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René-Noël Raimbault (Traducteur)Michel Gresset (Traducteur)Henri Delgove (Traducteur)André Malraux (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070362310
Éditeur : Gallimard (01/01/1972)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 412 notes)
Résumé :
C'est Sanctuaire qui valut à Faulkner sa réputation d'auteur ténébreux et scandaleux. L'écrivain n'a-t-il pas tenu à inventer, selon son expression, "l'histoire la plus effroyable qu'on puisse imaginer"? En réalité, il s'est inspiré d'un fait divers, survenu dans un night-club de la Nouvelle-Orléans : le viol d'une jeune fille avec un "objet bizarre", devenu un épi de maïs dans le roman, suivi d'une étrange séquestration.

Dans un climat de violence, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  27 août 2012
J'ai abandonné la lecture de ce livre. J'ai résisté jusqu'à la centième page, barrière psychologique faisant que, si je m'ennuie ou si je ne comprends rien (les deux ici mon Général !), je jette le gant comme on le disait au Moyen Âge. Alors je n'accuse personne... surtout pas Faulkner (pas envie de me faire lyncher en place publique !!! ) et je me dis qu'il faudra peut-être attendre le dég... euh, déclic (ceci dit, j'attends toujours celui pour Joyce mais il ne veut pas arriver ) pour apprécier à sa juste valeur (ou pas) ce bouquin !
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Woland
  26 décembre 2007
Sanctuary
Traduction : Maurice-Edgar Coindreau
De « Sanctuaire », André Malraux a dit qu'il symbolisait « l'intrusion de la tragédie grecque dans le roman policier. » de la tragédie antique, Faulkner a en effet retenu l'exceptionnelle rigueur de la construction et son « Sanctuaire » est vierge de ces monologues intérieurs, de ces tentatives de déstructuration du récit en vue d'une recréation joycienne du mode d'écriture – et du mode de lecture. « le Bruit et la Fureur » sont à mille lieues de là et, n'était la volonté délibérée du romancier de nous dissimuler pratiquement jusqu'à la fin la terrible infirmité dont souffre Popeye et qui a conditionné les trois-quarts de son destin, le déroulement du récit serait absolument classique.
Nous sommes dans les années vingt, dans ce « vieux Sud » où Faulkner a situé l'essentiel de son oeuvre. La Prohibition bat son plein et les gangs prospèrent. Quant aux ivrognes, même s'ils sont tenus de boire en cachette, ils sont légion. Parmi eux, Gowan Stevens, qui aime à se définir comme un « gentleman de Virginie » et qui, en tant que tel et en dépit de son jeune âge et de l'excellente famille qui est la sienne, trouve élégant et même indispensable de se saouler à mort plus souvent qu'à son tour.
Gowan doit à sa belle prestance et à son sens certain du baratin la grâce de sortir avec la jeune et jolie fille du juge Drake, Temple, plus préoccupée de virées nocturnes dans les night-clubs que de ses études universitaires. A l'issue de l'une de ces sorties, Gowan promet de la raccompagner le lendemain au train qui doit la ramener à son université. Mais, déjà fortement imbibé et taraudé par le besoin de boire à tout prix, le jeune homme, au lieu de la conduire directement à la gare, entraîne Temple dans la ferme isolée qui abrite les alambics de Lee Goodwin. Celui-ci revend évidemment une partie de son alcool clandestin à un gang de Memphis et il se trouve que, une livraison étant justement à l'ordre du jour, deux hommes de main du gang doivent passer la soirée chez Goodwin.
Si Temple réussit tant bien que mal à survivre à une nuit de beuverie qui rend Gowan tout-à-fait incapable de la défendre des entreprises de Van, l'un des deux gangsters ; si la compagne de Goodwin, Ruby Lamar, d'abord hostile à l'égard de la jeune fille, fait ensuite tout pour la protéger des violences d'hommes que la boisson livre à leurs pires instincts ; en définitive, elle n'échappera pas à Popeye, malfrat solitaire, asocial, adepte des pistolets automatiques et qui, dès le premier chapitre du roman, est assimilé par son créateur à « cette chose noire qui sortit de la bouche de Mme Bovary et se répandit sur son voile de mariée quand on lui souleva la tête. »
Mais avant de violer Temple, Popeye a eu le temps d'abattre Tommy, le garçon de ferme un peu simplet de Goodwin, qui cherchait à protéger la jeune fille. Lorsque, après le départ de Popeye qui a embarqué Temple dans sa Packard, Goodwin se retrouve avec le cadavre du malheureux, il comprend qu'il n'a d'autre choix que de prévenir la police. Comme il a malheureusement un casier judiciaire déjà assez chargé, il échoue dans la prison du comté, sous inculpation d'homicide volontaire.
Un jour qu'il s'était égaré et avait débarqué dans sa ferme, Goodwin avait sympathisé avec Horace Benbow, un avocat à l'âme de poète qui, dans le roman, fait manifestement référence au sens de l'honneur et au code quasi chevaleresque qui étaient de mise dans certaines classes de la société sudiste, avant la Guerre Civile. Persuadé de l'innocence de Goodwin, Benbow décide de le défendre. Mais, comme son client ne tient pas à « moucharder » Popeye, il en est réduit à entreprendre son enquête personnelle qui le fera remonter jusqu'au gangster et jusqu'à Temple.
Dès qu'il apprend la présence de Temple à la ferme au moment du meurtre, Benbow comprend qu'il lui faut à tout prix retrouver celle qui, d'après ce que lui en a dit Ruby, est bel et bien le seul témoin oculaire de l'assassinat de Tommy. D'indice en coup de chance, l'avocat parvient à la localiser dans le bordel de Memphis où Popeye loue à demeure une chambre la pittoresque et maternelle Miss Reba, veuve inconsolable d'un certain Bedford et qui, depuis le décès de celui-ci, vit seule entre ses deux chiens – rebaptisés avec un humour discutable « Reba » et « Mr Bedford » - ses « filles » et sa fidèle domestique, Minnie.
C'est là que Popeye a amené un soir la pauvre Temple. C'est là que Miss Reba a fait venir son médecin attitré pour panser l'important saignement de la jeune femme. C'est là que Popeye est venu et revenu bien souvent pour couvrir Temple de bijoux et de toilettes de luxe. C'est là aussi qu'il n'a pas arrêté de se disputer avec elle et de la frapper. C'est là encore que, pendant quatre jours, il a amené Red, un jeune et beau garçon qui a passé une nuit, puis une autre, suscitant la désapprobation, puis les soupçons de Minnie et de Miss Reba. Miss Reba en effet est anglo-saxonne et, en tant que telle, n'entend pas tenir « une maison à spécialités » - dans le texte original, un « bordel français. » Or, quand deux hommes se retrouvent avec une femme et que l'un d'entre eux se contente de regarder, il y a « spécialité » - et donc « bordel à la française » …
Ainsi se délite lentement le personnage de Popeye. Ainsi le lecteur est-il amené peu à peu à comprendre, jusqu'à l'épi de maïs final et ensanglanté que l'Attorney général brandira en plein tribunal, au dernier jour du procès Goodwin.
Aussi implacable que dans les grands drames shakespeariens, l'horreur est absolue puisque Goodwin est condamné pour un crime qu'il n'a pas commis et que la foule, révoltée par les conditions dans lesquelles s'est déroulé le viol de Temple, met le feu à la prison pour s'emparer de lui et le lyncher d'une façon particulièrement atroce.
Pendant ce temps, Temple, qui a sombré dans une semi-démence, s'éloigne au bras de son père, vers la vie brumeuse et décalée qui sera désormais la sienne. Faulkner ne nous dit pas si son témoignage, imputant de façon formelle le meurtre de Tommy au malheureux Goodwin et non à Popeye, est le résultat de son état psychique ou le signe d'un attachement sado-masochiste à son tortionnaire.
Horace, quant à lui, complètement laminé par l'échec, rentre au bercail, auprès de l'épouse qu'il avait quittée. Et Popeye … Popeye paiera malgré tout ses dettes à la société : on le pendra en Alabama pour le meurtre d'un policier. Mais auparavant, Faulkner nous aura rapporté ce qui fut son destin : naissance malvenue, enfance déséquilibrée, les premières cruautés contre les animaux, puis son entrée dans la pègre où la Prohibition le rendit extrêmement riche alors que, par une étrange ironie du sort, sa santé lui avait toujours interdit d'absorber une seule goutte d'alcool.
Ainsi, en parfait accord avec la tradition de la Grèce ancienne qui voulait que les dieux eux-mêmes n'échappassent pas au Destin, la Fatalité aura mené l'intrigue de « Sanctuaire » à son dénouement sans espoir. Et c'est à la soeur d'Horace Benbow, Narcissa la bien nommée, toujours habillée de blanc, que revient ce rôle impitoyable et décisif.
Je vous laisse découvrir pourquoi ...
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mimipinson
  07 août 2011
Il m'aura fallu une lecture commune, une vraie (celle que l'on choisi ensemble, sans se cacher, que l'on lit en même temps à son rythme, et pour laquelle on accepte d'échanger en temps direct ses impressions, ses doutes, ses incompréhensions pour mieux progresser et aborder une lecture délicate), pour qu'enfin j'ose aborder Faulkner .
Seule dans mon coin, j'aurais probablement abandonné ce livre sans l'intelligence d'autres lecteurs qui n'ont pas peur, eux d'être influencés……
Cela faisait longtemps que je voulais régler un « petit compte » comprenne qui voudra…..
Faulkner, c'est de la littérature de haute volée, une littérature qui vous prend à la gorge. Ce n'est pas une petite lecture facile, ou comme disent certains, « une lecture détente ».
Faulkner a bien un style, une patte. Il a une manière bien à lui d'emmener son lecteur et les racoins de l'âme humaine. Il a l'art de vous illuminer tout d'un coup sur une chose, et tout aussi vite de vous replonger dans le brouillard. Il suggère plus qu'il ne révèle. Il sait attendre avant de préciser les choses, laissant le lecteur de longs moments à ses doutes et questions.
Faulkner ne nomme pas franchement les choses, ni les personnages ; souvent il multiplie les appellations….glisse des évènements anodins…
La narration chez Faulkner est précis, et fourmille de détails .Les dialogues sont parfaitement adaptés aux personnages et aux situations.
Le roman pose d'emblée l'ambiance générale. « Quelque part, caché, mystérieux, et pourtant tout proche, un oiseau lança trois notes, puis se tut. » Les trois coups avant la pièce de théâtre.
On y boit beaucoup, l'alcoolisme fait partie du décor.
André Malraux, dans sa préface prévient : « Sanctuaire est donc un roman d'atmosphère policière sans policiers, de gangs aux gangsters crasseux, parfois lâches, sans puissance. »
Il ne faudra donc pas chercher dans ce roman de folles embardées, des rebondissements fracassants. le rythme n'est est pourtant pas lent ni ennuyeux, c'est seulement qu'il est construit à la manière d'un roman noir, avec comme toile de fond toute époque, tout un contexte social et sociétal.
Il faut simplement accepter de se laisser aller, de se laisser perdre, de ne pas comprendre ou savoir pendant un moment, pour mieux se retrouver ensuite. Une lecture fine et attentive s'impose. Chaque mot, chaque ligne a son importance. Moi qui ne relis pas mes livres, me suis surprise à en relire des pans entiers et à découvrir des choses qui m'avaient échappées.

Que vous dire de l'intrigue, si ce n'est qu'en dire si ce n'est un peu, c'est déjà trop en dire.
Les personnages sont mystérieux, glauques, patibulaires, franchement antipathiques pour certains : Tommy, Popeye (drôle de nom, tout de même…..) Godwin…
Seul Horace Benbow montre un visage « humain » ; c'est l'avocat, qui cherche à faire la lumière sur l'affaire, et qui croit encore à la justice. « Je ne puis rester les bras croisés quand je vois l'injustice… », Répond-il à sa soeur, petite bourgeoise.
Et puis Temple Drake, fille de juge, étudiante qui se laisse embarquer par Gowan complètement ivre, et qui va échouer dans la pire bicoque qui soit….et ce sera descente aux enfers. Temple/Sanctuaire……faut-il y voir un lien. ?
Elle reste un mystère pour moi, cette fille….pourquoi en arrive-t-elle là ? Pourquoi ne se sauve t-elle pas ? Qu4est-ce qui la retient dans ce bordel tenu par Miss Reba alors qu'elle fricote avec Red ? Pourquoi protège t-elle son bourreau ?
Elle a d'emblé des comportements, et des attitudes quelques peu équivoques qui laissent penser au lecteur que les choses n'en resteront pas là…. « Sans cesser de courir, elle eut l'air de s'arrêter. le pan de son manteau qui battait derrière elle n'eut pas le temps de la rattraper ; toutefois, pendant une fraction de seconde, elle regarda Popeye en face avec un sourire aguichant et crispé qui découvrit ses dents. »
Faulkner sème ici où la des idées, des détails qui semblent insignifiants, mais que l'on retrouve parfois longtemps après pour éclairer ou pour insister….Ce sont ces élément là qui me font affirmer que ce livre nécessite une lecture fine et attentive.
Ce livre est un coup de coeur, non pas pour le scénario en lui-même, mais pour l'immense qualité littéraire, le style, et ce qu'il me laisse à l'esprit .Je relirai Faulkner, c'est certain.


Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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Neneve
  20 décembre 2016
Une lecture dure pour moi... tant dans le fond que dans la forme. J'ai eu du mal avec tous les personnages au début. Je me suis perdue. Mais j'ai persisté. Et puis une histoire sordide : viol, meurtre, intimidation. Une Amérique noire, de terres reculées, bien profonde. Je suis passé au travers, mais pas indemne. Malaise du début à la fin de ce roman. Faulkner, c'est dense, c'est lourd, mais c'est un Grand. Je le conseille, dans un moment de votre vie où les choses vont bien. Mais surtout, ayez à portée de main un roman léger, pour la suite. Parce que vous aurez envie de voir le soleil briller après la dernière page, vous aurez besoin de lumière, pour reprendre le dessus.
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bdelhausse
  05 décembre 2018
Il en va du roman noir comme du chocolat... on doit pouvoir en mesurer le % de cacao ou de noir... Hammett et son Faucon maltais gravitent aux alentours de 30%. Stout ou Cheyney aussi. Irish et sa mariée en noir vers 50%. McBain un peu au-dessus. Goodis, Thompson ou Ellroy atteignent sans trop de mal les 80%. Voire davantage.
Faulkner avec Sanctuaire culmine à 99%.
Il m'a bluffé avec cette histoire de paumés. C'est indescriptible. Il nous fait prendre des vessies pour des lanternes et dépeint des personnages, des tronches... mais à la seule fin de raconter une histoire. le tout est découpé avec un étrange emporte-pièce, les digressions abondent, la chronologie s'étiole.
Le récit est lent, mesuré, structuré mais maîtrisé. Tout vient à point à qui sait attendre semble nous dire Faulkner. Il nous fait languir longuement pour enfin distiller l'information que nous souhaitons... et il nous surprend car s'il répond à nos interrogations ce n'est certainement pas en donnant l'information. Il faut aller la chercher, la deviner entre les lignes. Même au bout de plus de 350 pages, il arrive par un tour de passe-passe à faire basculer le récit. Nous arrivons pile à l'endroit choisi par Faulkner. C'est (je me répète) indescriptible de maîtrise. Une chape de plomb sur un univers bouché, voilà ce que nous offre Faulkner. Meurtres, lynchage d'un innocent, amoralité des personnages, viol, déshérance... la panoplie des paumés et du roman noir est complète. N'en jetez plus. Faulkzer offre un indicible cadeau que je vais mûrir longtemps en moi.
Et en prime, que dire de cette poésie noire, glauque... ?Longtemps je garderai à l'esprit l'image d'un steak glapissant au fond de la poêle... Glapir... Ce n'est qu'un exemple parmi des dizaines.
Avec Sanctuaire, mon premier Faulkner, je viens de combler un trou béant dans ma culture. Je viens aussi de découvrir un auteur.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   16 août 2008
incipit :
Caché derrière l'écan des broussailles qui entouraient la source, Popeye regardait l'homme boire. Un vague sentier venant de la route aboutissait à la source. Popeye avait vu l'homme, un grand sec, tête nue, en pantalon de flanelle fatigué, sa veste de tweed sur le bras, déboucher du sentier et s'agenouiller pour boire à la source.
La source jaillissait à la racine d'un hêtre et s'écoulait sur un fond de sable tout ridé par l'empreinte des remous. Tout autour s'était développée une épaisse végétation de roseaux et de ronces, de cyprès et de gommiers, à travers lesquels les rayons d'un soleil visible ne parvenaient que divisés et diffus. Quelque part, mystérieux, et pourtant tout proche, un oiseau lança trois notes, puis se tut.
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mfrancemfrance   21 juin 2016
Puis, il descendit tranquillement les marches et rentra dans le soleil. Il demeura là, tandis que de chaque côté de lui, elles passaient en un flot régulier de petite robes multicolores, bras nus, cheveux plaqués et brillants , avec, dans leurs yeux, cette identique expression de fraîcheur innocente et hardie qu'il connaissait si bien, avec l'identique et violente peinture de leurs bouches ; comme de la musique en mouvement, comme du miel versé dans un rayon de soleil, païennes, fugitives et sereines, évocations soleilleuses et légères de tous les jours abolis et de toutes les joies entrevues. Dans un flamboiement de lumière, dans un miroitement de chaleur, leur troupe s'épandit à travers des clairières ouvertes sur des visions de mirage : pierre ou brique, colonnes sans chapiteaux, tours qui semblaient flotter au-dessus d'un nuage vert en une lente débâcle à l'encontre du vent de sud-ouest, senestre, impondérable et doux. Et il restait là, l'ouïe tendue vers l'apaisement claustral de la cloche ...
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screamscream   09 mars 2013
Faulkner, le plus grand romancier du 20ème siècle? Quand on le lit, et quelle que soit l'oeuvre par laquelle on commence, on se demande franchement, pourquoi?
Si c'est pour la difficulté de ses romans et de la dureté de ses intrigues, personne ne peut en disconvenir; mais sans doute pas un auteur majeur. Enfin si, il l'est pour une ceratine élite à qui le style, novateur, le blanc qui parle aussi bien des noirs, ne laissent pas indifférent. La clé de tout est celle-là, il y a certaines oeuvres, philosophiques notamment, qui ne sont pas adressées au commun des lecteurs mais plus à un lectorat choisi, trié sur le volet. Eux seuls en discutent entre eux, avec des termes qui, à nous, nous échappent.

Enfin, et honnêtement, si Sancutaire ou Le bruit et la fureur ont été écrits aujourd'hui, disons en français, quel éditeur aurait publié ça? Qu'on arrête de se foutre de la gueule du monde.
Que ceux qui ne savent pas lire les citiques n'y répondent pas. C'est pourtant simple. On ne répond pas pour répondre...
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BlueGreyBlueGrey   27 août 2009
Temple ne vit pas, n'entendit pas s'ouvrir la porte de sa chambre. Au bout d'un instant, elle tourna par hasard les yeux de ce côté et y aperçut Popeye, son chapeau sur l'oreille. Sans bruit, il entra, ferma la porte, poussa le verrou, se dirigea vers elle. Tout doucement, elle se renfonça dans le lit, remontant jusqu'au menton les couvertures, et resta ainsi, anxieusement attentive aux gestes de Popeye. Il s'approcha, la regarda. Elle sentit son corps se contracter insensiblement, se dérober dans un isolement aussi absolu que si elle eût été attachée sur le clocher d'une église. Elle sourit à Popeye d'un pauvre sourire humble et gauche, découvrant l'émail de ses dents.
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GwordiaGwordia   23 mars 2011
Un monde inégal, puissant, sauvagement personnel, non sans vulgarité parfois. Monde où l'homme n'existe qu'écrasé. Il n'y a pas d'"homme" de Faulkner, ni de valeurs, ni même de psychologie, malgré les monologues intérieurs de ses premiers livres. Mais il y a un Destin dressé, unique, derrière tous ces êtres différents et semblables, comme la mort derrière une salle des incurables. Une obsession intense broie en les heurtant ses personnages, sans qu'aucun d'eux l'apaise ; elle reste derrière eux, toujours la même, et les appelle au lieu d'être appelée par eux.

Préface d'André Malraux
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"5 secondes ? C'est comme faire l'amour dans les toilettes d'un avion ! On n'a pas le temps !"
Guillermo Arriaga présente, avec Leoffdesauteurs, son nouveau roman "Le Sauvage". Un roman puissant, féroce et lumineux écrit par l'auteur des scénarios d' "Amours chiennes", "Babel", "21 grammes" ou encore "Trois enterrements".
" Son éclat est son exploit. Il réussit à parler de l'amour au c?ur de la haine et de la vie au c?ur de la mort." Marie-Laure Delorme, JDD.
-- México, 1960. le jeune Juan Guillermo, qui a vu sa famille décimée en quelques années et son frère assassiné par un gang de religieux fanatiques, jure de venger la mort de ce dernier. Un récit intense et singulier, dans la lignée d?Herman Melville, Jack London et Faulkner, signé par un des plus grands écrivains contemporain de langue espagnole. --
Le livre : https://bit.ly/2Uny8WI
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