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EAN : 9782940516513
227 pages
BSN Press (01/03/2016)
3.61/5   14 notes
Résumé :
Avec Permis C, prequel au roman Le Cul entre deux chaises (2014), Joseph Incardona revient à son personnage fétiche et alter ego, André Pastrella. Dans une alternance bien pesée d'humour et de noirceur, il y parle des bouleversements de l'enfance, de ce que chacun de nous rencontre pour la première fois. Roman initiatique, du souvenir, roman des tragédies et légendes de la vie immigrée, il est aussi une formidable mise en perspective fictionnelle sur les épreuves qu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique

Voilà un roman qui vous permettra de découvrir Joseph Incardona sous une autre facette littéraire que ses séries noires habituelles. Mélangeant les genres autobiographique et fiction, il nous entraîne dans l'année 1978 où la diaspora Italienne en Suisse vivait ses derniers moment.

Il y relate les difficultés que subissent les immigrants pour s'établir dans un pays, trouver du travail, être acceptés par la communauté. Les dommages collatéraux sur l'harmonie familiale, la scolarité des enfants, la violence raciale transforment leur vie en survie constante dans un milieu parfois hostile et indomptable.

L'histoire est celle d'un jeune Italo-Suisse, André Pastrela, alter ego de l'auteur. Fils d'un immigrant sicilien et d'une mère suisse, il n'a alors que 12 ans. Son père ayant perdu à nouveau son emploi, la famille doit derechef ! déménager, pour la Xème fois.

Alors que ses parents tentent de maintenir un certain équilibre dans une instabilité quotidienne, pour André, partir c'est synonyme de tout recommencer. Nouvelle école, nouveaux copains, nouvelles bagarres, insultes, et cetera. Un circuit fermé, gaspilleur perpétuel d'énergie dans l'espoir de s'intégrer. Toutefois, cette année a du bon. La coupe du monde en Argentine permet l'effervescence dans les quartiers pour les fans de football. Les débordements entraînés par les moeurs sportives donnent l'occasion à ses parents de faire de nouvelles rencontres, de passer du temps en famille afin de sauver ce qu'il peut encore l'être.

La coupure annuelle des vacances scolaires offre un moment de répit, un retour au pays pour se ressourcer, lieu de paix et d'expériences coquines pour notre jeune protagoniste. Il n'en reste pas moins que le passé ne se laisse pas oublier si facilement. A son retour, la dégringolade. Déchiré à la maison, déchiré dans la cité, pour André, être rital et bâtard à la fois est un poids dont il se délesterait sans contestations. Mais la réalité ne lui en offrira pas l'occasion, au contraire, cette année semble de mauvais augure et marquera au fer rouge sa vie de jeune adulte.

Extrait

« C'était l'heure de rentrer à la maison (l'heure de qui ? Pour quoi faire ? Où était ma mère, où était mon père, bordel ?). On a rangé nos affaires dans le sac de sport d'Etienne. On a décidé de revenir en patinant au lieu de marcher comme on le faisait d'habitude. La nuit était tombée, les enseignes au centre commercial fauchaient de rouge et d'or les zones d'ombres des terrains en friche. ... Tout en patinant, j'inspectais les environs, je me demandais où était la bande, ... »

J'ai choisi de citer ce passage car il démontre sans équivoque l'issue de l'errance d'un adolescent livré à lui-même par l'absence d'un entourage familiale, d'une scolarité difficile et par l'obligation d'être aux aguets sans discontinuer, près à rendre oeil pour oeil et dent pour dent à qui viendra se frotter à lui.

Alors que l'auteur traite dans son nouveau roman de sujets actuels, intéressants et qui me touchent particulièrement, l'attrait que je leur porte contraste avec l'absence de plaisir que j'ai eu en le lisant. Je trouve le style narratif peu entraînant, rendant l'histoire creuse et ordinaire pour des sujets aussi capitaux. Peut-être qu'Incardona me surprendra plus dans son roman « Derrières les panneaux il y a des hommes » sorti en 2015, mais en attendant, je maintiens mes préférences fidèles à la noirceur de sa plume.

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Joseph Incardona, né en 1969 à Lausanne de mère suisse et de père sicilien, est un écrivain, scénariste et réalisateur suisse. Il est l'auteur de romans, de scénarios pour le théâtre, le cinéma et la bande dessinée, ainsi que réalisateur de cinéma. Permis C, roman paru en 2016, est largement autobiographique.

Suisse, fin des années 70. André Pastrella, le narrateur, est un gamin d'une douzaine d'années, fils d'un Sicilien espérant obtenir le Permis C, permis de séjour définitif, et d'une suissesse. Une famille aux revenus modestes, déménageant de HLM en HLM selon les emplois trouvés par le père. André, gamin solitaire tente de se frayer un chemin en ce début de vie difficile…

Des bouquins relatant des souvenirs d'enfance, il y en a une floppée sur le marché et celui-ci, surtout au début m'a franchement rappelé ceux de Cavanna, Italie oblige. Et si Joseph Incardona est un écrivain toujours très agréable à lire, j'ai eu peur de m'ennuyer un peu, car globalement il y a là beaucoup de choses lues ailleurs, un couple parental ayant des hauts et des bas, un gamin qui s'éveille aux premiers émois sexuels, des résultats scolaires en dents de scie, une solitude devant affronter un chef de bande qui l'a pris en grippe, lui le Rital, des vacances en Sicile chez les grands-parents pour un mois de bonheur absolu…

Pourtant l'écrivain tire son épingle du jeu face à la concurrence, j'ai dit qu'il écrivait bien mais surtout il y a dans ce roman, car c'est un roman, un ton particulier qui le distingue de la majorité des autres, j'ai trouvé - peut-être ai-je tort – cet André pas vraiment sympathique ! Certes, il s'agit d'un ado avec des problèmes d'adolescent, en conflit avec le père et la société, ceci excusant beaucoup de cela ; le gosse se cherche et se met de lui-même, en partie, dans les ennuis.

Le roman est plein d'anecdotes et évènements, on ne s'ennuie jamais, c'est un très bon bouquin mais son acteur principal, me laisse un goût amer en bouche.

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André, 13 ans, vit dans un quartier populaire de Genève dans les années 70. Avec ses racines siciliennes, bien qu'ayant toujours vécu en Suisse, c'est le Rital de service. Il se fait harceler par la Bande et son Chef redoutable. Quant à son père, violent et macho, il est bien décidé à faire de lui un homme. de son côté, André découvre les premiers désirs avec la mère de son ami Akizumi et Olga Schantz, sa professeure.

Bientôt, l'été et les vacances scolaires... la Sicile, les grands-parents retrouvés, la mer, une parenthèse de douceur dans sa vie d'adolescent bousculé. Ses parents semblent aussi s'être retrouvés. Mais toutes bonnes choses ont une fin et le retour donne l'effet d'une gifle. Les parents se séparent, le harcèlement continue, mais Etienne et le hockey font irruption dans sa vie, il tient son échappatoire. Pour combien de temps ?

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Un livre simple, qui relate la vie de tant d'immigrés à travers le monde. Sauf qu'ici, la terre d'accueil est la Suisse. Pays à priori plus "accueillant" que d'autres. Mais qui connais un tant soi peu l'histoire helvétique sait que les Suisses n'ont pas été tendres avec les italiens, espagnols ou portugais durant les années 60.

Incardona, loin de tomber dans le cliché, parle de ses souvenirs et de ses émotions vécues durant son enfance. Un livre qui m'a beaucoup plu, vite lu et très agréable.

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Prise par la trame, par la dureté de ces enfances subies du simple fait de n'être pas un produit 100% local. Un regard sans complaisance mais avec des passages qui nous mènent à réfléchir sur notre propre enfance et le regard que nous avions sur l'avenir. Qu'en est-il de ces enfants qui aujourd'hui passent par le même chemin?

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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Ma mère n’avait toujours pas répondu à ma question. Au fond, aller faire un tour, comme je le lui demandais, équivalait à une métaphore bien plus vaste et définitive. Peut-être avait-elle déjà compris ce que j’ignorais moi-même, qu’en réalité je lui demandais l’autorisation de me laisser partir, de me laisser la quitter ? Car cela adviendrait, bien sûr. Pas tout de suite, encore six ou sept ans, le temps de la majorité légale, mais elle savait que je partirais tôt, que je ne reviendrais que pour des escales, qu’il lui faudrait vieillir seule avec son époux égoïste et irascible, le chérir, le servir, le vénérer. Elle n’était pas assez forte pour le quitter à son tour.
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Tout cela était bien mieux que d'écouter Jean-Jacques Tillmann ironiser sur le calcio chaque fois qu'il présentait son émission de sport le dimanche soir à la télévision. Mon père se moquait de sa barbiche de Mormon, de sa préférence affichée pour les Anglais et leur jeu soi-disant offensif. "In culo alli Inglesi !" il gueulait. Oui, il nous aura fait du mal ce Tillman, il aura réussi à humilier sournoisement deux générations de Ritals. Jusqu'au jour où un de mes amis, Sandro, lors d'un match que nous disputions avec le Servette de Genève et auquel assistait le barbu, lui foutut son poing sur la gueule en sortant du terrain. Mais nous étions déjà grands, seize ans, ce sera pour une autre histoire...
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L'été tirait sur sa fin, retenait le souvenir calqué sur les photos que ma mère avait fait développer, les larmes aux yeux . Actualité internationale plutôt tranquille : un pape mort, un autre le remplaçait et mourait à son tour un mois plus tard. Guy Ermez nous expliquait la constitution d'un 26e canton au sein de la Confédération suisse, le Jura, et tout cela restait de la science-fiction, très loin de mes préoccupations.
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«Une fois le train expulsé du tunnel, la voix du contrôleur a grésillé dans les haut-parleurs, prononçant une autre de ces phrases qui en disait bien davantage que son sens littéral, les phrases de la petite légende personnelle et immigrée qui mettaient un terme définitif aux vacances: Wir treffen in Brig ein.»
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