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EAN : 9782348046520
229 pages
Éditeur : La Découverte (26/09/2019)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
La tentation d'un pouvoir autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans la vision économique du candidat Macron. En défendant l'idée d'une transformation néolibérale radicale du modèle économique, ce programme conduit à un inévitable conflit avec une population opposée à une telle évolution. Incapable de construire une majorité autour de ce projet, le pouvoir n'a d'autres solutions que de durcir la démocratie par un excès d'autorité permanent.La tentati... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
michdesol
  14 février 2020
L'auteur, journaliste à Médiapart, nous montre ici que la France est en proie à une guerre sociale qui n'a rien de récent. Concrètement, elle perdure depuis le XIXe siècle où les classes populaires exploitées par la bourgeoisie au pouvoir depuis la fin de la Révolution, se heurtèrent à une féroce répression à chaque révolte. Fait souvent occulté : la protection sociale en France se mit en place avec retard par rapport à bien des pays européens, et il fallut attendre la crise de 1929, le Front populaire et surtout le mauvais comportement de la bourgeoisie d'affaires pendant la dernière guerre et l'engagement des forces progressistes dans la Résistance pour que puisse enfin s'installer l'État-providence.
La prise de pouvoir récente par Macron avec sa politique néolibérale imposée au pays, est la tentative des milieux d'affaires pour remettre la France dans ce qu'ils estiment être le droit chemin, celui de la concurrence, des vieilles ornières de l'individualisme, de la lutte de tous contre tous. (ça, c'est mon commentaire !). Ce dessein doit se réaliser coûte que coûte, y compris, si besoin, en usant de l'autoritarisme le plus éculé.
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jefdebourges
  31 octobre 2019
Excellente analyse du néo-libéralisme avec mise en contexte dans l'histoire, avec les autres pays et pointant nos spécificités françaises.
Dont la quasi neutralité de l'état dans la lutte entre capital et travail.... enfin, ca c'était avant la "start-up nation" et la glorification des "self-made men" et de l'individualisme.
Au fait, si Macron est votre chouchou, ne le lisez pas ;-)
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dimitri
  26 avril 2020
Après un début de lecture enthousiasmant, j'ai été un peu déçu par la suite. le propos semble sous-tendu par une vision globale marxiste. Les intérêts contradictoires du capital et du travail expliquent les dominations sociales et l'histoire. Et paradoxalement, l'auteur adopte un récit factuel qui semble s'éloigner de cette compréhension du monde. Il nous raconte une histoire qui prend en compte bien d'autres contingences, rendant son propos assez embrouillé.
Ainsi le néolibéralisme vise à enrôler l'Etat du côté du capital contre le travail, contrairement au libéralisme classique qui voulait réduire l'Etat au minimum. le néolibéralisme apparaît dans les années 70 en réaction à l'Etat providence. Pourtant, l'auteur ne peut s'empêcher de nous expliquer que l'Etat Français du 19ème était finalement assez néolibérale dans son comportement.
Par ailleurs les exposés théorique du néolibéralisme et du macronisme sont superflus. Mille fois rabâchés, ils ne sont qu'une propagande ornementale de la crudité des intérêts du capital. Pourquoi perdre son temps à les développer, comme s'ils avaient une vraie logique interne, une vraie sincérité, et comme si ils n'étaient as répétés à satiété dans les médias.
Tout ça pour en arriver au fait que la population refusant le néolibéralisme celui-ci pourrait être tenté par l'autoritarisme.
Que le libéralisme soit la dictature du capital n'est pourtant pas une découverte. Il suffit d'ouvrir l'oeil qui nous reste pour le constater. Comme disent les gilets jaune "macron nous fait la guerre... et sa police aussi".
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critiques presse (1)
NonFiction   14 octobre 2019
Journaliste à Mediapart, Romaric Godin propose une grille de lecture économique de la vie politique française après l’élection d’Emmanuel Macron. [...] Romaric Godin offre une analyse claire, détaillée et argumentée de la situation politique actuelle. Certains passages au style enlevé se lisent comme un roman.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   14 février 2020
De façon générale, les grandes idées qui fondent la néolibéralisme paraissent usées: la concurrence, même encadrée par un État néolibéral, conduit à des oligopoles tellement puissants qu'ils tiennent les États à leur merci. Le pouvoir des multinationales le prouve avec éclat. La liberté de circulation des capitaux détruit l’État social et creuse les inégalités jusqu'à des niveaux inacceptables, alors que les crises financières sont souvent assumées et payées par les populations au travers de politiques d'austérité. Aucune des promesses du néolibéralisme n'a été tenue à ce jour : ni la prospérité, ni le combat contre les inégalités, ni le progrès social.
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michdesolmichdesol   14 février 2020
Le libéralisme forcené des élites françaises du XIXe siècle conduit à une lutte de classes permanente et ultra-violente. Nulle part en Occident la répression sociale n'a été aussi violente qu'en France au cours de cette époque. Ce fait est trop souvent ignoré et même éludé au profit du mythe que le Français préférerait le chômage au travail ou l'égalité à la liberté.
Ce passé a été et reste structurant. La construction de l’État-providence est tardive ; elle est entamée par la loi sur l'assurance maladie de 1928 (imposée par Poincaré) et les acquis sociaux du Front populaire, comme la semaine de quarante heures et les congés payés (immédiatement remis en cause par le gouvernement Daladier). L'impôt sur le revenu progressif est finalement voté en 1914, non sans mal, et mis en place dans les années 1920. La création de ma Sécurité sociale universelle et du modèle social français, dans l'immédiat après-guerre, instaure un nouveau modèle qui se définit en opposition quasiment parfaite à l'ancien. Désormais l’État n'est plus le bras armé de la bourgeoisie. (…) Son rôle n'est pas de peser en faveur de l'un ou de l'autre camp, mais de favoriser la recherche d'un compromis.
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xTHX1138xxTHX1138x   22 février 2020
Le suffrage universel ne possédait pas la vertu magique que les républicains d'ancienne marque lui avaient attribuée. Pour eux, toute la France, au moins la majorité des Français, étaient des citoyens ayant les mêmes intérêts, le même jugement, etc. C'était, chez eux, une conséquence de leur culte du peuple. Les élections mirent en lumière, au lieu de leur peuple imaginaire, le peuple réel : elles désignèrent des représentants des classes dont il se compose.

Karl Marx, La lutte de classes en France - 1850
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michdesolmichdesol   14 février 2020
Il [Emmanuel Macron] s'appuie sur l'idée du déclin français en raison de son refus de s'adapter à l'ordre néolibéral qui, partout, domine : « Chaque jour, notre pays s'affaiblit de ne pas être adapté à la marche du monde », une France « à l'arrêt » quand les autres pays avanceraient. Ce déclin rend la France « malheureuse de ce qu'elle est devenue ». Pour une raison simple : en refusant le néolibéralisme, la France refuse le réel. Or Emmanuel Macron est un homme résigné : « Peut-on remplacer le monde tel qu'il va ? Je ne crois pas. » Refuser le néolibéralisme, c'est donc vouloir « soustraire la France au cours du monde ».
On voit se dessiner dans cette pensée l'identité qui déterminera toute sa politique : le paradigme néolibéral est le réel, un réel qu'on ne peut changer ; c'est une vérité transcendante à laquelle il faut se soumettre.
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xTHX1138xxTHX1138x   22 février 2020
Le Bourgeois, et surtout le bourgeois vaniteux qui se croit homme d'Etat, complète sa vulgarité pratique par une transcendance théorique.

Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte - 1852
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Videos de Romaric Godin (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romaric Godin
Le co-auteur du «Triomphe de l'injustice» (Seuil, 2020) répond aux questions de Romaric Godin et Fabien Escalona. Professeur d'économie à l'université Berkeley en Californie, il estime que les États ont la possibilité de réduire les inégalités devant l'impôt.
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