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Joseph Héliodore Garcin de Tassy (Traducteur)
EAN : 9782226085139
342 pages
Éditeur : Albin Michel (07/03/1996)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 82 notes)
Résumé :

« Chercheur de vérité, ne prends pas cet ouvrage pour le songe éthéré d’un imaginatif. Seul le souci d’amour a conduit ma main droite (…). » La Conférence des oiseaux est l’un des poèmes masnavis les plus connus de l’oeuvre de Farid al-Din Attar.

Elle relate les hésitations, les réflexions et le voyage des oiseaux, conduits par la huppe, à la recherche de Simorgh, leur roi, à travers les sept vallées merveilleuses. Ce voyage symbolise l’i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  14 mai 2017
La conférence des oiseaux, c'est la spiritualité islamique à son meilleur. Au 12e siècle, le poète iranien (ou persan) Farîd al-Dîn Attâr a réalisé une oeuvre qui a su traverser le temps et les frontières. Il s'agit d'un conte (ou un recueil de contes, de fabliaux) dans lequel une nuée d'oiseaux transmettent des messages de sagesse. À travers les histoires qu'ils racontent, que ce soit des enseignements tirés des vies de Joseph, Salomon, Mahmûd, d'un cheikh quelconque, d'un soufi ou même des péripéties d'un homme simple et pauvre, tout est propice à enseignement. Il faut trouver le chemin vers Dieu, vers l'Amour, vers l'Humilité, vers la Sincérité. Et l'on peut y arriver en écoutant la Voix intérieure. Chaque historiette couvre en moyenne une page, quelquefois deux ou trois, et dans un langage simple et poétique, c'est donc un ouvrage facile à lire. Même s'il est fortement inspiré et fait parfois référence à la philosophie islamique, on peut en retirer beaucoup, quelque soit sa confession. Je souhaite également souligner le magnifique travail de Lassaâd Metoui, qui a réalisé les merveilleuses calligraphies dans la présente édition, celle de Guy Trédaniel. À chaque texte est associé une illustration d'un oiseau coloré, lequel est adroitement couvert d'écritures arabes (surtout sur ses ailes). C'est très joli, une véritable oeuvre d'art.
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Horizon_du_plomb
  19 février 2020
« Notre âme, cet oiseau, Il la voulut poudrée d'étouffante poussière. Les chevaux océans courbèrent devant Lui leur crinière écumante, et les monts pris d'effroi par l'éclat de son oeil furent pétrifiés.  »
« Aiguise bien ton oeil. Vois les chercheurs divins parvenus à Sa cour. Ils se sont entraidés, instruits les uns les autres. Il est autant de voies vers le glorieux Ami que d'atomes vivants. Mais laquelle choisir ? Et comment s'orienter ? Cherche-Le dans le monde, Il demeure caché. Cherche-Le au-delà, dans le vaste invisible, et le voilà soudain au soleil de midi. le crois-tu saisissable autant qu'évanescent, Il s'envole, Il s'enfuit sur de plus hautes branches. »
« Dieu joue donc ? Certes, Il joue ! Sans cela, dites-moi, serait-Il infini ?  »
« Je connais tout de mon Seigneur. Pourtant sans votre compagnie je ne peux rejoindre son nid. Suivez-moi donc, mes beaux oiseaux, et vous le connaîtrez bientôt ! »
« Approcher la pierre impalpable est le seul ouvrage qui vaut. (…) Aucun chercheur de vérité n'a jamais pu gagner sans peine le moindre croûton de pain gris. »
« La Conférence des oiseaux, livre et chant des mille vertiges » nous parle de cette présence lancinante qui nous hante et nous dépasse, cette expérience du Numineux. Honnêtement, ce livre reste un mystère pour moi, athée mystique. Pendant plus des 3/4 du livre, j'ai voulu le coter 2 étoiles (que de répétitions et de paradoxes entre autres) puis, à la fin, avec l'acharnement et le temps de bien lire, j'ai trouvé des échos, comme une ébauche de dialogue, et me retrouve au final à le coter 4,5 étoiles (et ce, avant d'avoir lu l'épilogue pseudo-justificatif de l'auteur qui n'était même pas nécessaire). Un livre qui n'est pas sans évoquer le « Tao Te King » et que je relirais bien avant de mourir si l'univers m'en donne l'occasion.
« Que sais-tu de l'amour ? dit-elle. Presque rien. Veux-tu l'honorer ? Nourris-le de quelques blasphèmes. Il déteste la foi des purs. Allons, chasse-la de ton coeur. (…) Renégat, voilà ce que l'amour peut faire d'un derviche ! »
« Attar, tu parles trop ! Cesse tes métaphores et préoccupe-toi de l'unité de Dieu. le chercheur, dans cette vallée, quel que soit son rang, n'est plus rien. Il disparaît, car Dieu paraît. C'est Dieu seul qui parle. Il se tait. Il n'est qu'un atome, sans doute, mais il est l'espace infini. Il n'est pourtant ni l'un ni l'autre. Oui, difficile à concevoir !  Je ne sais rien. J'ignore même si je sais. Ni musulman ni mécréant, au secours, que suis-je ? Mystère. Je suis amoureux, mais de qui ? Je ne sais rien de mon amour, mon coeur est vide et plein de Lui !  (…) Infidèle de bonne foi, c'est désormais ce que tu es ! »
« Ils restèrent pantois comme des coqs plumés. (…) Il n'est pas un livre en ce monde qui parle en vérité de Moi. »
« Je ne suis ni faucon ni huppe, mais parler d'eux m'a fait du bien. Peut-être au bout de mon voyage m'effleurera le vent léger que fait lever leur caravane. Peut-être de ces beaux passants m'atteindront quelques grains d'amour ! »
« Au travail, amis ! La paix soit à jamais sur vous ! »
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Raleigh
  14 mai 2016
Un conte splendide et apaisant, une superbe et longue métaphore gorgée de poésie, et qui inlassablement voudrait décrire les affres des êtres sur le chemin de Dieu et de l'Amour, ainsi que sur le nécessaire dépassement des passions. En ces temps obscurcis par un dogmatisme religieux mortifère et par la fermeture face à l'Autre, c'est un livre sain. Je pense que c'est aussi un bel exemple de "Jihad", au sens d'effort intérieur et authentique, et non pas dans le sens tristement galvaudé et politique que le terme a pris au fil des dernières décennies. A lire pour tous ceux qui sont désireux d'ouvrir les yeux sur des aspects trop souvent ignorés de la spiritualité islamique.
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miriam
  19 février 2019
Très beau texte poétique soufi du 12ème/13ème siècle. Je ne suis pas cliente pour les textes mystiques en général et pourtant j'ai été bluffée! Etonnée de la facilité et de la clarté de ce texte ancien où alternent fables où les oiseaux sont dotés de parole et très bien observés, et contes moraux parfois très drôles. Conquise par la fantaisie, la variété.
Un voyage dans la Perse ancienne, voyage dans le temps, migration des oiseaux qui cherchent par delà 7 vallées le simorgh...
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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lutinielle
  22 août 2012
La sagesse dervich nous parvient ici. La beauté des textes, tels des tapis, sont magnifiquement illustrés en faisant un ouvrage beau au coeur et aux yeux.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   07 mai 2017
Au départ apparut une goutte d'eau, qui dessina les plus belles formes ; mais celles-ci étaient toutes éphémères. Aussi dure ou complexe que soit la matière, sache bien qu'elle a l'eau pour principe. Mais tout ce qui a l'eau pour fondement n'a pas plus de réalité qu'un songe, qu'un mirage. Personne n'a jamais considéré l'eau comme un élément stable. Comment une construction sur l'eau pourrait-elle être indéfiniment solide?
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Louis_garcilopeLouis_garcilope   17 octobre 2014
Un renard épousa un jour, une renarde. Ils vécurent quelques saisons en amoureux insouciants, partagèrent le même lit, les mêmes repas de poulardes, les mêmes rêves d'avenir, jusqu'au jour où s'en vint dans leurs fourrés secrets un roi chassant à son de trompe avec ses faucons et ses chiens. Les époux furent pris et réduits en lambeaux. A l'instant de mourir:
- Mon mari, gémit la renarde, nous retrouverons nous un jour?
- Probablement, dit le renard. Dans la boutique d'un fourreur.
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SachenkaSachenka   13 mai 2017
Qui éprouve de la peine sur le chemin de l'élévation doit se rappeler qu'elle renferme un trésor pour lui. Quand on marche d'un pied ferme sur ce chemin, les dons du ciel ne sont pas sans nous demander quelques sacrifices.
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GabySenseiGabySensei   11 juillet 2011
Il était une fois une fille de roi belle comme la lune. Sa beauté à peine entrevue ruinait les sens et la raison. Mille amants égarés mendiaient à ses pieds un éclat de ses yeux qui voilait ses longs cils. Son visage? Une aurore blanche. Ses cheveux? Une nuit de musc. Ses lèvres? Éblouissantes, rouge à faire pâlir le rubis, à faire honte au goût du miel.
(P47)
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psechpsech   03 décembre 2016
Sachez-le, rien n'importe plus que les désirs qu'Il nous inspire. À quoi bon l'âme dans nos corps sans un être à nourrir d'amour ? Es-tu prêt à partir sans remords, sans regret, la face offerte au vent ? Es-tu vraiment celui qu'aucun danger n'effraie ? Oublie-toi donc et va. Abandonne aux buissons ta vieille peau sans âme. Sois brave. Fais cela. Le Bien-Aimé t'attend pour te vêtir de Vie à tout instant nouvelle.
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Videos de Farîd al-Dîn Attâr (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Farîd al-Dîn Attâr
Lors de l'émission “Cultures d'Islam”, diffusée sur France Culture le 24 janvier 2014, Abdelwahab Meddeb s'entretenait avec Leili Anvar autour de sa nouvelle traduction du “Cantique des Oiseaux” du poète mystique persan Farîd od-dîn ‘Attâr. Réalisation : Rafik Zénine. Avant d’arriver à l’Absolu, demeure du Sîmorgh, des milliers d’oiseaux traversent sept vallées : celles du désir, de l’amour, de la connaissance, de la plénitude, de l’unicité, de la perplexité, du dénuement, de l’anéantissement. Presque tous meurent ou abandonnent en chemin. Seuls trente arrivent au but : sî morgh, « trente oiseaux ». A travers ce jeu de mots (sî morgh, Sîmorgh), ‘Attâr nous signifie que les sept vallées ne sont que les étapes d’un cheminement intérieur. Au bout, les âmes ne pouvaient que se voir elles-mêmes. Même à ce stade ultime, les oiseaux restent noyés en eux-mêmes. « Vous avez cherché l’Autre en cheminant longtemps / Vous ne voyez pourtant que vous, rien que vous ! » (distique 4277). C’est que l’objet de la quête n’est pas en dehors de vous, il est en vous. Simorgh demeure invisible pour les yeux, indicible par la parole, inaudible à l’ouïe. Il ne vous reste qu’à plonger dans le feu de sa Présence et disparaître. De cet état, personne n’est revenu. Comment en faire alors le récit ? s’interroge ‘Attâr (circa1158-1221), l’immense poète de Nishapur dont le “Mantiq at-Tayr” nous est donné ici en vers en conservant le paradoxe qui habite l’original : Comment dire l’indicible ? Comment figurer l’invisible ? Comment penser l’impensable ? La tâche du traducteur est de rendre l’œuvre dans son ambivalence entre l’opacité et la transparence, où se déploie sa densité. Farîd od-dîn ‘Attâr, “Le Cantique des Oiseaux” : traduction Leili Anvar, choix d’illustrations de peintures islamiques d’Orient analysées et commentées par Michael Barry. (éd. Diane de Selliers)
Invitée : Leili Anvar, de l'INALCO
“Cultures d’Islam” participe à la levée d’une méconnaissance pour que les références islamiques circulent dans le sens commun et, d’une façon plus ouverte, moderne et polyphonique, approche l’Islam en tant que phénomène de civilisation. Abdelwahab Meddeb, le producteur de “Cultures d'Islam”, s'est éteint dans la nuit du 5 au 6 novembre 2014. Abdelwahab Meddeb était romancier, essayiste, scénariste, traducteur et poète, et il était devenu au fil des années l'une des voix marquantes de France Culture.
Thèmes : Idées| Civilisation| Peinture| Poésie| Islam
Source : France Culture
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Dans la catégorie : Littérature iranienneVoir plus
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