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EAN : 9782804012922
Éditeur : Espace Nord (23/04/2002)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 41 notes)
Résumé :
L’histoire passionnante d’une femme amoureuse d’un homme et d’un fleuve. Parviendra-t-elle à concilier ces deux amours si différents ? Il faudra que la comtesse des digues choisisse et qu’elle trouve, entre l’homme et le fleuve, une nouvelle harmonie.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
latina
  09 juin 2015
« La comtesse des digues » est un roman qui a toujours fait partie de moi, du plus loin que je m'en souvienne. Ce roman de terre et d'eau, d'osier et de vent, me murmure son message et me rassure. Je vais tenter d'expliquer ce profond sentiment qui m'habite lorsque, de temps en temps, je relis cette oeuvre. Tâche difficile de faire partager ses sentiments « instinctifs » et quasi obscurs ...
Marie Gevers est une auteure belge, elle a écrit cette histoire en 1931, celle-ci se passant dans les plaines « où l'Escaut est roi », c'est-à-dire en Belgique flamande.
Et pourtant, ce roman n'est pas régionaliste dans le sens réducteur du terme. Il ouvre l'esprit aux grandes étendues inondées occasionnellement par l'Escaut, aux oseraies et aux fabriques de briques. Il achemine le coeur vers une jeune fille, Suzanne, ou « Zanneke », qui prend tout naturellement la place de son père malade puis décédé, dans la surveillance des digues qui contiennent ce fleuve soumis aux caprices de la marée et du vent.
« de Dyckgraef », ou en français « le Comte des digues », est le responsable de la bonne tenue des digues, rôle éminemment important dans cette région où rien ne se dresse pour résister à la force des eaux . Notre petite bonne femme, toute jeunette qu'elle soit, s'impose par son expérience et son amour profond de la nature et particulièrement de l'Escaut.
La description de la nature me va droit au coeur, c'est pas à pas que je suis la « fiancée de l'Escaut » dans ses pérégrinations au rythme des saisons. Et c'est coulée dans son ombre que je vais découvrir son éveil à l'amour, difficile. Car elle n'a pas encore été amoureuse, Suzanne, et élevée par son père tout entier tourné vers son métier, par sa grand-mère respectueuse à l'extrême des traditions où la mésalliance est la faute suprême, elle ne peut guère trouver une épaule amie où murmurer ses doux secrets. Triphon, le jeune aide, beau comme un ange, la met en émoi, mais il n'est pas assez « instruit », et n'est pas de la même classe sociale (car Suzanne est non seulement une riche propriétaire, mais une intellectuelle, aussi ! Elle a été élevée par son père qui lui a lu le Télémaque...). Et Max, un étranger au village, mais fils de vannier et amoureux de l'art, pourra-t-il éveiller son coeur ? Suzanne hésite, n'arrive pas à prendre conscience qu'elle est amoureuse ... ou pas, de Triphon...ou de Max. Valse douce et mélancolique que cette hésitation perpétuelle, mais que la vieille servante et la tante propriétaire d'une briqueterie aimeraient interrompre pour qu'enfin, elle se décide à entrer dans la vraie danse de la vie, celle de l'âge adulte, de la famille et des enfants.
Cette dualité, on la retrouve donc partout, y compris dans la langue : car n'oublions pas que la Flandre, au début du 20e siècle, comptait beaucoup de francophones. La langue des « riches » et des instruits, c'est le français. Ce sont les paysans (dans le sens noble du terme) et les ouvriers qui parlent flamand. Marie Gevers, qui a habité près d'Anvers, donc en pays flamand, a parlé toute sa vie ces 2 langues, et a écrit en français. C'est tout naturellement qu'elle insère de nombreux mots flamands, souvent prononcés par les gens du village.
Il est temps que je m'arrête, je me rends compte que je ne parviens pas à quitter la comtesse des digues. Je compte sur vous pour la découvrir, cette jeune fille, fraîche et tempétueuse, à l'aube de sa vie de femme, pour vous promener aussi en sa compagnie sur les berges de l'Escaut où « de frêles et puissants peupliers et quelques saules frémissent comme des vols d'insectes. »
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Patrijob
  30 octobre 2019
Tandis que d'aucun profite de ce congé de Toussaint pour s'envoler vers des cieux plus cléments, j'ai décidé de rester en Belgique et d'aller me promener le long de l'Escaut en compagnie de la plume de Marie Gevers.
La comtesse des digues est son premier roman.
Encouragée à se lancer dans la littérature par Emile Verhaeren soi-même, elle choist pour cadre de sa première oeuvre le pays du grand homme qui s'étend sur les deux rives de l'Escaut depuis Saint-Amand en aval de Termonde, jusqu'à Tamise et Hingene.
Le village où se déroule l'histoire de Zanneke, le Weert, est situé en plein coeur de ce pays.
L'Escaut est bel et bien la grande figure du récit, car le destin de Suzanne y est intimement lié.
Fille d'un "dijckgraef", un comte des digues, elle arpente très tôt les schorres et les oseraies en compagnie de son père qui éveille en elle son amour de l'eau, des ciels mouvants, des prairies basses et odorantes.
Un "dijckgraef" est chargé de surveiller l'état des digues en prévision des fortes marées pour éviter l'inondation des schorres et des oseraies et de les réparer si nécessaire.
Au décès de son père, c'est tout naturellement que la jeune fille prend la relève.
Pourtant, elle est angoissée à l'idée de vieillir au village seule, à s'occuper de l'osier, des foins de la digue, des coupes de bois et des registres.
Elle envisage de partir mais son amour pour le fleuve est trop fort.
Qui finira par gagner son coeur et partagera sa vie ?
Marie Gevers signe ici son premier roman dans un style encore un peu malhabile, hésitant.
On sent pourtant derrière l'hésitation tout le potentiel caché d'une jeune femme qui parle avec passion du pays qui l'a vue grandir.
Elle nous raconte le cycle des saisons qui impacte la vie des riverains au rythme de la nature et des caprices de l'Escaut.
Un terroir où le français se teinte d'un délicieux patois flamand.
Un sympathique roman de chez nous.
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majero
  23 juillet 2019
À l'instar de Suzanne, élue comtesse et protectrice des digues, je suis tombé amoureux de ce pays gagné sur l'eau, des digues fragilisées par les taupinières et soumises aux marées de l'Escaut.
Derrière les histoires d'amour à la Pagnol, c'est toute la petite société flamande de 1900 que nous fait découvrir Marie Gevers.
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zellereb
  05 août 2018
Le premier écrit de Marie Gevers, ce livre possède une musicalité spéciale, une forme de naturel, de pureté, de spontanéité. Dans un village flamand traversé par l'Escaut, la petite communauté est émue par la mort de l'administrateur des digues. On est dans le milieu des oseraies, des possesseurs d'argile, de la vannerie. C'est dépaysant et l'on apprend des choses.
Susanne assure l'interim et certains l'appellent la Comtesse des digues. Elle connaît très bien ce métier ayant souvent accompagné son père dans ses promenades. Elle aime aller sur le fleuve, et ressent un attachement important au milieu naturel qui l'entoure.
Triphon assiste Susanne dans son travail, et celle-ci se découvre une attirance pour lui, mais la barrière sociale la fait hésiter.

Ce livre, c'est l'histoire d'une femme qui découvre sa réelle vocation, son chemin, sa liberté. Au fil des pages, on assiste à une éclosion de Susanne qui découvre peu à peu quelles sont ses valeurs, qui elle veut être, et comment elle veut vivre.
Ce livre est un bijou. J'ai adoré.
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Phil56
  21 janvier 2018
Si j'en crois le profil des lecteurs ayant posté une critique du livre La comtesse des digues de Marie Gevers, je serai le premier homme à m'y risquer.
Allons-y donc.
- Dès l'entame du roman, le décor est planté. On entre d'emblée dans le vif du sujet, faisant rapidement connaissance avec les principaux protagonistes.
Fin des années 20 du siècle dernier, après le décès de son père (le comte des digues des rives de l'Escaut), Suzanne est tiraillée entre des velléités d'ailleurs et son attachement quasi viscéral à la glèbe qui l'a vu naître et grandir. Également perturbée par l'éveil de ses sens, la jeune femme va être amenée à faire des choix. Des amants restant en lice, le plus important n'est peut-être pas celui que l'on croit. Évoluant dans une société encore figée dans le respect d'immuables conventions, notre héroïne parviendra-t-elle à vaincre le conformisme ambiant ?
- En substance, Marie Gevers nous donne à voir un esprit assez libre (selon les critères de l'époque), curieux de tout, parfois frondeur et régulièrement confronté aux convenances tant sociales que familiales. On peut également affirmer que l'auteur fait oeuvre novatrice en magnifiant son personnage principal en symbole d'une certaine émancipation féminine. Par ailleurs, l'écriture est riche et luxuriante (parfois à l'excès). Les descriptions des choses et des gens sont à la fois bucoliques, minutieuses, extrêmement détaillées, très sensuelles et colorées à petites touches (influence de l'impressionnisme ?). La glorification (parfois un peu mièvre) des bonheurs simples presque toujours liés à une nature bienveillante si on la respecte, nous fait immanquablement penser à du Giono publiant , à la même époque, sa trilogie de Pan . La structuration du roman est, quant à elle, quasi cinématographique : chaque chapitre étant un plan séquence dont l'intitulé est systématiquement évocateur du contenu à l'instar des panneaux titres du cinéma muet.
- Néanmoins, si la narratrice a manifestement pour ambition de nous convaincre du triomphe de la jeunesse et de l'amour sur les préjugés et les conformismes, son propos reste trop lisse, trop consensuel. En effet, pas ou peu de remises en question d'un ordre social immuable de cette micro société vivant repliée sur elle-même à l'abri de ses digues. Au final, chacun se doit de rester à sa place et les vaches seront bien gardées ! On n'échappe pas à sa classe sociale. Cela reste, malgré son respect (parfois condescendant) des "petites gens", le regard extérieur d'une bourgeoise, à l'esprit éclairé certes, mais dont on sent qu'elle n'a jamais dû, si ce n'est par curiosité mais jamais par nécessité vitale, mettre la main dans le cambouis ni aller au charbon.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
PatrijobPatrijob   28 octobre 2019
En contrebas de grandes digues, l'osier vigoureux se dressait dans un sol lourd, drainé par les fossés boueux où pataugeaient des canards blancs; elle escalada le talus herbeux, et aussitôt un vent large et brillant pénétra ses vêtements, s'enroula à ses bras nus et joua dans sa chevelure. La marée montait, l'Escaut, à courtes vagues drues, bousculait les roseaux près des diguettes.
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krzysvancokrzysvanco   28 juin 2020
À ce rendre nom que lui donnait son pere, presque machinalement. sans rien dire, Suzanne lui tendit la joue ; mais il lui prit violemment les lèvres, comme quelqu’un qui meurt de soif.
Ah ! Oui... les baisers du soleil... les baisers du vent, de l’air, les fiançailles avec l’Esczut ... ce baiser, le premier que Suzanne reçut, lui causa un trouble semblable à la révélation de l’amour ; un trouble si puissant que tout à coup elle repoussa violemment le jeune homme et éclata en pleurs.
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adtraviataadtraviata   11 février 2016
« Suzanne s’en allait naïvement vers ce qu’elle connaissait de plus beau ; le clair de lune sur le vieil-Escaut. Elle s’imaginait que cette splendeur la distrairait de la lourde souffrance qu’elle combattait. Elle ignorait combien une nuit lunaire, chaude et blanche, irrite l’amour chez les jeunes filles.

Ce pays noyé n’était qu’un grand miroir. Si on le regardait vers le couchant, il rougeoyait tout entier aux dernières lueurs du soleil ; si l’on se tournait vers le levant, tout, sous la leine lune montante, s’argentait. » (p. 114)
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myriampelemyriampele   10 octobre 2013
- Mais qui dois-je épouser, Joke? dit Suzanne dont les larmes s'arrêtaient.
- Quand vous serez amoureuse, vous ne me demanderez pas conseil.
- Alors, il vaut mieux me donner le conseil maintenant, Joke.
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zellerebzellereb   05 août 2018
- Ne trouvez-vous pas, comtesse, quand on a longtemps désiré une chose et que tout à coup on l’a, on est désorienté ?
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