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Maryline Beury (Traducteur)
EAN : 9782809828863
360 pages
Éditeur : L'Archipel (20/08/2020)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 152 notes)
Résumé :
Avocate appréciée pour son dévouement, Diana se bat pour améliorer le sort des réfugiés, mais elle se montre froide et distante, sinon blessante, envers les siens. Ce dont souffre Lucy, sa belle-fille, qui rêvait de trouver en elle une mère de substitution.

Dix années ont passé, et Diana vient de mourir. Elle se serait suicidée. Mais, à l’autopsie, nulle trace d’un cancer… Qu’est-il donc arrivé à Diana, dont le testament a été modifié peu de temps ava... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (91) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  18 février 2021
Alors que Ollie, son mari, s'occupe du barbecue, Lucy, dans le salon, laisse, pour une fois, ses trois enfants devant les écrans pour pouvoir s'occuper du linge. Si elle est la première à remarquer la voiture de police qui se gare devant chez eux et en sortir deux agents, c'est Edie, âgée de 2 ans, qui se précipite pour leur ouvrir. Mais leur mine grave et leur ton sérieux ne semblent rien présager de bon. Et pour cause, Diana Goodwin, la maman de Ollie, a été retrouvée morte chez elle, une lettre explicite et des objets non loin d'elle semblant privilégier la thèse du suicide. Une nouvelle que le couple peine à croire tant cela ne colle pas au tempérament de Diana, une femme froide, parfois austère, distante et sûre d'elle. D'ailleurs, depuis le tout début de sa relation avec Ollie, Lucy en a fait les frais parfois. Elle qui espérait bien s'entendre avec sa belle-mère et nouer des liens particuliers, elle sera très vite déçue...

Lorsque Diana, la cheffe de la famille Goodwin décède, toute sa famille va s'en trouvé bouleversée d'autant que de nombreuses questions se profilent quant aux circonstances du décès, au changement de testament procédé peu de temps auparavant et à ce fameux cancer. Si La belle-mère se révèle être un thriller psychologique parfaitement maîtrisé, il est aussi le portrait d'une famille au coeur de laquelle se terrent moult secrets et non-dits que la mort de Diana va d'ailleurs peu à peu révéler. Alternant passé et présent, Sally Hepworth dessine peu à peu les contours des uns et des autres, aussi bien Diana, toute dévouée à son association d'aide aux immigrés mais beaucoup moins à ses enfants, Tom, son mari, plus conciliant et amène vers qui, justement, ces derniers se tournent plus facilement, Nettie, la soeur d'Ollie, obnubilée par son désir d'enfanter que Lucy. Ce changement de temporalité ainsi que la parole donnée tour à tour à Diana et Lucy permettent également de mieux comprendre comment chacune a évolué au cours de ces années, le lien qui les unit (ou désunit) ainsi que les sentiments qui les habitent. Efficace et captivant...
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nameless
  07 septembre 2020
Sally Hepworth aurait pu intituler son roman La belle-fille puisque les deux personnages féminins principaux, Diana et Lucy sont d'égale importance. La première, Diana, est une maîtresse-femme, qui a élevé ses enfants en leur inculquant que tout ne s'achète pas ; même si la réussite professionnelle de son époux a apporté l'aisance financière au couple, elle n'oublie pas ses origines modestes et met ses valeurs et son expérience au service de familles nouvellement immigrées en Australie, pour l'intégration desquelles elle ne ménage ni son temps ni sa peine au sein de son association. La seconde, Lucy, parce qu'elle tombe amoureuse et épouse Ollie devient la belle-fille de Diana qui lui apparaît froide et distante, alors que, précocement orpheline, elle a espéré trouver une maman de substitution en sa belle-mère. le couple ne roule pas sur l'or car Lucy a choisi d'élever ses 3 enfants.

L'aspect thriller du roman est subsidiaire, prétexte pour dresser deux émouvants portraits de femmes qui n'ont pas choisi leurs rôles distribués par le hasard de l'amour au sein d'une même famille. L'auteure leur donne la parole alternativement et le lecteur découvre peu à peu les liens compliqués et évolutifs qui les unissent ou désunissent. Il est si facile d'être à côté de la plaque pour les belles-mères ; il existe mille lois à respecter qui ne sont écrites nulle part ; il faut s'impliquer sans s'imposer, soutenir sans envahir, rendre service vis-à-vis des petits-enfants sans empiéter sur le rôle des parents ; offrir sa sagesse mais pas de conseils... de leur côté, les belles-filles savent que les belles-mères mentent, mais elles laissent filer, car comment prouver le contraire ? Et surtout comment le faire tout en restant polies et sans se fâcher avec chéri-chéri ? Les belles-mères peuvent donc raconter sur la maternité ou la vie de couple tous les bobards qu'elles veulent, elles gagnent à tous les coups.

Si l'histoire est intéressante et le style soigné, je déplore que les spécificités australiennes, notamment en matière d'immigration ou de Gpa, soient survolées pour se fondre dans un large moule anglo-saxon destiné à satisfaire un vaste lectorat international aux idées éditorialement lissées. L'intrigue aurait gagné en force et caractère si sa nationalité australienne avait été plus marquée. Enfin, j'ai personnellement trouvé ce roman pessimiste et mélancolique, chacun de ses rebondissements étant fondé sur une maladie, une stérilité, une mort, un deuil impossible ou une perte irréparable. Un vrai catalogue de malheurs ! Mais ce n'est que mon avis !
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Kittiwake
  11 septembre 2020
Sujet épineux! La belle-mère est une image d'Epinal, un archétype de l'ennemi potentiel, une source d'angoisse pour toute future compagne qui envisagerait de se mettre en concurrence avec l'autrice des jours de son bien-aimé. Car notons-le, cette relation à risque fonctionne essentiellement entre femmes.

Pour Lucy, Diana ne déroge pas à la règle : froide, distante, bien décidée à ne rien concéder à ses propres enfants, y compris sur le plan financier, alors que ses largesses sont destinées à une association d'immigrés, qu'elle aide de son mieux. C'est ce qui fait l'ambiguïté du personnage, aussi peu empathique que possible pour sa famille mais dévouée corps et âme (et portefeuille) pour les plus démunis.
Si toute la famille se conforme à ce fonctionnement particulier, le décès de Diana vient révéler des abîmes de non-dits et le testament créera des remous. D'autant que les causes de la mort ne sont pas claires.
La narration alterne entre les points de vue de Diana et de Lucy, pour faire progresser l'histoire entre révélations du passé et évolution de la crise familiale après le décès. Ce qui donne un rythme intéressant au récit, et attise la curiosité du lecteur, chapitre après chapitre, révélations après révélations.
Entre thriller et comédie sociale, La Belle-mère est un roman agréable à lire , avec une construction habile et des personnages que l'on suit avec intérêt
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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iris29
  10 février 2021
A ma droite, Lucie, qui va se marier avec Ollie.
Orpheline de mère, elle place de grands espoirs sur les liens qui l'uniront à sa future belle-mère et est pleine de bonne volonté.
A ma gauche, Diana, la mère de Ollie et Nettie qu'on pourrait qualifier de forte femme. Parce qu'elle a eu une vie dure (au départ), parce qu'elle est avocate, parce qu'elle est aisée, elle s'est mise au service de son association , laquelle vient en aide aux nouveaux arrivants en Australie, qui ont besoin de travail, d'un logement, d'un traducteur.... Comparé à eux, ses enfants sont des privilégiés et elle ne manque jamais de le faire remarquer par des petits gestes, ou plutôt par une absence de geste..
S'en suivront dix ans de relations entre ces deux femmes, jusqu'à aujourd'hui ,qui marque la découverte du corps de Diana, décédée d'un cancer, d'un suicide, ou ...
C'est ce que l'enquête démontrera.
En alternant à égalité, les points de vue sur leurs rencontres , entre Diana et Lucy, Sally Hepworth frappe fort. Car c'est malin..
Quand je laissais Lucy me raconter son histoire, son entrée dans la famille, je me disais : " Mais quelle glaçon , cette Diana ! Quel manque de bol de tomber sur une belle-mère pareille. "
Puis, je lisais la version de Diana, et je comprenais. Je ne dis pas que je LA comprenais... Pas toujours...Mais elle me paraissait plus humaine, plus défendable (sauf sur un point...).
Evolution des rapports, glissement de terrain, compréhension, acceptation, détestation, froideur, incompréhension, chronique d'une catastrophe annoncée... Jusqu'à la mort.
On est plus dans le psychologique que dans le roman policier . Plus dans un suspens , dans un drame familial, que dans le genre thriller à proprement dit, mais il fait son effet ce petit suspens... par contre La Belle-mère n'a rien à voir avec " Big little lies" de Moriarty, auquel il est comparé sur la quatrième de couverture. Il n'y a aucun humour, aucun aspect girly, aucune bande de copines...
Une excellent moment de lecture que j'aurai aimé voir durer plus longtemps. Quelques pages de plus pour décrire un pays qui me fascine, approfondir tout ce qui touche à l'enquête, ce qui touche au travail de Diana... Mais l' auteure s'est concentrée sur les rapports belle-fille/ belle-mère, c'est son choix créatif, et ça fonctionne plutôt pas mal !
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Crossroads
  08 janvier 2021
La belle-mère de Lucy vient de tirer sa révérence.
Suicide, de source autorisée.
Problème, rien ne semble confirmer cette thèse.
Pire, au vu du pédigrée de la défunte, il semblerait que l'entièreté de la famille ait eu toutes les raisons du monde de se débarrasser d'une telle engeance.
Nul ne sait ce qui se passe au sein d'une famille, une fois la porte close.
Dans celle de Diana, beaucoup de rancoeur et de désespoir malgré son affable Tom de mari, sorte de gps de l'entente cordiale.
Diana, elle, ferait plutôt office de belle-doche un brin austère, rarement à la traîne lorsqu'il s'agit de piquer au vif au détour d'une phrase assassine assénée avec le plus grand calme.
Demandez donc à Lucy ce qu'il en est.
Sally Hepworth brode sur le thème des interactions familiales contrariées avec élégance tout en intrigant le chaland sur la base d'un pseudo suicide aux vrais airs de règlements de comptes.
Alternant, comme de coutume, passé et présent, l'auteure assoit une dramaturgie efficace tout en déroulant le tapis rouge à belle-maman, Lady Di, une femme qui ne vous connait pas mais qui vous hait déjà...ou presque.
Mais derrière cette image de femme dragon, il y a un vécu, une histoire susceptible d'expliciter de tels agissements et à même d'atténuer cette photographie détestable qu'elle se plait à véhiculer pour le plus grand déplaisir de tous ses non amis.
La construction se veut maîtrisée tout en possédant le bon goût de multiplier les pistes sans jamais rien dévoiler.
Le final tient parfaitement le bitume.
L'oeuvre ne réconciliera pas tout lecteur en délicatesse avec belle-mother mais laissera, finalement, un sentiment de bien-être, non pas dû au destin tragique de son anti-héroïne mais au plaisir d'avoir pu pénétrer l'antre d'une telle société et l'avoir vu s'éparpiller façon puzzle.
Jubilatoire.
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Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   24 février 2021
Il est si facile d'être à côté de la plaque, pour une belle-mère. On dirait qu'il existe mille lois à respecter, sauf qu'elles ne sont écrites nulle part. S'impliquer mais ne pas s'imposer. Soutenir mais ne pas envahir. Rendre service vis-à-vis des petits-enfants, mais sans empiéter sur le rôle des parents. Offrir sa sagesse, mais pas de conseils. De toute évidence, je ne maîtrise pas cette liste. Le poids des contraintes m'intimide au point de me décourager. Le plus agaçant, c'est de songer que le beau-père, lui, ne risque presque jamais le faux pas. Il doit se montrer accueillant, rien de plus.
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marina53marina53   20 février 2021
Un jour, quelqu'un m'a dit qu'on avait deux familles dans la vie : celle où l'on naît, et celle que l'on choisit. Il me semble pourtant que ce n'est pas tout à fait vrai. Certes, on choisit généralement son partenaire, mais on ne choisit pas ses enfants par exemple. On ne choisit pas ses beaux-frères ou belles-sœurs, pas plus que la vieille tante aigrie et alcoolique de son conjoint.
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marina53marina53   18 février 2021
C'est drôle comme les jeunes se figurent que nous ne savons rien. Ils partent du principe que nous ne pouvons absolument pas comprendre la douleur d'un chagrin ou la pression liée à l'achat d'une maison. Que nous ne pouvons pas comprendre le drame de l'infertilité ou la dépression. Pour eux, si nous avons vécu de telles choses, ce devait être de façon moins forte, en teinte sépia, et non des expériences comparables aux leurs.
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marina53marina53   23 février 2021
C'est drôle ; théoriquement, un père et une mère ont la même mission. Ils vous nourrissent, vous protègent, essaient de faire de vous un être humain viable. S'ils s'y prennent bien, vous avez les pieds sur terre. S'ils s'y prennent mal, ils vous coupent les ailes. La différence est subtile, mais énorme.
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iris29iris29   08 février 2021
Il y a deux semaines , une célèbre journaliste a exprimé publiquement son "indignation" à l'idée qu'on laisse des enfants de moins de trois ans devant la télévision, allant jusqu'à taxer le fait de " maltraitance". Comme nombre de mères australiennes, j'ai été outrée par ses propos et ait réagi par une diatribe du genre " Qu'est ce qu'elle en sait, celle-là ? Je te parie qu'elle a toute une brigade de nounous et qu'elle ne s'est jamais occupée des siens un seul jour de sa vie", (...).
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