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ISBN : 2351781295
Éditeur : Gallmeister (03/05/2018)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Idaho, 1995. Par une chaude journée d’août, une famille se rend dans une clairière de montagne pour ramasser du bois. Tandis que Wade, le père, se charge d’empiler les bûches, Jenny, la mère, élague les branches qui dépassent. Leurs deux filles, June et May, âgées de neuf et six ans, se chamaillent et chantonnent pour passer le temps. C’est alors que se produit un drame inimaginable, qui détruit la famille à tout jamais. Neuf années plus tard, Wade a refait sa vie a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
BillDOE
  11 mai 2018
Premier roman d'Emily Ruskovich, « Idaho » est une réelle belle découverte. J'ai cru lire du Faulkner, c'est dire le talent immense de l'auteure. Alors que jenny, la mère de May six ans et de June neuf ans, se repose dans le pick-up pendant que Wade, le père, poursuit l'abattage d'arbres, le drame éclate. le roman d'Emily Ruskovich est une course poursuite après une mémoire qui fond comme la glace au soleil. J'ai gardé un « gout » bizarre et agréable dans ma tête, cette histoire finie. Mais finit-elle vraiment ?
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Floyd2408
  15 mai 2018
Idaho est le premier roman de Emily Ruskovich, cette auteure est d'originaire de l'Idaho, où elle a grandi dans les Hoodoo Moutain, elle a reçu un Oliver Henry Award, ce prix prestigieux récompense les meilleures nouvelles américaines et canadiennes, elle enseigne maintenant l'écriture créative à l'Université du Colorado à Denver.
Idaho est la région natale de l'auteure mais aussi le titre de son premier roman, cette région obsède avec beaucoup de nostalgie Emily Ruskovich, cette nature traverse le roman comme une personne vivante, ces champs recouvrant la plaine de l'enfance de Wade, ou son pére atteint d'une maladie sénile mourra une nuit d'hiver, perdue dans l'immensité de sa mémoire en trompe l'oeil, une fin dans ce froid assassin, ce cerveau troublant la réalité, puis cette montagne au noms de fleur Iris, lieu d'habitation de cette famille, esclave de cette météo hivernale, Wade artisan coutelier, orfèvre dans son domaine, sa femme Jenny, vétérinaire à la base, élevant ces deux filles May et June. Idaho, ce nom étrange au cours du roman aura son sens et son explication, Emily Ruskovich chantera avec beaucoup de douceur et de tendresse l'étymologie de cet Idaho, ce mensonge, cette jeune fille puis le romanesque du choix de l'état Idaho.
Ce roman est une maison ouverte, où les portes sont invisibles, nous pouvons aller de pièces en pièces, sans contrainte, la liberté de voguer ci et là, comme l'intrigue de ce roman véhiculant dans le temps, cette danse intemporelle d'aller dans les méandres et les couloirs du temps, les chapitres sont des années et elles s'entremêlent dans une chronologie désordonnée.
Idaho est une sensation diffuse, une atmosphère lente et mélancolique porté par une écriture magnifiquement, cette prose aimante l'histoire dans une suspension continuelle et éternelle, un tourbillon emporte les personnages et le paysage pour s'évaporer dans une émulation immuable, comme l'expansion de l'univers, qui avance, ne s'arrêtant plus comme cette histoire continuant même après le point final. Il est vrai que lorsque le dernier mot du roman habita mon âme, cette histoire continuait, l'intrigue était encore présente dans mon corps, des questions surgissaient au coeur de ma chair, sans réponses, juste une émotion en moi envahissait tout mon espace, ce roman devenait mon jardin, où poussait des réponses sans valeur, car doit-il avoir une réponse, doit-on toujours expliquer l'inexplicable comme Emily Ruskovich nous le suggère subtilement dans ce drame.
Chaque personnage se lie à l'autre par l'intermédiaire du silence prodigieux de la providence, la vulnérabilité de ces êtres en proie à leur propre passé, leur souvenir s'étouffent dans une émotion profonde et se diluent dans la blessure de l'autre.
La violence de la blessure de la mort d'un enfant est vécu de manière différente, l'un par la prison et l'abnégation de ne plus vivre mais survivre dans la monotonie d'une mort vivante, tel un zombi , cette femme meurtrie par ce geste inexplicable d'avoir tué sa fille, une brutalité silencieuse, une musique douce sortant des lèvres de sa fille, une chanson assassine, voire adultère, puis le geste sans fin de cette main, cette main meurtrière, cette femme donneuse de vie, reprenant cette vie. Et cet homme, le pére perdant ces deux enfants, l'un tué par sa femme, l'autre disparu dans cette forêt gargantuesque, le même jour que le drame du meurtre de sa soeur May, June, son ainée au double nom, Lily lors de sa naissance puis Wade décidant de lui donner celui d'une femme ayant le souvenir intact de son père comme un hommage à son géniteur, solitaire de son amnésie, de la perte du souvenir de son fils Wade, de sa femme Sarah, imaginant une fille de 14 ans, June, une amie d'enfance, de son âge, mais le temps s'effondre, et cette lumière éphémère virtuelle, éclaire la fin de vie de cette homme plongeant dans les ténèbres oublies de sa vie. Wade tombe dans l'oubli de son malheur de la perte de sa vie et de celui de ses deux filles, mais reste en lui cette blessure muette, tatouée dans sa chair, une souffrance aveugle, une tragédie inscrite en lui sans pouvoir la définir, Emily Ruskovich dans cette tragédie familiale, parcours à travers ce couple, la souffrance de la mort d'un enfant.
Mais ce roman parle aussi d'amour avec Ann, cette jeune femme, professeur de musique, ce lien unissant le passé, le présent et l'avenir, Ann deviendra la future femme de Wade, puis réveiller en lui sa vie qui s'échappe, comme celle passé de son père et son grand-père atteint de ce même mal, cette sénilité les ayant tués à l'âge de cinquante ans, Ann soutiendra son époux dans la maladie subissant ces accès de violences, ces moments de perte de contrôle ou le corps de Ann se retrouve sous l'emprise de cet homme perdu, sa main la plaquant au sol, contre la télé, sur les lames de couteaux joncés sur le sol, lui entaillant les lèvres. Cette dévotion l'accompagnera jusqu'à sa mort, dans un hôpital, ne pouvant vivre sa maladie dans cette montagne trop hostile, loin de sa nature, de ses chiens, loin de la demeure sans vie de ces oublies. Il y a aussi cette douceur dans l'amour de May pour sa grande soeur, ce sentiment qui l'aspire dans son être, son odeur la pénétrant, cette jalousie aussi de voir son ainée devenir moins enfant et être une jeune demoiselle plus solitaire, ne partageant plus leur jeu de poupée, où s'oppose deux June, l'ancienne et la nouvelle, l'une joueuse , l'autre secrète et plus sereine, mais reste cet amour de soeurs, leur ballade dans les bois, leur jeu, les baignades dans leur bidons respectifs, ce lien brisé lors de la mort de May et cette disparition de Jude, comme si elle pourrait aussi, disparu de toute vie de cette tragédie, aspirée dans le humus de cette terre, le flot de la rivière, les secrets de cette montagne, jadis sans nom.
Il y a aussi, dans le souvenir d'Ann, ceux des autres, de la tragédie, Emily Ruskovich traverse le récit de l'intrigue par le choix des émotions d'Ann, elle s'imagine les scènes, les situations, les émotions, elle est comme une intemporalité, une distorsion du temps, puis Ann devient la guide pour Wade et Jenny, l'un dans sa maladie, l'autre pour sa réinsertion dans le monde actuel . Il y a dans la sensibilité d'Ann une charité coupable, une forme de remords d'avoir charmer Wade, alors qu'il était encore marié, époux de Jenny et père de ses deux filles. La rencontre entre Wade et Ann scellera sans le vouloir le destin de tous ses personnages, une petite musique unissant ces deux êtres, une romance muette débutera, Wade somnambule de cette mélopée fredonnée à tout moment, petit refrain repris par sa fille May, scène imaginée par Ann, remords du coup foudre avec Wade.
Il y a une richesse incroyable dans ce roman, comme un puzzle, les chapitres alimentent le fleuve de la trame, au gré du temps, la soumission de Jenny face à son acte indescriptible, le dureté de sa culpabilité, de son choix de la peine de mort de son isolement durant un temps sans fin, puis de la rédemption grâce à une prisonnière Elizabeth, plus jeune, à perpétuité pouvoir tuer son petit ami et son voisin, cette femme au caractère fluctuant, sera son ange gardien, une amitié nouvelle pour aspirer Jenny vers une liberté.
Ce roman est une belle peinture, les couleurs magnétisent la passion des personnages, pour les faire vivre en dehors du roman comme une continuité sans fin, tel un refrain en écho fredonnant la prose hypnotique de cette magicienne des mots.
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SagnesSy
  08 mai 2018
C'est un premier roman et il est fulgurant.

fulgurant, adjectif
1.
Qui jette une lueur vive et rapide.
Clarté fulgurante.
synonymes : brillant, éclatant
2.
Qui frappe vivement et soudainement l'esprit, l'imagination.
Idée, découverte fulgurante.
—-
Non seulement l'est-il, mais encore en exprime-t-il la définition même au coeur de son intrigue. Les personnages, le lecteur, les situations, tout et tous ne cessent d'être traversés par des éclairs de compréhension intuitive, ces instants hors du temps où l'on a l'impression de *tout* comprendre à *tout* sans être en mesure de spécifier, de trier, ces brefs passages où l'on se sent reliés à un sens cosmique hors de toute exaltation ou contexte. Très difficile à expliquer mais déjà vécu par tout le monde. L'histoire, pourtant, est d'une tristesse infinie et très vite on en ressent le poids et la douleur. On entre dans cet univers en faisant la connaissance d'Ann, qui vit les premières manifestations de la démence précoce de son mari (incroyables scènes où on comprend qu'il la maltraite en la « dressant » comme il le fait avec ses chiens). Lentement le focus s'élargit et on apprend que Wade, son mari, la cinquantaine tandis qu'elle est encore dans la trentaine, a eu un premier mariage tragique. Ann est obsédée par cette tragédie, elle traque jusqu'à une certaine forme de folie les traces de sa possible culpabilité à elle dans le drame qui s'est produit. Alors en alternant les époques Emily Ruskovich nous raconte l'amour sous ses multiples facettes, grattant jusqu'à l'os d'infimes détails et nous plongeant en immersion empathique d'une manière profondément originale. Lancinant et totalement impossible à lâcher, se réclamant de l'influence d'Alice Munro, ce roman est un ovni exceptionnel, qu'on quitte à regret et qui laisse de nombreuses questions inachevées.
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mollymon
  01 mai 2018
Dans les montagnes de l'Idaho, une fillette est assassinée et sa soeur disparaît. Ann, la jeune femme qui a épousé leur père s'interroge sur les circonstances exactes qui ont provoqué ce drame survenu neuf ans auparavant. Elle n'en sait que ce qu'il a bien voulu en dire et maintenant qu'il perd la tête, elle aimerait pouvoir reconstituer ce qui s'est passé réellement avant que sa mémoire ne s'efface totalement. Elle imagine en créant des souvenirs qui ne sont pas les siens.
Parallèlement le récit nous transporte dans un pénitencier pour femmes où l'on suit la vie de quelques détenues. Il y est question de musique, de littérature et de considérations sur l'identité, l'amour, la perte, le pardon, le temps et la mémoire...
Ce mélange des genres, entre thriller, nature writting et réflexions, ajouté à une construction chaotique avec des bonds incessants dans le temps, de 1985 à 2025, est si déconcertant que n'ai pas réussi à jouer le jeu proposé par Emily Ruskovich. Je ressors déçue par cette lecture dont je n'ai vraiment apprécié que les premières et dernières pages. Quel dommage !
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hoel
  11 mai 2018
1995
Wade et sa femme Jenny coupent du bois dans une clairière tandis que leurs deux filles jouent et chantent autour d'eux. Nous sommes en août. Il fait chaud, les insectes volent, les oiseaux piaillent. Et absolument rien ne peut annoncer le drame imminent qui va changer la vie de cette famille définitivement.
2004
Wade habite toujours près de Ponderosa, sur les flancs du Mont Iris (qui doit son nom aux fleurs éponymes, très à leur aise sur ses pentes). Mais il est désormais marié à Ann, et commence à perdre la mémoire. Son père étant décédé prématurément de cette maladie, Ann ne peut s'empêcher de penser à la fin à venir de Wade. Et tout cela fait remonter énormément de souvenirs, comme ceux du drame, neuf ans plus tôt.
En refermant ce superbe roman, on est bien en peine de croire qu'il s'agissait là du premier de la jeune Emily Ruskovich. Les habituels défauts du primoromancier sont aux abonnés absents. C'est plutôt la virtuosité de l'auteur qui frappe, tant dans l'écriture de ses personnages que dans la maîtrise d'une chronologie éclatée qui aurait pu s'avérer problématique. Les chapitres sont en effet proposés de manière presque désordonnée – l'action se situe de 1973 à 2025 – mais le lecteur s'y fait bien, et si tout cela peut presque paraître aléatoire au départ, il n'en est rien.
Comme souvent chez Gallmeister, la nature occupe une place prépondérante dans le récit. Emily Ruskovich a grandi dans les Hoodoo Mountains, vraisemblablement dans une rusticité heureuse, et son amour pour la flore et la faune de l'Idaho de son enfance transparaît pour ainsi dire à chaque page. Certains passages sont véritablement sublimes et donnent envie de se téléporter immédiatement dans les décors du roman.
De beaux paysages ne font pas un roman, mais l'auteur est aussi à l'aise pour peindre l'âme de ses personnages que leur environnement. Parfois, l'on en trouve un beau dans un roman, et n'éprouvons aucune empathie pour les autres. Parfois, ce sont même tous les protagonistes qui nous laissent indifférents. Ici, il n'y en a pas un seul qui ne fasse pas surgir quelque émotion. L'histoire entre Wade et Ann est belle, de même que le lien entre les deux soeurs ou encore d'autres, tissés entre des personnages dont on s'abstiendra de parler ici. le passage de vie à trépas d'un des protagonistes est aussi l'une des plus belles scènes de mort lue depuis bien longtemps, mais ne déflorons pas plus l'intrigue...
Idaho aborde la vie, la mort, la famille, la solitude, le bonheur, la tristesse, la nature, les enfants, le deuil, les souvenirs, l'avenir... Il y a tout dans ce roman magnifiquement écrit qu'on voudrait ne jamais refermer. Comme avec Dans la forêt, Gallmeister atteint un nouveau sommet. On en redemande, de même qu'on sera on ne peut plus curieux de suivre le parcours d'Emily Ruskovich.
Lien : https://hanniballelecteur.wo..
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critiques presse (2)
Lexpress   14 mai 2018
Avec Idaho, l'Américaine Emily Ruskovich signe un premier roman d'une grande maturité, aussi dramatique qu'obsédant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   02 mai 2018
Un incroyable ouvrage sur la mémoire, ce dont on se souvient, ce que l’on oublie, ce qui nous échappe.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   12 mai 2018
Du bout des doigts, elle a palpé la couverture ramollie par la moisissure et couverte de poussière. Il s’agissait d’un grand livre avec une couverture souple.
Il s’intitulait L’Art du portrait. C’était un manuel qui enseignait différentes méthodes pour dessiner les expressions du visage. On commençait avec des ovales, des grilles et des formes isolées, puis à chaque page on franchissait une étape, jusqu’à ce qu’on aboutisse à un visage lambda. Il ne restait plus qu’à effacer les lignes des grilles et à ajouter les cheveux. C’était un livre destiné aux adultes, les dessins étant trop précis, trop difficiles pour être réalisés par des enfants. Vers la fin, sur la première feuille d’exercice intégrée au livre, se trouvait un croquis fait au crayon et à moitié terminé, représentant le visage d’une femme.
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rkhettaouirkhettaoui   12 mai 2018
Elle en pince toujours pour un garçon ou un autre. Et pas qu’à moitié. À chaque fois, elle se retrouve avec le cœur brisé, comme si elle était réellement amoureuse d’eux. C’est dur de la voir souffrir comme ça. Elle a déjà volé certaines choses pour les donner à des garçons, mais rien de comparable, cela dit. Et toujours à des garçons plus âgés.
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rkhettaouirkhettaoui   12 mai 2018
Quand ses élèves arrivaient, elle avait l’impression de recevoir des visiteurs plus que des élèves, et il lui semblait que c’étaient ses affaires qu’ils touchaient. Elle avait remarqué l’endroit précis où l’épaule d’Eliot appuyait contre la porte lorsqu’il la tenait ouverte pour un camarade. Elle n’avait pas lavé la ribambelle d’empreintes de doigts qu’il avait laissées sur la vitre à force d’ouvrir la fenêtre pour interpeller tel ou tel autre garçon sur le parking. Elle ne lui avait pas dit d’arrêter de triturer le trou dans le coussin du canapé vert, où jamais il n’aurait deviné que sa jeune professeur avait dormi la nuit précédente.
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