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ISBN : 2756103594
Éditeur : Léo Scheer (04/01/2012)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Ludovic, parfaite incarnation de l’obsession contemporaine de la réussite, ne voit pas ce qui pourrait l’empêcher de conquérir le monde. Jeune historien prometteur devenu brillant avocat, il a triomphé dans tout ce qu’il a entrepris jusque-là. C’est pourtant un personnage égaré, gaffeur, qu’on rencontre au début du roman. Que s’est-il passé  ? Il cherche à comprendre, à retrouver le moment où il a lâché prise, mais il est trop tard. La dégringolade a commencé,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
isabelleisapure
  02 octobre 2014
Je suis assez dubitative après avoir refermé ce livre. Un moment de lecture agréable, sûrement ! Un livre que je garderai longtemps en mémoire, je ne crois pas. Je n'ai pas vraiment éprouvé une grande sympathie pour ce personnage maladroit et pleurnichard que la vie a pourtant comblé.
Ludovic, brillant avocat a toujours réussi ce qu'il entreprenait avec une facilité déconcertante, mais un jour cette belle mécanique s'enraie. Ludovic se retrouve soudainement dans la peau d'un loser, gaffeur, totalement inadapté à l'époque.
« Il était parti à la conquête du monde sans aucune idée de ce que cette conquête devait recouvrir, sans y insuffler un contenu, juste avec le mot “conquête”, tyrannique et absolu, envoûtant, devant lui. »
Peu à peu Ludovic saccage sa vie comme un enfant gâté casserait ses jouets et ensuite jalouserait ceux de ses camarades.
Je ne connaissais pas Sibylle Grimbert, j'ai aimé son écriture teintée de notes d'humour même si je n'ai pas été convaincue par son héros.
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Snarky
  05 février 2012
Ce livre m'a donné le sentiment rare que je rencontrais un véritable écrivain, avec un ton, une couleur, un univers, une vision des choses et des gens qui lui appartiennent en propre. J'en suis sorti avec l'impression d'avoir une expérience nouvelle de la réalité. Qu'attendre d'autre d'un écrivain ?
Ludovic, le personnage central, est à la fois étrange et familier, comme si l'auteur avait réussi à cerner ce qu'il y a d'étrange en chacun de nous, ce qui en nous, selon le point de vue, peut paraître banal ou mystérieux. Il ne veut rien d'autre que réussir sa vie. Mais il se fait, de cette réussite, une idée tellement décalée par rapport à ce qu'il est vraiment qu'il finit par échouer en tout, et à décoller peu à peu, à se perdre en lui-même, entre ses songes et ses regrets.
Le tour de force est que tout cela, qui pourrait être sinistre, est d'une drôlerie constante et, malgré l'angoisse très puissante qui ronge toute cette histoire, d'une sorte de gaieté singulière, irrésistible. Il y a là quelque chose de miraculeux, qui n'aurait pas été possible sans l'écriture musicale, subtile et inventive de Sibylle Grimbert, dont l'énergie emporte et le personnage et le lecteur, jusqu'à faire de cette histoire celle d'une rédemption paradoxale : une vie ratée, et finalement sauvée par le rêve que sait y insuffler la merveilleuse conteuse qui nous la fait découvrir.
Lisez ce livre, lisez Sibylle Grimbert, c'est une de mes plus belles découvertes, dans la littérature actuelle, des dernières années.
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jostein
  28 février 2012
Avec La conquête du monde, j'ai découvert un auteur riche d'un univers particulier. Quelqu'un qui est très perspicace sur les relations de la société, qui a un regard avisé sur le quotidien et qui décrit un état plutôt tragique avec un style sarcastique et fantasque.
Ludovic est un antihéros très attachant. Brillant historien, il se reconvertit dans le droit, devient un avocat brillant. Mais sa vie se doit d'être une conquête incessante des meilleures opportunités. Doué, opportuniste, il se laisse tenter par un collègue pour promouvoir le badminton. Des bévues , des remarques désagréables, des projections fumeuses permanentes dans son esprit, Ludovic va souvent passer à côté de la réussite et du bonheur, se reconvertir et laisser encore passer sa chance. Bien vite, il se rend compte qu'il a eu tort de divorcer, que ses échecs professionnels s'enchaînent. Il imagine alors des projets insensés, comme le marketing du tapioca, la rédaction d'un biopic sur Superman. La réussite de ses amis le plonge dans un état dépressif.
"Désormais, il avait le sentiment d'être au bord de l'autoroute avec une deux-chevaux en panne et de voir défiler sur l'asphalte bien entretenu les bolides de ses amis."
Et pourtant, il a toujours du travail, une nouvelle femme, Dorothée qui l'aime.
"Au début, je te trouvais fantasque, puis j'ai compris que ce n'était que de l'orgueil, la recherche désespérée du triomphe, à n'importe quel prix, le refus d'être diffèrent des gens qui t'entourent."
Mais sa conquête du monde l'entraîne sur une pente savonneuse. Son esprit s'évade de plus en plus, ses rêves et ses dédoublements de personnalité le perturbent. Et l'on suit ses pérégrinations avec beaucoup de tendresse.
Sibylle Grimbert nous décrit avec beaucoup de finesse les états d'âme de Ludovic, elle insère des situations cocasses, use d'un humour cynique et intelligent et met en évidence ce monde social difficile où il faut exceller.
Ludovic devient un looser lamentable mais tout comme Adèle, une jeune amie de son fils, on l'aime malgré tout.
L'auteur termine son roman avec une fin ouverte, entre rêve et réalité qui permet à chacun de sauver son héros comme il l'entend.
Grâce au style incomparable de Sibylle Grimbert, j'ai beaucoup souri pendant ma lecture alors que le sujet du roman est très sérieux puisqu'il montre que l'obligation à réussir dans notre société moderne peut détruire certaines personnes.
Lien : http://surlaroutedejostein.o..
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Nonivuniconnu
  09 août 2013
C'est un constat de base : j'ai dévoré les deux-cent pages de la conquête du monde avec un plaisir que je n'avais pas ressenti depuis longtemps à la lecture d'un roman. Une espèce de satisfaction jubilatoire difficilement explicable. Mais dans ce cas, comment écrire une critique pertinente ? Bien sûr, c'est tout le talent de l'auteure, Sibylle Grimbert, d'avoir réussi à me donner l'impression que ce roman était fait pour moi à ce moment précis. C'est aussi bien joué de ma part de l'avoir emprunté à la bibliothèque, tout comme je peux remercier le ou la bibliothécaire de l'avoir placé dans sa sélection de l'année. Cela dit, je me demande quel est le facteur le plus important. La qualité brute du bouquin, ou l'état d'esprit du lecteur, son vécu, son humeur ? Probablement les deux.
Dans le cas de la conquête du monde, le lecteur ferait bien de pouvoir prendre un certain plaisir à assister au malheur des autres. En l'occurrence, il s'agit ici d'apprécier la chute interminable d'un vainqueur, Ludovic. le genre de type non seulement ambitieux mais qui se donne, en plus, les moyens d'aller toujours plus loin, jusqu'à posséder tout un tas de contacts utiles, plein de thunes et du pouvoir. Sauf qu'un jour ça dérape. D'abord doucement, juste des détails par-ci par-là. Et puis tout s'accélère, et la poisse s'accumule comme un gros tas de fumier au sein duquel Ludovic se noie de plus en plus profondément. Et le lecteur, pour peu qu'il soit de bonne disposition, ne peut qu'assister ébahi à une magnifique démonstration d'effondrement total. Pour être honnête, je crois qu'on peut qualifier de malsain le plaisir que j'ai pris à contempler le naufrage inattendu mais pourtant inéluctable d'un inconnu qui ne m'avait rien demandé mais qui avait tout pour m'agacer.
Autant pour mon sens moral, mais j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre.
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claraetlesmots
  20 janvier 2012

Ludovic est un jeune homme brillant. Entendez-par là qu'il est un jeune avocat promis à une belle carrière. Divorcé, son ascension professionnelle et sociale tout d'un coup s'effondre. Poussé vers les portes de sortie, impuissant, il assiste à sa propre chute.
Jamais Ludovic ainsi que ses amis n'auraient envisagé qu'Antoine perde le contrôle de son avenir bien tracé. Sans savoir pourquoi, tout s'écroule. Son ambition professionnelle est mise à mal avant d'être ravalée. Englué dans ses questionnements, il perd le fil de sa propre vie alors que ses amis réussissent.
la suite sur :
http://fibromaman.blogspot.com/2012/01/sibylle-grimbert-la-conquete-du-monde.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.c..
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critiques presse (2)
Liberation   23 janvier 2012
Il y a, dans les aventures ridiculo-dépressives du héros de la Conquête du monde, le nouveau roman de Sibylle Grimbert, quelque chose qui tient de Henry James et quelque chose qui tient de Michel Houellebecq, deux auteurs qu’on n’a guère l’habitude d’associer.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama   12 janvier 2012
Comment remettre son existence sur les bons rails ? En devenant son propre aiguilleur, libre et lucide, au lieu de s'en remettre aux diktats de petites gens qui se croient grands : telle est la morale de ce roman au long cours, cocasse, formidablement humain.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SnarkySnarky   29 janvier 2012
Le code, le porche de l'immeuble, les escaliers lui avaient donc menti. Ludovic avait cru qu'ils éprouvaient du soulagement en le voyant revenir, mais en vérité, ils étaient indifférents, se préparaient déjà à l'arrivée de nouveaux locataires. Mais qu'as-tu espéré ? se disait-il, qu'ils t'attendraient patiemment ? Tu crois être le seul à pouvoir vivre ici avec cette femme magnifique que tu as quittée, à ce deuxième étage, le seul à pouvoir saluer l'ascenseur que tu n'utilises jamais ? Tu penses sérieusement que la cour sous tes ex-fenêtres se languit de ta présence, ou de celle de ta famille dans sa forme unie, et non pas disloquée, recomposée par ta faute ? Toi, ta femme, ton fils ou d'autres, quelle importance pour la cour ? Tu as tout détruit. Et pour ta femme aussi apparemment, toi ou un autre, quelle différence ? Franchement, c'est toujours la même banale histoire. Nous passons tous et les cages d'escaliers nous oublient, et nous nous passons tous les uns des autres aussi, nous sommes interchangeables.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   20 janvier 2012
Évidemment, malgré tout, il s'ennuyait, et l'ennui est un sentiment si inacceptable aujourd'hui, si douteux, que gêné de l'éprouver il ne voulait plus voir personne, ni Fabrice, ni Benoît dans un square ou ailleurs, ni un jour par hasard Olivier Patrick. Il se repliait, se racornissait, se froissait comme une feuille de papier avant d'être jetée dans une corbeille, mais cette corbeille remplie de projets avortés était sa vie.
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josteinjostein   28 février 2012
Il avait perdu son sang-froid, puis naturellement ses moyens. Il n'avait cru à rien, et c'est pourquoi, personnage sans conviction, il était trimballé par les évènements, car c'est ainsi que les gens sans foi vivent, balancés à droite, à gauche, au milieu, au gré des circonstances auxquelles ils n'impriment aucune direction, incapables de ténacité parce qu'ils manquent de motivations, ignorent pourquoi ils sont là, et souffrent, souffrent, souffrent comme lui.
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