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Anouk Neuhoff (Traducteur)
EAN : 9782020618472
133 pages
Éditeur : Seuil (14/11/2005)
3.87/5   30 notes
Résumé :
Une maison de vacances, un été au bord de l'eau. Janey et son petit frère Jim, livrés à eux-mêmes, passent leurs journées près du lac, terrain de jeu et d'exploration magique. Mais de retour à la maison, ils doivent renoncer à leur monde de rêves pour retrouver la réalité - des parents négligents trop occupés à boire des cocktails et distraire leurs amis. Janey veut protéger son petit frère du monde des adultes. Elle se substitue à la mère, femme sublime, adulée par... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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isanne
  01 juin 2020
134 pages.
Un récit avec un thème somme toute classique si on parcourt la quatrième de couverture.
Et la "facilité" s'arrête là : ce livre est un hameçon et vous voilà attaché à lui jusqu'à ce que vous tourniez la dernière page.

Jim Little a cinq ans, sa soeur treize et c'est elle qui s'occupe constamment de lui puisque durant cet été passé au bord du lac, les parents trop occupés à recevoir amis et voisins, à danser, boire ou jouer aux cartes n'ont que peu de moments à consacrer aux deux enfants.
C'est l'histoire d'un drame, des circonstances qui le génèrent, de l'environnement familial qui lui permet de se produire.
Tout au long du récit, le lecteur sait que l'irrémédiable va se produire, un noeud noue l'estomac à mesure que les pages tournent mais ce n'est rien en comparaison des sentiments que feront naître le dernier chapitre : Kirsty Gunn utilise une technique de narration originale pour raconter ce qui ne se raconte pas. Et c'est là, toute la force de ce livre, toute sa grandeur.
Des descriptions de la nature, du lac, de l'évolution des paysages, des souvenirs liés au lieu, il ne reste rien ou presque à l'esprit quand débute le récit sobre, dépouillé, détaché du drame. La froideur des phrases ne vous saisiront que davantage et la tristesse se glissera irrémédiablement en vous.

Kirsty Gun, dont c'est le deuxième livre que je découvre, est devenue en deux récits un de mes écrivains préférés.
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Annette55
  06 août 2014
Un très bel été, aux journées chaudes et longues, un lac immense et isolé qui cerne toute vie de sa masse liquide et obsédante,:"De l'eau à ne savoir qu'en faire au lac, des kilomètres et des kilomètres d'eau douce qui se déployaient sur la courbe du globe sans qu'on pût apercevoir aucune terre à l'horizon."
Un roman d'ambiance mêlé de pluie:" la pluie était avec nous, elle était partout autour de nous et dans nos cheveux, nous mouillant la peau, me dégoulinant dans le cou jusqu'au milieu du corps."
Un roman de pêche:"notre père gardait tout son matériel de pêche dans le bateau,le sac rempli de couteaux et d'hameçons, ses cannes rangées dans leurs étuis."
Un ouvrage baigné de poésie et de douceur, à l'aide d'une écriture superbe et imagée, des mots justes, bien choisis, une langue parfaitement maîtrisée, du talent qui nous enveloppe, nous cerne,nous subjugue, nous séduit!
L'histoire d'une propriété d'été achetée pour l'amour inconditionnel d'une femme la maman de Janey, fillette de 12 ans qui observe avec lucidité, amour et maturité précoce ses parents, farfelus et irresponsables, le papa fou amoureux , la maman d'une beauté sublime, ils reçoivent des amis, jouent au bridge,dansent et boivent de l'alcool jusqu'au bout de la nuit, : " nos parents passaient l'été à donner des fêtes"
Ils oublient d'être des parents responsables, trop occupés à leur propre plaisir.
La journée , ils somnolent et ne veillent pas sur leurs deux enfants......
Janey devient celle qui se soucie et qui endosse la responsabilité de son petit frère, Jim, âgé de 5 ans, comme le ferait une mère.
Livrés à eux - mêmes, ils s'inventent leur journée, préfèrent l'air du dehors, chargé d'humidité et de soleil, la liberté des corps qui construisent sur le sable, des îles, des châteaux, des tours.
Plages, pilotis, bateaux, pêches,courant, pluie, rigoles, jetée, berges sont les mots qui accompagnent les deux enfants.
Un roman envoûtant où l'auteur nous parle de l'enfance à petites touches justes,une fausse insouciance associée à l'angoisse des adultes, ses palpitations et ses hésitations, sa force et sa vulnérabilité laissant le lecteur noyé de tristesse, un vrai trouble semé par l'écriture de kirsty Gunn, précise , pudique, sensuelle et puissante, comme un souffle retenu, une respiration. Une question d'oxygène dans l'attente d'un drame imminent: "L'eau aimait trop mon frère"......
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christinebeausson
  16 février 2014
I'm singing in the rain
Just singing in the rain ....
Eh bien non, ce n'est pas du tout ça, il n'est pas question de chanter sous la pluie.
Certes ce livre nous parle d'amour. Mais attention ce n'est pas un roman à l'eau de rose.
L'amour ! mais peut on parler d'amour dans cette relation si particulière qui unit un homme et sa femme dans un climat de soumission totale ? Une femme qui ne vit que pour séduire ? Un homme qui ne vit que pour satisfaire les besoins supposés de sa femme ?
L'amour ! mais peut on parler d'amour entre un frère et une soeur, une relation fraternelle exclusive qui mélange les lois du genre ? Une soeur qui prend la place de la mère ?
Un frère qui exige la disponibilité incessante de sa soeur ?
Et puis, bien sûr, il y a l'eau beaucoup plus que la pluie qui est présente à toutes les pages de ce livre, l'eau de la pluie et l'eau de ce lac. Est ce un lac quelconque en Amérique ou en Angleterre , ou alors, comme je me le suis imaginée, le lac près de celui de " top of the lake" le film de Me Campion ? C'est lui que j'ai vu pendant cette lecture avec ces paysages déjantés, l'espace, les sommets inatteignables, un horizon infini, la lumière profonde, les couleurs inconnues, les reflets de l'eau qui hypnotisent ....
Et puis bien sûr, cette mélancolie avec la pluie, cette douce pluie, (comme la pluie de Bergen qui séduit Gunnar Staalasen), cette pluie qui a donné son titre au bouquin, et qui nous rafraîchit, nous lave de toutes les mauvaises pensées et des horreurs suggérées ...
Il me reste juste à vous entretenir de la forme surprenante de cette prose, comment on finit cette lecture avec un cours de secourisme, avec un mode d'emploi très précis, le tempo, le mode d'emploi, le rythme, bouche à bouche, massage cardiaque, .... le malaise monte .... Monte ... Monte.
Et puis la pluie revient, elle lave nos cerveaux , calme nos esprits, ....
Elle est légère, légère et s'envole ....
I'm singing in the rain
Just singing in the rain ....
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mimipinson
  05 mai 2012
C'est un peu par hasard que je découvre cet auteur, et, de plus, par le biais de son premier roman.
C'est avant tout une écriture superbe et imagée vers laquelle le lecteur s'aventure en ouvrant ce livre. Les mots sont bien choisis, justes.
L'histoire en elle-même n'est pas la pièce maitresse de ce roman. Non, c'est l'atmosphère que s'y dégage qui frappe, et qui vous emmène au bord d'un lac dont on imagine le cadre idyllique et reposant.
Et puis ces personnages qui nous tiennent : Janey, 12 ans, et Jim 5 ans. Ce sont des enfants, qui par la force des choses, ont grandi trop vite, et ont des réflexions et comportements d'adultes. La force des choses, je disais…hélas… car ils ont des parents terriblement gamins, immatures irresponsables. Leurs deux enfants sont livrés à eux-mêmes, pendant que leurs parents sont trop occupés avec leurs démons.
« C'était bizarre, mes parents se satisfaisaient de leur pelouse jaune, de leurs fauteuils tâchés. Mon petit frère et moi avions un lac entier pour terrain de jeu mais eux ne bougeaient pas, ils restaient là près de la maison, allongés comme des cadavres sur leurs lits de repos cassés. Un drôle de spectacle à offrir à des enfants, à la fois splendide et décadent. »
La grande soeur est la mère de son petit frère qu'elle couve et protège.
On devine assez vite que cela finira par mal tourner ; et le danger finira par frapper. Mais de cela, l'auteur n'en fera pas beaucoup état. Elle préfère avant tout créer une atmosphère, donner des sensations, laisser au lecteur aller lui aussi à la rencontre de ces enfants, et de de cette eau qui occupe quasiment tout l'espace.
Voilà donc un premier roman bien envoutant qui invite à aller plus loin.
Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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AmyFarrah
  12 septembre 2021
C'est un très bon livre, avec une belle écriture, personnelle, une façon originale de dire l'indicible, le drame auquel on s'attend depuis le début. Cependant je ne suis pas sûre de l'avoir aimé, malgré l'écriture poétique et très tactile. Un peu trop tactile à certains moments d'ailleurs, d'une manière inappropriée et anxiogène. Je n'ai pas aimé les personnages des parents, surtout la mère, une de ces belles du Sud - ça m'a tout l'air de se passer dans le Sud des Etats-Unis - très alcoolisée, très narcissique et qui joue avec ses enfants, surtout avec son fils, comme avec un objet qu'on exhibe. Les enfants ne sont pas en sécurité dans cette maison de vacances, l'ambiance est très malsains, puis arrive le drame, raconté de manière détournée, comme sont détournés d'autres drames cachés, qui se jouent dans les hautes herbes. Très bon livre mais pas ma tasse de thé, car je suis lasse de ces parents stupides, qui livrent leurs enfants à tous les dangers et à toutes les convoitises, j'en ai trop vu dans les livres et les films.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
isanneisanne   29 mai 2020
Pendant toutes ces vacances d'été Jim restait petit garçon ; il semblait avoir renoncé à grandir. C'était comme si le sortilège de ma mère s'était réalisé. Il demeurait minuscule et parfait, un garçon-oiseau microscopique doté d'une frêle guipure osseuse et d'omoplates qui ressortaient comme des ailes.
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mimipinsonmimipinson   05 mai 2012
C’était bizarre, mes parents se satisfaisaient de leur pelouse jaune, de leurs fauteuils tâchés. Mon petit frère et moi avions un lac entier pour terrain de jeu mais eux ne bougeaient pas, ils restaient là près de la maison, allongés comme des cadavres sur leurs lits de repos cassés. Un drôle de spectacle à offrir à des enfants, à la fois splendide et décadent
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Alice_Alice_   01 janvier 2014
Elle aurait dû le savoir depuis le début; mon père aurait dû le savoir: les enfants ont le chic pour précipiter la fin. Par petits morceaux, peut-être, une berge qui s'effrite, une lueur dans l’œil d'un père ou d'une mère, ou encore d'un seul coup, la terre qui se disloque, ne laissant qu'un trou béant là ou l'herbe plongeait autrefois ses racines.
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veronique55veronique55   20 juillet 2011
Quand elle arrivait la pluie était précédée d’un parfum de pluie, et derrière les collines le ciel gris se parait de taches sombres. Puis, lorsqu’elle se mettait à tomber, on aurait dit du fils et des aiguilles, perçant l’eau gélatineuse de mille milliards de piqûres minuscule, rattachant l’eau au ciel par ses fils d’argent. Il y avait aussi le bruit qui faisait la pluie en tambourinant doucement sur l’auvent de toile tendu à l’arrière du bateau. Elle était délicieusement tiède.
La pluie était avec nous, elle était partout autour de nous et dans nos cheveux, nous mouillant la peau, me dégoulinant dans le cou jusqu’au milieu du corps. Des gouttes d’eau venaient frapper la tasse en émail qui datait de l’époque où mon père gardait tout son matériel de pêche dans le bateau, le sac rempli de couteaux et d’hameçons, ses cannes rangées dans leurs étuis.
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luis1952luis1952   09 mars 2020
Le rebord carrelé de la piscine était glissant sous mes pieds nus avec l'odeur qui s'en exhalait. A mesure que j'avançais avec la surveillante, l'extrémité de la piscine s'éloignant de plus en plus derrière nous.
J'avais le ventre noué d'angoisse et d'épuisement tandis que je me tenais debout sur le plongeoir, mes orteils roses agrippés au rebord, mon corps tout entier figé dans un rictus de froid.
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