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EAN : 9782330118358
Éditeur : Actes Sud (06/02/2019)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 79 notes)
Résumé :
Détective privée atypique et dure à cuire, Céline Watkins est spécialisée dans la recherche de personnes disparues.
Lorsque Gabriela, doutant de la version officielle sur l'évaporation de son père porté disparu dans le parc national de Yellowstone vingt ans plus tôt, vient trouver l'élégante sexagénaire, celle-ci se raconte qu'elle accepte l'affaire comme un dernier tour de piste. Mais rien n'est anodin. Car explorer le passé de la jeune femme, ce n'est pas ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
berni_29
  17 août 2019
♪♪♫ Dis-moi, Céline, les années ont passé... ♪♬♫...
Mais non, il ne s'agit pas de cette Céline-là, que certains de ma génération connaissent si bien pour avoir naguère fredonné cette chanson ou avoir été touché de l'entendre... Ici dans ce dernier roman de Peter Heller, pour Céline Watkins, détective privée et accessoirement artiste, réalisant des œuvres artistiques à partir de crânes humains, les années ont également passé.
Elle est encore marquée par la perte récente de ses deux sœurs, mortes toutes deux d'une longue maladie.
Elle a soixante-huit ans, vit à New-York, tout près de l'East River. Parfois elle a du mal à respirer, elle souffre d'un emphysème, conséquence d'avoir fumé quatre paquets de cigarettes durant des décennies, ancienne alcoolique, le corps est usé. Cela ne l'empêche pas d'être élégante, magistrale, pleine d'ironie.
Les années ont passé et le passé est toujours là, qui vient la hanter avec ses fantômes parfois encombrants, ceux qui vous suivent à la trace. Elle vit à présent avec son mari Pete, taiseux remarquable et qui l'accompagne dans ses enquêtes, sorte de fidèle docteur Watson avec l'amour en plus. Quoiqu'on ne sache après tout pas grand-chose de la vie sentimentale de Sherlock Holmes... !
Céline est une détective privée atypique, on ne vient jamais la voir à l'improviste, ni par hasard...
Céline Watkins n'est pas une détective comme les autres. Très sensible à la détresse d'autrui, elle a comme une sorte de passion pour les perdants. Elle prend toujours le parti des plus faibles, des laissés-pour-compte, des enfants, des vagabonds, des sans-abris, des malchanceux, des toxicos... Ceux qui la sollicitent sont le plus souvent des personnes n'ayant aucune ressource ni aucun pouvoir, autant dire aucun moyen de rémunérer ses services. Qu'importe pour Céline !
Céline a un sens très développé de l'empathie et ce qui en fait dès le début du roman un personnage très attachant. Cela dit, elle ne sort jamais sans son Glock solidement arrimé sous son aisselle.
Courir après les criminels n'est pas sa tasse de thé, courir à la recherche de personnes disparues, oui.
Les années ont passé pour Céline et celle-ci veut tirer sa révérence du métier de détective pour se consacrer désormais exclusivement à son mari et à son art.
Aussi lorsqu'une jeune femme, Gabriela, vient la solliciter pour rechercher son père dont elle n'a plus de nouvelles depuis vingt ans, elle y voit ici comme une dernière occasion, une sorte de baroud d'honneur...
C'est à la frontière entre le Wyoming et le Montana, du côté du célèbre parc national de Yellowstone, qu'on perd la trace du père de Gabriela, Paul Lamont photographe au National Geographic ; une mauvaise rencontre avec un ours semble être la cause avancée de cette disparition... Cette version des faits n'a jamais satisfait Gabriela... Enfant, elle fut in extremis secourue de la noyade, par ce même père aimant, mais qui ne put sauver sa mère, portant dès lors ce deuil comme une douleur lancinante et
« Parfois la mort est la forme d'absence la moins douloureuse », pense Céline.
L'histoire de Gabriela ne laisse pas indifférente Céline. le passé de cette dernière revient comme une résurgence. Céline pense que le temps ne guérit pas toutes les blessures, loin de là...
Il serait mal inspiré de réduire ce roman a une simple enquête policière.
Incroyablement pleine de douceur, Céline accueille la demande de Gabriela avec toute l'empathie qui la caractérise. Céline se retrouve dans l'histoire de Gabriela, qui vient réveiller en elle une peur primale. Les enfants payent toujours le prix fort.
Céline semble comprendre ce qu'est l'abandon d'une fille par son père. Elle peut aussi comprendre le désespoir de ces pères qui ont fait le choix de partir.
Alors, nous voilà plongés dans un trépidant road-movie en direction du célèbre parc national de Yellowstone ! Céline et Pete sentent très vite que les contours de cette histoire recèle une atmosphère particulière prête à chaque instant à bifurquer vers le côté le plus sombre du décor.
Faisant alliance avec les personnages du récit, l'appel de la nature prend le relais dans des descriptions majestueuses. Peter Heller a planté le décor de son dernier roman dans les grands espaces aux confins du Wyoming, du Colorado et du Montana et l'esprit qui habite ces pages m'a ramené irrémédiablement vers Jim Harrison et Edward Abbey, vers les courbes d'un paysage familier et en même temps sauvage que je reconnaissais. J'avais joie de retrouver cette ambiance comme une promesse.
Les grands espaces s'ouvrent alors pour laisser passer le camping-car de Céline et de son mari Pete, à la recherche d'un étonnant secret, dont Yellowstone en est peut-être le sanctuaire...
Céline et son mari laconique se fondent avec harmonie dans ce décor grandiose et millénaire. Ils ont cette complicité qui fait mouche, ils sont confiants. J'ai adoré cette intelligence faite d'amour qui les lie et la dimension surprenante de leur couple, apporte une touche de fraîcheur.
« La beauté la plus incontestable est celle peut-être qu'on ne peut jamais toucher. »
Ici il est question de l'enfance, des liens familiaux, de l'abandon, d'une douleur qui ressemble parfois à celle de l'exil. Il y a toujours une émotion à fleur de peau qui traverse le paysage, s'accroche aux rides de Céline.
Par moments, on jurerait que l'espace intérieur qui habite Céline est aussi grand que le parc du Yellowstone.
Parfois Céline a du mal à respirer et tout n'est pas forcément à mettre sur le compte de son emphysème. Mais il y a toujours un humour pince-sans-rire qui sauve la mise, au moment où la terre tremble, où le sol s'ouvre, où les voix du passé resurgissent de ce trou béant, faisant vaciller le monde sur son axe.
Sur les pages de ce livre empli de lumière, d'espace et d'horizon, je me suis senti comme un oiseau qui venait de se poser et qui ne souhaitait pas reprendre tout de suite son envol.
Je découvre ici Peter Heller, sa très belle écriture et son univers unique, une bien belle invitation à découvrir ses autres romans.
+ Lire la suite
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lyoko
  06 mars 2019
Je reste très mitigée à la lecture de ce roman . Car l'écriture est très belle, très descriptive. D'ailleurs on s'y croirait quand on traverse ces immensités.
Mais malheureusement l'écriture n'a pas suffit a me convaincre car je n'ai malheureusement pas accroché à l'histoire.

Une détective privée avec ses secrets, enquête sur les secrets d'une autre personne et part a la recherche d'un homme. Mais elle n'est pas la seule.
Sans doute que la sauce n'a pas prise à cause du peu d'attachement que j'ai eu avec les personnages. J'ai trouvé que l'auteur avait laissé volontairement une certaine distance avec ceux-ci. Je n'ai donc pas eu, ou alors très peu de sympathie pour tous les protagonistes.
Le seul réel intérêt que j'ai pu avoir était ces descriptions des paysages et de la nature environnante lors du road-trip .
En tout cas je remercie Babelio et les éditions Acte Sud pour cet envoi.
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LePamplemousse
  17 juillet 2019
Quel personnage cette Céline !
Une détective de 68 ans qui souffre d'emphysème ne semble pas au premier abord le choix idéal pour enquêter sur la disparition d'un homme survenue vingt ans plus tôt. Pourtant c'est vers elle que se tourne Gabriela, qui veut savoir ce qui est réellement arrivé à son père, soit-disant attaqué par un ours dans le parc du Yellowstone, mais dont on n'a jamais retrouvé le corps.
J'ai retrouvé le souffle d'un Jim Harrison dans ces pages où les grands espaces occupent une place de choix et où la vie des chacun est décortiquée avec minutie pour comprendre ce qu'ils sont aujourd'hui, ce qu'ils aiment, ce à quoi ils croient, ce qui aurait pu les briser et ce qui les fait avancer.
Un road-movie qui va au rythme tranquille du camping-car de Céline et de son époux, deux retraités qui en ont encore sous le capot, malgré l'âge et la maladie.
Un lecture très dépaysante à travers le Wyoming et le Montana et une qualité d'écriture exceptionnelle, ce qui fait du bien après avoir lu plusieurs romans très moyens juste avant.
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fertiti65
  21 juin 2020
Un seul regret: avoir fini ce merveilleux roman. J'ai été transporté par cette histoire. A lire la quatrième de couverture, on pense lire un polar mais je dirais plus un road-movie. L'écriture est magnifique, la description des paysages du Grand Ouest américain est superbe...on s'y croirait. L'héroïne de cette histoire, c'est Céline, artiste et détective privée spécialisée dans la recherche de personnes, une santé fragile mais une détermination qui force le respect. Son mari, Peter, est son Dr Watson avec l'amour en plus et une intelligence certaine, bien que taiseux, il lui apporte sagesse et réconfort. Ce couple me fait penser au film à "La maison du lac", un amour et une complicité à toutes épreuves. L'histoire : Gabriela, une jeune femme, vient voir Céline pour lui demander de l'aide à retrouver son père disparu depuis vingt ans. Gabriela à bien fait des recherches auparavant mais les quelques personnes qu'elle avait contacté lui ont dit qu'il était mort après une attaque d'ours. Elle n'y croit pas et demande à Céline et Pete de mener l'enquête. C'est à travers ce périple en camping-car, que Céline s'interroge sur son propre père qui lui a manqué, que ses deux soeurs viennent de disparaître, de sa mère et de son fils dont le mariage bat de l'aile. Ce n'est pas à proprement parler d'un thriller, loin de là, mais plutôt d'un instantané de la vie. A travers cette enquête, un beau voyage, de belles histoires joyeuses et tristes à la fois, de l'humour et de l'aventure. Un livre, pour ma part que je n'oublierai pas, un véritable petit bijou.
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blandine5674
  14 mai 2019
Quel bonheur d'avoir la sensation que Jim Harrison et Edward Abbey soient encore parmi nous ! Peter Heller a, en lui, un mélange d'ingrédients des deux écrivains que j'affectionne : grands espaces, nature, la contemplation de la faune et de la flore, la pêche, la route, l'humour, l'alcool, la bouffe. Un écrivain qui a bien bourlingué dans la vie et ce, pour le plus grand plaisir du lecteur. Céline est un sublime portrait de femme sexagénaire. Cette détective privée, pro de la gâchette, part sur les traces, à la demande de sa fille, d’un photographe disparu, il y a une vingtaine d'années. Enquête qui vont les emmener, elle et son mari, dans le Parc national de Yellowstone. Des êtres qui se sont construits avec leurs passés qui ont des points communs. A la lecture des nouvelles qu'il avait publiées, j'avais hâte de lire une prose de lui. Celle-ci est au-dessus de mes espoirs. Génial !
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
fertiti65fertiti65   19 juin 2020
Elle avait cette démarche de jeunette dégingandée, les pommettes hautes, le nez proéminent et les grands yeux d'une jeune fille qui n'était pas belle, ni même jolie, peut-être, mais les adultes possédant une once de discernement savaient qu'elle deviendrait sublime avec l'âge, et même fascinante. Pour l'instant, elle n'était qu'une pauvre petite qui gardait une souris en peluche prénommée Myriam dans un minuscule panier sous son lit et passait la moitié de son temps dans le trou d'eau en contrebas de l'étable à repêcher les papillons de nuit pris au piège à la surface des eaux noires. D'autre part, elle était loin de chez elle et la vie d'agent secret et de résistante qu'elle s'était imaginée venait de s'évanouir dans un crépitement d'étincelles comme les rubans de pellicule qui cassaient sur le projecteur de l'école le vendredi soir.
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fertiti65fertiti65   19 juin 2020
J'ai emmené Mimi skier ici pour son treizième anniversaire. Je me souviens qu'on avait pris un gros téléphérique jusqu'au sommet - cette montagne-là, tu l'as vois ? - et une fois au-dessus de la couche de brouillard, le soleil brillait, le ciel était très bleu, et à l'approche du sommet, il y a eu une annonce dans la cabine qui disait quelque chose comme : "Si vous n'êtes pas un excellent skieur, restez dans le téléphérique pour le trajet du retour. "
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JIEMDEJIEMDE   22 février 2019
C'est sans doute le matin, un filet de brume flotte au-dessus de la rivière, comme de la fumée, et un homme est sans doute en train de pêcher, sa canne inclinée en plein lancer.
S'il est là, c'est uniquement pour nous rappeler que les humains ne sont pas de taille face à la grandeur et à la beauté flagrantes.
Que la beauté la plus incontestable est peut-être celle qu'on ne peut jamais toucher.
Que Dieu existe là-haut, sous une forme ou une autre, sur ces sommets, dans ces lacs reculés et ce vent cinglant.
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fertiti65fertiti65   17 juin 2020
Elle se rappelait avoir descendu l'allée, les feuilles qui tourbillonnaient dans le vent, et cette bourrasque dont le souffle avait assombri le vert des vieux arbres tels les doigts d'une harpiste tirant une note grave de son instrument.
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rosalinda89rosalinda89   12 mars 2019
Ses nombreux petits-enfants l’adoraient aussi parce qu’il était clair, y compris pour les plus jeunes, qu’elle avait tout vu ou presque durant sa longue existence, qu’elle comprenait la complexité et les nuances de l’âme humaine, et il était encore plus évident qu’elle aimait les gens par-dessus tout d’une adoration qui allait au-delà des mots, tant et si bien qu’elle leur adressait un clin d’œil et tolérait certaines de leurs bêtises parce que Dieu savait qu’en son temps, elle-même en avait fait, des bêtises.
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Videos de Peter Heller (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Heller
1er octobre 2013
Quelque part dans le Colorado, neuf ans après la Fin de Toute Chose, dans le sillage du désastre. L'art de survivre est devenu un sport extrême, un jeu de massacre. Soumis aux circonstances hostiles, Hig, doux rêveur tendance chasse, pêche et poésie chinoise, fait équipe avec Bangley, vieux cow-boy chatouilleux de la gâchette. Une routine de l'enfer. Bangley défend la baraque comme un camp retranché. Hig « sécurise le périmètre », à coups de méthodiques vols de surveillance à bord de « la Bête », solide petit Cessna 182 de 1956 toujours opérationnel. Partage des compétences et respect mutuel acquis à force de se sauver mutuellement la vie, ils ont fini par constituer un vieux couple tout en virilité bourrue et interdépendance pudique. Mais l'homme est ainsi fait que, tant qu'il est en vie, il continue à chercher plus loin, à vouloir connaître la suite. À la fois captivant roman d'aventures, grand huit des émotions humaines, hymne à la douloureuse beauté de la nature et pure révélation littéraire, La Constellation du Chien est tour à tour contemplatif et haletant, déchirant et hilarant. Peter Heller orchestre son premier roman comme une virée de la dernière chance pleine de surprises, une réflexion sur la création autant que sur la destruction. Lumineuse et rocailleuse, son écriture semble réapprivoiser le monde à travers la reconquête du langage - comme si pour se sauver, l'humain devait avant tout recouvrer l'art de (se) raconter.
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