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EAN : 9782253140931
191 pages
Le Livre de Poche (01/02/1997)
4.05/5   413 notes
Résumé :
Elles sont quarante, enfermées dans une cave, sous la surveillance d'impassibles gardiens qui les nourrissent.
La plus jeune - la narratrice - n'a jamais vécu ailleurs. Les autres, si aucune ne se rappelle les circonstances qui les ont menées là, lui transmettent le souvenir d'une vie où il y avait des maris, des enfants, des villes. Mystérieusement libérées de leur geôle, elles entreprennent sur une terre déserte une longue errance à la recherche d'autres hu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (85) Voir plus Ajouter une critique
4,05

sur 413 notes
Il fait beau, je suis sur ma terrasse, à l'ombre d'un parasol, et je savoure la douceur de vivre…
Je la savoure d'autant plus que je viens d'achever le roman bouleversant de Jacqueline Harpman : ‘Moi qui n'ai pas connu les hommes'. L'héroïne, elle, ne sait pas la joie des saisons, la grâce du vol d'un papillon, les rapports simples de la communauté humaine.
L'héroïne ne se souvient pas de son passé. Ses seuls souvenirs sont une cave, une cage, des gardes, et des femmes. Des femmes par ailleurs désespérées, nostalgiques d'un temps d'avant, d'avant…quoi ? D'avant l'Apocalypse ? L'héroïne n'a pas de nom, on l'appelle « La petite ».
Mais contrairement à toutes ces femmes, elle veut vivre. Elle questionne, elle regarde ; une seule femme, Théa, consent à l'aider, à lui donner quelques instants bien à elle pour l'instruire. C'est l'époque de son adolescence, sa volonté de faire face, de s'opposer se déploie….
Et puis soudain, survient « quelque chose » : une sirène d'alarme retentit, les gardes, affolés, quittent la cave, laissant la grille ouverte. Les femmes en profitent pour sortir…et là, elles ne trouvent que la solitude. Où sont-elles ? Devant elles, une étendue d'herbe pauvre, un soleil, de la pluie, et c'est tout. Leur errance va commencer. Errance qui va durer des années…
Je n'en dis pas plus pour ne pas divulguer le mystère de cette histoire, mystère qui d'ailleurs, ne sera jamais levé. Mais jamais, jamais, je n'oublierai le lent désespoir, la lente désagrégration de ces femmes qui avaient un mari, des enfants, peut-être, et qui se retrouvent inutiles, sans but. Je me suis complètement, totalement immergée dans leur esprit et dans leur coeur, mieux encore que dans celui de « La Petite », puisqu'elle, elle a toujours connu ce monde étrange.
Comment vivre en communauté, rien qu'avec des femmes ; comment vivre avec la douleur déchirante d'un passé heureux et aboli…Comment mourir, aussi, tenaillé par la désespérance ?
Une chape de plomb m'est tombée sur les épaules, m'a ensevelie, et m'a arraché des larmes d'horreur, oui, je l'avoue. C'est « La petite » qui m'a relevée, grâce à sa force de vie, à sa curiosité insatiable, à sa volonté inébranlable.
Mais les circonstances vont-elles lui être favorables ?

Je pense que c'est un des romans qui va rester à tout jamais gravé dans mon esprit et dans mon âme. Il m'a fait prendre conscience que la vie est là, simple et tranquille, et que malgré ses vicissitudes, il faut l'en remercier, car nous sommes entourés d'une communauté, nous avons un but, quel qu'il soit, nous avons un destin à accomplir.

Après « Orlanda », Jacqueline Harpman m'a transpercée avec « Moi qui n'ai pas connu les hommes »



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Inimaginable ! Sordide ! Insensé !

Voilà ce que le lecteur a envie de hurler à la lecture de ce court roman post-apocalyptique. Roman de la stérilité et de la solitude, de l'invraisemblance qui glace le sang, "Moi qui n'ai pas connu les hommes" est une chronique futuriste qui donne à réfléchir.

"La petite", la narratrice, est une adolescente d'une quinzaine d'années, enfermée dans une cave avec trente-neuf autres femmes. Prisonnière depuis son plus jeune âge, elle n'a aucun souvenir du "monde d'avant" où, paraît-il, circulaient calmement des automobiles, où les enfants jouaient dans le square et où les amoureux se promenaient main dans la main… le "monde d'avant" où, aussi, les peuples se déchiraient en massacres nucléaires, où la consommation ne pouvait plus être relancée tant les ménages étaient équipés, où une planète phtisique se consumait à petit feu... Contrairement à ses compagnes d'incarcération, "la petite" n'a rien connu de tout ça, elle n'a connu que l'après : cette cave, cette cage, ces gardes muets qui veillent à ce qu'elles aient de quoi manger, se soigner, s'habiller, se laver, dormir, qui veillent à ce qu'elles ne se touchent jamais et qu'elles ne parlent pas trop entre elles. Par conséquent "la petite" a peu de sentiments, elle ne connait pas le sens du remord, celui du regret, encore moins celui de l'amour.

Et puis, un jour, une alarme. Un hasard. Une porte ouverte.
Liberté. Remontée à la surface. Désolation. Paysage lunaire.
Désert. Personne. Nulle part.
Que faire désormais de cette liberté qu'on lui dit être pourtant le bien le plus précieux ?

Ce roman est court mais très intense. Il est dérangeant, et parfois carrément flippant. Quarante femmes qui errent dans une plaine désertique sans but, sans objectif, sans enjeux. Sont-elles seulement encore sur Terre ? Comment savoir ? Elles ne savent rien, ni pourquoi elles ont été enlevées ni pourquoi elles ont été enfermées sous terre pendant tant d'années. Elles ignorent où elles sont, ce qu'elles doivent faire, pourquoi elles vivent, à peine si elles se rappellent de qui elle sont.

"Moi qui n'ai pas connu les hommes" est un conte philosophie dystopique. L'auteur imagine un "après" à notre monde "civilisé". Peu d'informations sont fournies, comme un fait exprès pour nous encourager à faire jouer notre imagination et à concevoir ce rêve noir à travers un monde complètement stérile et inutile. Un roman qui cherche aussi à prouver que l'espoir reste chevillé à l'âme humaine même dans les circonstances les plus pessimistes.

Mais, au fait, s'agit-il réellement d'un rêve noir ou bien le lecteur de 2016 est-il autorisé à penser : Inimaginable ? Sordide ? Insensé ?


Challenge Multi-Défis 2016
Challenges Petits Plaisirs 2016
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J'avais choisi de lire ce titre pour le Challenge Solidaire sans vraiment faire attention au thème, j'avais juste vu qu'il s'agissait de femmes enfermées par 40 dans une cave, sans pouvoir se toucher, sans savoir pourquoi et avec des gardiens qui les surveillaient sans relâche et sans parler. J'ai tout de suite pensé aux femmes qui sont enlevées en Afrique, le plus souvent, avant de comprendre que c'était une dystopie, la torture physique en moins.

Nous ne saurons rien sur la “catastrophe” qui semble avoir eu lieu, ni sur la raison de l'enfermement des femmes, adultes et qui ne se connaissaient pas, ni quels projets étaient prévus pour elles, alors qu'elles étaient là depuis des années ! Dans le regroupement une enfant est passée inaperçue et a grandi dans ce lieu. Elle est la dernière survivante et entreprend d'écrire ce dont elle se souvient avant de disparaître à son tour !

Etrange récit d'une femme qui n'a pas de souvenirs d'avant, qui n'a pas connu l'extérieur, la famille, l'amour, les relations humaines. C'est dérangeant, d'autant plus en ne sachant rien des raisons de tout ceci ! J'ai eu l'impression d'être à l'extérieur de cette histoire et je n'ai pas réussi à me sentir proche de ces femmes, ni même de la narratrice.

Je me suis régulièrement demandé comment je pourrais réagir à être dans cette situation mais, honnêtement, c'est difficile d'être certaine sur ma capacité à m'adapter, sur la force de mon instinct de survie. le plus difficile a été d'imaginer, comme la narratrice, ne pas savoir quoique ce soit, ne pas savoir les noms des choses qu'elles verront en sortant de la cage.

Du coup j'ai été gênée par le fait qu'elle se mette à penser à des choses complexes très rapidement, à être capable de calculs avec les rares notions apprises des autres femmes. Même en ayant un QI très élevé, un cerveau non stimulé, non entrainé a peu de chance d'arriver à un tel niveau rapidement !

Il manque quelque chose pour en faire une lecture totalement poignante, n'ayant aucun ancrage dans notre réalité et mon approche a été plus intellectuelle qu'émotionnelle.

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Il n'est pas étonnant que ce bouquin se soit retrouvé dans ma PAL vu son genre mais je ne me souviens absolument pas dans quelles circonstances j'en avais entendu parler. Quoi qu'il en soit, ce roman avait de quoi me plaire et n'est pas dénué de certaines qualités mais je ressors malgré tout déçue de cette lecture.

L'argument de départ de « Moi qui n'ai pas connu les hommes », relevant à la fois du post-apo et de la dystopie, est intéressant et prometteur. On suit un groupe de 40 femmes qui vivent enfermées dans une cave sous la surveillance muette de gardiens. Elles sont nourries quotidiennement, ne quittent jamais ce lieu. Jusqu'au jour où leur grille est ouverte sans que l'on sache pourquoi. Leurs gardiens ne sont plus là, les femmes vont alors entamer un périple dans des paysages désolés à la recherche de réponses. Ce point de départ promettait un récit âpre et étrange, porteur de questionnements philosophiques sur la liberté, le sens de la vie, le savoir… Les espoirs que je plaçais dans le roman n'ont pas tous été satisfaits.

La qualité première de « moi qui n'ai pas connu les hommes » est son atmosphère. Indéniablement, le roman a une ambiance singulière, un ton très personnel. L'écriture de Harpman est plutôt agréable. le récit est suffisamment bien mené pour accrocher le lecteur, à aucun moment on ne s'ennuie. Pourtant, j'ai trouvé ce roman très creux. Il m'a semblé que, finalement, il ne racontait pas grand-chose et ne suscitait pas vraiment les questionnements philosophiques que j'en attendais. « Moi qui n'ai pas connu les hommes » m'a semblé beau mais vain. le fait que l'on ait aucune réponse, même pas un début d'explication, participe de ce sentiment de vacuité. En général, je n'aime pas qu'un auteur cherche à tout expliquer à tout prix, bien souvent les réponses sont décevantes et je préfère souvent que l'auteur laisse planer le mystère. Ici, ce manque d'explication m'a frustrée. En fait, j'ai eu l'impression que si Harpman ne donnait aucune réponse, aucune explication c'est parce qu'elle ne savait pas vraiment où elle allait ni ce qu'elle voulait dire et raconter, qu'elle s'était entièrement reposée sur un formidable argument de départ mais sans savoir quoi en faire.
Par ailleurs, à aucun moment je n'ai ressenti d'empathie pour les personnages. Certaines des femmes du groupe sont pourtant très bien caractérisées, notamment l'héroïne. Mais malgré leur épaisseur psychologique, les personnages m'ont semblée plats, désincarnés, je n'ai jamais réussi à me sentir vraiment concernée par ce qui leur arrivait.

Si j'ai lu ce roman sans ennui et si je lui ai trouvé des qualités, un formidable argument de départ, une atmosphère singulière et une écriture plutôt belle, j'ai tout de même l'impression d'avoir perdu mon temps. « Moi qui n'ai pas connu les hommes » ne m'a pas fait ressentir d'émotions. Tout au long de ma lecture, j'ai perçu comme une distance avec le roman qui m'a empêchée de me sentir impliquée. Je suis donc restée à côté, en marge de ce récit.
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Etrange récit.
Le roman s'ouvre sur une cave à l'intérieur de laquelle il y a une cage. Dans cette cage sont enfermées 40 femmes surveillées en permanence par trois gardiens.
Aucune interaction entre elles et eux sauf les coups de fouet pour signifier ou rappeler les interdits notamment aucun contact physique entre les détenues quelque sa nature : affrontement, réconfort…
La narratrice est différente de ses compagnes qui se sont toutes retrouvées enfermées alors qu'elles étaient déjà adultes. Elle n'était encore qu'une enfant. Aucune ne sait comment elles sont arrivées là, le pourquoi de cette détention. Ce mystère les mine. Ce qu'il est advenu de leurs proches également.
« La petite », elle, est plutôt en colère. Cette colère s'exprime à l'endroit de ses compagnes car elle ne comprend pas leur regret de leur vie d'avant, leurs rires quand elles évoquent des choses de la vie donc elle ignore tout, leurs messes basses quand il s'agit de parler d'amour.
Un jour, une sirène retentit, les gardes disparaissent et les femmes sortent. le mystère alors s'épaissit.
Elles découvrent un environnement vide, une plaine qui ne semble accueillir aucune vie. Elles entament alors un périple afin de trouver la civilisation, de trouver d'autres êtres humains. En fait, au fil de leur voyage, les seuls éléments qu'elles trouvent sont des caves comme la leur occupées par 40 femmes ou 40 hommes qui n'ont pas eu la chance d'avoir la grille de la cage ouverte quand a sonné l'alarme.
Ce roman pose les questions du sens de la vie. Une fois qu'on a mangé quand on a faim, dormi quand on est fatigué pourquoi vit-on ? L'absence de références de la narratrice permet de mettre en évidence le caractère primordial de la curiosité, des apprentissages. Dans un univers vide, n'offrant aucune distraction comment continuer à avancer, à trouver un intérêt à vivre ?
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Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
J'étais la plus jeune, la seule qui fût encore enfant quand nous avions été enfermées. Les femmes ont toujours pensé que je devais n'être parmi elles que par erreur, que dans le grand tumulte qui avait régné, j'avais été envoyée du mauvais côté et que cela n'avait pas été corrigé. Sans doute, une fois les grilles fermées, ne devaient-elles jamais se rouvrir.
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Pourquoi s'acharnaient-elles toutes à ne rien dire ? Je tentais de me consoler en me disant que leur secret n'était qu'un secret de polichinelle, puisque chacune le possédait. Était-ce pour lui redonner du lustre qu'elles me le refusaient, pour lui rendre l'éclat d'un trésor admirable qu'elles créaient, en se taisant, une fille qui ne savait pas et qui les regarderait comme les dépositaires d'une merveille, ne me maintenaient-elles dans l'ignorance que pour feindre de n'être pas tout à fait démunies ?
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Je me dis que ce que j’avais ressenti pour elle, cette confiance qui s’était lentement développée, cette préférence constante et cette joie chaque fois que je la retrouvais après une expédition étaient sans doute ce que les femmes nommaient amour.
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Avant de repartir, je regardai longuement la scène que je laissais derrière moi : l'autobus offert à la rouille, carcasse posée au milieu de la plaine et qui s'y détruirait lentement au long des siècles, les tombes en cercle, ornées par les masques et les armes, le silence à peine troublé par l'éternel chuchotement du vent. Tout cela me parut incroyablement étrange, sinistre et émouvant. Je sentis le poids de l'inexplicable, de ma vie, de cet univers dont j'étais l'unique témoin. Je n'avais rien d'autre à y faire que continuer à cheminer. Un jour, j'y mourrais. Comme les gardes.
Je suivis la route.
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- A quoi sert-il d'en parler ? Cela ne changera rien.
- Voilà encore bien votre stupidité ! Comme si parler ne devait servir qu'à produire des événements. Parler, c'est exister. Regarde : elles le savent si bien qu'elles parlent pendant des heures pour ne rien dire.
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Videos de Jacqueline Harpman (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline Harpman
Lectomaton, extrait de "La plage d'Ostende", de Jacqueline Harpman, lecture par une étudiante IESSID, bibliothécaire documentaliste.
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