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EAN : 9782075170659
352 pages
Gallimard Jeunesse (18/08/2022)
3.8/5   15 notes
Résumé :
1933-1944 : le parcours terrible d’un jeune juif dans la France de l’avant-guerre jusqu’à la Libération. Un roman coup de poing à la portée cross-over.

L’enfer sur terre existe, bien à l’abri derrière les hauts murs des colonies pénitentiaires où les mineurs sont redressés comme des chiens dangereux. Mais nous sommes en 1933 et l’enfer, bientôt, va déborder de ces forteresses pour déferler sur toute l’Europe six ans durant. Joseph Meyer est juif, né e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
En 1933, le jeune Joseph Meyer s'enfuit de chez son père où il est apprenti car il ne supporte plus d'être battu. Retrouvé par la Police, il est placé chez un couple qui violente les enfants qui leur sont confiés. Joseph s'enfuit après avoir frappé violemment le père de famille. Il est envoyé dans une colonie pénitentiaire à Belle-Ile en Mer puis à Eysses où les conditions de vie sont terribles. Joseph se fait alors remarquer pour ses talents de menuisier. Il vit une période de rêve avant le décès de son maître. Il doit retourner alors à Eysses de nouveau avant d'être enrôlé pour la guerre. Désertant quelque temps après, il rencontre l'amour avec Jeanne avant d'être éloigné d'elle pour entrer dans la Résistance. A nouveau fait prisonnier, Joseph retourne à Eysses où suite à une tentative d'évasion générale, les détenus sont déportés en train. L'adolescent parvient à s'enfuir, il trouve refuge dans une famille qui le soigne. En 1944, il retourne à Paris où il va travailler dans l'aide aux enfants placés pendant la guerre. Avec la libération des camps de concentration, Joseph parviendra-t-il à retrouver son père arrêté par les Allemands ?

Je remercie Babelio et la maison d'éditions Gallimard pour m'avoir permis de découvrir lors d'une Masse Critique ce roman de Claude Gutman qui se déroule dans les années avant guerre et durant l'Occupation.
Je ne me suis pas ennuyée lors de cette lecture avec la périple de ce jeune adolescent malmené et ballotté de bagne en bagne, à chaque fois dans des conditions plus terribles. Notre jeune héros a beaucoup de courage pour faire face à tous ces coups du sort et ne jamais baisser les bras, c'est une belle leçon de courage, d'autant plus qu'il est innocent et qu'il rencontre peu d'écoute et de compassion chez les personnes qu'il croise sur son chemin. Il doit changer plusieurs fois d'identité pour qu'on ne sache pas qu'il est juif.
La description des bagnes où Joseph est enfermé est terrible, on a de la peine à s'imaginer de nos jours que cela a bien existé et pourtant c'est vrai.
A la fin du roman, j'ai noté un autre roman de Claude Gutman qui se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale que je lirai peut-être si j'en ai l'occasion.
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Écrire l'histoire. En mémoire, transmettre. de mémoire revivre. La fuite sans fin de Joseph Meyer est un grand roman. C'est une grande, terrifiante et bouleversante partie de l'histoire de la France, et de l'Europe que Claude Gutman met en mouvement à travers ces pages. Pologne 1920, ... Évreux 1933… Belle île… le bagne des enfants… Eysses colonie correctionnelle, Eysses devenue en 1943 la plus vaste concentration de prisonniers politiques (résistants) de toute la France. Joseph Meyer survivant, résistant. Transmettre, relayer. La fuite devient une échappée.

Astrid Shriqui Garain
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Le livre démarre dans la colère la plus profonde, la plus violente qui soit. Une colère devenue sourde et explosive, folle de cette violence incessante d'un père sur son fils. de cette violence sans nom, indescriptible, débordant d'ignominie et de lâcheté, va découler toute une vie d'épreuves sans fin...

Joseph a un besoin viscéral de justice, de vérité, d'honnêteté à son sujet. Ses fautes, il les avoue, il les assume, mais il est hors de question de reconnaître ce qu'il n'a pas commis. Quand le sort s'acharne et le contraint malgré toute sa bonne volonté et ses efforts, à avouer des faits qui ne sont pas les siens, Joseph se jure de rétablir la vérité un jour et de faire payer aux menteurs, aux coupables et aux complices de ces mascarades, qu'il se vengera et qu'il obtiendra enfin justice.

Comment supporter ni même imaginer qu'en étant relaxé au tribunal, on soit envoyé dans un camp de travail pénitentiaire, tel un forçat, en attendant ses 21 ans, car aucun membre de sa famille ne veut nous récupérer ? Comment, en plus de ce châtiment injustifiable, peut-on accepter d'assister aux viols systématisés, organisés par certains détenus en toute impunité, terrifié à l'idée de devenir la victime suivante... C'est tout bonnement inimaginable... Aucun homme ne devrait avoir à subir cela. Alors un enfant...?

L'air est irrespirable, nauséabond. Évoluer dans une telle ignominie de manière quotidienne use tout. Elle use les sens, l'esprit, le courage et même l'espoir. Il faut supporter la faim, la fatigue, les mauvais traitements, tout en restant sans cesse sur ses gardes, "au cas où". Toujours ce "au cas où" qui empêche le sommeil profond, qui prive de toute sensation de détente, de sérénité. Une tension nerveuse à couper au couteau règne au sein de ce bagne aux moeurs archaïques.

Quand on croit le pire déjà arrivé, mais qu'il fait son entrée de manière aussi inattendue que violente, les envies de sauter dans le vide se font de plus en plus pressantes.

J'ai tant pleuré pour Joseph... Pour tout ce qu'il a enduré d'injustice, d'indignité et de déshumanisation, mais aussi pour ces quelques moments de grâce qui ont su lui être accordés par le destin.

Un passage qui décrit en partie l'âme de Joseph m'a beaucoup marquée : "Dans la cambuse enfumée, je subis les obsessions de Bébert, un Toulousain, parlant cul, cul et cul. S'il était blessé - pas trop grièvement -, il se ferait dorloter par une infirmière bien gironde. Les mêmes obscénités qu'à Belle-Ile, Eysses, Rouen. Ses "aller au bordel, tirer son coup, faut bien ça pour l'hygiène" ou "sinon tu t'astiques la queue" me hérissent. Je rêve pour échapper à ce monde d'hommes que je fréquente depuis sept ans. Je les hais. J'ai emporté avec moi, depuis la mort de M. Briand, l'image de la fille du notaire, douce, aimante, loin de cet univers de "nibards', "touffe" et "chatte"."

Claude Gutman a l'art de me fendre le coeur. Ses mots, ses décors, ses situations, ses personnages, tout est
pertinent et puissant. Il a atteint mon coeur et l'a brisé à plusieurs reprises dans ce seul et même livre. Une émotion qui m'a littéralement coupé le souffle.
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Avant toute chose, je remercie grandement Babelio et Gallimard jeunesse qui m'ont envoyé ce roman dans le cadre de l'opération Masse critique.


Comme vous l'aurez compris à la note que je lui ai attribué, je n'ai pas aimé ce livre. Mais attention, ce n'est pas qu'il est mauvais, car clairement je suis persuadée que c'est un très bon livre qui plaît et plaira à beaucoup, mais je n'ai pas du tout accroché avec la manière de narrer ce récit et ça a fait que je n'ai jamais réussi à rentrer réellement dans l'histoire.


J'avais demandé “la fuite sans fin de Joseph Meyer” car c'est un roman jeunesse sur la seconde guerre mondiale, et je raffole des romans sur cette période que je trouve poignants et toujours intéressants par leur manière différente de montrer toute l'horreur de la guerre. Et ce roman est là-dedans : on suit un jeune garçon français et fuif qui se retrouve abandonné, et qui fait face à la catastrophe de la justice des mineurs. Il passe par la prison, le centre pour mineurs, les rangs des soldats… le roman traite de sujets durs mais réels sur la guerre.


Et pourtant, je n'ai jamais réussi à rentrer dans l'histoire. le style de l'auteur est vraiment particulier, je ne me suis pas sentie attachée au personnage de Joseph. J'avais de la peine en découvrant ce qu'un aussi jeune garçon peut vivre tout ça à cause de mauvaises circonstances, mais sans plus. J'avais le sentiment de survoler l'histoire, de ne pas réussir à suivre ce qu'il se passait. Joseph passait d'une situation horrible à une autre et je n'arrivais pas à prendre le temps de saisir l'ampleur des choses.

Et puis, le vocabulaire est particulier. C'est publié chez une maison d'édition jeunesse, pourtant ça ressemble plus à un roman visant un public plus âgé. Je ne comprenais pas tout à ce qu'il se passait, il me manquait des informations sur cette période, des explications de termes et de sigles. Clairement, un glossaire m'aurait été utile.

En fait, je trouve que pour 330 pages de romans, il y a trop de choses différentes qui se passent, on suit plus de 10 ans de la vie de Joseph, et ça a fait que certains moments m'ont parus survolés, ou alors je n'ai pas eu l'impression d'avoir assez d'informations sur cette période de sa vie.


En dehors du style d'écriture très particulier de l'auteur, les chapitres interminables ont contribué au fait que j'ai mis autant de temps à arriver à bout de ce roman pourtant pas très long. J'avais l'impression de ne jamais arriver au chapitre suivant, et quand déjà on a dû mal à accrocher à l'histoire, ça n'aide pas à vouloir revenir sur sa lecture.


Mais voilà, comme je l'ai déjà dit, je pense réellement que ça doit être un très bon roman pour les personnages qui recherchent une fiction avec des éléments historiques sur les années 30 à 45 en France. Mais c'est vrai que personnellement, quand je me plonge dans un roman sur la seconde guerre mondiale, je m'attends à être touchée, émue, et m'attacher aux personnages à leur histoire, et malheureusement ça n'a pas été le cas ici.
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Que peut-on espérer quand absolument tout le monde - même ceux qui devraient "filialement" nous aimer - semble se liguer contre nous ?
Quelle déchirure cela provoque-t-il chez un enfant ? Quelle réaction lorsque cela devient insupportable ?
La fuite. Il ne reste que la fuite. Une course éperdue, pour rien, pour personne, mais pour sa propre survie… Où cela conduit-il ?

Le livre de Claude Gutman est un coup de poing dans le coeur.
Inspiré de faits réels (même si son personnage est fictif), un sentiment d'injustice parcourt absolument tout le roman.
On pourrait le lui reprocher, cette histoire est forcément très sombre et révoltante…

À travers le périple du jeune Joseph Meyer on aborde tout un panel de souffrances liées à la guerre, l'antisémitisme, la justice des mineurs ou à la violence intra familiale…
Forcément ça fait beaucoup !
Nous sommes dans le contexte de l'entre-deux-guerres, ce jeune garçon seul, ballotté par la vie et le rouleau compresseur de la guerre va finir sa course au bagne pour enfants de Belle-île-en-mer…
Là-bas les orphelins ne sont pas mieux traités que des animaux, voire pire. Il s'agit d'écraser les fortes têtes (et faire mourir les plus faibles).
Une abomination, une honte qui fait aussi partie de notre histoire de France.
C'est d'une violence inouïe… La résilience est-elle possible pour Joseph au bout de ce long tunnel ? Triplement victime (de sa condition, de l'injustice, de la violence familiale ou administrative), il semble pourtant ne jamais renoncer.
Je vous en laisse en juger…

Pour compléter le sujet, je vous encourage à :
▪️ lire l'article "Dans les années 30, à Belle-Île-en-Mer, on mettait les orphelins au cachot…" de Matilde Meslin
👉 https://bit.ly/3PjXQcE
▪️ écouter la fiction radiophonique "1934. La révolte des enfants du bagne de Belle-Île" de Priscille Lamure, réalisé par Cédric Aussir
👉 https://bit.ly/3BrZi7n
Lien : https://www.xn--rdactrice-b4..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Juillet 1933, Évreux

Je serre les poings, je serre les dents. Mon père ne m'arrachera pas une plainte. Les coups de ceinturon me cinglent les mollets, les cuisses, le dos. Je ne bronche pas. Je ne broncherai plus jamais. Je ne le supplierai pas d'arrêter.
J'irai chialer dans mon lit quand tu auras fini. Je te maudirai. Tu ne sais que me secouer, aboyer, cogner sans une marque de tendresse. J'ai quinze ans. Plus question que tu me dictes ma vie.
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