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Maurice Edgar Coindreau (Autre)
ISBN : 2070366219
Éditeur : Gallimard (09/12/1974)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 325 notes)
Résumé :
La main allait, lente et calme, le long du flanc invisible. Il ne répondit pas tout de suite. Non qu'il essayât de l'intriguer. Il avait l'air de ne pas se rappeler qu'il devait en dire davantage. Elle répéta la question. Alors, il lui dit: - J'ai du sang noir. Elle resta étendue, parfaitement immobile, mais d'une immobilité différente. Mais il ne parut point s'en apercevoir. Il était couché, calme aussi et, de sa main, doucement lui caressait le flanc.
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
moravia
  13 mars 2013
J'avais fait une première tentative de lecture de William Faulkner, en ouvrant
" Sanctuaire". Diverses critiques avaient engendré en moi une certaine appréhension, car Faulkner était présenté comme un auteur "difficile".
Handicapé de cette malédiction je n'avais pas pu franchir ce Sanctuaire, et j'étais honteux, car je savais que j'étais coupable et non l'auteur. Aujourd'hui, peut être pour me dédouaner, j'ai pensé que les traducteurs ( il est dur de passer après Maurice E. Coindreau ) avaient aussi une part de responsabilité.Je le pense de plus en plus depuis que j'ai lu " Lumière d'août ".
Ne voulant pas rester sur cet échec j'ai pris au hasard ce second roman.
Ce fut comme une histoire d'amour. Au début on se remarque à peine, puis l'on s'apprivoise, on se rapproche jusqu'a ne plus penser qu'a l'autre.On vit ensemble de grands moments de joie dont on mesure l'importance que bien plus tard. Quand vient la fin.
Comme la fin de ce livre, que j'ai refermé empli d'une douce chaleur, et même si je savais que je venais de faire la rencontre d'un grand écrivain, je n'imaginais pas que longtemps après j'aurais toujours cette sensation de bonheur à l'évocation de cette lecture.
Comme une histoire d'amour...
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Woland
  10 septembre 2012
Light in August
Traduction et préface : Maurice-Edgar Coindreau
ISBN : 9782070366217
Une symphonie. Ou un fleuve. C'est à cela que l'on songe lorsque l'on arrive à la dernière page de "Lumière d'Août." On peut même dire que l'idée vous en vient dès que s'ouvre le coeur du livre : l'histoire De Christmas. Une symphonie au phrasé parfait, un fleuve au cours parfait : Faulkner maîtrise ici son art et oui, tout y est dans un équilibre parfait.
"Lumière d'Août" pourtant n'est pas un roman dont on vous parlera volontiers - à moins d'avoir affaire à un aficionado de Faulkner. Les grands et déstabilisants romans du début, comme "Le Bruit & la Fureur" ou encore "Sanctuaire", ont l'habitude de rafler la mise, avec leur parfum de scandale et cette espèce de chaos verbal et temporel que l'auteur s'est amusé à y semer. Avec une écriture dont la seule étrangeté réside dans le parler local utilisé pour les dialogues, et la ligne pure des trois mouvements de l'intrigue se succédant sans aucune de ces tricheries temporelles affectionnées par l'écrivain américain, "Lumière d'Août" a pratiquement tout ce qu'il faut pour être considéré comme le roman le plus classique de Faulkner, en tous cas dans sa forme. Parce que, pour les thèmes ...
Le passé du Sud, les fantômes de ces soldats gris et or qui foncent à toute allure sans se soucier beaucoup - à l'exception de généraux comme Johnston et Lee - de stratégie pratique, cet univers vaincu qui refuse de disparaître de la mémoire collective - ce thème majeur, l'un des premiers à pointer son nez dans les premières pages de "Sartoris", le Livre-Père, est ici confié aux bons soins du révérend Gail Hightower afin qu'il le défende, si nécessaire jusqu'à la mort. Et c'est ce que fera ce personnage étrange, mourant d'une attaque, les yeux ouverts sur une charge de cavaliers où il croit se voir, lui, bien vivant mais sous les traits de son grand-père. le drame du révérend - celui qui conduit d'ailleurs à son bannissement de l'Eglise dans laquelle il fut ordonné - c'est son obsession pour la Guerre civile et sa certitude de ne faire qu'un avec le grand-père esclavagiste qui la vécut. Ce protestant bon teint préserve en lui un petit coin bien caché pour le principe de la réincarnation - pour sa réincarnation. Etait-il fou dès le début ? L'est-il devenu ? Ou ne ferait-il pas preuve, au contraire, d'une grande lucidité ?Quel est le but exact de cette quête qui lui fait sacrifier ses études, sa foi, son église, sa femme et sa vie d'homme à une espèce de mirage ? le lecteur n'obtiendra pas la réponse mais c'est pour Faulkner une nouvelle manière de tenter d'exorciser la malédiction du Sud.
Ce que l'on peut désigner comme le "mouvement" Hightower se mêle étroitement au "mouvement" Lena Grove, sur lequel s'ouvre le roman. Lena est une jeune femme originaire de l'Alabama, qui a pris la route de Jefferson et donc du Mississippi afin de rejoindre un certain Lucas Burch, beau parleur qui lui a fait un enfant mais dont elle ne doute pas qu'il soit parti à la ville pour y trouver du travail et préparer leur avenir commun. Simple, gentille pas aussi naïve qu'on serait en droit de se l'imaginer, Lena est un personnage lumineux, apaisant, qui, une fois n'est pas coutume dans l'univers faulknerien, verra le Destin lui sourire.
A Jefferson en effet, où elle arrive un samedi après-midi, elle se rend droit à la scierie du coin, persuadée d'y trouver Lucas. En lieu et place, il n'y a que Byron Bunch, ouvrier modèle, l'un des rares Blancs à visiter encore Hightower, brave garçon paisible au coeur généreux qui, en la voyant, succombe au coup de foudre (le premier et le seul de son existence) et ne va plus la quitter. Mais quand il lui décrit les autres employés de la scierie - comme c'est samedi, il est seul à travailler - Lena comprend que son fameux Lucas y a travaillé sous un nom d'emprunt, celui de Joe Brown. Il faut en parler au passé car, depuis plusieurs mois, Burch-Brown s'est associé à un autre ancien employé de la scierie, un certain Joe Christmas. Les deux hommes vendraient de l'alcool trafiqué.
Et c'est ainsi que, après quelques notes timides mais entêtantes au tout début du livre, éclate dans toute sa puissance le "mouvement" central de "Lumière d'Août", celui consacré à Joe Christmas, homme que son teint basané et ses cheveux noirs font passer pour un étranger de souche italienne ou mexicaine mais qui sait, lui - ou croit savoir et il faut noter que le doute reste entier jusqu'à la fin du livre - qu'il a du sang noir dans les veines. Faulkner nous détaille l'essentiel de son existence d'orphelin songeur, adopté par une famille de paysans strictement religieux (son père adoptif est le puritain-type, qui voit une Jézabel dans chaque femme et ne parle de sexe qu'avec mépris et dégoût), puis vagabond qui choisit la marginalité parce qu'il est convaincu que "la goutte de trop" qu'il a dans les veines le condamne à ce genre de vie. Arrivé à Jefferson, Christmas y devient l'amant de la seule héritière de la famille Burden, vit avec elle une liaison passionnée et chaotique et finit par lui trancher la gorge avant de mettre le feu à la maison. Il s'enfuit alors et échappe quelque temps aux autorités jusqu'au moment où il choisit de se laisser capturer. Par une manoeuvre habile de Faulkner, et plutôt difficile à réaliser sans tomber dans l'incroyable ou le mélodramatique, son arrestation va lui permettre de retrouver ses grands-parents et de connaître les circonstances de sa naissance et de son abandon. Sous le choc, il parvient à s'échapper et tombe dans la même journée, les armes à la main, sous les balles d'un milicien de la garde locale qui le castre.
Le livre entier est porté par trois forces primaires que nous donnons ici dans un ordre qui n'est peut-être pas le bon - à chacun de choisir celui qu'il voudra : le sentiment religieux et l'éternel clivage sudiste du Blanc et du Noir, ce dernier se confondant cependant parfois avec la question religieuse puisque cette goutte de sang à la fois fatale et problèmatique, seule responsable du gâchis absolu que sont la vie et la mort De Christmas, est similaire à la malédiction biblique ancestrale subie, pour d'autres raisons, par Adam et Eve.
Il va de soi que Faulkner ne saurait présenter ces forces de manière simpliste. Ainsi, le sexe, la troisième et dernière de ces forces et une véritable jouissance pour Joanna Burden à une certaine époque de sa liaison avec Christmas, reste ambigu pour beaucoup de personnages. Christmas lui-même, avec l'éducation qu'il a reçue, méprise totalement les femmes et certains des affrontements qu'il a, enfant et adolescent, avec son père adoptif, ne sont pas sans révéler chez ce dernier une tendance à l'homosexualité qui réapparaît, effleurée plus qu'affirmée, dans les rapports De Christmas adulte avec celui qui le dénoncera, "Joe Brown" (on admirera l'ironie du nom usurpé), alias Lucas Burch. Mais le sentiment religieux est sans doute celui qui s'en tire le plus mal dans l'affaire puisque Faulkner démontre qu'il sert trop souvent de masque et de justification à l'asservissement de l'espèce féminine et, de façon générale, à celui des minorités.
Que dire encore sur cette "Lumière d'Août" ? Peut-être que Joanna Burden est la petite-fille ou l'arrière-petite-fille de l'un des deux Nordistes que le colonel Sartoris abattit lors de la Reconstruction. Surtout que ce roman de Faulkner est l'un de ses meilleurs livres, qu'il faut se garder de mépriser au prétexte qu'il n'a pas bénéficié de la même publicité que ses aînés. Et plus encore que sa lecture conforte dans la certitude qu'on gagne beaucoup à lire l'oeuvre de l'écrivain américain dans son ordre de parution.
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5Arabella
  30 juillet 2016
C'est le premier livre de Faulkner que j'ai lu, il y a très très longtemps, j'en ai gardé un souvenir ébloui ; grâce à ce roman je suis devenue une passionnée de cet auteur, et j'avais par conséquence un peu peur d'être déçue , de ne pas retrouver complètement la magie de ma première lecture.Or il n'en ai rien, je crois que j'ai encore plus apprécié ce merveilleux roman la deuxième fois.
C'est sans doute le roman de Faulkner le plus construit, celui qui se rapproche le plus peut être d'un grand roman classique. le livre s'ouvre et se ferme sur Lena, jeune femme enceinte au début de l'histoire et qui a traversée plusieurs Etats à la recherche du père de son enfant. Lena, c'est la féminité absolue et sereine, elle me fait penser à ces déesses préhistoriques de la fécondité, rien ne semble troubler sa profonde quiétude.
Et entre ce début et cette fin qui irradient cette lumière présente dans le titre, il y a la violence, l'injustice, la bêtise et la souffrance d'êtres qui n'arrivent pas à trouver leur place. Au centre, Joe Christmas, dont on découvre petit à petit la terrible histoire, qui met en évidence toutes les failles et toutes les violences de cette société du Sud, puritaine, raciste, n'acceptant pas l'altérité ni entre les races ni entre les sexes, fondée sur la haine de l'autre et la haine de soi-même en définitif.
C'est pour moi l'un de plus beaux livres qui existent, l'un de ceux qui nous marquent à tout jamais.
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Bruidelo
  28 novembre 2017
Fascinée par la puissance, l'épaisseur de cette écriture qui n'a pas peur de s'embarquer dans la profonde et terrible folie des hommes. Subjuguée par cette technique « d'amassement d'un mystère et d'enroulement d'un vertige » dont parle Edouard Glissant dans Faulkner, Mississippi (merci Tremaouezan).
Fascinée par ces personnages intenses, égarés, étranges, déglingués, de la tragédie moite du Sud faulknerien.
Christmas bien sûr, qui a tout d'un blanc, qui ne sait guère plus qu'une chose de son père inconnu: il est noir, et cette information pèse comme une malédiction sur sa destinée; Christmas qui se voit « lui-même, de loin pour ainsi dire, sous les traits d'un homme attiré vers un gouffre sans fond ».
Mais peut-être encore plus Hightower, pasteur devenu paria, Doctor of Divinity ou Définitivement Damné, « oublieux de l'odeur dans laquelle il vit, cette odeur de dessiccation obèse, de linge sale, comme un signe précurseur de la tombe », Hightower si intensément lié au fantôme de son grand-père décédé pendant la guerre de Sécession qu'il se considère lui-même «mort un soir, vingt ans avant d'avoir vu la lumière», ne pouvant se sauver qu'en s'en allant mourir à l'endroit où sa «vie avait déjà cessé avant d'avoir réellement commencé».
Des personnages qu'on sent irrémédiablement prisonniers de quelque chose, coincés, acculés.
« Quand il se mit au lit, ce soir-là, il était décidé à s'enfuir. Il se sentait comme un aigle, dur, suffisant, puissant, sans remords et plein de vigueur. Mais cela ne dura pas, bien qu'il ignorât alors que, pour lui comme pour l'aigle, sa propre chair aussi bien que tout l'espace, ne serait jamais qu'une cage. »
Envoûtée par le sidérant tourbillon Faulknerien, par les tremblements, les dérèglements, les paradoxes, les contradictions de cet univers impressionnant. Éblouie par cette Lumière d'août.
Ce n'est pas confortable, mais c'est très fort.
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Myriam3
  18 janvier 2015
Ardu et austère, sans doute comme ces hommes du Sud à cette époque, et pour moi, loin de ce que le titre m'évoque, Lumière d'Août. Ou bien, sûrement, une lumière blanche, éclatante, insoutenable.
Si le début est entraînant et tout à la fois paisible, tout comme Lena, personnage féminin autour de qui tout commence, la suite devient vite plus complexe et sombre. le cheminement de Lena, enceinte et qui, confiante et sereine, part à la recherche du géniteur qui lui avait promis de leur trouver un petit coin à eux, de l'Alabama au Tennessee, nous conduit comme un préambule au coeur de Jefferson, là où un crime se trame. le récit tourne alors autour de ce crime et les quelques jours qui le précèdent et le suivent, et nous amène même dans le passé des personnages, notamment celui De Christmas, un "nègre" blanc, qui devient dès lors et pour un long moment le personnage principal aux côtés de Bunch et Hightower.
Faulkner reprend presque systématiquement les mêmes événements perçus par différents regards, expérimente le récit sous forme de dialogue, monologue ou narration, et son écriture est belle mais parfois difficile à suivre. Les époques se recoupent, les membres d'une même famille se confondent.
J'ai parfois été gênée par les répétitions et une surabondance de "mais" et "cependant"!!
Ce n'est pas le Faulkner que j'ai préféré, loin de là, même si j'ai apprécié les différentes approches qu'il donne d'un même événement et la beauté fulgurante de nombreux passages. J'avoue, la lecture a été longue, ardue, et je suis soulagée de l'avoir fini, sachant que je l'avais abandonné une première fois il y a quelques années.
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Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   10 septembre 2012
[...] ... Ils étaient réunis, tous les cinq, tranquillement, dans le demi-jour, près de l'entrée croulante d'une scierie abandonnée. Cachés à cent mètres de là, ils avaient vu la jeune négresse entrer et disparaître après un coup d'oeil à l'entour. Un des aînés avait combiné l'affaire, et il était entré le premier. Les autres tirèrent à la courte paille. Ils étaient tous vêtus de blouses semblables. Ils habitaient dans un rayon de trois milles et, comme celui qu'ils connaissaient sous le nom de Joe McEachern [= Joe Christmas], ils pouvaient tous, à quatorze ou quinze ans, labourer, traire, couper du bois comme des hommes faits. Peut-être ne s'était-il pas rendu compte que c'était un péché avant l'instant où il s'était représenté l'homme qui l'attendait à la maison car, à quatorze ans, le péché suprême serait plutôt d'être ouvertement accusé de virginité.

Son tour arriva. Il entra dans le hangar. Il faisait noir. Tout de suite, il se sentit en proie à une hâte terrible. Il y avait en lui quelque chose qui voulait sortir comme lorsqu'il lui arrivait de songer à la pâte dentifrice [référence à un épisode qui s'est déroulé durant sa petite enfance, à l'orphelinat]. Mais, tout d'abord, il ne put songer. Il restait là, debout, sentant l'odeur de la femme en même temps que l'odeur de négresse, prisonnier de la femme-négresse et de sa hâte, attiré, forcé d'attendre qu'elle parlât : bruit conducteur qui n'était pas vraiment un mot et qui le prit à l'improviste. Alors, il lui sembla qu'il pouvait la distinguer. Quelque chose d'étalé, d'abject ; ses yeux peut-être. En se penchant, il crut regarder dans un puits noir, et, tout au fond, il vit deux lueurs, comme le reflet d'étoiles mortes. Il avançait car il la heurta du pied. Puis il la toucha de nouveau, lui donna un coup de pied. Il la frappa violemment, frappant dans et à travers un gémissement étouffé de surprise et de peur. Elle se mit à hurler tandis qu'il la faisait relever, la secouant par le bras, lui lançant de grands coups sauvages, frappant la voix peut-être, mais, en tous cas, sentant la chair, prisonnier de la femme-négresse et de sa hâte.

Puis elle s'enfuit devant son poing, et lui-même recula en courant quand les autres tombèrent sur lui, en tas, s'agrippant, luttant, tandis qu'il ripostait, l'haleine sifflante de rage et de désespoir. Ce fut alors l'odeur du mâle qu'il sentit, qu'ils sentaient tous, et, quelque part derrière, la Femelle qui s'enfuyait, hurlante. ... [...]
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Myriam3Myriam3   04 janvier 2015
Il semblait qu'au lieu d'avoir été subtilement assassinée et transformée par l'homme inflexible et bigot en quelque chose qui dépassait le but qu'il s'était proposé et dont elle-même ne se rendait pas compte, elle avait été obstinément martelée, laminée chaque jour davantage, comme un métal passif et malléable, jusqu'à n'être plus qu'une réduction d'espoirs vagues, de désirs frustrés, indécis et pa^les aujourd'hui comme des cendres éteintes.
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WolandWoland   10 septembre 2012
[...] ... Et ce fut la dernière fois qu'on vit [Brown] à la scierie. Mais Byron connaît, et se rappelle maintenant, l'automobile neuve (dont un pare-chocs ou deux furent tout de suite faussés.) On la voyait sans cesse errer par la ville, oisive, sans but, avec Brown qui se prélassait au volant, sans trop bien savoir comment jouer son rôle d'homme oisif, dissolu, enviable. Il arrivait parfois que Christmas fût avec lui ; mais c'était rare. Et maintenant, leur occupation n'avait plus rien de secret. Tous les jeunes gens savent (et même les enfants) qu'on peut acheter du whiskey à Brown à n'importe quel moment ; et la ville s'attend chaque jour à sa capture, à le voir en sortir une bouteille de dessous son imperméable et l'offrir à un agent en civil. On n'est pas encore très sûr que Christmas soit de mèche avec lui, bien que personne ne croit Brown assez intelligent pour pouvoir faire à lui seul des bénéfices avec l'alcool de contrebande ; et il y en a qui savent que Christmas et Brown habitent ensemble dans une cabane, dans la propriété Burden. Mais, même ces gens-là ne savent pas si Miss Burden le sait ou non. Du reste, ils ne le lui diraient pas. C'est une femme entre deux âges qui habite seule dans la grande maison. Elle habite dans la maison depuis sa naissance, et cependant, on la considère toujours comme une étrangère dont les parents sont arrivés du Nord, pendant la Reconstruction. Une Yankee, une négrophile, sur laquelle la ville fait encore courir des bruits d'étranges relations avec des noirs de la ville et d'ailleurs. Cependant, il y a bientôt soixante ans que son père et son frère furent tués, sur la grande place, par un ex-propriétaire d'esclaves pour une question de vote des Noirs aux élections d'Etat. Mais quelque chose d'étrange, de sombre, d'inquiétant, plane encore sur elle et sur sa maison, bien qu'elle ne soit qu'une femme, et la descendante de ces gens que les ancêtres de la ville avait de bonnes raisons (ou le croyaient, du moins), de haïr et de craindre. Mais le fait est là : les descendants des deux partis face à face avec leurs fantômes réciproques, et toujours séparés par le spectre du même sang versé, la vieille horreur, la colère et la peur. ... [...]
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BillDOEBillDOE   06 novembre 2017
On dit que, seul, le menteur entraîné peut tromper. Mais il arrive bien souvent que le menteur entraîné et chronique ne se ment qu'à lui-même. L'homme dont les mensonges sont le plus aisément acceptés est celui qui, toute sa vie, a joui de la réputation de franchise.
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Myriam3Myriam3   04 janvier 2015
Quand il se mit au lit, ce soir-là, il était décidé à s'enfuir. Il se sentait comme un aigle, dur, suffisant, puissant, sans remords et plein de vigueur. Mais cela ne dura pas, bien qu'il ignorât alors que, pour lui comme pour l'aigle, sa propre chair, aussi bien que tout l'espace, ne serait jamais qu'une cage.
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Le livre : https://bit.ly/2Uny8WI
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