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EAN : 9782203038790
250 pages
Éditeur : Casterman (11/05/2011)
4/5   41 notes
Résumé :
Comment Yôzô Ôba, si séduisant et conquérant alors qu’il entrait dans l’âge adulte, a-t-il pu devenir moins de dix ans plus tard cet homme décharné, malade et totalement passif que l’on sent osciller au bord du gouffre, à deux doigts d’y basculer ? Telle est l’étrange histoire qu’entreprend de raconter Usamaru Furuya dans Je ne suis pas un homme. L’histoire d’un jeune homme riche et beau à qui tout semblait sourire, mais qui en vérité ne savait rien faire d’autre qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Lune
  21 juin 2011
Un des chefs d'oeuvre de la littérature japonaise du 20è siècle : « La Déchéance d'un homme » (1948) de Osamu Dazai est ici adapté en toute liberté sous le titre de « Je ne suis pas un homme » par Usumaru Furuya (né en 1968) auteur de bandes dessinées.
Inquiétante histoire que celle de Yôzô Ôba, beauté trouble du diable, intelligence hors pair, révolte et désespérance presque romantiques s'il n'y avait noirceur et manipulation.
Furuya, le mangaka, se met en jeu lorsqu'il nous raconte sa découverte d'un journal autobiographique sur internet. En mal d'inspiration, le déclic se fera à la suite de cette rencontre.
Cela donnera des dessins d'une beauté pareille à celle du héros.
Le puzzle muselant Yôzô est symbolique de l'être morcelé en déroute (et tellement attachant!).
L'hyper réalisme nous frappe de plein fouet (l'expressivité des visages, la ville, le suicide à deux...).
Famille, école, société, fric, amour, tout enferme et empêche de vivre la connaissance réelle de soi.
Refus de voir (et son pourquoi ignoré...) ce qui pourrait être beau.
Le projet créatif de Yôzô, notamment grâce à la pureté stimulante de l'enfance, la découverte importante de la première phrase qui ouvre les portes de l'univers dans lequel un auteur souhaite entraîner ses lecteurs, ce nouveau monde qui s'ouvre à lui va-t-il permettre à Yôzô de trouver qui il est, de savoir comment vivre dans un monde d'artifices qu'il n'a que trop côtoyé et qu'il n'a que trop exploité ? Absolu ? Néant ? Purification ? Descente aux enfers ? le deuxième tome nous apportera sans doute, peut-être, une réponse...
Histoire prenante, dessins sans légendes magnifiquement parlants. L'important est plus loin que les mots. Un diamant noir.
J'ai découvert cette bande dessinée grâce à Masse Critique et aux Editions Casterman. Un grand merci.
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Mei-Amadis
  27 juin 2011
Avec Je ne suis pas un homme, Usamaru Furuya remet au goût du jour La Déchéance d'un homme (太宰 治) d'Osamu Dazai, un classique de la littérature japonaise du XXème siècle.
Tout commence avec un mangaka en manque d'inspiration : Usamaru Furuya (qui devient donc lui-même personnage de son propre manga (oui, c'est un peu compliqué lol)) écume le net, à la recherche d'une idée pour son prochain manga, quand il découvre le blog d'un certain Yozo Ôbo :
« Il y a eu trop de honte dans ma vie », ainsi débute le récit poignant et autobiographique, qui constituera le témoignage édifiant d'un garçon qui avait tout pour vivre heureux : la richesse, l'amour, le talent, mais qui, en réalité, se sent tel une marionnette, qu'on manipule à loisirs.
Utilisant un procédé de mise en abyme, Usamaru Furuya se met en scène dans son propre manga pour mieux capter l'attention des lecteurs : comme le mangaka en manque d'inspiration, avide et curieux, on se retrouve vite happé par l'histoire de Yozo.
Réalisant une adaptation libre de l'oeuvre originale d'Osamu Dazai, Furuya ne se contente pas de transposer l'intrigue dans une société plus proche et plus actuelle que la notre, non. En plongeant dans une société où les journaux intimes ont fait place aux blogs sur internet, le mangaka nous rappelle aussi l'universalité de la condition humaine : un siècle plus tard, l'être humain est toujours sujet aux mêmes craintes, celles d'être anormal, de ne pas appartenir au même monde que ses semblables. La déchéance d'un homme est indéniablement un roman atemporel qui traite de la condition humaine et de sa vacuité.
Je ne suis pas un homme est un manga qui se lit d'une seule traite. On se laisse porter sans peine par l'histoire contée par Yozo. Les graphismes, quant à eux, sont aussi soignés que crus. Ils apportent beaucoup à l'oeuvre dans la mesure où le lecteur suit la lente évolution psychologique de Yozo à travers de petits détails physiques. On sent l'état de Yozo se dégrader, vers son irrémédiable déchéance. Charismatique malgré tout, le lecteur tombe sous son charme. le lecteur s'identifie sans mal au héros, opportuniste mais attendrissant par sa détresse, tant et si bien qu'on se surprend à apprécier Yozo malgré ses mauvais côtés.
Je ne suis pas un homme est donc le récit d'un être humain. Sans fard, empli de réalisme, ce seinen dépeint la vie d'un être humain dans toute sa complexité et sa dureté. A noter qu'une adaptation en animé a elle aussi été faite, en collaboration avec Takeshi Obata (Death Note, Hikaru no Go) Personnellement, j'ai davantage apprécié l'adaptation en manga qu'en animé, moins étrange car peut être un peu plus contemporaine.
Le second et dernier volume de Je ne suis pas un homme, quant à lui, paraîtra fin août. J'attends le dénouement avec impatience ! Merci aux éditions Casterman et à Babelio pour leur Masse Critique dédié aux BD/mangas qui a su faire mon bonheur !
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Lulu_Off_The_Bridge
  17 juin 2011
« Il y a eu trop de honte dans ma vie ».
Par ces mots, Furuya, mangaka en panne d'inspiration, pénètre dans l'univers de Yôzô Ôba au hasard de ses errances internétiques. Pages après page, l'artiste se trouve happé dans cette noirceur. Comment le joli garçon de 17 ans a-t-il pu devenir en quelques années un zombie aux joues hâves, solitaire et cynique ? de quelles hontes parle-t-il ? Et surtout, pourquoi Yôzo semble-t-il incapable d'en réchapper ?
Je ne suis pas un homme, arrivé entre mes mains par le bien de la Masse critique Babelio spéciale BD et c'est tant mieux parce que je lorgnais dessus depuis un moment, est la dernière adaptation du roman La Déchéance d'un homme d'Osamu DAZAÏ, écrivain japonais mort en 1948, célèbre autant pour son suicide que pour ses écrits autobiographiques et vigoureusement pessimistes.
Depuis son enfance, Yôzô se définit comme un bouffon. Celui qui grimace sur les photos, invente des tours de potache pour divertir ses camarades. Être un bouffon lui procure une place, une identité qu'il est incapable de trouver autrement. Yôzô en lui-même est « froid comme une pierre », creux et vide plus qu'insensible. « Bouffon », « pitre », il apparaît toujours comme une marionnette, motif qui court le manga de la première à la quatrième de couverture. Pantin de ses parents, de ses amis, des femmes qu'il se persuade d'aimer. Son joli visage lui sert uniquement à ne pas crever de faim et toute sa personne lui inspire haine et mépris. Il est à ce tire saisissant de noter la différence de dessin entre les personnages secondaires aux visages emplis de défauts et de laideurs, et la parfaite figure de Yôzô, lisse, indifférente, quasi anonyme. Matière inerte, les évènements le transpercent sans pour autant le forcer à réagir et ce qu'il fait de mieux, c'est de se regarder tomber. Déchoir. Se perdre. Et il tombe très bas : sa famille le renie juste assez pour qu'il ne leur fasse pas honte, il concoure à la perte de ceux qui lui viennent en aide, il gâche ses talents, se retrouve en prison, à la rue… Incapable de vivre, il est également incapable de mourir, et ce n'est pas faute d'essayer.
ous le crayon de Furuya, les issues - l'amitié, l'amour, l'action politique, l'art – se bouchent les unes après les autres, ne restent que le profit, la manipulation, la solitude qui rend égoïste et mauvais. Marionnettes, donc. le récit enchâssé (le mangaka qui lit l'histoire de Yôzô pour y puiser l'inspiration) tendrait à faire pencher le tout vers une forme de rédemption par l'art qui conférerait une valeur exemplaire à la vie du jeune homme… À peine. Il semble d'ailleurs que Yôzô rédige sa biographie par sadisme autodestructeur, pour jouir de la contemplation de son échec autant que pour cracher à la gueule du reste du monde. Les crayonnés et les aplats d'ombre confèrent à l'ensemble une forme de délicatesse triste où toujours surnage le visage inexpressif de Yôzô.
«Ce premier volume se clôt sur une note en clair obscur, qui laisse Yôzô dans un confort précaire. Je sens que cela ne va pas durer… Vivement le tome 2, prévu pour août 2011.
Lien : http://luluoffthebridge.blog..
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Erik_
  01 septembre 2020
On va assister à la déchéance d'un fils de riche, séduisant et à qui l'avenir promettait beaucoup de belles choses. L'argent ne fait pas nécessairement le bonheur. Renié par son père, notre héros va sombrer dans l'alcool, le sexe et la déchéance. En 10 ans, il ne sera plus que l'ombre de lui-même. Sur un mode résolument pessimiste, on va ressentir toutes ses souffrances même si on ne peut totalement les comprendre. Certains thèmes m'ont tout de même interpellé comme la question de savoir ce qu'est la normalité ou une forme de pensée unique qui tiendrait comme acquis la popularité d'idole déchue. Il est bon de se remettre en cause et de s'interroger sur notre condition humaine.
Graphiquement, c'est très beau sur ce papier glacé. Les décors arrive à nous impressionner avec des dessins façon encre de chine à tomber. C'est un travail impeccable qui traduit une certaine ambiance oppressante. Bref, c'est une autre manière d'appréhender la société qui nous entoure avec des apparitions semi-fantastiques dans les moments les plus cruciaux. On notera un sens de lecture à l'européenne afin de faciliter le confort.
Malgré quelques lourdeurs, cela se laisse lire avec une certaine fluidité. C'est bien entendu réserver à un public averti. Pour une fois qu'un manga n'est pas niais, on aurait tort de s'en priver. On sort véritablement des stéréotypes classiques. le posséder est autre chose. A t-on envie de fleurter avec le désespoir, le suicide et la mort ? Pas nécessairement et surtout pas si on est en dépression. En tout cas, une lecture subversive qui invite à la réflexion.
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kuroineko
  24 janvier 2013
Je ne suis pas une grande amatrice de BD mais là, j'ai été très emballée par la maturité de ces deux volumes! On suit pas à pas le personnage principal, depuis l'adolescence. On assiste à sa descente aux enfers inéluctable malgré quelques soubresauts.
Il se dégage de ces pages un profond désespoir et une grande noirceur. Heureusement quelques personnages viennent donner comme une bouffée d'oxygène à l'ensemble, sous peine de tomber en asphyxie.
Quant au héros, il demeure attachant malgré ses dégringolades.
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critiques presse (2)
ActuaBD   03 août 2011
Librement inspiré d’un roman célèbre, ce diptyque plonge dans la vie sans issue d’un jeune qui a pourtant tout pour plaire... Un manga qui ne ménage pas ses effets, mais impressionne par sa puissance narrative. Le premier tome est incontestablement une réussite.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BoDoi   19 juillet 2011
L’immersion dans la vie de ce jeune homme est riche et prenante, car plausible et bien amenée. Le trait du dessinateur est une nouvelle fois parfaitement maîtrisé et toujours plus recherché.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LuneLune   21 juin 2011
Personne n'aime ceux qui ont l'air trop parfaits. Il faut savoir se dévaloriser pour être aimé...
Commenter  J’apprécie          130
Coccinelle2Coccinelle2   05 juillet 2011
Personne n'aime ceux qui ont l'air trop parfaits. Il faut savoir se dévaloriser pour être aimé...
Commenter  J’apprécie          60
Coccinelle2Coccinelle2   05 juillet 2011
Cela faisait dix-sept ans que je faisais ce qu'il faut pour être un bouffon.
Commenter  J’apprécie          50
Erik_Erik_   04 octobre 2020
Je ne suis pas Victor Hugo pour te dire des beaux mots,
Je ne suis pas Baudelaire pour te dire des poèmes,
Mais je reste moi-même pour te dire je t'aime.
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Coccinelle2Coccinelle2   05 juillet 2011
Il y a eu trop de honte dans ma vie.
Commenter  J’apprécie          60

Videos de Usamaru Furuya (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Usamaru Furuya
Tous les enseignants ont une raison d'avoir choisi ce métier...
Je voudrais être tué par une lycéenne, manga de Furuya Usamaru.
Résumé : Haruto Higashiyama n?est excité que par le risque de se faire tuer par une lycéenne. Cet autassassinophe est donc devenu professeur dans l?espoir de pouvoir être un jour mis à mort par une lycéenne. Il jette son dévolu sur une de ses élèves, rêvant d?être assassiné de ses douces mains de jeune fille. Il prépare alors son plan minutieusement, révélant petit à petit sa personnalité pour le moins grotesque?
En savoir plus : http://www.editions-delcourt.fr/serie/je-voudrais-etre-tue-par-une-lyceenne-01.html
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