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EAN : 9781096424161
182 pages
Auto édition (03/05/2019)
4.15/5   30 notes
Résumé :
Je suis entré. J'ai attendu vers l'entrée, puis je me suis dirigé lentement vers le bureau d'accueil. La personne derrière, une femme blonde, les cheveux courts, tapait sur son clavier d'ordinateur, et ne m'a pas regardé. Elle a seulement dit C'est pour quoi ? J'ai dit que je venais déposer une plainte. Elle a dit De quel genre ? J'ai dit Une plainte pour des coups et blessures. Elle a continué à m'ignorer. J'ai dit Et aussi pour viol. La personne à l'accueil ne m'a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Soukiang
  21 juillet 2019
Comment nommer ... l'innommable ?
Comment briser les tabous sauf à l'évoquer sans filtre, à braver cet interdit qui se cache derrière les apparences, à crier du fond de ses tripes pour mieux hurler jusqu'à épuisement, expurger cette souffrance intolérable c'est peut-être le premier pas vers la fin du tunnel, si la voie de la guérison est encore long, le temps dictera ses conditions, ce cauchemar éveillé c'est un peu la roue du destin de chacun s'il ne prend pas garde à tous ces signaux d'alerte, quand l'ordinaire du quotidien se transforme en une prison pernicieuse, le monstre n'est pas toujours ce que l'on croit, chaque geste, chaque parole, chaque regard sera disséqué sur la table d'opération avec des conséquences que l'on n'osera plus anticiper et encore moins savoir ...
Je m'appelle ...
A chaque roman de Loana Hoarau, c'est la certitude d'appuyer sur le dernier bouton d'un ascenseur pour s'envoyer un cran au-dessus de l'étage de l'horreur avec un grand H, A sa manière ne s'embarrasse pas de détails superflus pour accoucher d'un récit glaçant et implacable, sans concession est l'une de ses marques de construction, reconnaissable entre toutes, des paragraphes courts pour enchaîner et s'enchaîner avec le personnage central, la narration à la première personne découle toute la folie à assister à cette longue et lente agonie mentale, dans cette attente douloureuse, rare sont les moments de joie qui traverse cette terrible et cruelle histoire, si seulement ...
L
On ne se refait pas avec des si, la plume de l'auteure de Belfort excelle à nous enserrer dans les griffes du monstre à l'oeuvre, à nous enfermer dans un engrenage que l'on nomme emprise psychologique mais pas seulement, l'impuissance à affronter ses propres peurs et surtout son propre regard, page après page, chaque moment se vit comme un enfer inscrit à vif dans la chair, qu'il soit physique ou d'ordre mental, une chose est sûre, l'amour des liens du sang va prendre une nouvelle dimension, vous le découvrirez par vous-même de quoi il retourne, personnellement je n'ai pas lu la quatrième couverture et l'effet escompté est d'autant plus percutant à la révélation que j'ai lu d'une traite ensuite, en retenant mon souffle, en me faisant justice devant les faits insoutenables narrés dans un journal intime, ce dialogue invisible avec le lecteur fonctionne une nouvelle fois avec le regard désarmant et la candeur du jeune protagoniste, cette enfance de tous les possibles comme de tous les dangers, peut-être aurait-il fallu volontairement laisser traîner quelques fautes d'orthographe ou de syntaxe pour rendre un récit déjà accablant encore plus bouleversant ?
A
Toujours est-il qu'un climat malsain s'installe rapidement et perdure jusqu'aux toutes dernières lignes, cette survie de chaque instant se voudra faire écho à la perte de l'innocence et à la fatalité, on dit ou entend souvent C'est la vie, c'est comme ça, à part que À sa manière soulève des questions pertinentes sur l'assistance à personne en danger, vous savez qu'il n'y a pas plus sourd quelqu'un qui ne veut pas entendre ou plus aveugle celui qui ne veut pas voir, on lit souvent des actes perpétrés sous des regards figés voire indifférents, la réalité dépasse souvent la fiction, dans son sixième livre, Loana pousse l'infamie à son paroxysme, inévitablement j'ai pensé à Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel par moment et d'autres romans du même acabit, à la différence que la patte de Loana Hoarau se distingue par son style incisif et percutant, quand bien même il s'agit d'une construction sous forme de bouts de journal, au propre et au figuré, le pire n'est pas ce que l'on lit ou relatés dans le texte mais ce qui n'est pas toujours retranscrits et l'imagination fait le reste ...
U
Entre manipulation insidieuse et des séquences à vous retourner l'estomac, si l'auteure prévient les âmes sensibles s'abstenir, à l'instar de toutes les formes de comportement déviants ou criminels machiavéliques, je considère comme un passage indispensable pour appréhender et tenter de comprendre ce qui peut motiver et de passer à l'acte, non pour assouvir ses propres fantasmes ou s'approprier un retour jouissif de la violence dénoncée, à l'instar de toutes ses précédentes oeuvres, l'auteur se garde de porter un quelconque jugement, ce qui est aussi une qualité de donner cette liberté au lecteur de se faire sa propre opinion, je ne saurai trop vous conseiller de lire A sa manière.
R
Littéralement étouffant et anxiogène, la patte Loana Hoarau frappe fort là où les ombres tentent de se frayer un chemin vers la rédemption et l'impossible retour à la normalité, ente rêves fantasmés et réalité sordide d'un quotidien estomaquant, j'ai été littéralement scotché une fois de plus par sa capacité à transgresser toutes les règles élémentaires en écrivant cette histoire à vous faire dresser les cheveux sur la tête, tout ce que vous n'aurez jamais oser demander sur l'un des plus grands tabous de la société moderne, ce roman est certes peut-être une fiction mais la réalité est souvent ... pire.
I
Foudroyant du début à la fin, encore un livre qui ne vous laissera pas indemne, l'auteur poursuit une oeuvre unique dans la littérature de genre ou hors norme, oser parler de sujets sensibles et ô combien difficiles dans un registre fictif est rendu d'autant plus complexe, les ressorts dramatiques et tout en contrastes décuplent la fibre émotionnelle qui agit comme un ver dans un fruit pourri, vers la sortie à l'air libre, vers la liberté ...
Publié chez ELP éditeur, A sa manière de Hoarau Loana est un petit bijou de l'horreur psychologique et qui continuera encore longtemps et viscéralement à vous hanter !!!
❤️
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Loana
  08 juin 2019
"À SA MANIÈRE
De Hoarau Loana
ÉLP ÉDITEUR
180 pages
Après un courte incursion dans le monde des adultes (voir EXUO), LOANA HOARAU est de retour dans la thématique qui constitue son coeur de cible : la maltraitance infantile.
Dans ce sulfureux et traumatique À SA MANIÈRE, celle-ci prend la forme de l'inceste et de la pédophilie au travers d'une sorte de journal intime, celui de Lauri, qui dès l'âge de 7 ans va devoir subir les assauts de son frère Nell.
Une enfance puis une adolescence bafouées, des mots sur les maux, des regards fuyant la réalité, des adultes qui s'exonèrent de leurs responsabilités, un engrenage malsain que rien ne semble devoir enrayer, pour un roman aussi sombre et glaçant qu'à l'accoutumée.
Le jeune Lauri a 7 ans, son ainé Nell en a 16 quand va débuter ce qui au départ ressemblait plus à un jeu qu'à une réelle déviance.
Un semblant de baiser esquissé, quelques attouchements en apparence anodins et fortuits, rien qui ne puisse alarmer un enfant innocent empli d'admiration pour ce frère protecteur.
Mais très vite, les gestes vont s'accentuer, devenir plus précis et plus intimes, et faire prendre conscience au jeune garçon que certaines limites sont en train d'être franchies.
À qui en parler ? Pas à ses parents qui crieraient à l'affabulation et qui ont d'autres soucis à gérer à ce moment précis. Pas plus qu'au milieu socio-éducatif par crainte d'être stigmatisé.
D'ailleurs y a-t-il matière à se plaindre ?
N'est-ce pas une forme d'amour fraternel que lui manifeste Nell, "à sa manière" ?
Puis le couple parental va éclater, et Nell, émancipé de la tutelle paternelle, va prendre l'ascendant moral sur sa mère et laisser libre cours à une perversité galopante dont Lauri va bien évidemment faire les frais. Et jusqu'à quel point….!
Ce roman est pour moi l'un des plus sombres de l'auteure, et paradoxalement l'un des plus sobres. Beaucoup moins de sang, de scènes gores que dans les précédents ce qui ne signifie pas pour autant qu'il soit accessible à tous les publics. Car la violence est omniprésente, sournoise et très glauque, mais traitée avec une infinie délicatesse et toujours avec ce style si particulier auquel nous sommes désormais familiers.
Est-ce le sujet qui voulait ça ou bien l'auteure qui s'apaise quelque peu ? Pour ma part j'ai totalement adhéré à cette histoire d'où sont absents les épisodes un peu sanglants qui ont fait le succès de BUCKZCO et autre INVISIBLE(S).
Cette fois-ci, Loana a choisi de s'en tenir aux faits bruts, sans en enjoliver le contenu qui se suffit à lui-même dans son atroce et effrayante banalité.
La relation ambiguë de la fratrie dans son entière complexité est ici disséquée avec une rare minutie du point de vue de la victime. D'abord enfermé dans ses doutes d'enfant, Lauri ne saisit pas immédiatement ce qui est en train de se jouer. Et ses dérisoires protestations ne sont pas de nature à contrarier le projet d'asservissement moral et sexuel bâti patiemment par son pervers de frangin.
Les rares tentatives d'appel à l'aide se soldent invariablement par des échecs. Sa mère a très vite appréhendé le problème mais ne peut se résoudre à s'interposer, totalement dominée par l'écrasante personnalité, le mépris et les menaces de son fils ainé.
Lauri navigue donc pendant de longues années entre résignation et rébellion vite réprimée par ce frère qui a fait de lui son domestique, son jouet sexuel et son souffre-douleur attitré.
Cette relation haine-amour va perdurer jusqu'à ce qu'un évènement extérieur ne vienne rebattre les cartes, mais n'est-il pas déjà trop tard ?
Loana HOARAU signe ici l'un de ses romans les plus aboutis en s'attaquant aux violences intra-familiales, sujet tabou, drame humain dont les victimes, quel que soit la nature des sévices endurés, ont le plus grand mal à se libérer de par la relation affective qu'elles entretiennent avec leurs tortionnaires. Quand le sentiment de culpabilité et la honte de parler deviennent plus douloureux que le préjudice subi, la situation s'éternise indéfiniment, confortant l'agresseur dans son bon droit et son impunité absolue. le combat est le même pour les enfants battus et violés que pour les femmes violentées dans leur couple. le déni est parfois la solution la moins traumatique en l'absence de soutien extérieur efficace.
Et ce roman le démontre de façon remarquable en insistant sur l'aspect psychologique et le cheminement de pensée des différents protagonistes.
Entre indignation et colère, le lecteur ne peut qu'assister impuissant à ce long processus de destruction morale et physique organisé et entretenu par un pervers presque ordinaire, socialement intégré et au-dessus de tout soupçon. L'un de ceux que l'on côtoie peut-être chaque jour sans jamais en entrapercevoir la face sombre.
Tout le talent de l'auteure s'exprime une fois encore dans ce récit dérangeant mais édifiant.
L'un des plus efficace qu'il m'ait été donné de lire sur le sujet."
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blackbookspolar
  19 août 2019
« Tu honoreras ton père et ta mère, y compris ton frère ainé. »
Lorsque l'Horreur porte un nom, celui-ci est Nell. Nell est un garçon, tout d'abord adolescent puis adulte, l'ainé d'une famille où maman quitte papa (pourquoi? Vous le saurez assez tôt…) Nell est un monstre, un manipulateur et un dominant hors norme. Il exerce sur son petit frère un pouvoir au delà du concevable. Subissant l'amour (- A sa manière -) de son grand frère, il vivra l'enfer durant de nombreuses années. Il subira maltraitance et viols à gogo. Il ne sera plus qu'une coquille vide. Il ne sera plus maître de lui-même. Il ne sera plus rien, si ce n'est la jouet de Nell.
Une fois de plus, Loana Hoarau tape fort. Très fort. A travers un récit court, écrit sous forme de journal intime, nous sommes catapultés dès les premières pages dans l'immondice des sévices qu'un humain peut faire à un autre humain. D'autant plus qu'ici, il ne s'agit pas d'une simple tragédie familiale. C'est bien plus que cela. Le(s) viol(s) sont incestueux, rarement sont mis en scène des personnages masculins dans ce type d'histoire. En choisissant de nous intégrer à l'horreur par le biais du texte qui commence par « Cher journal » nous sommes spectateurs et témoins directs de la vie de cet enfant sans rien pouvoir faire à part tourner les pages sans grand espoir d'amélioration. Il s'adresse indirectement à nous.
Pour les néophytes du genre Hoarau, qui se décrit elle-même comme une autrice malsaine, sachez qu'avant d'ouvrir l'un de ses livres, il vous faut vous assurer d'avoir un coeur bien accroché. Non pas qu'elle y décrit les scènes avec de nombreux détails salaces, loin de là ! Et croyez ma jeune expérience en la matière, les mots sont inutiles, votre esprit saura vous jouer des tours en imaginant par lui-même les atrocités que subit le jeune garçon. Elle arrive grâce à sa plume insidieuse à vous faire lire entre les lignes. Elle nous offre l'innommable sur un plateau, à nous de nous servir.
Pourquoi lire de telles lectures, me direz-vous?N'avez-vous jamais envie de pousser les limites du concevable? C'est avec un avertissement non négligé que je me suis lancée une fois de plus dans un roman de Loana Hoarau, je savais à quoi m'attendre (quoi-que…) mais j'y suis allée, tête baissée.
L'auteure invente un genre nouveau du thriller psychologique et horrifique (disons les choses telles qu'elles sont) et pour rien au monde je ne passerai à côté. Certes, c'est difficile de s'imaginer qu'une telle histoire puisse sortir de la tête de quelqu'un mais n'est-ce pas ça que nous recherchons? Pourquoi faire semblant d'être offusqué? Si vous regardez de plus près les lectures que vous avez pu lire jusqu'ici, certaines histoires sont tout aussi horribles. La différence, franchement notable est qu'avec A sa manière, l'auteure ne se cache pas derrière des mots, elle y va, directe, sans prendre de gant. Elle met ses tripes (et les nôtres) sur le papier. Je vois cela comme une forme de courage extraordinaire car il est vrai que le public sera certes moins large que celui d'un auteur « lambda ».
Elle nous plonge dans les abysses d'une famille détruite. A vous de voir si vous avez la force d'y entrer. Une fois de plus, après Buczko (cliquez icipour en savoir plus), j'ai tenté l'expérience et je n'en suis pas ressortie indemne. C'est ce que je recherchais, la bousculade, le choc, le malaise. le livre n'est pas très long, j'ai envie de dire: heureusement! Parce que j'ai beau être une lectrice curieuse, qui aime sortir de sa zone de confort, j'ai quand même été sacrement secouée!
Vous en savez assez pour vous décider: soit vous vous lancez (en sachant que cette lecture est très honnêtement à la hauteur de ce que j'espérais) soit vous passez votre tour (en sachant que vous passez à côté de quelque chose de vraiment énorme!).
André Gide à dit « Choisir, c'est renoncer ». Mais si l'envie vous prend de vous secouer un peu, n'hésitez pas à contacter l'auteure sur Facebookafin de lui commander son livre. Sa gentillesse et sa disponibilité vous aideront à surmonter cette épreuve (- rire diabolique -).
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JHJM1905
  02 août 2019
L'auteure ne fait jamais dans la dentelle pour le choix des thèmes de ces bouquins. Sujets souvent tabous mais qui font malheureusement partis de la vie de plusieurs personnes encore aujourd'hui malgré que nous devrions être une société avancée et non primitive. Ce n'est pas en taisant l'innommable, qu'en fermant les yeux sur l'horreur que ceux-ci disparaîtront.
''À sa manière'' est le journal intime tenu par un petit garçon, Lauri, de 8-9 ans et nous allons le suivre jusqu'à l'âge adulte. La plume de Loana s'adapte à l'âge du petit garçon... une plume hésitante, répétitive, qui colle parfaitement à l'image du petit garçon. La plume est évolutive, elle mature et gagne en douceur et poésie comme seul un jeune garçon qui se réfugie dans les mots pourrait le faire.
Lauri a un grand frère, Nell. Il a 7 ans de plus que lui et est beaucoup plus fort. Depuis le départ de leur père, Lauri trouve que son frère est bizarre avec lui mais il l'aime, le respecte et ne dit rien sauf à son journal où il peut livrer tous ses secrets : l'humiliation, les coups, les viols...
On assise, nous lecteurs impuissants, à la souffrance psychologique, physique et sexuelle qu'un grand frère fait subir à son petit frère. On voit se mettre en marche les rouages de la terrible machine que sont l'emprise et l'isolement familial et social.
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dujardinso
  09 mai 2020
Salut les z'ami(e)s !
Ce matin, réveillée de bonne heure, j'ai commencé A sa manière de Loana Hoarau, un court roman que je pensais terminer dans la journée. Et finalement, je viens de le terminer à l'instant (il est à peine midi).
Une bonne claque, en tous cas !
Inutile de vous préciser que ce récit est destiné à un public averti. Il traite d'inceste entre deux frères...
Lauri, un petit garçon de 8 ans, tient un journal intime dans lequel il raconte les "bizarreries" de Nell, son frère aîné de 7 ans de plus que lui. On va suivre l'évolution de la situation, qui va vite basculer dans l'horreur et l'indicible, jusqu'à ce que Lauri devienne adulte.
L'auteure adapte son écriture à l'âge du garçon et c'est vraiment bien amené.
Nell est un monstre, que je qualifierais de pervers narcissique à un stade très très avancé.
A sa manière est un livre coup de poing. Comme à son habitude, l'auteur n'y va pas avec le dos de la cuillère, ne se perd pas en digressions inutiles et n'épargne pas ses lecteurs.
Un véritable choc, un livre percutant, que je vous conseille si vous avez suffisamment de tripes pour le lire car, même si j'ai passé un moment fort, je pense que ce récit est d'une telle violence qu'il peut en choquer plus d'un(e)s.
A bientôt, les z'ami(e)s, pour un prochain retour !
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LoanaLoana   08 juin 2019
"L'eau était glacée, mais je suis très vite entré dedans. Je sais nager, donc je me suis éloigné de Nell, qui mouillait encore sa nuque au bord de l'eau. Mais il a nagé jusqu'à moi. Alors j'ai regardé sur le côté pour voir si maman et tata Nana ne nous regardaient pas. Elles jetaient seulement de rapides coups d'œil car elles étaient concentrées à beurrer les sandwichs. Nell s'est rapproché complètement de moi, il a lançé un regard en arrière lui aussi pour vérifier si personne ne nous regardait, puis il a plongé ma tête sous l'eau, et il l'a maintenue pendant dix secondes. Je me suis débattu, je griffais, je sentais de l'eau entrer dans mon nez et ma bouche. Je paniquais complètement.
Puis il m'a lâché, et il a dit Rigole. J'étais en totale panique et j'ai dit Quoi ? Il a fait Je veux qu'elles t'entendent rigoler, alors rigole. Ce que j'ai fait. J'ai ri et je les ai vues nous regarder. Puis retourner sur leurs sandwichs. Nell m'a brusquement tenu le bras, sur mon bleu, pour ne pas faire de nouvelles traces, et il a chuchoté T'as dit quoi ? J'ai secoué la tête et j'ai répondu Rien. Alors il m'a replongé la tête sous l'eau, plus longtemps. Puis il m'a ressorti, et j'ai pris une grosse respiration, je toussais, je croyais que j'allais étouffer. Il a encore dit Te fous pas de moi, sale petite merde. T'as dit quoi à cette pute ?! J'ai repris mes esprits, et j'ai répondu Je te jure que j'ai rien dit. Il a fait Elle a pas essayé de te faire parler, peut-être ? J'ai dit Oui, elle voulait que je lui dise comment ça se passe à l'école. Il a dit Tu te fous de moi ? J'ai répondu Non Nell. J'ai entendu que maman lui parlait de mes notes et qu'elle s'inquiétait pour moi. C'est tout. Il a réfléchi, puis il a dit Toute façon, je le saurai si t'as moufté quoi que ce soit sur nous deux. Alors j'ai encore répondu J'ai rien dit. Je te jure que j'ai rien dit.
Il m'a lâché lentement, l'air toujours menaçant, pour que je continue à avoir encore bien peur de lui, et ça marchait. Il a nagé un peu loin de moi, et moi je restais dans mon coin, j'avais envie de chialer tellement j'avais eu peur de mourir. Bien-sûr j'aurais pu aller voir maman et lui dire que mon frère, son propre fils, avait voulu me tuer. Je lui aurais tout raconté, exactement tout, et pas seulement que les coups, si j'avais eu un peu de courage. J'aurais dit à tata Nana qu'elle avait raison de se douter de quelque chose. Alors maman m'aurait pris dans ses bras, et elle aurait dit Mon dieu mon pauvre petit garçon, mon amour, je vais tout raconter à la police, je vais tout leur dire. Mais je savais qu'elle ne ferait rien. Rien du tout. Alors je me suis enlevé ça de la tête et j'ai nagé pendant quelques minutes, je suis retourné près de maman et de Tata Nana pour me sécher. J'ai souri le plus simplement du monde et j'ai fait Vous devriez aller vous baigner. Elle est bonne, ça fait du bien."
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PatrothPatroth   11 août 2019
4ème de couverture :
Je suis entré. J'ai attendu vers l'entrée, puis je me suis dirigé lentement vers le bureau d'accueil. La personne derrière, une femme blonde, les cheveux courts, tapait sur son clavier d'ordinateur, et ne m'a pas regardé. Elle a seulement dit "C'est pour quoi ?" J'ai dit que je venais déposer une plainte. Elle a dit "De quel genre ?" J'ai dit Une plainte pour des coups et blessures. Elle a continué à m'ignorer. J'ai dit "Et aussi pour viol". La personne à l'accueil ne m'a regardé qu'une fois après avoir dit « pour viol ». Elle m'a fait répéter, comme si elle entendait ça pour la première fois, de la bouche d'un homme.

Elle a eu un petit sourire, d'un quart de seconde. Comme si c'était un réflexe. Comme si ce n'était pas normal. Je pense qu'elle l'a regretté de suite, et qu'elle s'en est voulue, parce que que c'est là qu'elle a vu mon visage pour la première fois, un visage mordu par les privations et des douleurs. Elle s'est levée, elle a vu mon corps décharné. Elle m'a encore fait répéter, pour être bien sûre "Vous dites pour viol ?" j'ai opiné du chef. Elle a continué "Vous savez qui est votre agresseur ?" J'ai encore opiné et j'ai lâché le morceau "C'est mon frère.

****************************************
Dans une famille ou tout semble aller bien , Lauri le plus jeune des 2 garçons , subit quelques abus de son frère Neil plus vieux de 8 ans ....Au début il pense que ce n'est rien de grave ,mais au fil du temps ,celui - ci devient de plus en plus violent et prend son petit frère comme objet sexuel et au départ du père cela empire ...
Au fil de son journal intime , nous découvrons les violences quotidiennes autant envers lui qu'avec sa mère ... Lauri devient le souffre douleur se son frère , mais s'y habitue ....
+ Lire la suite
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LoanaLoana   08 juin 2019
« A sa manière », c’ est le calvaire de Lauri devenu le souffre-douleur de son frère aîné.
C’ est le silence de sa mère et la négligence de l’ entourage.
C’ est un livre très fort comme tous les autres livres de Loana. L’ écriture est fluide, on enchaîne trop vite les pages, même si j’ ai dû faire des pauses pour respirer🤦‍♀️. Pas d’ histoire invraisemblable. Juste l’ atrocité de la réalité. On souffre pour Lauri. Et on ne veut pas imaginer qu’ il puisse y en avoir d’ autres.
Dans l’ attente du suivant Loana !"
Celestine Coudray
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