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ISBN : 2752907370
Éditeur : Phébus (13/02/2014)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Gaskell Elizabeth Cleghorn – Ruth : À Fordham, par une nuit d’hiver, Ruth, la jeune apprentie de Mrs Mason n’a pas le temps de s’ennuyer : demain, c’est le grand bal de la ville et toutes les couturières sont mobilisées ! Choisie pour sa beauté, elle se tiendra dans le vestibule de la salle de bal afin de réparer les accrocs aux robes des danseuses et fera la connaissance de M. Bellingham. Ils sympathisent puis naît une relation qui vaut à Ruth d’être congédiée. Ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
KRISS45
  05 octobre 2014
Avec Ruth ou l'innocence bafouée, je poursuis l'exploration des romans anglais du 19e qui ont, jusqu'alors, échappés à mon attention.
Ruth est une jeune fille modeste, orpheline, vertueuse, couturière dans un atelier et totalement ignorante des aléas de la vie amoureuse. Séduite, elle répond avec candeur aux avances d'un jeune homme de bonne famille "Elle était si peu habituée à s'opposer aux voeux de quiconque, obéissante et docile par nature, trop innocente pour soupçonner quelque conséquence nocive". Abandonnée et tombée en disgrâce à la naissance de son enfant, elle est rejetée par son entourage, perd son emploi et trouve refuge dans le foyer d'un pasteur et de sa soeur, tous deux célibataires et profondément charitables .A ce stade du roman, l'ambiance, le ton, tout devient profondément religieux :
esprit de charité chrétienne, dévotion certes mais surtout notion de la faute, peur du péché et du châtiment divin deviennent obsessionnels. le mensonge qui couvre le passé de Ruth devient le noyau des tourments de chacun des personnages.
En ce sens et comparé aux autres romans d'Elizabeth Gaskell( fille et épouse de pasteur),, "Ruth" est le plus mystique et le plus révélateur de l'esprit de bigoterie de l'époque victorienne, alors que "Cranford" apparaît comme une chronique bourgeoise et "Nord et Sud", plus ambitieux, une prise de conscience sociale.
Ruth me rappelle Tess, l'héroïne de Thomas Hardy et Katarina Maslova la domestique de "Resurrection" dans l'oeuvre de Tolstoï.
Sur ce sujet des "filles perdues" qui peut tomber dans la mièvrerie, l'auteure a évité l'écueil de la caricature. Son personnage du séducteur , bien que lâche et égoïste, se révélera un brave bougre prêt à racheter sa faute lorsqu'il aura pris conscience des conséquences de sa légèreté.
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hannah851
  27 décembre 2014
Ruth, c'est l'histoire d'une jeune orpheline dont la mort a rappelé trop tôt ses parents avant qu'ils n'aient eu le temps de lui enseigner la morale qui prévaut à l'époque ou de la protéger des avances d'un jeune homme de la haute société, Mr Bellingham.
Avec ce roman, Elizabeth Gaskell nous décrit une nouvelle fois le portrait d'une héroïne qui va se dresser contre les codes de la société victorienne pour atteindre son idéal. Pour Ruth, le but à atteindre est la respectabilité que son erreur de jeunesse lui a fait perdre. En effet, quelques mois après leur rencontre, Ruth est abandonnée enceinte lors d'un séjour au pays de Galles. En état de choc, elle est recueillie par le pasteur Brenson et sa soeur. Commence alors une longue période de rétablissement où Ruth va apprendre à comprendre et reconnaître sa faute tout en essayant de s'en faire pardonner aux yeux de Dieu. Cependant c'est la naissance de son fils qui va être le déclencheur du combat qu'elle va désormais mener pour se libérer de toutes ses fautes ultérieures et retrouver la pureté de son âme.
Les passages du roman concernant la rédemption de Ruth sont nombreux et montrent l'influence du milieu pastoral dans lequel vit l'auteur. En effet, Ruth ne cherche qu'à obtenir le pardon divin et jamais celui des hommes même si elle en souffre. En outre, la thématique de la rédemption par la religion qu'elle aborde ici est loin d'être un sujet commun dans la littérature victorienne. Elizabeth Gaskell défend à travers le portrait de Ruth, le droit à une seconde chance pour toutes les femmes qui ont enfreint le code de conduite seyant à la femme convenable (liaison hors mariage, prostitution...) et qui sont mises au banc de la société.
Au fil des pages, Ruth perd sa naïveté et son romantisme de jeune fille pour acquérir une personnalité forte où la grandeur morale domine et dont les actes vont jusqu'à la sainteté forçant ainsi le respect de ses contemporains.
Loin de se contenter de focaliser le roman sur Ruth, Elizabeth Gaskell nous offre à travers les descriptions de son entourage un tableau de la société anglaise d'une ville provinciale du début du XIXe siècle avec une attention toute particulière sur la bourgeoisie locale incarnée par la famille Bradshaw. Leur mode de vie, leurs relations amicales, leurs richesses, les conditions des femmes de la famille, tout y est scrupuleusement décrit et analysé. Ruth deviendra la gouvernante des filles de la famille mais aussi le témoin bien malgré elle des enjeux des élections politiques auxquelles participe son amour de jeunesse....
Un roman d'Elizabeth Gaskell que j'ai apprécié mais moins que d'autres notamment Nord et Sud ou Les confessions de Mr Harrison en raison de la place trop prégnante de la religion dans le roman même si elle un témoignage de l'importance qu'on lui accorde à l'époque.
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stcyr04
  05 octobre 2016
En cette deuxième moitié du XIXème siècle, les grand hôtels particuliers des nobles de province n'abritent plus leurs prestigieux hôtes. Ils ont été acquis par des promoteurs pour en faire des demeures plus modestes abritant des gens de métiers ou des commerçants. Les gentlemen farmer cèdent la place à la bourgeoisie industrieuse et triomphante : la révolution industrielle est passée par là.
Ruth Hilton est apprentie couturière chez la revêche mrs Mason. Orpheline, sous la tutelle d'un brasseur peu concerné par sa pupille, elle a toujours recherché la sympathie des autres; innocente et pure comme la neige, elle est d'une confiance et d'une simplicité désarmante. Durant un bal à la maison ducale, alors qu'elle répare la robe d'une altière demoiselle, elle rencontre son destin en la personne de Mr Bellingham, un jeune homme inconséquent, puérile, gâté et pleutre, qui ne tarde pas à la perdre de réputation. Elle est chassé de son emploi et est en quelque sorte, sous influence, enlevée par le bellâtre, qui l'amène en Galles du Nord où très vite il tombe malade. Elle le veille dans un total abandon de soi, toute à l'urgence de sa tâche. Mais elle a déjà goûté le fruit amer de l'expérience, elle a compris que partout où elle regardait elle rencontrait un regard qui la jugeait et la condamnait, quand ce n'était pas ses oreilles qui était blessées par de francs propos de mépris. Rétabli et soumis, devant la présence inexorable de sa mère tyrannique, Belligham sacrifie, de guerre lasse et lâchement, sa passion, à son confort personnel, à ses petits intérêts, et abandonne la Ruth esseulée à son triste sort. Délaissée, désespérée, alors que tout lui semble contraire, Mr Benson, un homme contrefait, pasteur dissident, la prend en sympathie, poussé par un profond sentiment de pitié chrétienne, et prend soin d'elle avec sa soeur Faith, la bien nommée, assistée de Sally, la rude femme de charge, peu amène mais bonne comme du bon pain. Puis elle devient gouvernante des filles de M. Bradshaw, notable de la congrégation dissidente, homme droit et monolithique, assez peu subtile en fait de bons sentiments et de préceptes sévères. Mais il est dit que Ruth n'a pas fini de payer sa faute juvénile et qu'elle devra boire la coupe amère du péché jusqu'à la lie.
Ruth est un roman à n'en pas douter chrétien, tant par l'intrigue que par le propos de son auteure, et par le recours régulier à certains passages de la Bible, dans la droite ligne des romans anglais de son temps. Elisabeth Gaskell s'attache à démontrer qu'une femme souillée n'est pas nécessairement une femme perdue et qu'à quelque chose malheur est bon, pour qui se repent et tâche de racheter ses erreurs. le roman est sobre, sans fioriture ni sensiblerie, tout en s'élevant parfois vers la poésie d'un paysage évocateur et symbolique. Comment ne pas être touché, ému même, par le destin de cette femme - dont le nom est celui d'un personnage de l'ancien testament dont la vie fut toute de pauvreté et d'humilité, rejetée et condamnée par des conventions sévères et inexorables et qui, à force de modestie, de dévouement, d'oubli de soi et de repentance, a su gagner la reconnaissance et l'estime de tous? Un grand roman.
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mogador83
  02 octobre 2014
Ruth, une jeune fille de seize ans innocente, se retrouve enceinte d'un jeune homme de bonne famille qui l'abandonne sans vergogne. Recueillie par un pasteur et sa soeur, devenue aux yeux de tous une veuve, elle regagne le respect et essaie de trouver sa place dans la société. L'histoire était intéressante mais le livre m'a un peu déçu. le rythme est très lent et l'auteur s'enlise dans des longues descriptions et des discours plein de religion et de morale... la fin est un brin étonnante. rien à voir avec l'action et le rythme plus soutenu de Nord et Sud que j'avais beaucoup aimé de cette auteure.
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ElizaLectures
  04 novembre 2014
Ruth est orpheline et travaille dans un atelier de couture pour gagner péniblement sa vie. C'est à l'occasion d'une soirée où elle se tient en coulisses pour réparer les accrocs des robes de ces dames qu'elle est remarquée par le charmeur Henry Bellingham. Il commence alors à la courtiser sans qu'elle y voie le mal, n'ayant plus aucun parent ou ami pour l'alerter des dangers et des conséquences d'une telle compagnie. Même lorsqu'elle et renvoyée de son travail pour avoir été vue sans chaperon au bras de Bellingham, Ruth ne voit d'autre remède que de s'en remettre à son séducteur, qui l'emmène en voyage au pays de Galles. Et à ce moment-là, même si on anticipe la suite des événements, j'avoue que Bellingham m'inspirait une certaine sympathie : à aucun moment l'auteur ne tombe dans une vision tranchée du monde, où le bien et le mal seraient immédiatement détectables en chacun de ses personnages. La pluie s'invite lors de leur séjour et le gentilhomme (à défaut d'être gentleman) tombe gravement malade. C'est sa mère Lady Bellingham qui vient prendre soin de lui. Horrifiée d'apprendre qu'il n'est pas seul, elle fait tenir Ruth à l'écart et ramène en secret son fils chez elle. Ruth, désespérée, est recueillie par un pasteur, Mr Benson, qui apprend bientôt qu'elle est enceinte.
C'est là que l'histoire diffère de celle de Tess d'Urberville : contrairement à Thomas Hardy pour qui Tess expiera sa faute durant toute son existence, lui refusant même l'espoir d'un bonheur durable avec Angel Clare qui se détournera d'elle, Elizabeth Gaskell fait de ce pasteur l'instrument de la rédemption de Ruth. Au mépris des us et croyances de la société, Benson décide de l'accueillir chez lui avec sa soeur Faith (Foi), et même de mentir à son entourage pour la faire passer pour une veuve respectable de sa famille. Ce secret pèsera longtemps sur sa conscience, mais la vue de Ruth reprenant goût à la vie sera sa plus belle récompense. Il ira même jusqu'à la dissuader de se suicider pour qu'elle se consacre à son fils Léonard, ce fils qui n'aurait aucune existence reconnue en tant que bâtard. Véritable mater dolorosa, Ruth va racheter cette faute originelle par une vie exemplaire, jusqu'à ce que son passé ne la rattrape.
On peut avoir du mal à se représenter à quel point la conduite des Benson pouvait être indécente aux yeux de la société : recueillir une fille séduite, élever son enfant, mentir pour la faire passer pour une femme mariée…! Dans Tess d'Urberville, la seule mention de la « faute » de Tess, alors que son enfant est mort, suffit à la rejeter parmi les ombres. Elizabeth Gaskell nous livre donc ici un superbe portrait de femme et une interprétation personnelle de la charité, bien loin des conduites bien-pensantes et hypocrites de l'époque. Une interprétation religieuse certes, mais d'une religion de lumière, d'espoir et d'amour qui ne peut que nous émouvoir par la bonté qu'elle révèle chez son auteur.
Lien : http://passionlectures.wordp..
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Citations et extraits (90) Voir plus Ajouter une citation
JoohJooh   26 août 2015
On pourra dire ce que l'on veut à propos du peu de respect que l'on témoigne à la vertu lorsque celle-ci ne s'accompagne pas des hasards de la richesse ou du rang; mais il me semble à moi que, sur le long terme, la simple et vraie vertu est récompensée comme il se doit par le respect et les égards de ceux dont l'estime a quelque valeur. Certes, on ne lui accorde point ce que l'on accorde aux grands de ce monde - une obéissance grossière et des compliments sans objet -, mais tout ce qu'il y a de meilleur et de plus noble dans le coeur des autres s'éveille et s'avance à la rencontre de la vertu, pourvu qu'elle soit pure, simple, et inconsciente d'elle-même.
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JoohJooh   13 août 2015
Que l'on se rappelle comme elle était jeune, innocente, et orpheline ! Il lui semblait qu'être avec lui serait un bonheur suffisant; quant au futur, il s'en occuperait et déciderait de tout. L'avenir était enveloppé d'une brume dorée qu'elle ne se souciait pas de pénétrer; mais si lui, son soleil, disparaissait de sa vue, la brume dorée se changeait en un brouillard sombre et épais, qui ne laissait plus filtrer nul espoir.
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JoohJooh   16 août 2015
Il avait bien plus pensé à Ruth qu'elle n'avait pensé à lui, quoiqu'il eût représenté un plus grand bouleversement dans sa vie qu'elle dans la sienne. Il était troublé par l'impression qu'elle lui avait laissé, quoiqu'il n'analysât point la nature de ses sentiments en général, mais se contentait d'y prendre plaisir avec le délice que trouve la jeunesse dans l'expérience d'une puissante émotion nouvelle.
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JoohJooh   12 août 2015
Nul n'aime à s'entendre dire que son humeur, qui le pousse à voir les choses sous un certain angle, ne sera plus la même un peu plus tard. Cela suppose que nos sentiments présents nous aveuglent, et qu'un observateur plus calme que nous est plus à même que nous de distinguer notre futur. Même le plus superficiel des hommes à horreur d'entendre dire qu'il est un livre ouvert aux yeux des autres.
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JoohJooh   15 août 2015
Elle obéit et ne put s'empêcher de remarquer sa propre beauté; elle en ressentit de la satisfaction, comme à la vue de n'importe quel bel objet, mais sans l'associer à elle-même. Elle ne vivait que pour ressentir, pour réfléchir, et pour aimer.
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