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ISBN : 2253140937
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1997)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 253 notes)
Résumé :
Elles sont quarante, enfermées dans une cave, sous la surveillance d'impassibles gardiens qui les nourrissent.
La plus jeune - la narratrice - n'a jamais vécu ailleurs. Les autres, si aucune ne se rappelle les circonstances qui les ont menées là, lui transmettent le souvenir d'une vie où il y avait des maris, des enfants, des villes. Mystérieusement libérées de leur geôle, elles entreprennent sur une terre déserte une longue errance à la recherche d'autres hu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
latina
  09 septembre 2012
Il fait beau, je suis sur ma terrasse, à l'ombre d'un parasol, et je savoure la douceur de vivre…
Je la savoure d'autant plus que je viens d'achever le roman bouleversant de Jacqueline Harpman : ‘Moi qui n'ai pas connu les hommes'. L'héroïne, elle, ne sait pas la joie des saisons, la grâce du vol d'un papillon, les rapports simples de la communauté humaine.
L'héroïne ne se souvient pas de son passé. Ses seuls souvenirs sont une cave, une cage, des gardes, et des femmes. Des femmes par ailleurs désespérées, nostalgiques d'un temps d'avant, d'avant…quoi ? D'avant l'Apocalypse ? L'héroïne n'a pas de nom, on l'appelle « La petite ».
Mais contrairement à toutes ces femmes, elle veut vivre. Elle questionne, elle regarde ; une seule femme, Théa, consent à l'aider, à lui donner quelques instants bien à elle pour l'instruire. C'est l'époque de son adolescence, sa volonté de faire face, de s'opposer se déploie….
Et puis soudain, survient « quelque chose » : une sirène d'alarme retentit, les gardes, affolés, quittent la cave, laissant la grille ouverte. Les femmes en profitent pour sortir…et là, elles ne trouvent que la solitude. Où sont-elles ? Devant elles, une étendue d'herbe pauvre, un soleil, de la pluie, et c'est tout. Leur errance va commencer. Errance qui va durer des années…
Je n'en dis pas plus pour ne pas divulguer le mystère de cette histoire, mystère qui d'ailleurs, ne sera jamais levé. Mais jamais, jamais, je n'oublierai le lent désespoir, la lente désagrégration de ces femmes qui avaient un mari, des enfants, peut-être, et qui se retrouvent inutiles, sans but. Je me suis complètement, totalement immergée dans leur esprit et dans leur coeur, mieux encore que dans celui de « La Petite », puisqu'elle, elle a toujours connu ce monde étrange.
Comment vivre en communauté, rien qu'avec des femmes ; comment vivre avec la douleur déchirante d'un passé heureux et aboli…Comment mourir, aussi, tenaillé par la désespérance ?
Une chape de plomb m'est tombée sur les épaules, m'a ensevelie, et m'a arraché des larmes d'horreur, oui, je l'avoue. C'est « La petite » qui m'a relevée, grâce à sa force de vie, à sa curiosité insatiable, à sa volonté inébranlable.
Mais les circonstances vont-elles lui être favorables ?
Je pense que c'est un des romans qui va rester à tout jamais gravé dans mon esprit et dans mon âme. Il m'a fait prendre conscience que la vie est là, simple et tranquille, et que malgré ses vicissitudes, il faut l'en remercier, car nous sommes entourés d'une communauté, nous avons un but, quel qu'il soit, nous avons un destin à accomplir.
Après « Orlanda », Jacqueline Harpman m'a transpercée avec « Moi qui n'ai pas connu les hommes »

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Gwen21
  09 mars 2016
Inimaginable ! Sordide ! Insensé !
Voilà ce que le lecteur a envie de hurler à la lecture de ce court roman post-apocalyptique. Roman de la stérilité et de la solitude, de l'invraisemblance qui glace le sang, "Moi qui n'ai pas connu les hommes" est une chronique futuriste qui donne à réfléchir.
"La petite", la narratrice, est une adolescente d'une quinzaine d'années, enfermée dans une cave avec trente-neuf autres femmes. Prisonnière depuis son plus jeune âge, elle n'a aucun souvenir du "monde d'avant" où, paraît-il, circulaient calmement des automobiles, où les enfants jouaient dans le square et où les amoureux se promenaient main dans la main… le "monde d'avant" où, aussi, les peuples se déchiraient en massacres nucléaires, où la consommation ne pouvait plus être relancée tant les ménages étaient équipés, où une planète phtisique se consumait à petit feu... Contrairement à ses compagnes d'incarcération, "la petite" n'a rien connu de tout ça, elle n'a connu que l'après : cette cave, cette cage, ces gardes muets qui veillent à ce qu'elles aient de quoi manger, se soigner, s'habiller, se laver, dormir, qui veillent à ce qu'elles ne se touchent jamais et qu'elles ne parlent pas trop entre elles. Par conséquent "la petite" a peu de sentiments, elle ne connait pas le sens du remord, celui du regret, encore moins celui de l'amour.
Et puis, un jour, une alarme. Un hasard. Une porte ouverte.
Liberté. Remontée à la surface. Désolation. Paysage lunaire.
Désert. Personne. Nulle part.
Que faire désormais de cette liberté qu'on lui dit être pourtant le bien le plus précieux ?
Ce roman est court mais très intense. Il est dérangeant, et parfois carrément flippant. Quarante femmes qui errent dans une plaine désertique sans but, sans objectif, sans enjeux. Sont-elles seulement encore sur Terre ? Comment savoir ? Elles ne savent rien, ni pourquoi elles ont été enlevées ni pourquoi elles ont été enfermées sous terre pendant tant d'années. Elles ignorent où elles sont, ce qu'elles doivent faire, pourquoi elles vivent, à peine si elles se rappellent de qui elle sont.
"Moi qui n'ai pas connu les hommes" est un conte philosophie dystopique. L'auteur imagine un "après" à notre monde "civilisé". Peu d'informations sont fournies, comme un fait exprès pour nous encourager à faire jouer notre imagination et à concevoir ce rêve noir à travers un monde complètement stérile et inutile. Un roman qui cherche aussi à prouver que l'espoir reste chevillé à l'âme humaine même dans les circonstances les plus pessimistes.
Mais, au fait, s'agit-il réellement d'un rêve noir ou bien le lecteur de 2016 est-il autorisé à penser : Inimaginable ? Sordide ? Insensé ?

Challenge Multi-Défis 2016
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Eric76
  30 novembre 2014
Un livre surprenant, accaparant, et totalement anxiogène ( à ne pas lire la nuit pour les émotifs). C'est l'histoire de quarante femmes enfermées depuis de longues années dans une cage. Personne ne sait pourquoi ni comment elles sont arrivées là. Leurs gardiens ne leur parlent jamais. Parmi elles, la petite, trop jeune pour avoir conservé des souvenirs de la vie d'avant. Jusqu'au jour où une sirène retentit. Les gardiens disparaissent, où plutôt s'évanouissent. Les voilà redevenues libres. Commence alors une longue errance à travers une plaine infinie, herbeuse et caillouteuse. La petite, inculte, pauvre de tout, apprend avec avidité tout ce que les autres sont en mesure de lui enseigner. Elle essaie de comprendre à quoi ressemblait la vie d'avant racontée par les autres femmes. Une vie qui ne sera jamais la sienne pourtant, car elle est la seule à être de ce pays étrange.
La fin du roman est bouleversante. Je ne suis pas prêt d'oublier le moment où la petite découvre pour la première fois son visage en se regardant dans un miroir. Je ne sais pas s'il y a un sens caché dans ce livre si particulier (J. Harpman était une psychanalyste). Moi, je l'ai pris au sens littéral, et j'ai une profonde admiration pour la petite qui a réussi à donner un sens à sa vie.
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LiliGalipette
  07 août 2012
Dans une cave, quarante femmes sont emprisonnées et leur quotidien est rythmé par le passage des gardes et par les repas. « Nous étions toutes mêmement enfermées sans savoir pourquoi, gardées par des geôliers qui, soit par mépris, soit par ordre, n'adressaient la parole à aucune d'entre nous. » (p. 21) Parmi ces femmes, la plus jeune se rebelle. « Ma mémoire commence avec ma colère. » (p. 12) Elle n'a pas connu le monde d'avant et elle écoute les récits des autres femmes avec curiosité et étonnement. Elle refuse d'attendre sans rien faire, contrairement aux autres femmes qui sont plus résignées. « Les révoltes sont inutiles. Il faut attendre de mourir. » (p. 35) La première des rébellions de la petite, c'est de compter le temps : elle dénombre les heures à l'aide des battements de son coeur, devenant une horloge vivante.
Un jour, une sirène se déclenche et les gardes disparaissent en laissant la clé sur la serrure. Livrées à elles-mêmes, les femmes quittent la cave, sortent à la surface et découvrent une immense plaine qui s'étend à perte de vue. le paysage ne ressemble pas à la Terre, ni à aucun pays des prisonnières. À l'air libre, les quarante femmes s'organisent et décident d'explorer ce territoire inconnu. Parmi elles, la petite est avide de savoir, de découvrir et d'apprendre, même si ses compagnes n'en voient pas l'intérêt. « Comme si elle n'arrivait pas à se rendre compte que pour moi, rien n'était banal, puisque rien ne m'était arrivé. » (p. 119)
Cette dystopie est particulièrement angoissante. le monde ne ressemble à rien de connu, ce n'est qu'une plaine sans fin et tous les lieux se ressemblent. Les femmes qui se souviennent de la vie d'avant ne peuvent parler que d'insensé. Ce monde n'est pas le leur, mais l'espoir du retour est vain. Et les questions ne cessent de s'accumuler : où sont-elles ? Pourquoi sont-elles là ? « À quoi servions-nous, ici ? » (p. 31) À mesure des années, la petite comprend qu'elle ne saura jamais. Elle fait siens l'incertitude et l'improbable. « Voilà encore une question qui restera sans réponse : il me semble que je ne suis que de cela. » (p. 122) La petite devient peu à peu la seule dépositaire d'un univers où l'humain a disparu, où la vie même se résume à des caves où la lumière ne s'éteint jamais. Mais la petite, devenue adulte, ne regrette pas le monde d'avant. « Je n'ai pas connu ce que vous regrettez tant. » (p. 130) Pour elle, cette plaine immuable est un monde suffisant, le seul qu'elle habitera jamais.
Chez la petite, la volonté farouche d'imaginer et de connaître m'a vraiment rappelé le mythe de la caverne selon Platon. Elle ne dispose que des récits de ses compagnes pour tenter de concevoir ce qu'elle n'expérimentera jamais. Ce qu'elle projette sur le pauvre monde qu'elle parcourt n'est que l'ombre d'une civilisation qu'elle n'a jamais habitée, ce ne sont que les pensées reliques d'autres personnes qui n'ont pas su se couler dans un nouvel univers. Les questions se bousculent à l'issue de la lecture, mais il ne faut pas chercher à les résoudre. Jacqueline Harpman offre un monde clos sur lui-même, sans équivalent et sans comparaison. Il est vain d'y projeter un sens venu d'un autre monde. le lecteur, comme les personnages, ne peut que se cogner aux parois d'un univers inepte.
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Magenta
  30 novembre 2012
Jamais je n'ai lu d'histoire semblable...et j'ai été scotchée du début à la fin!
Difficile de ne pas espérer autant que ces femmes, de ne pas perdre espoir parfois, de ne pas attendre impatiemment, à la découverte d'une autre "guérite", s'il y a d'autres "vivants". Mais est-ce être vivants que de se retrouver seule dans un monde inhabité, sans végétation, sans faune? Avec juste ces caves remplies de vivres et qui, bizarrement, restent alimentées par l'électricité pendant plus de quarante ans.
Une question m'est souvent revenue : Peut-on, d'instinct, ressentir des sentiments quand on n'en a pas bénéficié?
Comment s'imaginer l'Amour quand on a grandi sans le moindre contact physique? A méditer...
Un livre prenant, inclassable, superbe.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   01 mars 2016
J'étais la plus jeune, la seule qui fût encore enfant quand nous avions été enfermées. Les femmes ont toujours pensé que je devais n'être parmi elles que par erreur, que dans le grand tumulte qui avait régné, j'avais été envoyée du mauvais côté et que cela n'avait pas été corrigé. Sans doute, une fois les grilles fermées, ne devaient-elles jamais se rouvrir.
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latinalatina   09 septembre 2012
Je me dis que ce que j’avais ressenti pour elle, cette confiance qui s’était lentement développée, cette préférence constante et cette joie chaque fois que je la retrouvais après une expédition étaient sans doute ce que les femmes nommaient amour.
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LuniverLuniver   16 avril 2012
Pourquoi s'acharnaient-elles toutes à ne rien dire ? Je tentais de me consoler en me disant que leur secret n'était qu'un secret de polichinelle, puisque chacune le possédait. Était-ce pour lui redonner du lustre qu'elles me le refusaient, pour lui rendre l'éclat d'un trésor admirable qu'elles créaient, en se taisant, une fille qui ne savait pas et qui les regarderait comme les dépositaires d'une merveille, ne me maintenaient-elles dans l'ignorance que pour feindre de n'être pas tout à fait démunies ?
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latinalatina   09 septembre 2012
Elles ne veulent pas penser aux enfants. Probablement sont-ils tous morts. Tu n'as jamais vu un enfant, tu ne sais pas ce que cela représente, leur fragilité, leur confiance, l'amour qu'on a pour eux, le souci, être prête à donner sa vie, vouloir mourir pour les préserver, et que c'est intolérable d'imaginer la douleur d'un enfant.
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Gwen21Gwen21   06 mars 2016
- A quoi sert-il d'en parler ? Cela ne changera rien.
- Voilà encore bien votre stupidité ! Comme si parler ne devait servir qu'à produire des événements. Parler, c'est exister. Regarde : elles le savent si bien qu'elles parlent pendant des heures pour ne rien dire.
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Videos de Jacqueline Harpman (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline Harpman
Lectomaton, extrait de "La plage d'Ostende", de Jacqueline Harpman, lecture par une étudiante IESSID, bibliothécaire documentaliste.
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