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Fanny William Laparra (Traducteur)Edmond Jaloux (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253098329
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1997)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 312 notes)
Résumé :
Tout en exerçant son métier de maçon, Jude Fawley rêve d’une vie meilleure et s’acharne à acquérir le savoir et la culture. La passion qui naît en lui pour sa cousine Sue, mariée à un maître d’école, va lui faire entrevoir d’autres horizons de bonheur et les conduire tous deux à la perdition.

Comme toute l’œuvre de Thomas Hardy –le dernier grand romancier européen du xixe siècle, disait le critique Edmond Jaloux–, ce roman est une méditation sur les d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  12 juin 2016
Réputé être, avec "Tess d'Urberville", son roman le plus sombre, "Jude l'obscur" permet une fois de plus à Thomas Hardy d'explorer à fond la psychologie sociale de ses personnages, dans un contexte de mutation des idées plus rapide que celle des institutions.
Portrait aussi émouvant qu'éprouvant d'une ambition avortée, "Jude l'obscur" trace la biographie fictive d'un héros qui a sans doute dû s'incarner dans un grand nombre d'individus désireux de s'extraire de leur milieu natal pour s'élever dans la société en tablant sur leurs facultés et leur espérance en un monde plus égalitaire, plus libre et plus juste.
Obscur, Jude l'est dès sa naissance.
Orphelin, enfant recueilli malmené, employé à faire fuir les corneilles dans les champs, cet émule de Gavroche et d'Oliver Twist s'accroche très jeune à une illusion brillante comme une étoile : l'idée qu'adulte il pourra étudier à l'Université et exercer une profession intellectuelle. Acharné au travail, apprenant le grec et le latin en autodidacte, il fera tout ce qu'il est humainement possible de faire pour parvenir à son but. Hélas, c'est sans compter sur la ruse et la médiocrité de son entourage. Piégé dans un mariage malheureux, Jude - homme intègre et honorable s'il en est - verra petit à petit son étoile décliner et l'atavisme social le rattraper. Devenu tailleur de pierre, Jude attache désormais tout espoir de bonheur à l'amour profond qu'il voue à sa cousine Suzanne, jeune femme moderne aux idées indépendantes et qui se rit du scandale.
"Jude l'obscur" le bien-nommé, celui qui parti de rien a tout désiré, qui de l'ombre a cheminé vers le soleil jusqu'à s'y brûler, est un personnage littéraire hors du commun qui suscite chez le lecteur une très forte empathie, voire une réelle affection. Délicat de terminer l'oeuvre sans larme à l'oeil ! La fin du 19ème siècle livre une fois encore son contexte social charnière hautement intéressant, entre traditions et idées nouvelles. L'écriture de Thomas Hardy - dois-je encore en chanter les louanges ? - donne enfin à ce récit une densité dramatique exceptionnelle, aussi riche que la philosophie et aussi profonde que la religion, une atmosphère à rapprocher définitivement de l'univers shakespearien.
Si je préfère ses romans moins noirs, je ne peux que reconnaître à Thomas Hardy une maîtrise parfaite de son métier d'écrivain, sublimée par sa grande sensibilité de poète et son inaltérable intérêt pour l'homme et sa destinée.

Challenge BBC
Challenge 19ème siècle 2016
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Marple
  03 décembre 2016
Sombre et tourmenté, mais aussi résolument moderne, ce roman nous emmène dans les pas et les pensées de Jude, obscur orphelin dans un obscur village anglais qui ne peut se résigner à ce qu'il perçoit comme la médiocrité de sa vie...
C'est d'abord les études qui le font rêver, et il s'acharne bravement à apprendre les rudiments de latin et de grec après ses journées de travail éreintantes. Puis, quand il comprend que les études ne veulent pas de lui comme il voudrait d'elles, c'est sa fantasque et brillante cousine Suzanne qui prend le relais dans ses rêves et ses idéaux...
Tout est compliqué pour un être aussi tourmenté et déchiré que Jude, le métier, l'amour, les institutions, la santé... de même d'ailleurs que pour sa cousine, bien plus intelligente et libre de pensées que lui, mais tout aussi tourmentée et déchirée.
Si j'ai infiniment apprécié la modernité de la critique sociale et le quasi-féminisme de l'ouvrage, ainsi que le style de Thomas Hardy, j'avoue que les tergiversations et les atermoiements sans fin des héros m'ont quelque peu agacée. Difficile de croire qu'ils veulent sortir de l'obscurité quand on voit comme ils s'y complaisent, la décortiquent et s'arrangent pour y rester ! Un peu à la façon de Solal et Ariane dans Belle du Seigneur, même si leurs histoires n'ont rien de commun.
A lire donc à la fois pour la critique sociale et l'ouverture d'esprit de Thomas Hardy, mais aussi peut-être pour se mettre en colère contre ces personnages caractérisés uniquement par leurs doutes et leurs hésitations, et du coup pouvoir avancer dans ses propres réflexions !
Challenge XIX 7/xx
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Allantvers
  04 octobre 2015
Tu m’étonnes que la bonne société victorienne a reçu cet obscur de Jude avec dédain, toute hoquetante de stupeur outrée dans ses corsets bien serrés au vu de ce scandaleux opus qui met à mal toutes ses certitudes immémoriales en questionnant avec vigueur le bien fondé des conventions sociales de l’époque : la place des sachants bien nés dans les lieux d’instruction, la bienséance du clergé , le rôle de la famille et surtout, surtout, l’institution du mariage, au cœur de ce roman noir et subversif.
C’est en effet bien habile de la part de Thomas Hardy d’en avoir orchestré la lourde remise en question par le biais de la romance tragique, car il faudrait être de pierre pour ne pas être touché au cœur par la destinée tragique de Jude, le simple campagnard qui se rêva clerc, puis moine et qui, ayant échoué à s’élever au-dessus de sa condition par la science et la religion, se perdra dans l’exercice d’un amour noble et pur qu’il eut voulu affranchi des lois séculières.
Si Hardy excelle autant que dans « Tess d’Urberville » à dépeindre les lieux, plus urbains que ruraux cette fois-ci, c’est surtout par la densité des personnages qu’il nous tient au collet de cette sombre histoire :
Jude a beau être d’une naïveté confondante (j’avoue au passage avoir été désarçonnée de voir un homme tenir le rôle de l’innocence habituellement dévolu aux jeunes filles dans les romans du 19ème), c’est un personnage d’une intégrité telle que l’on ne peut s’empêcher de frémir d’empathie et d’indignation aux injustices qui lui sont faites.
J’admire la subtilité de l’auteur quand il en fait le jouet des manipulations contradictoires de ses femmes : Sue, être de conviction solaire, vibrant, versatile, tout en esprit, à l’opposé d’Arabella la tellurique, faite d’une glaise grossière, vénale et pauvre d’âme.
Un dernier mot pour le personnage de Phillotson, l’autre mari de Sue (quand je vous dis que le mariage passe un mauvais quart d’heure dans ce roman !) qui fait preuve, au moins un temps, d’une ouverture d’esprit dans l’adversité conjugale tout à fait stupéfiante pour l’époque.
Un sombre roman qui, s’il m’a un tout petit peu moins transportée que « Tess », m’a donné le même plaisir des mots tant la prose de Thomas Hardy est belle et passionnée.
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Sycorax
  25 juin 2010
Attaqué sur un coup de tête, parce que j'avais envie de me plonger dans de la littérature dite abusivement "classique" et de voyager un peu dans le temps, à la fois d'une histoire en décalage avec mon époque, mais aussi pour raviver les souvenirs nostalgiques de mes jeunes années de scolarité.
Je ne m'étais plus frotté à ce genre de littérature depuis mes études. Mais cette fois-ci, ce serait uniquement pour mon plaisir : libéré de toute coercition, pas d'examens à terme et SURTOUT, pas de vivisection scolaire du texte (vous savez, ce décorticage institutionnalisé qui tue dans l'oeuf l'éventuelle étincelle d'intérêt que toute jeune personne scolarisée pourrait porter à la littérature et ses bienfaits sur l'âme ?...).
Mon premier et dernier contact indirect avec Thomas Hardy remonte à la vision du beau film que Polanski avait tiré de "Tess d'Urberville".
J'avais été à la fois sous le charme de l'interprète principale (l'evanescente Nastassja Kinski) et de la mise en scène académico-venimeuse de Polanski.
Roman initiatique, description d'illusions perdues et d'amours déçues, on suit le récit à la troisième personne de Jude Fawley, orphelin d'extraction modeste et rurale dans l'Angleterre du milieu du XIXe siècle.
De son plus jeune âge jusqu'à l'âge adulte, c'est une description très émouvante de la vie d'un homme plein de bonne volonté mais très naïf, qui tente de s'extraire de sa condition par l'étude, puis par la religion mais qui se retrouve le bec dans l'eau à chaque tentative jusqu'au déchirant final.
L'auteur ne s'attarde jamais pesamment ni sur les descriptions psychologiques, et encore moins sur des détails de l'environnement social ou physique des personnages.
L'univers dans lequel évoluent les personnages de Thomas Hardy semble aller de soi, la lecture n'est pas entravée par une expression ampoulée, mais au contraire rendue fluide et agréable par un style qui donne l'impression... qu'il n'y en a pas.
Ce qui ne veut pas dire que le roman adopte un point de vue clinique et distant, sans chaleur humaine : on n'est pas dans une approche sarcastique du milieu et des personnages qui y évoluent.
Lire ce roman est un bonheur, en tourner les pages un ravissement (impressions qui ont moins à voir avec le contenu en lui-même - somme toute férocement fataliste, qu'avec mon propre étonnement éprouvé à en être scotché) : la langue est classieuse mais très abordable.
Il y a très longtemps que je n'avais pas été emporté de la sorte par un roman dont le sujet n'invite a priori pas un lecteur comme moi à se délecter, dégoûté que je fus par les lectures imposées de mes années lycée (telles que "Le rouge et le noir" ou "L'éducation sentimentale", traumatisants souvenirs ceux-là !...).
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sarahdu91
  10 septembre 2016
Désillusion, Désenchantement, Dépression, Dépit, Désappointement, Décadence sont les maîtres mots de cette histoire.
Mais attention le grand Thomas Hardy a su nous concocter un chef d'oeuvre qui se tient là où l'amour ne peut triompher. le destin des personnages est bien existant et ceux ci doivent y faire face malgré tout, malgré eux.
J'ai trouvé ce roman noir magnifique, assez dur à lire et tellement peu réjouissant que l'on se demande quand la lueur de la joie pourrait surgir mais non...attention à la chute finale qui promet un moment de lecture soutenu...en gros Thomas Hardy aurait pu l intituler aussi "tristesse et désolation".
Mais cet auteur est simplement excellentissime dans son écriture...je ne le dirai jamais assez!
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Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
stcyr04stcyr04   16 juin 2012
Se trouvant le point de mire de tous ces gens curieux et railleurs, Jude n'était pas disposé à reculer devant une déclaration franche dont il n'avait aucune raison de rougir. Bientôt il se sentit poussé à dire d'une voix forte à la foule qui l'écoutait:
- "C'est une question difficile mes amis, pour tous les jeunes gens -- question à laquelle je me suis attaqué, à laquelle de milliers d'autres réfléchissent actuellement, en ces temps nouveaux. Doit-on suivre aveuglément la voie dans laquelle on se trouve, sans considérer ses dons personnels, ou, au contraire, réfléchir aux aptitudes, aux goûts que l'on peut avoir, et changer la direction de sa vie? C'est ce que j'ai tenté de faire et j'ai échoué. Mais cet échec ne prouve pas que j'ai eu tort, je ne saurais l'admettre. De même qu'un succès n'aurait pas prouvé que j'avais eu raison : c'est ainsi pourtant que nous jugeons souvent de ces efforts, non d'après la valeur essentielle, mais d'après leur résultat accidentel. Si j'avais fini par devenir un de ces messieurs en rouge et noir que nous voyons descendre là-bas, tout le monde aurait dit : "Voyez comme cet homme à sagement agi en suivant son penchant naturel!" Mais, n'ayant pas fini mieux que je n'ai commencé, on dit : "Voyez comme ce garçon a stupidement agi en suivant un caprice de son imagination."
"Pourtant ce fut ma pauvreté et non ma volonté qui dut se résigner à la défaite. Il faut deux ou trois générations pour accomplir ce que j'ai essayé de faire en une seule; mes impulsions, mes passions, mes vices -- devrais-je peut-être les appeler -- étaient trop forts pour ne pas entraver un homme sans ressource; il m'aurait fallu un sang de poisson et un égoïsme de porc pour avoir vraiment chance de devenir un personnage important! Vous pouvez me tourner en ridicule -- j'y consens volontiers -- j'y prête sans aucun doute. Mais si vous saviez par quoi j'ai passé ces quelques dernières années, vous me plaindriez plutôt. Et s'ils savaient, -- il indiquait d'un geste de la tête le collège où arrivaient les hauts personnages -- ils en feraient peut-être autant.
- " Il a vraiment l'air malade et à bout de forces", dit une femme.
Le visage de Sue exprimait son émotion, mais elle était tout contre Jude et cachée par lui.
" Je me rendrai peut-être utile avant de mourir comme exemple effrayant de ce qu'il ne faut pas faire, sorte d'illustration d'une histoire édifiante", continua Jude, non sans une certain amertume, bien qu'il eût commencé avec sérénité. "Je ne suis après tout qu'une victime méprisable de cet esprit d'inquiétude morale et sociale qui fait tant de malheureux à notre époque.
- Ne leur dites pas cela", murmura Sue en larmes, comprenant l'état de Jude. " Ce n'est pas ce que vous êtes; vous avez lutté noblement pour vous instruire et seul les âmes les plus basses pourraient vous blâmer."
Jude changea l'enfant de position pour se reposer la bras et conclu:
" Est-ce que vous voyez, un homme pauvre et malade, n'est pas ce qu'il y a de pire en moi. Je tâtonne dans le noir, j'agis suivant mon instinct, sans suivre de modèle. Quand je suis venu ici, il y a huit ou neuf ans, j'avais tout un stock d'opinions arrêtées, mais elles sont tombées une à une et plus je vais, moins j'ai d'assurance. Je me demande si j'ai maintenant d'autre règle de vie que de suivre les inclinations qui ne peuvent nuire ni à moi, ni aux autres, et de faire plaisir à ceux que j'aime. Voilà messieurs, vous vouliez savoir ce que je devenais, je vous l'ai dit. Puisse cela vous être utile! Je ne puis m'expliquer plus longuement ici. Je vois bien qu'il y a quelque chose de faux dans nos formules sociales : pour le découvrir, il faudrait des hommes ou des femmes plus clairvoyant que moi -- si même ils peuvent y arriver de notre temps --" car, qui sait ce qui est bon pour l'homme sur terre? et qui peut dire à un homme ce qui existera après lui sous le soleil?
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MeduzanticMeduzantic   19 juin 2011
Les sillons encore frais ressemblaient aux lignes d'une pièce de velours côtelé toute neuve et donnaient à cette vaste étendue un aspect mesquinement utilitaire. Tous les accidents de terrain avaient disparu ; plus la moindre trace d'histoire : ne restait que celle des quelques derniers mois. Et pourtant à chaque motte de terre, à chaque pierre, s'attachaient des souvenirs innombrables - échos des chansons entendues lors des moissons passées, paroles échangées, faits et gestes audacieux. Sur chaque pouce de terrain, combien n'y avait-il pas eu de manifestations d'énergie et de gaieté, de jeux brutaux, de querelles ? Sur chaque mètre carré, des groupes de glaneurs s'étaient courbés au soleil. Les mariages d'amour qui avaient peuplé le hameau voisin s'étaient noués ici, après le dernier coup de faux et avant la rentrée des blés. Sous la haie qui bordait le champ, des filles s'étaient données à des amoureux qui n'avaient même plus tourné la tête pour leur accorder un regard à la moisson suivante ; dans les blés, plus d'un homme avait fait des serments d'amour à une femme : après le mariage, au temps des semailles le printemps suivant, la voix de cette même femme l'avait fait tressaillir par son ton aigre et autoritaire. Mais de tout cela, ni Jude, ni les corbeaux qui l'entouraient, n'avaient cure : ils ne voyaient là qu'un terrain dénudé, bon champ de travail pour l'un, bon grenier de provisions pour les autres.
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CarosandCarosand   28 octobre 2014
Le gamin se tenait au pied de la meule et, toutes les deux ou trois secondes, faisait résonner son claquet ou sa crécelle. A chaque coup, les corbeaux cessaient de picorer et s'élevaient lentement, battant avec lourdeur l'air de leurs ailes luisantes comme des cottes de mailles, puis tournoyaient en le regardant avec circonspection et enfin recommençaient leur repos à distance respectueuse.
Il secouait si bien son claquet que son bras lui faisait mal et, à la fin, il sentit en son cœur une grande sympathie pour les désirs contrariés des oiseaux. Il lui semblait que, comme lui, ils vivaient dans un monde hostile. Pourquoi les effrayer ? Ils prenaient de plus en plus à ses yeux l'apparence de doux amis, de protégés - les seuls amis auxquels il inspirât un semblant d'intérêt, car sa tante lui avait souvent dit qu'elle ne souciait pas de lui. Il cessa son vacarme et les oiseaux s'abattirent sur le sol.
" Pauvres petits chéris ! dit Jude tout haut. Vous aurez à dîner, je le veux. Il y en a assez pour nous tous. Le fermier Troutham peut supporter de vous en laisser un peu. Mangez donc, mes chers petits oiseaux, régalez-vous !"
Ils mangeaient en effet, petites taches noires sur la terre brunâtre, et Jude se réjouissait de leur appétit. Un fil magique de camaraderie les unissait à lui : leurs vies chétives et mélancoliques ressemblaient fort à la sienne.
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CarosandCarosand   28 octobre 2014
Jude sortit, conscient plus que jamais de l'inutilité de son existence ; il s'étendit sur un tas de litière près de l'étable à cochons. Le brouillard était alors devenu plus léger et laissait deviner le soleil. L'enfant tira son chapeau de paille sur son visage et rêvassa, en regardant par les interstices cette clarté blanchâtre. Il voyait que l'âge apporte des responsabilités. Les évènements ne s'enchaînaient pas comme il l'aurait pensé. La logique de la Nature était trop horrible pour qu'il s'en souciât. L'idée que ce qui était compassion envers certaines créatures devenait cruauté envers d'autres détruisait tout sentiment d'harmonie. Il s'apercevait qu'en grandissant on se sentait au centre de la vie et non sur un point de la circonférence comme lorsqu'on est petit : cela lui donnait le frisson. Tout autour de lui, il semblait y avoir des choses brillantes, éclatantes, assourdissantes ; ces lueurs et ces bruits frappaient cette petite cellule qui sécrète la vie, la secouaient et la brûlaient.
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angie22angie22   24 septembre 2014
Troutham avait attrapé sa main gauche dans la sienne et, faisant tournoyer à bout de bras son petit corps frêle autour de lui,frappait sa partie postérieure avec le plat du claquet. Le champ résonnait de l'écho des coups qu'il administrait. (...) Le bruit de l'instrument se propageait à travers champs, jusqu'aux oreilles des laboureurs éloignés (...); il parvenait même à travers le brouillard jusqu'à la tour de l'église flambant neuve pour laquelle le fermier avait généreusement souscrit, voulant ainsi témoigner de son amour pour Dieu et son prochain.
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Videos de Thomas Hardy (59) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Hardy
Loin de la foule déchaînée (Far from the Madding Crowd) (2015), un film dramatique américano-britannique de Thomas Vinterberg, l'adaptation du roman homonyme de Thomas Hardy, publié en 1874.
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