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François Lasquin (Traducteur)
EAN : 9782879293462
347 pages
Editions de l'Olivier (12/05/2002)
3.26/5   17 notes
Résumé :

Le 4 juillet, jour de la fête nationale, la femme de Jernigan s’est tuée et le Dow Jones a atteint son taux le plus bas depuis la crise de 29. Ce jour-là, la vie de Jernigan s’est cassée. Depuis, il essaie de recoller les morceaux. Tandis que l’Amérique glisse vers la fin des années Reagan, que son fils joue des trucs bizarres sur une guitare électrique et que sa petite amie fait un mauvais trip, il regarde "Star Trek" en buvant une bière, allongé sur le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
C'est alors que je découvre cet auteur américain – qui enseigna aussi bien à Missoula, Montana qu'à Manhattan, New York et même plus au Nord dans le Vermont – pour y découvrir le destin d'un pauvre type, d'une vie bancale au quotidien parfaitement banal ; le destin, la vie, le quotidien de « Jernigan », mon paumé du jour.

L'histoire n'est pas nouvelle, surtout dans la littérature américaine contemporaine. Ce n'est pas le premier roman sur ce sujet, mais ce fut le premier de David Gates. La trame n'est guère surprenante et d'anonymes héros américains au bord de la déchéance foisonnent les rayons de ma bibliothèque. Simplement, j'adore ce genre de personnage, j'aime m'identifier à eux, j'ai l'impression qu'ils font partie de ma vie. Je suis aussi un grand paumé dans l'âme.

L'histoire débute un certain 4 juillet, date synonyme de fierté et de joie pour beaucoup d'américains. Par contre, Jernigan ne voit plus cet « Independance Day » du même regard compatriote que ses concitoyens. Ce jour est devenu le symbole de sa perte et de la désillusion de son existence. Sa femme s'est tuée. Difficile donc de s'en remettre, surtout quand il faut en plus éduquer un adolescent, musicien et amateur mélomane de Megadeth. Alors comme tout bon héros littéraire, Jernigan va trouver de l'aide dans la bière et le gin, surtout le gin, passant ses journées de débauche affalé dans son fauteuil à regarder quelques séries télévisées aux pouvoirs fortement anesthésiants…

Après tout, en quoi la société verrait un problème à afficher un pauvre type boire à plus soif du gin en regardant Star Trek. Qui n'a pas passé des heures à regarder de stupides séries américaines en buvant de la bière, me jette la première cannette… Ce Jernigan, il me plait. Il est franc et honnête, totalement perdu, mais qui ne le serait pas lorsque l'on assiste au « suicide » de son épouse, quelques secondes de folie pour une mort éternelle. L'écriture de David Gates est brutale, remplie d'émotion, de force et d'amertume. Une fois commencée sa lecture, elle vous happe et ne vous lâche plus jusqu'à sa fin. Les rêves passent aux oubliettes et les pensées s'abandonnent vers le quotidien de cette vie foireuse. Une bouteille et un épisode de Star Trek, je trouve que c'est le meilleur moyen de faire le point sur sa vie, d'écrire son bilan et de réfléchir à son avenir.

[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Independance Day est, pour les Américains, synonyme de fête. Fête Nationale même... le pays tout entier célèbre le 4 Juillet...
Des amis pour faire la fête on en trouve des milliers mais quand on sombre dans la misère il n'y a plus personne...

Peter Jernigan est seul.... Seul avec son fils Danny...
Sa femme s'est tuée un certain 4 Juillet... Pleine comme une outre et nue comme un ver...
Depuis ce jour, Jernigan ne compte plus les jours.... Il boit.. Il est triste comme un lendemain de fête...
Remarquez, les plus belles fêtes sont celles qui ont lieu à l'intérieur de nous.
A ce qu'il parait...
Mais à l'intérieur de Jernigan, la fête foraine est déserte....

Et puis, voilà que le fils a décidé de lui présenter la mère de sa petite copine (un peu stone, la gamine)...
Jernigan, homme lettré et cultivé (ce n'est pas incompatible avec l'alcool - jusque à un certain point tout de même, rappelons-le - ) rejoint la pensée de Baudelaire : " Une suite de petites volontés fait un gros résultat. "

Les résultats ne sont pas toujours ceux espérés.

Reste que David Gates nous régale tout le long du livre, sur les déboires d'un homme brisé, qui cache sa vulnérabilité sous une montagne de cynisme, allant même au bord du gouffre.

" Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! " Charles Baudelaire
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Nous avons regardé la fin de Star Trek (c’était l’épisode où Kirk se dissocie en deux êtres distincts, un bon et un mauvais, et s’ aperçoit que sans la partie maléfique de sa personne il est devenu trop indécis pour commander le vaisseau Enterprise) et nous somme allés nous coucher. Martha s’est endormie, un bras en travers de ma poitrine. J’ai écarté son bras et je suis resté allongé là, l’esprit agité de pensées confuses. A cause de ce foutu café, et du reste aussi, bien entendu. Comment j’allais faire pour gagner ma vie, combien j’avais foiré mon rôle de père, s’il fallait que je me dépêtre du guêpier dans lequel je m’étais fourré avec Martha…
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…Ensuite un jour gris s’est levé dehors ; j’avais éclusé presque tout le café, et presque tout le gin. Voilà, c’était Ma Folle Nuit de Débauche, par Jernigan. Pendant que je lisais P.G. Wodehouse dans mon fauteuil Morris, un chanteur de rock new-yorkais passait probablement sa nuit à se faire planter des seringues pleines de coke et d’héro dans chaque bras par ses séides pendant qu’une groupie en jupe de cuir lui taillait des pipes. Bon, mais j’étais peut-être au bord du gouffre aussi. Mon gouffre à moi.
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… L’idée m’est venue qu’en buvant encore un peu de gin je m’assoupirais peut-être plus vite, et je suis donc allé chercher la bouteille sous l’évier de la cuisine en méditant sur le résidu de puritanisme qui poussait Martha à la remiser là, avec l’Ajax et les tampons Jex. C’était peut-être une vieille habitude sudiste, un tic hérité de son père…
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… La bouteille était encore à demi pleine : ça suffirait sans doute à m’étendre pour le compte. Je l’ai posée au pied du fauteuil Morris, je me suis assis en chien de fusil, les pieds repliés sous les fesses, et je me suis remis à lire en sifflant gorgée sur gorgée. Moi, boire au goulot, ça me donne un sentiment d’opulence ; c’est autre chose que de s’octroyer mesquinement des petits verres mesurés avec parcimonie…
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Je me disais qu'on peut être tellement défoncé que plus un mot, plus une idée, plus une image n'ont aucun sens, qu'on n'arrive plus à les relier à quoi que ce soit. Quand on est dans un état pareil, est-ce que la terreur elle-même devient une chose palpable ?
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