !
L'auteur poursuit son p'tit tour du monde de l'horreur en décidant de mettre en lumière l'Argentine et son cortège d'exactions douteuses . Perso , à part Maradona , ses chutes du Niagara et sa grande muraille , mes connaissances en la matière frôlaient allègrement un vide abyssal propre à rendre vert de jalousie un JCV d'pourtant gravement aware en la matière .
Au programme et dans le désordre : vol d'enfants , assassinats , torture , église et pouvoir corrompus . Mixant allègrement Histoire et fiction , Férey dresse le portrait peu flatteur d'un pays en période post coupe du monde del Foutchebol . Bien moins horrifique qu'à son habitude , l'auteur semble avoir atteint une certaine maturité en épurant le propos sans forcément faire dans la démonstration outrancière . Les faits historiques se suffisant largement à eux-mêmes...
Un cru bien plus instructif qu'à son habitude qui ne saurait laisser indifférent l'amateur avisé de thrillers racés !
Mapuche : Un dernier tango à...Buenos Aires .
http://www.youtube.com/watch?v=7siDINqzpUA
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Kittiwake
  26 juillet 2012
Quelle adresse ! Quelle densité ! Quel suspense ! Je reste totalement abasourdie par la lecture de ce roman noir, très noir qui nous entraine en Argentine bien après le coup d'état de 1976 alors que les conséquences des exactions qui ont eu lieu à cette époque sont encore très prégnantes, et meurtrières. Comme le dit Adolfo Esquivel, prix nobel de la paix "Les gouvernements changent, mais le système, toujours aussi pervers, continue à privilégier le capital financier plutôt que le capital humain. Ce système condamne aujourd'hui plus de dix millions d'Argentins, des hommes, des femmes, des jeunes, des personnes âgées et des enfants, à vivre dans la pauvreté et l'indigence."

Un meurtre à connotation sexuelle, puis la disparition d'une jeune photographe déclenchent chez Ruben Caldéron, privé, la volonté inexpugnable de comprendre. A ses côtés, Jana, une jeune indienne de la tribu Mapuche : elle veut découvrir pourquoi son amie Paula, travesti, a elle aussi disparu. L'enquête les emmène beaucoup plus loin que prévu, entrainant dans son sillage de nombreuses victimes collatérales. Qui veut-on protéger et pourquoi?

Ces deux-là se reconnaissent immédiatement : leur solitude, les séquelles de leur passé de souffrance n'ont pas besoin de mots pour que des sentiments profonds les unissent inexorablement. Et le lecteur est happé par leur périple ahurissant et mortifère (j'avoue avoir céder à la tentation de jeter un oeil à la dernière page....mais chut!) L'écriture est suffisamment habile pour plonger le lecteur dans cette aventure avec l'impression de voir un film (d'action!) ou même d'être carrément présent dans le devoir avérées protagonistes. J'ai eu à plusieurs reprises les jambes en coton, comme Jana.

L'aspect pédagogique est parfaitement fondu dans le récit : l'auteur a su éviter l'effet Wikipédia copier-coller, écueil que l'on retrouve hélas souvent dans les romans avec une base historique. J'ai appris là quantité d'informations, horriblement affligeantes sur cette période sombre de l'histoire de l'Argentine, dont les conséquences perdurent aujourd'hui. Un avertissement : c'est très violent. À ne pas lire avant de s'endormir, sous peine de ne pas y arriver. Ou alors faire suivre d'une épisode de la Petite Maison dans la Prairie....
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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critiques presse (7)
Actualitte   01 avril 2014
Si vous êtes avide de sensations fortes, capable de supporter des scènes de tortures d'une horreur inimaginable mais issues d'une réalité atroce (la picaña) : celle de l'ESMA, alors ce thriller va vous séduire, vous faire palpiter. Sinon, âme sensible, abstenez-vous où certaines pages risquent de vous échapper, inabordables.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lhumanite   21 janvier 2013
Avec un talent rare, Férey brosse un tableau hallucinant d’un pays en proie à sa propre histoire, où quelques irréductibles tentent, non sans succès, de faire tomber définitivement le rideau sur les spectres de la barbarie et de ressusciter l’espoir. Une entreprise salutaire.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LaPresse   20 août 2012
À la fois roman historique et polar hyperviolent, Mapuche se lit comme un thriller. Prenant, choquant, passionnant.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama   04 juillet 2012
Une épopée lyrique, portée par une magnifique colère.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos   12 juin 2012
Fidèle à sa tradition de sérieux, Caryl Férey a longuement enquêté en Argentine sur la période des années de plomb. Peut-être un peu trop, et le roman en porte parfois le poids
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress   01 juin 2012
Caryl Férey nous entraîne dans une Argentine traumatisée tant par la barbarie des militaires que par le cynisme des profiteurs de la crise économique. D'une plume âpre, inspirée, il signe un polar à la fois poignant et très documenté. Son meilleur livre, assurément.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   24 mai 2012
Sans aucune fascination pour le mal, mais en serrant le sujet au plus près, Caryl Férey promène ses personnages au milieu d'un champ de ruines: notre monde. […] Le lecteur, lui, est littéralement happé par la puissance évocatrice de ce roman bouleversant. Un chef-d'oeuvre!
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (205) Voir plus Ajouter une citation
ninosairosseninosairosse   17 juin 2022
Les gens atteints de géophagie mangeaient de la terre, les coprophages des excréments; les personnes souffrant du syndrome de Rapunzel ingurgitaient leurs cheveux, du papier mâchonné ou divers débris alimentaires.
-p152-
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ninosairosseninosairosse   21 mai 2022
Et puis le Golpe était survenu, le 24 mars 1976.
Videla, Massera, Agosti. De par ses origines sociales, Elena se croyait protégée des généraux qui, chacun représentant son corps d'armée, s'érigèrent en gardiens de la morale et de l'ordre chrétien : le fameux Procéssus de Réorganisation nationale. Malgré ses choix de vie, Elena représentait la vieille droite du pays, péroniste à ses heures. Elle dut vite déchanter.
Œuvres étrangères interdites, publications surveillées, autodafé de livres d'histoire et de culture générale trop empreints de "marxisme", le paysage littéraire se dissolvait dans la terreur diffuse et l'autocensure. Des écrivains disparaissaient.
Sociologie, philosophie, psychologie, politique, même les livres de mathématiques devinrent bientôt introuvables. [...] D'après le pouvoir en place, les subversifs étaient "déguisés en homme de la rue", ce qui justifiait une répression tous azimuts.

Deuxième partie - Le cahier triste-
Chap 2 - p229 -
+ Lire la suite
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ninosairosseninosairosse   11 juin 2022
Jo Prat avait créé son groupe de rock au début des années 80, quand les militaires avaient dû lâcher du lest face à la pression sociale. Los Desaparecidos avaient salué la victoire de la démocratie au stade Obras Sanitarias, portés par une foule vengeresse :

Milicos, hijos de puta ! Qué es lo que han hecho con los desaparecidos ?!
La guerra sucia, la corrupción son la peor mierda que ha tenido la nación !
Qué paso con las Malvinas ?
Esos chicos ya no estan, no podemos olvidarlos y por eso vamos a luchar* !

*. "Militaires, fils de pute ! Qu'avez-vous fait des disparus ?!
La guerre sale, la corruption, voilà la pire merde arrivée à la nation !
Que s'est-il passé aux Malouines ?
Ces enfants déjà ne sont plus, nous ne pouvons pas les oublier et pour ça nous continuons la lutte ! "

Première partie- Petite sœur-
Chap. 4 - p 78 -
+ Lire la suite
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Lilou08Lilou08   10 octobre 2012
Elle était amoureuse depuis sa précoce puberté : se croyant moche, Anita avait choisi le plus beau, le plus impressionnant, le plus inaccessible des garçons du quartier, Rubén Calderón évidemment, un grand brun à la démarche terriblement sexy qui avait perdu son père et sa sœur durant le Processus : un héros en somme, avec des yeux à fendre l’âme, un naturel impérial et un petit nez aux antipodes du sien. Anita l’avait abordé dans la rue, alors qu’il parlait à une jolie brune en minijupe ; elle s’était plantée devant lui en tendant un paquet soigneusement enveloppé, que le jeune homme de l’époque avait fini par ouvrir avec une curiosité amusée. Il y avait un dessin faussement naïf à l’intérieur — un bateau voguant sur une mer de larmes, Anita en guise de capitaine, qui lui faisait coucou depuis le pont… « Pour t’accompagner dans la vie qu’on ne vivra jamais ensemble », avait légendé la préado de sa plus ronde écriture. Rubén avait laissé tomber la jolie brune et payé une glace italienne à la fraise à Anita, la meilleure de toute sa vie.
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ninosairosseninosairosse   11 mai 2022
Quand il en parlait, Daniel avait le duende, cette fulgurance créatrice chère à Lorca qu'on trouvait parfois dans la passe d'un torero, la voix d'une chanteuse ou la transe d'une danseuse de flamenco. Ce duende qui "renvoie muses et anges / comme des chiens savants dans la fange", Rubén le retrouvait dans les poèmes de son père, feux et lumières qui avaient ébloui son enfance.

Première partie-Petite Sœur-
Chap3 -p47-
+ Lire la suite
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