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EAN : 9782350872322
218 pages
Editions Héloïse d'Ormesson (22/08/2013)
3.38/5   40 notes
Résumé :
À la fin de sa vie, Ocean Miller revient sur son itinéraire improbable de shérif : il raconte d’abord comment, lui, Juif d’Europe centrale, né sur un paquebot qui ralliait l’Amérique, a atterri dans une bourgade perdue d’Arizona.
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Le sanglier, le crotale et les scorpions...
Années 1880, quand Ocean Miller, shérif de Brewsterville ( comté de Cannon, territoire de l'Arizona) déteste des hommes, il les affuble de noms d'animaux.
Dans ses lunettes, il voit un enfant traînant un cadavre démembré et sans tête à la lisière du désert de Mojave.
Dans ses rêves, il entrevoit alors la douceur et la chaleur d'un foyer possible.
Mais, dans l'immédiat, le shérif doit démêler l'affaire de l'homme-tronc pour identifier les coupables.
La compagnie d'Océan Miller est une vraie joie, et son langage truculent un plaisir dans ce polar façon western.
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Ocean Miller, 55 ans, est le shérif d'une petite bourgade paumée non loin du désert de Mojave, au fin fond du trou du cul de l'Arizona.

Brewsterville, que ça s'appelle, ce cloaque qui devait être desservi par le chemin de fer mais qui ne le fut pas.

Niveau représentant de la loi et de l'ordre, ce shérif ne fait pas peur. Il boit, monte une vieille carne de cheval et peut-être émotif au possible.

Ah, il a aussi besoin de se décharger son colt personnel plusieurs fois par semaine, chez une dame de sa connaissance.

Bref, on peut dire qu'Ocean ne fait pas de vagues. Il est shérif comme d'autres sont croquemorts. Parce qu'il faut bien exercer un métier et manger.

Son enquête ? Trouver qui a tué et démembré le cadavre que tirait un jeune garçon, sourd et muet, prénommé Tom.

Ce ne sera pas de tout repos parce que la bourgade voit dans le jeune gamin malicieux le coupable idéal.

Tout en menant son enquête et en ayant troqué sa vieille carne de jument contre un hongre fringant, Ocean Miller nous raconte sa vie, nous fait rencontrer des personnages haut en couleur, nous explique les injustices commises envers les indiens et nous montre les braves habitants de son trou du cul d'Arizona faire un caca nerveux lorsque ces mêmes indiens spoliés demandent à manger.

Ceci est un western, mais un western qui fout en l'air les codes habituels, avec un shérif qui a plus l'air d'une épave échouée dans l'Océan et qui, à chaque sourire du gosse, est prêt à fondre en larmes.

Maniant l'humour et les bons mots, ce roman se lit rapidement, le sourire aux lèvres.

Au menu de cette enquête sous un cagnard d'enfer : des bagarres, des balles qui sifflent, des coups de couteaux dans le dos, des lâchetés et autres traitrises et coups bas, des putes, un saloon qui sert des boissons alcoolisées, des bons petits citoyens avec le cul serré, des illuminés qui vivent reclus, des tueurs, des salauds, quelques indiens hualapais qui crèvent la dalle, sans oublier un hypothétique trésor.

Ça bouge, l'histoire connaîtra des rebondissements, la plume est drôle, sans pour autant vous faire hurler de rire, mais on sent aussi la critique envers un gouvernement qui ne tint jamais ses promesses envers les indiens.

Y'a du cynisme et des vérités, dans ce roman western qui ne fait rien comme les autres.
Lien : https://thecanniballecteur.w..
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L'auteur, d'après la quatrième de couverture, est franco-américain et habite dans le Gers. Détails complètement en sa faveur...

Brewsterville, Arizona. Fin du 19ème siècle (en gros, comme pour True Grit)
"Je suis le shérif de ce bled. Un shérif placide et discret, ni bégueule noi fiérot. Pas un de ces paltoquets qui bombent le torse devant les voleurs de poule, une main sur l'étoile, l'autre sur la crosse de leur colt. Je suis shérif comme d'autres sont putains ou croquemorts, parce qu'il en faut."

Le ton est donné, nous sommes dans l'ambiance western, dans un coin paumé environné de collines pierreuses et désertiques. C'est le train train pour Ocean Miller, le shérif, en dépit de l'aversion du maire qui voudrait lui voir rendre son étoile, conservée grâce à l'appui du marshal.
Jusqu'au jour où il rencontre un gamin d'une douzaine d'années trainant en plein cagnard un cadavre démembré. Pour lui l'innocence de Tom, sourd et muet pour ne rien arranger, ne fait aucun doute (quoique, parfois, il s'interroge, en voyant l'habileté du gamin à découper les moutons), mais reste alors à mettre la main sur les coupables.
Bagarres, coups de feu, traîtrises, prostituées, saloon, bons citoyens et rascals, indiens hualapais, trésor et grotte sont présents dans une histoire taillée à la serpe, rugueuse et ironique, qui se terminera de façon inattendue. Un chouette roman à découvrir.
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Ocean Miller est né sur le bateau de réfugies fuyant l'Europe en crise, vers cet Eldorado que semblait être les États-Unis, ce nouveau monde où "tout est possible", où "toute vie peut renaître".

Nous ne sommes pas en 2016, sur les côtes de la Sicile, non....
Mais on peut prendre cinq minutes pour réfléchir à ce parallèle.

Ocean Miller est originaire d'une vielle famille juive...
Ses parents ont "américanisé" leur nom, pour faire couleur locale et le prénom fut donné à l'enfant en hommage à l' Atlantique.

Océan Miller est à la fin de sa vie quant il nous relate cette aventure de ce cadavre sans tête que traînait un très jeune enfant.
Il est shérif en Arizona..
Il est aussi éloigné du cliché hollywoodien du shérif qu'est Lady Gaga de Soeur Thérésa...

Miller est porté sur la bouteille. le bourbon de préférence.
Il a une copine, qui s'occupe de son linge, et quand elle le veut, il lui donne de la tendresse ; un peu quoi !

Miller est un homme bon. Un peu rustre, mais c'est pour cacher un coeur tendre....

Miller a le coeur brisé de voir à travers sa longue vue ce gamin s'acharner à traîner cette moitié de corps amputé....

Miller regrette déjà d'être sorti ce matin là dans ce fichu désert.... Peut-il ignorer ce gamin et ce cadavre ?
Ce petit homme qui est-il ? Petit Tom le nomme-t-il...
Mais l'enfant qui semble avoir 12 ans est sourd et muet, il dessine comme un Michel-Ange.. et sait désosser et couper comme un boucher une vache, en toute simplicité...

Ce Petit Tom est-il un ange ? Miller ne sait plus quoi penser. La pression des notables qui l'ont en grippe lui font prendre une décision, avec l'appui de son supérieur, qui va à jamais bouleversé sa vie....

C'est un bon livre de Western, qui fleure bon le Bourbon, le cuir vieilli, l'odeur du tabac hollandais...

Un bon livre qui traite aussi, en souterrain de la quête d'identité, de la reconnaissance de l'autre, d'où qu'il vient et ses différences...
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Un bon roman policier qui de se déroule en Arizona dans les années 1880 . Nous découvrons Ocean Miller, 55 ans , shérif porté sur la bouteille ( de whisky ) d'un bled perdu dont la vie s'écoule plus ou moins tranquillement entre capture de voleurs , arrestations de quelques individus à la gâchette facile et d'indiens tueurs de colons . le boulot d'un shérif quotidien . Mais l'histoire qu'il nous conte ici est sans doute celle de sa vie : la découverte au beau milieu du désert d'un jeune garçon,Tom , tirant derrière lui un cadavre démembré et décapité .Qui a tué cet homme ? Tom ? Des indiens ? Des voleurs à la recherche d'un mystérieux coffret ? Au bon vieux Ocean Miller de tirer ça au clair si il souhaite garder sa place , convoitée par le venimeux Aaron Layland appuyé par l'odieux maire Artie Hackett.
Norman Ginzberg nous a concocté un bon bouquin au style impeccable et aux personnages rugueux comme peut l'être l'ouest américain mais pour lequel on reste un peu sur sa faim.
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critiques presse (1)
LeFigaro
13 septembre 2013
Norman Ginzberg, qui écrit en français, n'est certes pas William Faulkner et Arizona Tom n'est pas Sanctuaire. Mais pour ce genre de drôlerie pleine de clichés assumés, comme le film Le Bon, la Brute et le Cinglédu coréen Kim Jee-woon, il se trouvera toujours des amateurs.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
À l'instar de beaucoup de Juifs immigrants, mes parents ont changé de patronyme comme on change de peau. En Amérique, les Blum sont devenus des Bloom, les Goldstein des Goldstone, les Neuman des Newman... et nous les Meier, on s'est fait appeler Miller. Pour mes parents, cela marquait un nouveau départ.

Je les comprends. Le quotidien des familles juives n'était pas une partie de plaisir dans l'Allemagne des années trente. «Malédiction, misère et mépris», disait mon père quand il évoquait sa vie d'avant l'Amérique.

À bien y réfléchir, il s'est sans doute délesté du fardeau séculaire de la malédiction. En revanche, pour ce qui est du mépris et de la misère, les abysses de l'Atlantique ne les ont pas engloutis.
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A Brewsterville, les distractions sont rares. Un crêpage de chignon entre les deux vieilles prostituées qui occupent les chambrettes au dessus de la taverne, la traversée du village par un troupeau de Longhorn efflanquées et les véhémences du vent d’été suffisent à meubler mes journées et celles de mes compagnons d’infortune. Ce n’est pas moi qui m’ne plaindrais. Moins il s’en passe, mieux je me porte. Je suis le shérif de ce bled. Un shérif placide et discret, ni bégueule ni fiérot. Pas un de ces paltoquets qui bombent le torse devant les voleurs de poules, une main sur l’étoile, l’autre sur la crosse de leur colt. Je suis shérif comme d’autres sont putains ou croquemorts, parce qu’il en faut. Ce n’est pas par plaisir que Nativity Holmes ou Beverly Carpentier ouvrent leurs cuisses aux clients et que cette vieille bique d’Abner Drinkwater enterre une douzaine de macchabées chaque année. Pas par plaisir non plus que j’arpente matin et soir la rue principale du village. Et n’allez pas imaginer que j’apprécie, tous les deux jours, de chevaucher ma carne cagneuse pour inspecter le désert du comté à la recherche de quelques vauriens. Il faut un shérif, et c’est moi qui m’y colle. Le monde tient debout parce qu’il y a des putes qui évitent aux vachers priapiques de devenir mabouls, des croquemorts pour empêcher que les humeurs des cadavres ne nous empoisonnent l’air et des shérifs pour retenir ce petit monde tout de guingois de passer cul par-dessus tête. 
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Il faut un shérif, et c'est moi qui m'y colle. Le monde tient debout parce qu'il y a des putes qui évitent aux vachers priapiques de devenir mabouls, des croquemorts pour empêcher que les humeurs des cadavres ne nous empoisonnent l'air et des shérifs pour retenir ce petit monde tout de guingois de passer cul par-dessus tête.
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De ma lunette, j'ai suivi la corde épaisse qui reliait le gosse à son paquetage. Je n'en ai pas cru mon œil. Ma tête devait me jouer des tours. Mon cœur défaillait aussi. Il tambourinait tant et tant dans ma poitrine, j'ai pensé que mon trépas était proche. Au bout de la corde, un cadavre sans tête! Un corps d'homme, ou plutôt un tronc: ses membres inférieurs s'arrêtaient aux cuisses, ses deux bras étaient sectionnés à hauteur des coudes. Il était habillé de blanc, comme le gosse. La corde formait un harnais passé sous ses épaules, prolongée par une pièce de cuir, sans doute taillée dans une selle, sur laquelle reposait le cul du cadavre. Et le gosse tirait le tout des deux mains, la corde calée sur sa clavicule. Diable, quelle vision!
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Je m'appelle Miller, Ocean Miller. Vous souriez ? Drôle de prénom, j'en conviens. Je le dois à ma naissance, il y a cinquante-cinq ans, au beau milieu de l'Atlantique, sur un paquebot qui ralliait New York depuis Hambourg. Mes parents auraient pu me prénommer Jacob, Abraham ou Samuel, suivant l'usage dans la famille depuis des générations, ça m'aurait évité qu'on confonde mon nom avec Sean ou Shawn, et de passer pour un bâtard d'Irlandais.

À l'époque, ils étaient jugés indignes de la civilisation que l'Amérique bâtissait. Sales, bêtes et méchants, ils cherchaient toujours des noises et buvaient plus que de raison.

Par-dessus tout, ils avaient le tort d'être papistes dans un pays aux yeux duquel les catholiques ne valaient guère mieux que les sauvages qui infestaient forêts et plaines. Il a fallu la boucherie de la guerre civile pour que soit saluée leur bravoure.

J'en étais et je peux attester que les Paddies n'hésitaient pas à aller se faire éparpiller par la mitraille confédérée. Bagarreurs et soiffards certes, mais courageux, les bougres.
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