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ISBN : 2253062693
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1993)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 235 notes)
Résumé :
"Dès que je le vis, je sus que Léopold Wiesbek m’appartiendrait. J’avais onze ans, il en avait vingt-cinq…"
Prise ainsi par une passion que rien n’éteindra, Émilienne devra attendre son heure. Talentueux, beau, aimé des femmes, Léopold fait un mariage d’argent pour pouvoir se consacrer à la peinture. La jeune fille va lentement tisser sa toile, ne reculant devant rien, sacrifiant au passage quelques existences. Des années plus tard, après la mort de son amant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  30 mars 2015
Sous les auspices du mythe de Tristan et Yseult, la désormais vieillissante Emilienne égrène ses souvenirs. Souvenirs d'une vie placée sous le signe exclusif de l'amour avec un grand « A », à la conquête duquel elle aura tout sacrifié, ou presque.
Emilienne, âgée de onze ans, est à la remorque de sa mère qui court les réceptions mondaines de la bourgeoisie bruxelloise. C'est à cette occasion que la petite fille croisera Léopold, jeune peintre encore méconnu. Elle en tombe éperdument amoureuse, et décide sur-le-champ que cet amour sera un jour payé en retour : « Dès que je le vis, je sus que Léopold Wiesbek m'appartiendrait. J'avais onze ans, il en avait vingt-cinq ». Phrase choquante, affirmation égocentrique, conviction prétentieuse, caprice d'enfant gâtée, toujours est-il qu'au prix de bien des tourments et de doutes abyssaux, au prix aussi de plusieurs destins cruellement sacrifiés sur l'autel de l'amour absolu et de manoeuvres à la moralité douteuse, Emilienne parviendra à ses fins quelques années plus tard. Elle se fera aimer de Léopold, faisant éclore une passion d'abord clandestine, puis, après mariages de convenance ou d'argent, en pleine lumière, au mépris du qu'en-dira-t-on.
Portée par une écriture superbe, l'histoire d'amour d'Emilienne et Léopold est captivante, magnifique, extraordinaire. Mais cette conquête, avec plan de bataille et stratégies hautement manipulatoires à l'appui, paraît aussi malsaine, et me pose beaucoup de questions. Au-delà de l'aspect moral, du caractère exclusif, égoïste et destructeur (pour les tiers) de la relation des amants, peut-on réellement tomber amoureux à 11 ans, au point d'en être obsédé à vie ? Et surtout, peut-on forcer quelqu'un à tomber amoureux de soi ? Jusqu'où peut-on aller dans la transformation, l'adaptation, la maîtrise de soi pour devenir celui/celle dont l'autre va, à coup sûr, tomber amoureux ? Jusqu'où aller dans le reniement de soi, de sa propre individualité, pour se métamorphoser en LA personne que l'autre va choisir ? En la personne que l'on CROIT que l'autre va choisir, car peut-on être sûr de savoir ce que l'autre désire, pense, aime, ou, encore plus difficile, ce qu'il VA aimer ?
Ce pari insensé n'a pas arrêté Emilienne, qui misait pourtant gros en vouant sa vie à un homme dont elle ne pouvait être certaine qu'il l'aimerait. Elle a joué, gagné contre le Destin, qui prendra sa revanche et lui fera payer sa passion, puisqu'elle survivra longtemps à son amant, dans la douleur, le désespoir et l'incompréhension de sa fille.
Honte à moi qui n'avais jamais lu un roman de ma compatriote Jacqueline Harpman. Celui-ci est magnifique, tout en subtilité et finesse psychologique. Et au-delà de l'histoire d'amour, c'est l'immersion dans l'ambiance belgo-bruxelloise des années 50 qui ajoute au bonheur de lecture…
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jeunejane
  19 juillet 2017
Le roman se situe dans la bourgeoisie empesée belge des années 1930. Emilienne a onze ans.
Enfant unique, ses parents, bienveillants, l'ont eue sur le tard et s'affolent pour un rien chaque fois qu'il lui arrive la moindre petite perturbation.
Elle est élevée dans un milieu plus que bourgeois au milieu de dames qui n'utilisent leur beauté que pour faire un beau mariage et rester à l'abri de leur argent.
Une ambition magnifique quand on y pense bien.
Notre Milienne va tomber amoureuse, à onze ans d'un peintre, Léopold Wiesbek et le seul grand désir de sa vie sera de le séduire une fois son heure venue. A-t-on idée?
Jacqueline Harpman écrit très bien, décrit magnifiquement les coins de la côte belge, du Brabant wallon et cette bourgeoisie oisive qui peuplait encore les salons à l'époque.
J'ai relevé quelques invraisemblances au fil de ma lecture mais laissons-nous faire par la fiction.
Enfin, j'aurais fait connaissance avec la plume de Jacqueline Harpman mais j'ai beaucoup plus de sympathie pour la vraie vie.
Celle-ci, j'en ai un peu pitié. Réduire son rôle de femme à dépendre du bon vouloir d'un homme. Je crois que ce n'est plus possible...enfin j'espère pour nous, pauvres femmes.
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sandrine57
  02 octobre 2012
Quand Emilienne rencontre le peintre Léopold Wiesbeck, elle sait au premier regard qu'il sera l'homme de sa vie. Elle a 11 ans, il en a 25. Qu'à cela ne tienne! Emilienne l'approche, l'apprivoise, sait se rendre indispensable à ses côtés et attend patiemment son heure. Pendant que Léopold fait un mariage d'argent pour pouvoir se consacrer à son art, Emilienne affûte les armes de la séduction. Elle grandit en prenant l'apparence et le caractère de la femme idéale. Quand le peintre découvre que la petite fille a grandi, il succombe, et enfin peut commencer la passion partagée que rien ne pourra détruire, ni les souffrances de leurs conjoints, ni la distance, ni le temps.

Beaucoup de charme et une atmosphère"cosy" pour un roman envoûtant où la peinture des sentiments dévoile tout ce que l'amour recèle d'égoïsme et de violence. Même dans l'univers feutré des salons de la bourgeoisie bruxelloise, le feu de la passion dévore tout sur son passage. Emilienne, héroïne patiente et obstinée, vit son amour sans se soucier des convenances et lui sacrifie tout: son mariage, sa fille, sa réputation. Elle peut paraître cynique parfois, monstrueuse par moment, mais, toujours, c'est l'amour qui la guide et c'est pour cela que finalement on s'y attache et on la soutient. Comme elle, on devient sans pitié pour l'épouse délaissée de Léopold, comme elle, on se prend à espérer les retrouvailles, les moments volés, la parfaite communion des corps et des esprits. La plage d'Ostende est l'histoire d'un amour absolu, où les amants sont seuls au monde, où le coeur est engagé jusqu'à la mort, où les sacrifices consentis ne pèsent rien, où la raison n'a plus son mot à dire, un amour dont on rêve même si on se demande si on aura le courage de le vivre...Passionnant, ensorcelant, extrêmement bien écrit, ce roman laisse une marque indélébile dans la tête et dans le coeur.
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verobleue
  19 janvier 2015
« La plage d'Ostende » est un roman écrit par Jacqueline Harpman, écrivaine et psychanalyste belge, décédée en 2012. On y retrouve deux grands thèmes: la passion amoureuse et la détermination d'un caractère hors du commun. le milieu bourgeois du Bruxelles des années 50 et 60, avec ses convenances et ses mondanités, n'a rien de très folichon. A vrai dire, je me suis ennuyée au début puis je me suis laissé happer par cette histoire d'amour passionnée.
Déterminée, Emilienne Balthus, 11 ans, tombe amoureuse de Léopold Wiesbeck, 25 ans. Emilienne n'a rien laissé au hasard : ses vêtements, sa coiffure, son maintien, son physique même doivent se modeler à sa volonté pour plaire à Léopold. Rien de romantique dans ce long et patient travail pour se construire une identité compatible avec l'objet de son désir.
Toute sa vie est construite sur ce sentiment tenace, sans tenir compte du monde extérieur, de façon tout à fait égocentrique. Intelligente, elle devient professeur d'université et vit dans un univers luxueux et calme.
Ecrit à la première personne, ce qui donne de la crédibilité à l'histoire, le récit est au passé, Emilienne confie donc des souvenirs et on sait que la fin lui est connue. Celle d'une relation amoureuse qui a eu des conséquences dévastatrices pour plusieurs personnes comme dans son entourage.
Jacqueline Harpman sait admirablement décrire les sentiments et manie, d'une plume fluide, l'analyse de l'être humain. D'Emilienne, l'auteur fait ressortir l'intelligence, la beauté, l'esprit calculateur, l'égocentrisme, la froideur et la passion intense. Les personnages secondaires, dont Léopold, l'être aimé et amoureux, Mme van Aalter qui manoeuvre pour tout décider de la vie du
peintre et Georgette, la rivale qui s'efforce de séparer les amants, sont très bien décrits, réalistes et tous manipulés à différents degrés.
J'ai beaucoup aimé ce roman à l'écriture travaillée mais aisé à lire.
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Youplala
  10 juillet 2016
Voici le troisième livre que je lis de Jacqueline Harpman et j'ai mis un mois et demi à le lire. Pourtant, il ne compte que 300 pages. Pour un lecteur ou une lectrice averti/e, ça ne représente pas grand-chose. Si vous saviez...
Il est vrai que je ne suis pas spécialement fan des histoires d'amour. Mais de temps en temps, pourquoi pas.
Et puis, si j'avais pas du tout accroché à "En toute impunité", j'avais été vraiment passionnée par "Moi qui n'ai pas connu les hommes" que je venais de terminer. L'incipit de "La plage d'Ostende" m'avait tout aussi accrochée, même s'il présumait d'étranges événements puisqu'il annonçait clairement que la narratrice tombait amoureuse d'un homme de 25 ans alors qu'elle-même n'en avait que 11... mais cette petite fille, Émilienne, ne pouvait lutter contre la passion qui la prenait et c'était cela qui nous était promis.
Eh bien, en guise de passion, je n'ai personnellement éprouvé qu'un ennui mortel...
Le style de Jacqueline Harpman, extrêmement travaillé, donnait un décalage absolu à "Moi qui n'ai pas connu les hommes". La vie absurde des personnages, l'absence d'explication à ce qui leur arrivait, ce monde incompréhensible qui les entourait... tout cela était structuré par l'écriture ciselée.
Dans "La plage d'Ostende", cela tourne à un style très "vieille France" (un comble pour une belge !), ce qui ne fait qu'ajouter à l'ennui déjà terrible que l'on éprouve à lire la vie bourgeoise décrite par la narratrice. C'est lourd, si lourd que toutes les quelques pages je lâchais ce roman. J'avais la sensation de traîner un énorme sac de gravats à chaque page, c'était vraiment fatigant à lire.
Une autre chose m'a dérangée : le côté extrêmement froid d'Émilienne. Pour quelqu'un qui aime passionnément, elle est vraiment glaciale et calculatrice, c'est impossible d'éprouver de l'empathie envers elle ou de s'intéresser à ce qu'elle prétend éprouver. C'est assez incroyable car elle évoque tout de même des choses terribles : ladite passion envers le beau Léopold, le désespoir de voir son promis se marier, deux viols (dont un conjugal), la perte de proches, le mépris de ses ennemies, la naissance d'une fille non-désirée, et j'en passe.
Mais le fait est que l'on s'en fout complètement tellement le tout est vidé de toute émotion.
Dernier problème très personnel : la vie d'Émilienne se déroule dans un univers aux convenances hypocrites, où l'on passe son temps à piapiater avec condescendance sur les autres et ce qu'ils font ou ce qu'ils ne font pas. Exactement le genre de monde que je déteste. Cela m'a hérissée tout du long.
Pour finir, avec ce volume je pense avoir terminé mon incursion dans le monde de Jacqueline Harpman. Je vais garder "Moi qui n'ai pas connu les hommes" dans ma bibliothèque consacrée à la SF/Fantastique car vraiment il vaut le détour, mais en ce qui concerne les deux autres romans je vais m'empresser de les laisser derrière moi afin de me consacrer à d'autres lectures.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
jeannebertrandjeannebertrand   21 avril 2014
Elle portait un éternel demi-sourire, comme d'autres un bijou dont elles ne se séparaient jamais. Sans aucun doute, elle était particulièrement enchantée qu'on fût là, ou bien on venait de dire une chose exquise? Il fallait un moment pour s'apercevoir que le sourire ne la quittait pas, qu'il s'adressait indifféremment à tout ce qu'elle voyait, la rue à traverser, sa soupe ou un passant. Si on lui parlait, elle venait à un air de ravissement pur, mais tout s'arrêtait et après un moment on avait une curieuse impression de vide et on se rendait compte que le sourire se promenait également sur chaque détail qui lui était donné de rencontrer. Si bien qu'on en venait à deviner que c'était un masque. Un jour de lassitude, son mari révéla qu'elle continuait à sourire en dormant et, quand elle enterra sa mère d'abord, son père ensuite, sans changer d'expression, on forma l'hypothèse qu'elle ne pouvait pas se défaire d'une sorte de crispation involontaire qui frappait certains muscles de son visage, même au sein d'une dispute ou au plus vif des remontrances qu'il pouvait lui advenir d'endurer, si bien qu'elle donnait à croire à ceux qui ne la connaissaient pas qu'elle se moquait d'eux. Elle avait toujours l'air d'être sur le point de se répandre en volupté et pour finit jetait la confusion dans les esprits. Peu après la fin de la guerre, elle se tua d'une balle dans la tête sans laisser de lettre, on la retrouva souriant et nul ne sut jamais à quoi. On l'enterra ainsi, et si l'éternité existe, elle y entra telle qu'elle avait toujours été, prête au ravissement pour ne jamais l'atteindre et semer, là-bas, la même perplexité qu'ici. (page 311)
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jeunejanejeunejane   19 juillet 2017
Il est vrai que je choisissais bien mes peintres, mais elle avait le pouvoir d'amener chez moi les gens qu'il faut avoir. Je n'ai jamais compris ce qui jette les uns dans la gloire et les autres dans l'ombre. Je sais que je nomme cela le pouvoir mondain et que pendant vingt ans je m'en suis servie.
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verobleueverobleue   29 janvier 2015
J'entends parfois parler d'amours qui meurent, de passions qui s'éteignent. De quels maigres feux s'agit-il là? Il paraît qu'il y a des amants qui se font des reproches : je n'en veux même pas à Léopold d'être mort car j'ai bien vu qu'il n'y pouvait rien.
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jeannebertrandjeannebertrand   21 avril 2014
Léopold la tenait par le coude. Quand il me vit, il eut ce sourire aveuglant qui n'appartenait qu'à moi et, dans le brouhaha du cocktail, parmi les regards tous tournés vers nous, à côté de Blandine blême et qui se soutenait à peine, il se créa autour de nous cette zone de silence qui nous isolait, où nous étions seuls à pouvoir séjourner, ce royaume que nos regards définissaient. Debout dans cette assemblée dérisoire où chacun était venu pour être vu par des gens qui voulaient qu'on les voie, parmi la broussaille des paroles ineptes, dans le mouvement désordonné de la vanité, des petites ambitions, des projets médiocres et d'un maigre snobisme, je fus parcourue par le vent, l'océan déroula ses marées en moi, je me sentis radieuse, l'élue de toute terre promise et je souris à Léopold. (page 207)
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devanne1305devanne1305   14 août 2014
Son sourire me transperça , ce fut l'aurore, quand le premier rayon de soleil traverse soudain la nuit et arrache le paysage à l'ombre. Je sortis de l'enfance. D'un instant à l'autre, je devins une femme à l'expérience millénaire
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Videos de Jacqueline Harpman (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline Harpman
Lectomaton, extrait de "La plage d'Ostende", de Jacqueline Harpman, lecture par une étudiante IESSID, bibliothécaire documentaliste.
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