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Marie-Lise Marlière (Traducteur)
EAN : 9782070421442
364 pages
Éditeur : Gallimard (30/04/2002)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 6 notes)
Résumé :

Edmund Talbot, jeune aristocrate anglais, vogue vers l'Australie où il doit remplir de hautes fonctions administratives. Au cours d'une traversée fertile en rebondissements, il perd quelques illusions mais gagne en maturité et en sagesse, sans que l'abandonne pour autant son sens de l'humour et de l'observation. Sur le navire, prisonnier d'une mer immobile, se déroule un chassé-croisé amoureux. Voici qu'en habits de bal, tel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Woland
  04 novembre 2014
Close Quarters
Traduction : Marie-Lise Marlière
ISBN : 9782070421442

Le Révérend Colley est mort et Edmund Talbot a achevé le "Journal" destiné à son parrain et protecteur. Pour son anniversaire, il s'en procure un autre, tout vierge, auprès de l'intendant du bord, un certain Jones qui tient beaucoup de l'usurier. Il commence à peine à y jeter quelques premières notes lorsque son premier chapitre s'achève abruptement, sur un début de proposition, sans aucun point, final ou de suspension.
Talbot reprendra plus tard son second "Journal". Mais pour l'instant, il a reçu un sacré coup sur la tête. Pire encore, le navire, déjà vieux et qui en avait tant vu sur tant d'océans, se retrouve démâté par l'imprudence du lieutenant Jack Deverel, jeune homme sémillant mais alcoolique regrettable, qui a quitté son quart pour descendre boire un verre de brandy, en laissant seul à la manoeuvre, et ceci en dépit des prescriptions du Code maritime, le pauvre aspirant Willis, un peu trop jeune et inexpérimenté pour gérer un coup de vent inattendu et brutal. de toutes façons, pour tenir la barre en pareil moment, deux hommes eussent été nécessaires.
L'ordre revenu, la situation n'est guère brillante. Les mâts sont brisés, les voiles en piteux état, la mer, désormais plus sage qu'une image, encalmine le vaisseau, et les vivres comme les provisions d'eau douce diminuent. Ajoutez à cela que la guerre est déclarée entre le capitaine Anderson et Jack Deverel. le premier a interdit au second de boire. le second ne pense qu'à ça. Quant au pauvre Willis, s'il n'est pas aux fers, on l'a puni en le mettant à la vigie. Une vigie démâtée, ça revient à une espèce d'appareil très dangereux où l'on se gèle vraiment vite. D'ailleurs, à un certain moment, Anderson sera contraint de mettre fin au châtiment du jeune homme sous peine de le voir perdre la vie.
La Nature essayant toujours de rééquilibrer plus ou moins les choses, certains avantages se font jour. On croise "L'Alcyone", en route pour les Indes, superbe navire commandé par le charmant lord Somerset, accompagné dans sa traversée par son épouse, par Miss Chumley, sa nièce et par Miss Oates, une dame de compagnie. Les deux bateaux fraternisent, les équipages improvisent un petit spectacle assez bien troussé et Edmund qui, au tome précédent, envisageait une carrière au Parlement et un riche mariage, a le coup de foudre pour Miss Chumley. On peut penser sur l'instant que le coup sur la tête qui l'a mis KO un certain temps y est pour quelque chose. C'est sûr : notre jeune homme traverse une période ultra-sensible et c'est avec le désespoir qu'on devine qu'il voit "L'Alcyone" s'éloigner lorsque vient pour ses passagers et son équipage l'heure de reprendre la route des Indes.
Un fait qui a son importance et sur lequel se bâtira pratiquement toute l'intrigue du troisième tome : les capitaines Anderson et Somerset ont procédé à un "échange" d'officiers. Deverel, toujours forte tête et qu'Anderson avait fini par mettre au fer, est reparti sur "L'Alcyone." En échange, Anderson a accueilli le lieutenant Benét - ses parents ont fui la Révolution française, d'où l'étrangeté de son patronyme - une sorte de jeune Apollon blond, toujours aimable et toujours débordant d'idées. Des bonnes et des moins bonnes. Bien qu'il n'ait pas, pour sa part, atterri dans les fers - il est bien trop souple pour ça - Benét s'est vu exclu de "L'Alcyone" pour avoir courtisé lady Somerset ... Eh ! oui ! Rien moins que l'épouse du commandant ! Cela donne déjà une idée du caractère du personnage.
Le récit de la destruction des mâts, toutes les scènes marines sont admirables. Mais il manque ici, en tous cas à mon sens, l'extraordinaire ampleur dramatique de "Rites de Passage." Ce premier tome volait littéralement sur la mer et sur ses pages. le second s'essouffle, stagne, tourne en rond. On espère un temps en la force de caractère de Deverel même si le personnage n'est pas vraiment sympathique. Mais l'illusion se dissipe vite. En ce qui concerne la romance entre un Edmund Talbot gravement secoué par sa blessure à la tête et une Miss Chumley très bien élevée, que dire sinon qu'elle ne dépasse pas l'ordinaire. On a un peu l'impression que l'auteur fait du remplissage pour parvenir à la fin de sa "Trilogie." Dommage. Certains passages valent vraiment le détour et l'amour de la Mer qui plane sur l'ensemble, bien qu'il ne suffise pas à maintenir un souffle épique permanent, fait percevoir au lecteur les coups de fouet des embruns et l'horreur de ce que pouvait être la navigation à bord d'un vieux bateau de bois qui, contrairement à ses collègues britanniques de l'époque, n'était pas doublé de cuivre. Et ça, ce n'est pas une mince réussite. ;o)
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Puck
  16 mai 2012
Attention gros gros gros coup de coeur sur toute la trilogie marine de William Golding. D'ailleurs je ne comprends pas qu'elle ne soit pas plus connu.
Deuxième tome du journal d'Edmund Talbot, jeune aristocrate anglais qui se rend compte durant la longue traversée jusqu'en Australie que ses idées reçues et projets volent en éclat. La traversée en huis-clos sur le navire le confrontent à la bêtise, la violence et les préjugés moraux et sociaux de l'époque. On sent véritablement le personnage au fil des 3 livre. William Golding est l'un des plus grand auteurs du 20ème siècle.
Un roman d'aventure, une quête initiatique formidable. Je vous en prie lisez-le.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
WolandWoland   06 novembre 2014
[...] ... Voici ce que Philipps me raconta.

Démonté. Je fus démonté, tu fus démonté, il ou elle fut démonté. Je me souviens des paroles de ma mère s'adressant à sa femme de chambre : "Mais quand j'ai entendu ce que cette créature demandait pour un mètre de son étoffe, aussi exquise fût-elle, je vous le dis tout net, Forbes, j'ai été complètement démontée !" Et cela, de ma chère mère qui m'autorisa à voyager sur le continent avant la reprise des hostilités et me mit en garde contre le danger que je courrais à m'approcher de la barrière entourant le vaisseau ! Quel langage est le nôtre ! Comme il est divers, direct et indirect à la fois, totalement et même, pour ainsi dire, inconsciemment métaphorique ! Me revinrent en mémoire les années où je traduisais les vers anglais en latin et en grec, la nécessité où j'étais de trouver une formulation simple pour exprimer le sens de ce que le poète anglais avait enveloppé dans la brillante opacité des métaphores ! De toutes les activités humaines, nous avons si souvent choisi de nous tourner vers notre expérience de la mer ! Avoir du vent dans les voiles, sentir le vent tourner, avoir le vent en poupe, être désemparé, à la dérive, tomber sur un écueil, couler bas - mon Dieu, nous pourrions écrire un livre avec l'influence de la mer sur notre langue ! Et maintenant, ici, la métaphore retrouvait son origine ! Nous, notre bateau, avions pris le vent à contre et, la mer étant démontée, nous avait bel et bien démâté ! Allongé sur ma couchette, j'imaginais la scène. Deverel s'était éclipsé en bas pour prendre un petit verre, laissant la garde du bateau à ce jeune crétin de Willis. Mon Dieu, rien que d'y penser, ma tête se mit à palpiter de nouveau. Ma patrie, me dis-je en essayant de retrouver une certaine bonne humeur, ma patrie aurait pu subir une perte insigne si je m'étais noyé ! Donc, pendant que Willis était de quart, il y avait eu un changement, les lames s'étaient mises à déferler par le bossoir sous le vent, de l'écume, un grain, la mer fouettée par deux mains invisibles de plus en plus proches et de plus en plus rapides - et ces deux lascars à la roue du gouvernail dont les yeux allaient de la fulgurante désintégration du grand mât au compas - et ces regards jetés autour d'eux qui cherchaient peut-être Deverel et ne trouvaient que Willis, la bouche grande ouverte - ils auraient voulu des ordres et n'en avaient pas - s'ils avaient manoeuvré la barre et amené l'étrave de façon à recevoir le grain vent debout, sans doute auraient-ils été fouettés pour cela - alors ils n'ont rien fait parce que Willis ne faisait rien et le grain nous a pris du mauvais côté de nos voiles qui étaient bordées à bloc ; il a arrêté net le bateau, puis il l'a porté vers l'arrière, les voiles faisant sac du mauvais côté, et la lisse s'était enfoncée au point d'être effleurée par les lames, tandis que notre gouvernail fonctionnait en marche arrière !

Ainsi, pendant que l'équipage s'efforçait de réparer ce que Deverel et Willis avaient accompli à eux deux par une distraction de quelques secondes, je demeurai allongé en attendant que cessent les coups qui battaient dans ma tête. ... [...]
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WolandWoland   06 novembre 2014
[...] ... J'éprouvai une grande répugnance à bouger mon corps et cherchai seulement à avancer la tête pour regarder autour de moi. Ce mouvement eut pour résultat de me faire ressentir l'une des douleurs les plus atroces que j'eusse jamais ressenties - un coup de poignard fulgurant qui me traversa la tête. Je renonçai à toute tentative ultérieure et me tint tranquille. Summers et le capitaine s'exprimaient couramment dans le langage des loups de mer avec le plus grand sérieux. Si les femelots n'étaient pas complètement arrachés - s'il n'avait pas subi des avaries trop graves. Je me risquai à bouger les yeux pour apercevoir les deux officiers et constatai que je n'en ressentais pas une trop grande douleur. J'entendis ce qu'il disait. Mr Talbot s'était efforcé avec beaucoup de courage d'aider le capitaine à maintenir la cargue de la basse voile d'artimon jusqu'à ce qu'une écoute le renverse, inconscient. Mr Summers n'en attendait pas moins de moi. Mr Summers demandait l'autorisation de reprendre son service. Requête qui lui fût accordée. J'allais essayer de m'asseoir quand le capitaine reprit la parole.

- "Mr Willis."

Mr Willis se tenait auprès de la roue abandonnée qui tournait doucement, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. J'étais sur le point de signaler cette coupable négligence au capitaine quand deux marins s'élançant de l'échelle posèrent leurs mains de chaque côté de la roue.

- "Mr Willis !"

En temps normal, Mr Willis, l'un de nos aspirants, a le teint pâle. Ou bien le choc que j'avais reçu sur la tête m'avait brouillé la vue, ou bien Mr Willis était vraiment devenu d'un vert vif.

- "Combien de fois faut-il vous adresser la parole avant d'obtenir une réponse ?"

Le pauvre jeune homme serra les lèvres, puis les ouvrit. Je crois bien que ses genoux se soutenaient l'un l'autre.

- "Monsieur.

- Vous étiez de quart.

- Monsieur, Mr., Monsieur, il, Mr. -

- Je sais tout ce qu'il y a à savoir sur ce "il", Mr Willis. Vous étiez de quart."

Il ne sortit de la bouche de Mr Willis qu'un faible gloussement. Le bras droit du capitaine Anderson fit un mouvement circulaire et la paume de sa main frappa le visage du jeune homme avec un claquement sonore ! J'eus l'impression qu'il bondissait en l'air et se déplaçait de côté avant de s'affaisser.

- "Debout, monsieur, quand je vous parle ! Vous ne voyez donc pas ces mâts de hune, espèce de jeune crétin ? Debout ! Avez-vous seulement idée de la surface de toile qui s'est déchirée en lanières, de la longueur de cordage qui n'est plus bonne maintenant qu'à garnir des bourrelets de défense ? Pardieu, monsieur, quand nous aurons à nouveau une tête de mât d'artimon, vous resterez en vigie le temps de votre service !

- Monsieur, Mr., Mr. -

- Allez le chercher, Willis, m'entendez-vous ? Je le veux, ici, devant moi, et je le veux maintenant !" ... [...]
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PuckPuck   17 mai 2012
Un jeune homme aux boucles blondes, au joli visage, qui avait passé des semaines auprès de Miss Chumley ! J'éprouvais maintenant cette angoisse que j'avais crue exagérée par les poètes !
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