AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782012101494
47 pages
Éditeur : Hachette (19/01/2005)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 821 notes)
Résumé :
Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains... Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petibonum...
A force de défaites multiples, césar se voit dans l'obligation de changer de tactiques pour faire accepter la civilisation romaine à n... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  03 juin 2014
Le Domaine Des Dieux est l'une des quelques aventures « à domicile » d'Astérix. Ici, pas de grand dépaysement ou de voyage dans l'espace, mais plutôt un grand voyage dans le temps, en accéléré, vers le futur et son urbanisation sauvage et à outrance, qui défigure la nature et modifie à jamais l'esprit des habitants de l'endroit.
Des boutiques à touristes à la faune privée de son biotope, les auteurs balaient tous azimuts et avec brio. C'est même un Goscinny très en forme qui signe probablement dans cet album l'un de ses tout meilleurs calembours avec le fameux « il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ».
Le synopsis, quel est-il ? César, agacé par cette résistance farouche à sa coercition du village des irréductibles Gaulois, décide d'en venir à bout par la ruse, en en faisant de très minoritaires résidents d'un gigantesque ensemble urbain. Les villageois indigènes seraient alors réduits à l'état de curiosité archaïque, exactement comme les indiens des réserves dans Lucky Luke, détail qui prouve que c'est une idée très fermement ancrée en Goscinny (à raison selon moi) que cette dénaturation du caractère authentique d'un groupe ethnique par son contact trop étroit avec la société dominante.
Le problème, évidemment, c'est qu'il va falloir le construire ce vaste domaine urbain, et avec des teigneux de la première espèce comme le sont les Gaulois de ce village, l'opération risque d'être délicate. César délègue sur place le vaillant architecte Anglaigus, qui contrairement à la majorité des Romains dépeints dans Astérix, s'avérera méticuleux, obstiné et absolument pas poltron, bien que son moral ait de fortes raisons de connaître des chutes.
Eh oui ! car outre le fait d'être épaulé par des légionnaires romains notoirement couards, paresseux et incompétents, quant à eux, il faut aussi qu'il compose avec les soulèvements des esclaves et les glands enrobés de potion magique qui font repousser un chêne mature aussi vite qu'Anglaigus les abat, sans compter les morsures d'Idéfix dirigées vers son fessier, lui le grand défenseur de la cause végétale.
On lit aussi, en filigrane, des messages plus subtils et qui doivent susciter notre réflexion, notamment, celle que toute industrie ou activité quelconque employant de nombreux salariés (en l'occurrence ici, pas toujours salariés), aussi nuisible soit-elle pour l'environnement ou la santé de ses employés n'est pas si facile à juger.
Car aussi néfaste soit-elle, cette entreprise fait vivre des gens qui n'ont que ça pour vivre. S'en prendre à cette entreprise peu scrupuleuse, c'est avant tout s'en prendre aux derniers maillons, les pauvres bougres qui n'y sont pour rien. Cela ne vous rappelle rien ? Des pêcheurs espagnols aux orpailleurs de Guyane en passant par les roses ou les truites produites en Afrique pour alimenter Rungis ?
Goscinny place dans la bouche de l'esclave numide Duplicatha cette superbe phrase : « Vous nous empêchez de devenir des hommes libres, en nous empêchant d'achever le travail. » À méditer à l'aune d'un certain « Arbeit macht frei », thème qu'avait également repris Paul Grimault dans son magnifique film d'animation le Roi Et L'Oiseau…
Et comme si cela ne suffisait pas, il en rajoute une couche sur le syndicalisme et le droit du salarié dont chacun pourra trouver sa propre morale car René Goscinny pointe le doigt (et décide de s'en amuser) sur tous les excès, de part et d'autre, tant du côté salariat que du côté patronat, qui font que jamais tant que l'humain sera humain, ces deux engeances ne pourront s'entendre pour leur bien mutuel.
En bref, encore un très bon cru, pas forcément très accessible pour les jeunes enfants, mais délectable après, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
N.B. 1 : vous avez sous les yeux le seul Astérix de l'ère Goscinny où Obélix ne figure pas en couverture.
N.B. 2 : comparez, si le coeur vous en dit, la façon dont est représenté Vercingétorix aux pieds De César, lorsque, comme ici, c'est César qui parle, ou bien dans "Le Bouclier Arverne", la même vignette, mais quand ce n'est plus César qui parle. Bravo à Uderzo pour cette subtilité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1001
finitysend
  26 juin 2014
Le Domaine Des Dieux est un excellent volume de cette farouche et attachante série d'aventure de nos deux gaulois intrépides .
C'est aux résistants du village gaulois , qui résistent encore et toujours , que je dois mon gout pour l'histoire ancienne .
Ce n'est pas pour raconter ma vie que je le mentionne , c'est juste pour dire que dans ces BD anodines et distrayantes , il y a une flamme qui brule et qui est susceptible d'avoir une incidence sur le lecteur , une flamme capable d'orienter une destinée .... et Bla ... Bla ... Bla ...
En effet je n'aimais pas les romains , ils avaient conquis la Judée , détruit Carthage , et conquis la Gaule . vraiment ils avaient un CV , qui n'était pas du tout « le genre de la maison « ...
Alors ce petit village qui durait et qui distribuait des baffes aux romains qui les méritaient , avait tout mon soutient , moi qui voulait refaire l'histoire et qui aurait aimé pouvoir effacer l'uniformisation du bassin méditerranéen impulsée par Rome et par les monarchies hellénistiques ...
Le Domaine Des dieux est un des meilleurs de la collection . Mes critères pour décerner cette palme , tient au fait que c'est un des volumes où l'histoire est vraiment riche car traitée de façons approfondies . Cette histoire se termine sans être bâclée où simplement sans être clôturée par une fin trop abrupte . Parce que aussi , les dessins nous interpellent souvent , car ils sont denses et recherchés , surtout ceux qui viennent densifier le contexte , le cadre , disons l'univers . Je pense par exemple , à la pub et au prospectus qui sont fait à Rome pour promouvoir ce programme immobilier , directement téléguidé par César en personne . C'est un exemple , entre autres exemples , de ces planches de qualité qui sont offertes à la sagacité du lecteur et qui sont riches d'humour et de détails .
Le village résiste , les camps romains poursuivent leur surveillance qui consiste principalement à essayer de ne pas avoir trop d'ennuis . Nos amis gaulois ont la belle vie . Ils sont en bord de mer , il y a de belles forets , des sangliers et des romains à qui distribuer des baffes . César en a assez , ce village qu'il connaît bien est une ombre qui ridiculise Rome et qui pourrait finir par nuire à sa carrière politique , lui qui affirme avoir conquis la Gaule .
L'idée est de cerner le village , en plaçant dans son voisinage immédiat , une vitrine attractive de la civilisation romaine . Qui doit permettre d'assimiler le village en diluant son identité par des contacts quotidiens , interactifs et constants avec le monde romain et sa civilisation , incarnée ici dans un lotissement romain et dans ses habitants .
C'est bien vu au fond , parce que ce n'est pas d'une autre façon que s'est réellement effectuée la romanisation du bassin méditerranéen occidental . Ce processus de latinisation s'est entre autre effectué par l'implantation de colonies romaines et urbaines de peuplement et par l'accession à la citoyenneté romaine des élites locales . de même qu'elle s'est faite par une politique systématique d'urbanisation de qualité , qui fut intensive et impulsée dans le même élan que l'établissement des colonies romaines ..
Sur cette strate historiquement pertinente , se dépose une strate thématique plus contemporaine , avec ce qui est finalement la mise en place d'un programme immobilier en bord de mer , qui vient sabrer la vie locale , l'identité locale et la pauvre nature locale (biotopes dénaturés ... ) .
Se greffe clairement à la trame narrative l'idée que les contacts commerciaux asymétriques , dénaturent l'identité et les traditions locales , en réduisant cette identité à un facteur commercial dénaturé et désincarné .
Le village se transforme rapidement en centre commercial , les prix montent et tout le monde dans le village , se retrouve dans l'industrie du folklore , l'offre abonde et César pourrait bien réussir ?
Pour construire le Domaine Des Dieux , il faut effacer la foret et pour construire , il faut des esclaves . Les pauvres esclaves n'en finissent pas , car mystérieusement , les arbres repoussent constamment . Il faudra finalement consentir à les payer , pour essarter la foret et pour construire le premier immeuble . Cette thématique de l'esclavage est ici désopilante et riche , car ces messieurs viennent de tout le monde romain et ils sont dotés de tempéraments très différents . Leurs revendications sont également désopilantes , et l'évolution de leur contrat de travail vaudra le détour .
Dans cet album comme d'habitude tout le monde en prend pour son grade , les syndicalistes , les politiques , nos farouches gaulois . Mais ce qui fait le succès de cet univers à mon humble avis , c'est que si on n'hésite pas à ruer frontalement dans les brancards , concernant certaines réalités ou certains comportement innommables ou contreproductifs . Il y a aussi et systématiquement une douce aménité , qui vient jeter du baume sur ce que les auteurs dénoncent régulièrement ou seulement plus ponctuellement . En effet , c'est ainsi que les romains ne viennent pas tous s'installer volontairement dans ce lotissement , certains y sont contrains . Les esclaves sont bien obligés de gagner leur vie et pour cela il faut du travail ....
Donc toujours cette relativisation des dynamiques , qui s'enracine dans la complexité pertinente et éternelle des choses , qui vient opportunément arrondir les angles , et finalement cette aménité constante dans le traitement des problématiques évoquées , fait que cette bande dessinée respecte profondément la nature humaine en la posant comme grise ( pas noire et pas immaculée ) . Les réalités et les responsabilités ne sont ne sont jamais simples. Elles sont souvent ambiguës . C'est vrai dans cette BD comme dans le monde réel que nous connaissons .
Bref , un épisode qui est dense , que ce soit le texte ou que ce soit les dessins et les belles couleurs , des couleurs souvent pastelles et vives .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          523
Dionysos89
  12 juillet 2013
Déjà la dix-septième aventure d'Astérix et de ses compères irréductibles ! le Domaine des dieux est une des meilleures de la série où René Goscinny et Albert Uderzo sont, en 1971, à l'apogée de leur talent.
Alliant à merveille calembours à foison et situations drolatiques dont ils sont coutumiers, les deux compères réussissent le tour de force, non seulement de renouveler une typologie de scènes très cadrées, mais également, encore une fois, de mettre en parallèle des préoccupations contemporaines avec des considérations très burlesques. C'est ainsi la condition de l'homme outragé, l'urbanisation à outrance, la publicité ahurissante et même l'écologie face au capitalisme qui sont abordées, tout en misant sur les thèmes classiques gaulois : amitié, bonne vie et patriotisme plus ou moins roublard.
Un tome incontournable donc, qui fait l'objet d'une adaptation en dessin animé notamment par Alexandre Astier (en 2014) et qui ne s'oublie guère, rien qu'en se remémorant des répliques comme "il ne faut jamais parler sèchement à un numide", "Il est formidable. - Qui ça ? - Ben... vous. - Ah. Lui" ou "En arrachant les arbres, vuos faites de la peine [...] aux corneilles. - Oui, c'est un problème cornélien". Bref, que du bonheur en cases !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          442
Escapist
  04 février 2015
Ah, Astérix et Obélix, les deux plus célèbres comparses Gaulois de tous les temps, n'en déplaise à L Histoire, fleurons de la BD française et éternels souvenirs de jeunesse. C'est toujours avec frénésie que l'on ouvre l'une de leurs aventures, pour se plonger avec délice dans le monde haut en couleur d'Uderzo, sous la plume espiègle de Goscinny. Et c'est à nouveau avec brio que ces deux-là s'allient pour un opus riche en gags, en humour et en actions, relevé de cette pointe de satire philosophique qui fait des aventures d'Astérix un amalgame à la fois de l'époque gallo-romaine et de la société française des années 70.
Dans le "Domaine des Dieux", on ne peut s'empêcher de s'émerveiller à chaque nouvelle page par la qualité impressionnante des dessins. On y retrouve un Uderzo à l'apogée de son talent, façonnant des personnages et des décors qui restent à jamais en mémoire. Chaque case est l'occasion de voir briller un coup de crayon énergique alliant à la fois finesse, simplicité et précision. Mais ce sont surtout les couleurs qui donnent vie à ce petit monde si animé. Pour le plaisir des yeux, on déguste un album chaleureux, où brûlent mille couleurs pour un résultat toujours parfait. La nuit éclairée à la lampe torche se pare ainsi d'une lueur crépusculaire tandis que l'Urbs retrouve toute sa superbe grâce à une alliance maîtrisée de couleurs impériales au grès des riches toges romaines. Dès la première page de l'histoire, on admire déjà le travail prodigieux d'Uderzo par la célèbre maquette de César du projet architectural du Domaine des Dieux. Grâce à un choix judicieux de répartition des cases et une taille exceptionnelle de celles-ci, on plonge dans l'histoire en admirant chaque détail parfaitement travaillé. Cette même analyse est également valable pour l'impressionnante planche illustrant la rage comique des bagarres au sein du Domaine ainsi que pour la page finale qui prend une tournure plus mature, à la lueur du jour déclinant. On y découvre un monde antique déjà clairsemé de vestiges, prêts à s'ancrer dans L Histoire, des personnages aux allures philosophiques et que la simple ombre suffit à reconnaître, signe de leur immense notoriété. Au final, cette nouvelle aventure se clôture par un banquet un peu particulier, sous le couvert feuillus de la forêt et auquel prend part avec une joie manifeste finalement le héros de cette histoire, Assurancetourix.
Mais cet album est peut-être mémorable par le fameux et impressionnant impliable qui s'étale sur une double-page. Pour la première fois, deux pages sont réservés à un seul et même dessin, mais quel dessin alors! le talent hors pair d'Uderzo y est entièrement dévoilé, avec une maîtrise exceptionnelle de la peinture pour un rendu impeccable. le marbre se pare de teintes turquoises sous l'aquarelle fluide tandis que chaque cartouche semble à une fresque pompéienne, parcourue de légères fissures. le final en est troublant de réalité. Mais ce génie pictural ne serait pas aussi impressionnant s'il n'était accompagné de la virtuosité de Goscinny à manier la langue française. Une fois de plus, leur talent se complète avec la plus parfaite harmonie, donnant vie à des mots pour l'un et soulignant la force du trait de crayon pour l'autre.
Les expressions pleuvent à flot dans cette aventure pour s'inscrire à jamais dans la mémoire collective. Ce sont de nouveaux jeux de mots devenus désormais légendaires, tels que "Le choix cornélien", le "Il ne faut jamais parler sèchement à un Numide" et l'Amphoreville (précurseur du Bidonville) pour n'en citer que quelques-uns, qui sont semés à une cadence endiablée tout au long de l'album, preuve de l'esprit ô combien fertile du grand Goscinny. Les scènes deviennent épiques sans jamais perdre de leur esprit cocasse, comme Assurancetourix chantant en pleine nuit de toute son âme (et à gorge déployée) sur un air avant-coureur des Bronzés. Les clins d'oeil se fondent toujours avec l'histoire, tel que Guy Lux qui apparaît sous le charmant nom de Guilus, l'ordonnateur des jeux du cirque Maxime. Comme toujours, l'histoire tient surtout par la qualité de ses propos. Les recherches sont à nouveau suffisamment poussées pour que chaque détail soit une référence à la réalité historique. Astérix, c'est aussi une manière de découvrir L Histoire antique avec une note d'humour, dans un cadre détendu et toujours bon vivant.
Pour cette aventure, les coups pleuvent encore plus qu'à l'accoutumée et les Romains sont irrésistiblement tournés en bourriques par les Gaulois. le méchant de l'histoire, l'architecte Anglaigus, devient vite attachant et découvre avec beaucoup de surprises (et à force de maints coups et blessures) l'étonnant et éternel village des irrésistibles Gaulois. Au final, cet album s'attarde bien plus sur les Romains que sur les Gaulois. Cet ouvrage est une belle leçon imagée sur la condition des esclaves de l'époque, sur les projets urbanistiques titanesques qui couvrirent la Gaule après conquête et le désir ambitieux de César de créer des répliques sur le modèle de l'éternelle Urbs, Rome. On y voit également l'influence du monde romain sur l'univers celte et l'intérêt tout porté des marchants sur le marché économique. La concurrence des prix fait alors son apparition sous le regard ébahis et inquiets des deux compères. C'est une véritable fusion qui s'opère dans le village des irréductibles, entre la civilisation romaine et autochtone dont les échanges deviennent incessants, parfaite représentation de la réalité.
Un album qui a donc tout pour plaire, animé par la flamme dynamique et passionnée de l'éternel duo Goscinny-Uderzo dont la bonne humeur a contaminée cette aventure, laquelle se déroule sous les auspices de l'humour.
[Mention particulière pour l'édition spéciale, sortie en parallèle de l'animation d'Alexandre Astier, qui regroupe en dossier de 16 pages fort intéressant, repartant sur les traces de la composition de l'album et de l'évolution de l'univers d'Astérix. Passionnant]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
belette2911
  19 janvier 2020
♫ Promenons-nous dans les bois tant que les architectes romains n'y sont pas ♪ Si les romains y étaient, Idefix les mordrait ♪
Depuis cet album, tout le monde sait qu'Idéfix hurle à la mort quand on déracine un arbre et qu'il ne faut jamais parler sèchement à un Numide.
J'ai beau chercher mais lorsqu'on parle des albums d'Astérix de l'ère Goscinny, je n'arrive pas à en trouver un que je n'aime pas.
Petite, j'en avais, mais c'était parce que je les comprenais pas vraiment…
Dans cet album jouissif qui nous parle d'écologie, d'invasion passive et d'urbanisme sauvage, on joue à domicile.
Puisque Rome veut urbaniser sans concession nos Gaulois qui résistent encore et toujours à l'envahisseur, on va leur apporter de force la civilisation ! Enfin, on va essayer…
Noyer une populace donnée dans une autre, plus importante… Une riche idée, n'est-il pas ? Elle fonctionne, on le sait. On perd une partie de son authenticité quand une minorité est noyée dans une majorité. On se romanise, on se civilise.
Et si on ne veut pas ? Alors, on résiste ! Mais pas facile de résister aux Romains quand il y a la liberté des esclaves en jeu. On voudrait continuer ad vitam æternam de faire repousser les arbres grâce à des glands magiques mais on ne respecterait pas les droits de ces derniers à qui on a promis la liberté une fois le chantier terminé.
— Vous nous empêchez de devenir des hommes libres, en nous empêchant d'achever le travail.
Pas évident non plus le dialogue social lorsqu'il y a contestation et autant nos esclaves que les légionnaires ont des revendications, même s'ils n'ont pas encore de ronds-points pour les faire valoir… Pourtant, tout le monde tourne en rond puisque les demandes des uns (les légionnaires) ne rencontrent jamais les accords des autres (leurs supérieurs).
Ça donnerait envie de CGT par les fenêtres (jeu de mot qui a déjà été fait depuis longtemps par Coluche).
Nos Gaulois sont toujours les mêmes et représentent bien la populace et sa manière d'agir : non on ne veut pas des Romains près de chez nous, mais quand ils viennent acheter des produits au village, le cours du poisson pas frais monte plus vite que son odeur de marée.
De l'humour, toujours de l'humour et des calembours ! La recette fonctionne toujours, le duo est rodé, les personnages bien en place avec leurs caractéristiques qui leur sont propres.
Mais au-delà du rire, ou dans le rire, on a aussi de la réflexion sur le fait de faire travailler plus les esclaves puisqu'on refait pousser la forêt… Sur le fait aussi que c'est le travail qui va les rendre libre… Sur le fait aussi qu'ils n'ont pas le choix, qu'ils n'ont pas un autre job puisqu'ils sont esclaves de leur travail (et des Romains).
Un excellent album, avec de la profondeur et des sujets qui sont toujours d'actualité, car rien n'a changé, une fois de plus.
Un album qui fera rire les plus grands car ils comprendront mieux les subtilités des jeux de mots, les références à la vie réelle, le cynisme et les tacles du scénariste là où un enfant ne verra que les gags visuels.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230

Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   21 avril 2013
Centurion Oursenplus : C'est vous qui étiez de garde autour du camp des esclaves… Vous n'avez vu entrer personne, aujourd'hui ?
Légionnaire 1 : Ben… non…
Centurion Oursenplus : Vraiment personne ?
Légionnaire 2 : Maintenant que j'y pense… Il y avait un gros type…
Légionnaire 1 : Je crois qu'il y avait un petit type avec lui… Mais si petit…
Légionnaire 3 : D'ailleurs, on ne s'est pratiquement rien dit.
Centurion Oursenplus : Et vous ne pouviez pas me dire qu’Astérix et Obélix sont entrés dans le camp !?!
Légionnaire 4 : Aaaah… Je me disais bien que je connaissais ces têtes-là…

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          350
Nastasia-BNastasia-B   06 décembre 2012
- QUOI ? TU VEUX TÂTER DE MON FOUET ?
PLAF !
- Eh oui... Il ne faut jamais parler sèchement à un numide.
Commenter  J’apprécie          683
Nastasia-BNastasia-B   31 mars 2016
— Mais en arrachant les arbres, vous faites de la peine à Idéfix, aux sangliers...
— ... aux corneilles...
— Oui, c'est un problème cornélien, entre autres...
Commenter  J’apprécie          390
LiliLaChipieLiliLaChipie   25 octobre 2014
Astérix: PRODIGIEUX!
Oblélix: Pourquoi? C'est un chêne comme les autres.
Astérix: Mais, tu s vu à quelle vitesse il a poussé?
Obélix: Ben, c'est la première fois que je vois pousser un chêne, alors, je ne sais pas à quelle vitesse ils poussent, d'habitude.
Commenter  J’apprécie          201
Nastasia-BNastasia-B   19 octobre 2012
- Est-ce clair, esclave ?
- C'est dur à admettre, Maître.

(N.B. : Quelqu'un pourrait-il m'éclairer sur ce superbe effet verbal de René Goscinny ; s'agit-il d'une paronomase ou d'un écho sonore ou d'autre chose encore ?)
Commenter  J’apprécie          191

Lire un extrait
Videos de René Goscinny (110) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Goscinny
Soixante ans après sa création par René Goscinny et Albert Uderzo, le héros gaulois s'offre une nouvelle jeunesse pour son 38e album signé Jean-Yves Ferri et Didier Conrad avec l'arrivée d'Adrénaline, la fille du vaincu de César. le dessinateur Didier Conrad explique ici à Anne Douhaire comment il s'y est pris pour dessiner le célèbre héros gaulois. Plus d'informations sur la BD "La Fille de Vercingétorix" de Ferri et Conrad : Plus de BD sur France Inter : https://www.franceinter.fr/theme/bande-dessinee Plus de leçons de dessin : https://www.youtube.com/playlist?list=PL43OynbWaTMLSUzMpmqwuKcJNbTeC5GhD
+ Lire la suite
autres livres classés : bande dessinéeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox






.. ..