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ISBN : 2351781295
Éditeur : Gallmeister (03/05/2018)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Idaho, 1995. Par une chaude journée d’août, une famille se rend dans une clairière de montagne pour ramasser du bois. Tandis que Wade, le père, se charge d’empiler les bûches, Jenny, la mère, élague les branches qui dépassent. Leurs deux filles, June et May, âgées de neuf et six ans, se chamaillent et chantonnent pour passer le temps. C’est alors que se produit un drame inimaginable, qui détruit la famille à tout jamais. Neuf années plus tard, Wade a refait sa vie a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
BillDOE
  11 mai 2018
Premier roman d'Emily Ruskovich, « Idaho » est une réelle belle découverte. J'ai cru lire du Faulkner, c'est dire le talent immense de l'auteure. Alors que jenny, la mère de May six ans et de June neuf ans, se repose dans le pick-up pendant que Wade, le père, poursuit l'abattage d'arbres, le drame éclate. le roman d'Emily Ruskovich est une course poursuite après une mémoire qui fond comme la glace au soleil. J'ai gardé un « gout » bizarre et agréable dans ma tête, cette histoire finie. Mais finit-elle vraiment ?
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Allantvers
  05 juin 2018
Voilà un premier roman étonnant, troublant en effet comme l'annonce le bandeau de couverture, tout en ellipses, lignes de fuite et sensations évanescentes, comme à la poursuite de la mémoire qui s'évanouit, ou bien comme si les faits ne s'ancraient pas véritablement dans une réalité.
On ne saura d'ailleurs jamais vraiment ce qui est arrivé à la famille ce jour terrible ou la petite May meurt et sa soeur June disparait, laissant derrière eux des parents dévastés : elle Jenny, littéralement enfermée à jamais dans sa faute et lui, Wade, détruit de l'intérieur à l'image de sa mémoire qui s'efface progressivement, et que Ann, sa nouvelle épouse, obsédée par le drame, s'acharne à éclairer avant qu'elle disparaisse.
Il y a des scènes fulgurantes dans ce récit à l'écriture sensible et constamment en mouvement, comme ces portraits d'artiste d'une June vieillie dans des réalités alternatives, comme ces évocations des deux petites filles courant dans l'herbe sèche de la montagne en été, ou encore comme cette mélodie qui s'échappe des doigts de Ann pour raconter l'histoire que ses autres sens ne captent pas.
Une véritable perle que ce roman, opale et magnétique, au coeur de l'Idaho.
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spleen
  08 juillet 2018
De ce magnifique roman s'évade une musique douce mais triste , une rengaine envoutante et étrange .
Comme des nuages fuyant avant l'orage, c'est une course contre l'oubli : les pans de la mémoire de Wade , le père qui était là lors de la mort de sa petite fille May et de la fuite de June , l'ainée , s'effacent peu à peu et les fragments de souvenirs qu'elle peut attraper , Ann , professeur de piano et la seconde femme de Wade se les approprie pour ne pas qu'ils disparaissent .
Avec des retours en arrière, s'attardant souvent sur les deux petites filles jouant dans la montagne oubliant leurs poupées dans la souche d'un arbre jusqu'à ce que Ann les découvre et leur redonne une histoire .
Comme les montages de photos découpées dans des revues , Elisabeth, la compagne de cellule de Jenny, la mère des fillettes, réinvente une enfance et des souvenirs que Jenny veut chasser de son esprit en guise de pénitence.
Accompagné de musique au piano et de ritournelles qui reviennent comme des scies , ce roman laisse un sentiment de calme même si les faits initiaux sont dramatiques , peut-être parce que l'auteur n'y met aucun voyeurisme malsain et n'explique pas vraiment le geste de Jenny, chacun au fond de soi est coupable .
Admirable !
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Floyd2408
  15 mai 2018
Idaho est le premier roman de Emily Ruskovich, cette auteure est d'originaire de l'Idaho, où elle a grandi dans les Hoodoo Moutain, elle a reçu un Oliver Henry Award, ce prix prestigieux récompense les meilleures nouvelles américaines et canadiennes, elle enseigne maintenant l'écriture créative à l'Université du Colorado à Denver.
Idaho est la région natale de l'auteure mais aussi le titre de son premier roman, cette région obsède avec beaucoup de nostalgie Emily Ruskovich, cette nature traverse le roman comme une personne vivante, ces champs recouvrant la plaine de l'enfance de Wade, ou son pére atteint d'une maladie sénile mourra une nuit d'hiver, perdue dans l'immensité de sa mémoire en trompe l'oeil, une fin dans ce froid assassin, ce cerveau troublant la réalité, puis cette montagne au noms de fleur Iris, lieu d'habitation de cette famille, esclave de cette météo hivernale, Wade artisan coutelier, orfèvre dans son domaine, sa femme Jenny, vétérinaire à la base, élevant ces deux filles May et June. Idaho, ce nom étrange au cours du roman aura son sens et son explication, Emily Ruskovich chantera avec beaucoup de douceur et de tendresse l'étymologie de cet Idaho, ce mensonge, cette jeune fille puis le romanesque du choix de l'état Idaho.
Ce roman est une maison ouverte, où les portes sont invisibles, nous pouvons aller de pièces en pièces, sans contrainte, la liberté de voguer ci et là, comme l'intrigue de ce roman véhiculant dans le temps, cette danse intemporelle d'aller dans les méandres et les couloirs du temps, les chapitres sont des années et elles s'entremêlent dans une chronologie désordonnée.
Idaho est une sensation diffuse, une atmosphère lente et mélancolique porté par une écriture magnifiquement, cette prose aimante l'histoire dans une suspension continuelle et éternelle, un tourbillon emporte les personnages et le paysage pour s'évaporer dans une émulation immuable, comme l'expansion de l'univers, qui avance, ne s'arrêtant plus comme cette histoire continuant même après le point final. Il est vrai que lorsque le dernier mot du roman habita mon âme, cette histoire continuait, l'intrigue était encore présente dans mon corps, des questions surgissaient au coeur de ma chair, sans réponses, juste une émotion en moi envahissait tout mon espace, ce roman devenait mon jardin, où poussait des réponses sans valeur, car doit-il avoir une réponse, doit-on toujours expliquer l'inexplicable comme Emily Ruskovich nous le suggère subtilement dans ce drame.
Chaque personnage se lie à l'autre par l'intermédiaire du silence prodigieux de la providence, la vulnérabilité de ces êtres en proie à leur propre passé, leur souvenir s'étouffent dans une émotion profonde et se diluent dans la blessure de l'autre.
La violence de la blessure de la mort d'un enfant est vécu de manière différente, l'un par la prison et l'abnégation de ne plus vivre mais survivre dans la monotonie d'une mort vivante, tel un zombi , cette femme meurtrie par ce geste inexplicable d'avoir tué sa fille, une brutalité silencieuse, une musique douce sortant des lèvres de sa fille, une chanson assassine, voire adultère, puis le geste sans fin de cette main, cette main meurtrière, cette femme donneuse de vie, reprenant cette vie. Et cet homme, le pére perdant ces deux enfants, l'un tué par sa femme, l'autre disparu dans cette forêt gargantuesque, le même jour que le drame du meurtre de sa soeur May, June, son ainée au double nom, Lily lors de sa naissance puis Wade décidant de lui donner celui d'une femme ayant le souvenir intact de son père comme un hommage à son géniteur, solitaire de son amnésie, de la perte du souvenir de son fils Wade, de sa femme Sarah, imaginant une fille de 14 ans, June, une amie d'enfance, de son âge, mais le temps s'effondre, et cette lumière éphémère virtuelle, éclaire la fin de vie de cette homme plongeant dans les ténèbres oublies de sa vie. Wade tombe dans l'oubli de son malheur de la perte de sa vie et de celui de ses deux filles, mais reste en lui cette blessure muette, tatouée dans sa chair, une souffrance aveugle, une tragédie inscrite en lui sans pouvoir la définir, Emily Ruskovich dans cette tragédie familiale, parcours à travers ce couple, la souffrance de la mort d'un enfant.
Mais ce roman parle aussi d'amour avec Ann, cette jeune femme, professeur de musique, ce lien unissant le passé, le présent et l'avenir, Ann deviendra la future femme de Wade, puis réveiller en lui sa vie qui s'échappe, comme celle passé de son père et son grand-père atteint de ce même mal, cette sénilité les ayant tués à l'âge de cinquante ans, Ann soutiendra son époux dans la maladie subissant ces accès de violences, ces moments de perte de contrôle ou le corps de Ann se retrouve sous l'emprise de cet homme perdu, sa main la plaquant au sol, contre la télé, sur les lames de couteaux joncés sur le sol, lui entaillant les lèvres. Cette dévotion l'accompagnera jusqu'à sa mort, dans un hôpital, ne pouvant vivre sa maladie dans cette montagne trop hostile, loin de sa nature, de ses chiens, loin de la demeure sans vie de ces oublies. Il y a aussi cette douceur dans l'amour de May pour sa grande soeur, ce sentiment qui l'aspire dans son être, son odeur la pénétrant, cette jalousie aussi de voir son ainée devenir moins enfant et être une jeune demoiselle plus solitaire, ne partageant plus leur jeu de poupée, où s'oppose deux June, l'ancienne et la nouvelle, l'une joueuse , l'autre secrète et plus sereine, mais reste cet amour de soeurs, leur ballade dans les bois, leur jeu, les baignades dans leur bidons respectifs, ce lien brisé lors de la mort de May et cette disparition de Jude, comme si elle pourrait aussi, disparu de toute vie de cette tragédie, aspirée dans le humus de cette terre, le flot de la rivière, les secrets de cette montagne, jadis sans nom.
Il y a aussi, dans le souvenir d'Ann, ceux des autres, de la tragédie, Emily Ruskovich traverse le récit de l'intrigue par le choix des émotions d'Ann, elle s'imagine les scènes, les situations, les émotions, elle est comme une intemporalité, une distorsion du temps, puis Ann devient la guide pour Wade et Jenny, l'un dans sa maladie, l'autre pour sa réinsertion dans le monde actuel . Il y a dans la sensibilité d'Ann une charité coupable, une forme de remords d'avoir charmer Wade, alors qu'il était encore marié, époux de Jenny et père de ses deux filles. La rencontre entre Wade et Ann scellera sans le vouloir le destin de tous ses personnages, une petite musique unissant ces deux êtres, une romance muette débutera, Wade somnambule de cette mélopée fredonnée à tout moment, petit refrain repris par sa fille May, scène imaginée par Ann, remords du coup foudre avec Wade.
Il y a une richesse incroyable dans ce roman, comme un puzzle, les chapitres alimentent le fleuve de la trame, au gré du temps, la soumission de Jenny face à son acte indescriptible, le dureté de sa culpabilité, de son choix de la peine de mort de son isolement durant un temps sans fin, puis de la rédemption grâce à une prisonnière Elizabeth, plus jeune, à perpétuité pouvoir tuer son petit ami et son voisin, cette femme au caractère fluctuant, sera son ange gardien, une amitié nouvelle pour aspirer Jenny vers une liberté.
Ce roman est une belle peinture, les couleurs magnétisent la passion des personnages, pour les faire vivre en dehors du roman comme une continuité sans fin, tel un refrain en écho fredonnant la prose hypnotique de cette magicienne des mots.
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Ariane84
  15 juillet 2018
Idaho, un roman troublant et pertinent.
Nous y suivons notamment l'histoire d'une femme dont le mari perd peu à peu la mémoire et les souvenirs de sa première famille, disparue.
C'est un roman à la construction un peu particulière, on ne sait jamais vraiment là où l'on va mais le parcours est plaisant avec de belles évocations de la nature, des passages émouvants sur le pouvoir de la mémoire mais aussi sa distorsion.
Encore une très belle lecture de chez Gallmeister.
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critiques presse (2)
Lexpress   14 mai 2018
Avec Idaho, l'Américaine Emily Ruskovich signe un premier roman d'une grande maturité, aussi dramatique qu'obsédant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   02 mai 2018
Un incroyable ouvrage sur la mémoire, ce dont on se souvient, ce que l’on oublie, ce qui nous échappe.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
musaraneusmusaraneus   19 juillet 2018
Parce que Wade avait tout jeté -les dessins, les vetements, les jouets -, chaque vestige accidentel prenait une importance indescriptible dans l'esprit d'Ann. Quatre poupées moisies enfouies dans la sciure d'une souche d'arbre pourrie. La chaussure à talon haut d'une Barbie, tombée d'une gouttière. Une brosse à dents fluorescente dans la niche du chien. Puis, enfin, le dessin à moitié achevé dans le manuel. Des objets chargés d'une importance qu'ils ne méritaient pas mais qu'ils revêtaient à cause de leur effrayante rareté; ils grandissaient en elle, se transformant en histoires, en souvenirs dans la tête d'Ann alors qu'ils auraient dû rester dans celle de Wade.
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Nat_85Nat_85   16 juillet 2018
Personne ne se demande à quoi elle ressemblerait à dix-sept ans. Car ce qui est possible pour sa sœur est impossible pour elle. Une telle différence est insurmontable. La brutalité avec laquelle sa vie s'est arrêtée, la fin choquante de toute forme d'image. May, à l'instant où elle est morte, est devenue quelque chose qu'elle n'avait jamais été auparavant et que sa sœur ne sera jamais - elle est devenue absolue.
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EvadezMoiEvadezMoi   09 juillet 2018
Voir cette image conçue par ordinateur sur le tableau d’affichage du bureau de poste avait perturbé Ann. Aussi réelle que cette image ait pu paraître, ce n’était qu’une projection, une hypothèse, un visage fabriqué à partir des visages de ceux qui l’avaient aimée.
Il n’y a que les disparus pour être l’objet de pareilles simulations, avait alors pensé Ann. Il n’y a qu’aux disparus que l’on accorde, avec une telle générosité, le sourire de leur grand-mère ou le menton de leur père. Chaque trace de quelqu’un d’autre est un article de foi, un legs familial.
[ …]
En revanche, la vie de May s’arrête avec ce Polaroïd. Personne ne cherche plus à rien deviner de son avenir. Personne ne se demande à quoi elle ressemblerait à dix-sept ans. Car ce qui est possible pour sa sœur est impossible pour elle. Une telle différence est insurmontable. La brutalité avec laquelle la vie s’est arrêtée, la fin choquante de toute forme d’image. May, à l’instant où elle est morte, est devenue quelque chose qu’elle n’avait jamais été auparavant et que sa sœur de sera jamais – elle est devenue absolue.
+ Lire la suite
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AllantversAllantvers   03 juin 2018
Elle a appris à gérer les moments où la mémoire de Wade défaillait. Parfois, ele sentait que cela se produisait sans même qu'il ait prononcé le moindre mot. Un jour d'automne ensoleillé, allongée à côté de lui dans l'herbe, tandis qu'il somnolait, elle a senti l'ancienne vie de Wade, ses souvenirs, s'évaporer à travers sa peau. Elle a senti que tout le quittait, tout sauf elle.
Alors elle s'est à son tour vidée de sa propre vie pour être sur un pied d'égalité avec lui. Ils sont restés étendus l'un contre l'autre, tel un fragment de temps. Un nuage est passé devant le soleil et, à l'intérieur de Wade, il y a eu un basculement qu'elle a perçu. A ce moment-là, elle a laissé un basculement se produire à l'intérieur d'elle-même, et ainsi ils sont redevenus les êtres qu'ils étaient habituellement, encore tout chauds de l'amnésie qu'ils venaient de vivre.
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JIMEDEJIMEDE   27 juin 2018
La musique ne semblait pas lui apporter beaucoup de plaisir. Quand il jouait, il arborait l'expression d'un homme concentré sur son travail, comme s'il chargeait les notes dans sa tête de la même façon qu'il chargeait du bois dans un bûcher. Il s'agissait de faire des réserves pour l'hiver.
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