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EAN : 9782070353873
Gallimard (17/02/1978)
4.05/5   22 notes
Résumé :
Ce volume réunit plusieurs textes de Jean Giono et en particulier "Refus d'obéissance" et "Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix". Le ton et le message frappent par leur actualité-et pérennité -, par les préoccupations de l'auteur qui sont aujourd'hui celles de toute une jeunesse.
"Je trouve, écrit Jean Giono, que personne ne respecte plus l'homme. De tous les côtés on ne parle que de dicter, d'obliger, de forcer, de faire servir. On dit encore cette ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Écrits pacifistes regroupe trois textes rédigés par Jean Giono, un de nos écrivains nationaux ayant connu la Première Guerre mondiale.

Le premier, "Refus d'obéissance" est un texte de fiction inspiré de ses souvenirs. Si les descriptions très crues qui décrivent un chaos qui ressemble à une représentation de l'enfer , c'est, pour moi, le texte qui des trois est le moins puissant et que j'ai le plus "traîné".

Le deuxième, "Précisions", est une lettre (j'imagine fictive) adressée à Edouard Daladier en septembre 1938, moment où beaucoup comprennent que la France s'apprête à entrer dans une nouvelle guerre, alors que les plaies de la précédente n'ont pas été pansées.
"Recherche de la pureté", le dernier texte, est une préface.
Ces deux derniers sont des textes très forts et puissants, dans lesquels Giono parle de son expérience de la guerre et démoli toutes les idéologies qui en découlent. Ces discours sur les héros, sur la guerre, sur la paix auraient de quoi en choquer plus d'un.

Bien plus que la puissance de ces mots, c'est l'engagement et la passion de cet ancien soldat qui a vécu la réalité des beaux discours et des belles idées que je retiens.
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Le pacifisme. En voilà une idée.
Une idée pure et éclairante lorsque la paix est au foyer.
Une idée de braise lorsque la guerre sonne son tocsin.
Pacifistes. Nous le sommes tous. du moins devrions nous l'être tous naturellement.

Giono avait vingt ans en 1917. Il aura traversé Verdun, le chemin des Dames.
Et cette horreur là, il ne leur pardonnera jamais.
Mensonge, trahison, esclavage, ses mots ne cesseront jamais de gifler les hommes en galons.

Une génération de gueules cassées, d'âmes brisées qui engendrera des générations de traumatisés. En 1917, il ne savait pas, il est parti. Il sait tout ce qu'il a perdu, ce qu'il a laissé, ce qu'on lui a volé, au nom d'un combat qui n'était pas le sien.
Il est parti, il avait vingt ans. Il ne savait pas.

1938. Vingt ans de plus. Il les prévient : cette fois ci il ne partira pas.
Ils peuvent le passer par les armes. Il est prêt. Il ne partira pas. Et il lance à toute la jeunesse cet appel à la désobéissance.
1938. Mobilisation ou désobéissance. Son choix est fait. La guerre détruit et annonce le chaos.
1938, pacifiste. 1943 ?...pacifiste. Une idée ? Un choix ? Aucune guerre. Aucune guerre n'est juste. Vrai. Mais la paix ce n'est pas seulement renoncer à la guerre. le calme et la paix sont deux choses différentes. L'ordre règne....à Berlin.

Giono aura eu le courage de tenir sa promesse jusqu'au bout. Il a tenu. Aucun fusil.
Mais devait il avoir certains amis ? Est ce défendable ?

Nous sommes tous des enfants de l'Histoire. Alors, je me rappelle l'histoire. Et l'histoire fait apparaître deux hommes. Mes grands pères. L'un a accepté de porter l'uniforme, il a fait le choix d'obéir aux ordres. Il a gardé son uniforme, et les ordres qu'il avait suivi l'ont envoyé quatre ans dans un camp de prisonniers à Berlin. L'autre a jeté son uniforme. Il a désobéi et a rejoint les forces libres. Ni l'un ni l'autre n'aimait la guerre. Oui il fallait désobéir, évidement oui, tôt et vite.
La désobéissance est une valeur, le pacifisme est une idée.
Le traité de désobéissance de Giono est un texte magnifique, magnifique par la valeur qu'il transmet aux hommes.

La désobéissance est le refus d'obéir à l'ordre, mais il convient de préciser : elle n'exclut pas le combat.
Désobéir et écouter sa conscience.

Le fait que nous soyons nombreux à être pacifistes me réjouit parce que nous sommes en paix, mais ce qui me rassurerait vraiment serait d'avoir l'assurance de notre commune désobéissance afin que l'histoire ne se répète pas.

Astrid Shriqui Garain
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Ce recueil réédité tout récemment en Folio regroupe un article intitulé « Je ne peux pas oublier », quatre chapitres inédits du « Grand troupeau », des précisions sur la position de pacifiste de l'auteur…
Ce regroupement de textes informatifs et de fiction rend encore plus frappants les chapitres relatant avec le très beau style de Giono, lyrique et imagé, des scènes guerrières. Combien saisissante est la marche en direction de Verdun, où des hommes tombent et meurent d'épuisement… Comment l'humidité, le froid qui coupe les jarrets, les bruits sourds, les blessures, les odeurs putrides, les maladies, sont décrites avec autant de poésie que de répulsion pour cette horreur… Comme est terrible la folie qui saisit certains de ces hommes si jeunes et si fragiles…
"Ce qui me dégoûte dans la guerre, c'est son imbécillité. J'aime la vie. Je n'aime même que la vie." J'avoue que je ne connaissais pas le côté pacifiste de Giono, ce qui aurait dû m'apparaître à la lecture de certains de ses romans, mais peut-être n'ai-je pas lu ceux dont la guerre était le sujet principal, comme le grand troupeau. De plus ces lectures datent ! J'ignorais tout aussi du manifeste des Ajistes (membres des Auberges de Jeunesse) de septembre 1938 ainsi que de celui du Syndicat national des Instituteurs, à la même date, moment où la guerre avait été sur le point d'être déclarée une première fois. Les précisions sur les contradictions des discours de Romain Rolland, Alain, Daladier m'ont aussi été fort éclairantes sur cette période. L'inutilité de la guerre, le courage d'être pacifiste sont fort bien démontrés par l'auteur, et il va sans dire que cette opinion n'était pas facile à exprimer…
Ce livre est à lire pour qui s'intéresse à la Première Guerre mondiale ou aux prémisses de la Deuxième et pour les amateurs de la prose de Jean Giono. Ce ne sont pas des textes faciles, mais forts et qui laissent pétrifié. Pour ma part, je sens qu'il faudra que je lise le feu de Henri Barbusse ou le grand troupeau, qui semblent incontournables de la littérature pacifiste engagée.
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Bien, très bien mais difficile d'accès, probablement parce que le sujet ne nous touche plus vraiment. Il n'empêche que voilà enfin une vision de la guerre, la première guerre mondiale, qui sort de l'ordinaire.

Giono ni va pas avec le dos de la cuillère et on y sent de la sincérité. C'est toute l'horreur du conflit qui est mis en avant et le patriotisme aveugle et décérébré y est battu en brèches ; on ne peut que s'en féliciter. L'auteur fait preuve d'un courage rare, rien de surprenant avec Giono, et assume des positions difficiles. Il affirme dans son premier texte qu'il n'est pas un lâche, force est de constater que c'est vrai.

Il faut donc un peu de courage pour entrer dans le livre mais, mon avis, est qu'il devrait être étudié dans les classes de nos lycées.
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Rien à rajouter au résumé si ce n'est que la description de la guerre de 14 ébranle toute conviction militariste plus encore que les multiples raisonnements pacifistes qui suivent.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
On dit encore cette vieille dégoûtante baliverne : la génération présente doit se sacrifier pour la génération future. On le dit même de notre côté, ce qui est grave. Si encore nous savions que c'est vrai ! Mais, par expérience, nous savons que ça n'est jamais vrai. La génération future a toujours des goûts, des besoins, des désirs, des buts imprévisibles pour la génération présente. On se moque des diseurs de bonne aventure. Il faut sinon se moquer, en tout cas se méfier des bâtisseurs d'avenir. Surtout quand pour bâtir l'avenir des hommes à naître, ils ont besoin de faire mourir les hommes vivants. L'homme n'est la matière première que de sa propre vie.
Je refuse d'obéir.
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Ce qui me dégoûte dans la guerre, c’est son imbécillité. J’aime la vie. Je n’aime même que la vie. C’est beaucoup, mais je comprends qu’on la sacrifie à une cause juste et belle. J’ai soigné des maladies contagieuses et mortelles sans jamais ménager mon don total. À la guerre j’ai peur, j’ai toujours peur, je tremble, je fais dans ma culotte. Parce que c’est bête, parce que c’est inutile. Inutile pour moi. Inutile pour le camarade qui est avec moi sur la ligne de tirailleurs. Inutile pour le camarade en face. Inutile pour le camarade qui est à côté du camarade en face dans la ligne de tirailleurs qui s’avance vers moi.
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Il est à constater qu'au moment où le peuple est livré à ses bourreaux, une sorte de justice proprement dite le délivre de toutes ses chaînes, et c'est nu et libre qu'il monte sur l'échafaud.
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Et depuis vingt ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne suis pas lavé de la guerre. L'horreur de ces quatre ans est toujours en moi. Je porte la marque. Tous les survivants portent la marque.
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[...] au fond de l'armée, l'individu a touché l'immonde.
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Vidéo de Jean Giono
Denis Infante a publié son premier roman Rousse publié aux éditions Tristram le 4 janvier 2024. Il raconte l'épopée d'une renarde qui souhaite découvrir le monde. Un ouvrage déroutant par sa singularité. Son histoire possède la clarté d'une fable et la puissance d'une odyssée et qui ne laissera personne indifférent. L'exergue, emprunté à Jean Giono, dit tout de l'ambition poétique et métaphysique de ce roman splendide : "Dans tous les livres actuels on donne à mon avis une trop grande place aux êtres mesquins et l'on néglige de nous faire percevoir le halètement des beaux habitants de l'univers."
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