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EAN : 9782246859635
216 pages
Grasset (07/04/2021)
3.38/5   20 notes
Résumé :
« Je reviens d’un rêve, comme on tombe de son lit, le visage marqué par le pli des événements…. »
Ce rêve de toujours, pour Laure Gasparotto, c’est la vigne. Ne plus seulement goûter et analyser les crus, légendaires, oubliés, novateurs, ni même les raconter dans ses livres mais tenter l’aventure, à son tour, les mains dans la terre : devenir vigneronne.
Mère de deux enfants et récemment séparée de leur père, la narratrice décide de tout changer.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Dixie39
  09 novembre 2021
"Il faut être fou pour être vigneron. C'est un lien de toute une vie qui se tisse entre l'homme et la plante. Ils ont la même longévité. le rythme de l'une devient celui de l'autre qui la façonne, par sa taille, année après année."
Et que dire de Laure, qui plaque tout, ou presque, pour aller cultiver des vignes, achetées par des amis, et produire ce vin, dont elle est une amoureuse fidèle et exigeante, dans ses livres comme dans sa vie ?
Laure Gasparotto va arracher, planter, tailler, mettre les mains dans les lies et les bourbes ; elle va arpenter ses vignes, les dorloter, les jalouser et tomber de haut face à l'adversité de la nature, qui ne plie pas devant sa volonté.
C'est un livre qui se lit avec passion et respect pour cette journaliste spécialisée dans le vin, qui en connaît les grands et plus modestes crûs, qui a ses entrées dans ce monde côté "vente et dégustation" du produit fini et qui, telle Alice, voudrait passer de l'autre côté du miroir... La réalité n'est pas plus ni moins belle. Elle est autre. Maîtriser l'alchimie de la fabrication de ce breuvage est tout un art, qui ne s'apprend pas dans les livres. du choix des cépages, de la plantation à la taille, et jusqu'à l'émergence des premiers précieux grains, il y a déjà un monde. Les vendanges en sont un autre, comme une promesse, un devenir... le vigneron surveille ses cuves, comme le lait sur le feu. Est-ce que la magie va opérer ? Encore un autre monde qui peut s'effondrer d'un battement d'aile...
Elle ne nous cache rien, Laure, de ses joies, de ses turpitudes, de ses maladresses, de son désespoir et de ses moments de grâce.
Elle a lâché l'affaire, pour ne pas se perdre, corps et biens, la tête haute et le coeur remplit de gratitude et de sérénité : "Quand j'ai vendu le domaine, beaucoup ont pensé que je me trouvais en échec, alors qu'il s'agissait pour moi d'une victoire : j'avais su traverser mon rêve et en revenir, sans m'y perdre. Trop de vignerons se consument dans cette aventure qui d'ailleurs n'est pas toujours la leur, mais celle de leurs ancêtres".
J'ai lu Vigneronne, avec les mêmes émotions et la même admiration qu'en écoutant une de mes amies me raconter son Compostelle : Toutes les deux en sont revenues à bout, éreintées. Mais transformées, grandies à jamais.
"Le grand vigneron est un chaman qui dialogue avec elle, la comprend, et trouve l'équilibre entre l'appel de sa vigne et sa propre folie."
Lien : http://page39.eklablog.com/v..
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CelineCebulski
  07 juillet 2021
" A posteriori, j'aurais sans doute dû aller voir un psy, mais j'ai préféré acheter un vignoble. "
Pari audacieux mais non pérenne de Laure Gasparotto : mettre financièrement à contribution son petit microcosme parisien et devenir maman à tiers-temps, ses deux jeunes enfants restant à Paris, pour réaliser son rêve de vigneronne à mi-temps, dans le sud de la France… Au final changer de vie mais pas trop quand même, ce qui, à l'évidence, est difficilement envisageable pour gérer un domaine viticole.
Néanmoins, l'auteure nous livre un témoignage très pédagogique sur le quotidien des vignerons. Quelques règles d'or transpirent de ce récit : réfléchir aux raisons qui poussent à vouloir changer de vie, faire concilier un projet avec une personnalité, et avoir à disposition un bon petit matelas financier.
Savoir parler viticulture ne fait pas de l'homme un vigneron. Laure Gasparotto n'en demeure pas moins une excellente journaliste passionnée par l'univers du vin, et qui a le mérite d'avoir osé tenter une aventure de terrain. Fantasme révolu.
Une lecture intéressante !
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ChezLo
  19 octobre 2021
Journaliste parisienne, habituée des reportages et des articles sur des domaines viticoles, divorcée, décide un jour de devenir elle-même vigneronne. Elle met son dévolu sur le sud de la France et acquiert des vignes en appellation Terrasses du Larzac après avoir réussi à rassembler de nombreuses personnes, et pas des moindres, autour d'elle pour financer son rêve. La voilà lancée, à consacrer les semaines sans ses enfants à charge à son nouveau projet, pour une vie de viticultrice qui donnera quatre millésimes de 2014 à 2017.
Oui, ça peut sembler d'un côté un rêve de gosse qu'on réalise, et de l'autre un caprice de bobo sans lien avec ses capacités. Tant pis, elle assume, et elle reste toujours journaliste à mi-temps, enchaînant les aller-retours hebdomadaires entre Paris et Lodève. Elle veut y croire, et beaucoup d'énergie a été mise à contribution. Il y a sa motivation et il y a son entourage, des personnes du milieu également, ou des personnes d'influence, comme Jean-Pierre Coffe dont elle regrettera la franchise lorsqu'il disparut. Et malgré tout cela, ça n'aura pas suffi...
Il m'aura manqué un peu de style littéraire, j'ai trouvé que justement ce côté de rapport journalistique pouvait ôter un peu de charme au récit. Et puis, il faut reconnaître qu'elle est dans les faits, qu'elle s'applique à rapporter avec précisions les obstacles auxquels elle se heurte, les détails techniques qui n'en sont pas, un quotidien inscrit dans un domaine d'activité très normé. Mais au final, il y a la vente, et on ne sait pas si elle a été fructueuse et permis de rembourser peut-être les emprunts amicaux, et ceux qui ont pris des parts.
C'est un récit qui résonne alors que la période de confinement a suscité chez de nombreux citadins l'envie de se consacrer à des métiers de sens et d'extérieur. L'auteure livre son histoire et lève le voile sur les difficultés et les succès, et met en relief les périodes de grande solitude malgré le fait qu'elle ait été plutôt bien entourée et accompagnée. Un témoignage intéressant.

Lien : http://chezlorraine.blogspot..
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Totaro
  08 mai 2021
Témoignage empathique à la grande librairie.
Essai de retour à la terre d'une bobo écolo people, à mi temps et avec une fille de deux ans.
L'intéressant est de voir le décalage entre une vie germanopratine sans voiture et une vie de paysanne vigneronne,quelques fois très physique et toujours soumise à la météo et appelée à faire des kilomètres en voiture.
Et la découverte que la terre, les plantes, le clan et la famille ne font qu'un.
Alors qu'elle est seule...
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bouguier
  23 mai 2021
On suit cette nouvelle vigneronne
Meme si elle dit qu'elle ne art de rien elle connaissait bien les vignerons et elle est entouré de personnes qui ont pu investir .c'est agréable a lire
On a envie d'aller dans cette région et de y poser pour aller déguster un bon verre de vin
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
CelineCebulskiCelineCebulski   07 juillet 2021
Bien qu'elles soient de plus en plus nombreuses dans la profession, les femmes trouvent nécessaire de se rassembler en associations (…). Jamais je n'ai accepté. Non que je ne sois pas solidaire des femmes, au contraire, mais je ne comprends pas comment en se rassemblant dans un ghetto, on peut transmettre un message positif. A ce sujet, les propos de Marguerite Yourcenar m'apparaissent d'une intelligence brillante : " Je n'aime pas les étiquettes et " femme " en un sens est une étiquette. Je n'aime pas tout ce qui sépare et réduit les êtres à certaines attitudes. Je voudrais qu'une femme ait la liberté d'être aussi femme ou aussi peu femme qu'elle le veut. "
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Dixie39Dixie39   07 novembre 2021
Loin de l'échange, l'ego masculin est souvent si fort qu'il a besoin de s'approprier les idées ou les actions, limitant une réflexion commune qui pourrait transformer le chemin. Mais ce n'est pas propre au monde du vin.
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CelineCebulskiCelineCebulski   06 juillet 2021
Quel fut ce rêve ? Changer de vie à quarante ans. Qui ne l'a pas souhaité ? Je l'ai tenté. Rien à voir avec du courage, comme certains l'ont pensé. C'est plutôt la fleur au fusil, que j'ai suivi un chemin nouveau alors que je me séparais de mon mari. A posteriori, j'aurais sans doute dû aller voir un psy, mais j'ai préféré acheter un vignoble.
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Melodia31Melodia31   07 juillet 2022
Ce produit provient de la vigne, une plante pérenne aliénante, et son propriétaire a beau la dompter, l’écimer, la ranger, la liane est la plus forte : elle ensorcelle. Le grand vigneron est un chaman qui dialogue avec elle, la comprend, et trouve l’équilibre entre l’appel de sa vigne et sa propre folie. Avouons-le: il faut être fou pour être vigneron. (p197)
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CelineCebulskiCelineCebulski   06 juillet 2021
Avoir vécu ce rêve fut une chance, tout autant que d'en avoir réchappé. Je ne regrette rien, bien au contraire, mais j'ai compris que j'avais failli perdre beaucoup : mes amis, des sous, et surtout moi-même.
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Videos de Laure Gasparotto (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laure Gasparotto
Avant d'être romancière, Laure Gasparotto est journaliste pour le Monde et spécialiste du vin. Changer de vie, c'est exactement ce qu'elle a fait en franchissant le pas et en devenant vigneronne. Elle raconte son départ de Paris pour les terrasses du Larzac dans son livre "Vigneronne" publié chez Grasset.
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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