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EAN : 9782266311250
464 pages
Pocket (19/08/2021)
  Existe en édition audio
3.71/5   407 notes
Résumé :
On est à la fin des années 80, la période bénie des winners. Le capitalisme et ses champions, les Golden Boys de la finance, ont gagné : le bloc de l’Est explose, les flux d’argent sont mondialisés. Tout devient marchandise, les corps, les femmes, les privilèges, le bonheur même. Un monde nouveau s’invente, on parle d’algorithmes et d’OGM.


À Genève, Svetlana, une jeune financière prometteuse, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (146) Voir plus Ajouter une critique
3,71

sur 407 notes

Kirzy
  26 mars 2020
J'avais été très impressionnée par la noirceur atypique de Derrière les panneaux il y a des hommes. Je le suis encore par La Soustraction des possibles tant ce roman a du souffle et de l'ampleur pour raconter notre époque, bien au-delà du simple roman noir, mais toujours avec la même radicalité explosive et une plume au vitriol qui plaira ou pas.
De l'ampleur, assurément avec cette fresque ambitieuse qui se déploie telle une tragédie grecque dans l'univers des golden boys de la finance suisse à la fin des années 1980.
Dès le prologue, bref et fort, l'auteur se place en coryphée pour dire tout ce que seront les actes à suivre, tout ce qu'ils ne seront pas. Les mots clefs tiltent dans la tête du lecteur : fortune – crime – trahison – châtiment – désir – truands – vanité et ambition. Tout est annoncé. Assurément. Mais ce sera avant tout une histoire d'amour. Tragique, forcément tragique. En trois actes.
Dès les premières pages, on est saisi par l'âpreté terrible qui suinte derrière chaque mot pour présenter les personnages principaux : Aldo, le prof de tennis gigolo obsédé par l'argent qui n'a pas et convoite ; Svetlana, la jeune banquière qui comme lui à la rage de réussir chevillé au corps ; Odile, quinquagénaire désespérée, épouse richissime d'un banquier genevois. Leurs portraits, ainsi que ceux de tous les autres personnages qui vont graviter autour ( banquiers, mafieux, proxénètes, avocats ) sont incroyables, bien au-delà des caricatures habituelles et transforme le premier acte en véritable comédie humaine à la Balzac, trempée à l'encre noire.
Le deuxième acte bascule dans le thriller avec la combine géniale que croit monter Aldo et Svetlana au diapason de la passion amoureuse qui les emporte. le rythme s'accélère, le suspense happe. On est comme au cinéma, version ultra nerveuse. L'écriture est de plus en plus acéré. Joueuse aussi car Joseph Incardona continue à se la jouer coryphée avec ses apartés au lecteur / spectateur qui prennent des allures de sentences prophétiques, souvent drôles, toujours impitoyables.
Tout se fracasse dans le troisième acte comme on le pressentait dès le départ. C'est là que le talent de constructeur de l'auteur se mesure le plus. Tous les engrenages mis en place lors des actes précédent s'enchâssent implacablement. le roman devient une machine infernale à broyer ceux qui ont succombé à l'hybris, ces dominés qui ont naïvement cru qu'ils pouvaient duper les dominants, ses professionnels de la magouille financière, pour s'arroger le pactole.
Cette façon de dépecer à l'os l'homme et la société capitaliste qu'il a créé, est absolument brillante et hisse Joseph Incardona en moraliste affuté doublé d'un styliste hors pair.
J'ai vibré. Peut-être aurais-je aimé vibré plus, dans le sens de m'enflammer pour des personnages.
Finalement, ce n'est ni Aldo, ni Svetlana, malgré leur histoire d'amour à la Bonnie & Clyde, qui ont fait battre mon coeur ... inattendu, mais ce fut Odile, l'épouse fortunée et désoeuvrée qui redécouvre l'amour en la personne d'Aldo, lucide Odile qui sait que ce n'est pas réciproque et juste une histoire de fric, mais qui s'accroche comme une midinette :
« Elle pressent jouer ses dernières cartes. Elle a connu cette même intensité, il y a une trentaine d'années, cet accélérateur de particules qu'est la passion. René ( son mari ) n'était pas l'homme en question, mais un amour de vacances aux doigts fins et aux caresses subtiles ; René est venu après, son plus grand mensonge. L'arrogance de la jeunesse, sa beauté, lui laissaient croire qu'elle aurait l'essentiel : richesse, maternité, réussite sociale. Elle a simplement oublié l'amitié et l'amour, la connivence, l'éclat de complicité jubilatoire dans l'oeil de l'autre, l'odeur de sa peau. Ces phéromones leviers de l'univers. Il y a l'épiderme auquel on s'efforce de s'habituer avec le temps, et puis l'autre, celui qu'on lèche comme une évidence dès la première fois, dont on s'enivre et qui nous brûle.
Odile a choisi, oubliant la peau. La langue sur la peau. le goût de celui qu'on avale. Celui qu'on choisit dans son ventre.
Sauf que l'amour est revenu. Il a traversé les âges comme l'os lancé par le singe dans le film de Kubrick. Elle avait anticipé un adultère maitrisé, s'offrir le professeur de tennis comme un nouveau tailleur, mais pas cette déferlante d'hormones ayant pénétré par effraction, s'insinuant et rampant, bouleversant les équilibres, renversant les barrières sociales et psychologiques."
Lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices Elle 2020, catégorie roman.
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ODP31
  06 juin 2020
Genève, ton univers impitoyable !
Règlements de comptes… en banque.
Retour avec Joseph Incardona dans le monde des Golden boys de la fin des années 80. Fleurissent et volent les billets verts, comme au temps des romans de Paul-Loup Sulitzer. Calvin est enterré depuis bien longtemps. Les scrupules et les consciences aussi.
Coluche disait qu'en Suisse, on ne pouvait attraper que des médicaments, pas de maladies. Il se trompait. La fièvre de l'argent y circulait aussi vite que les valises pleines de billets qui fuyaient le fisc. le paradis fiscal brisa les ailes d'anges drogués à l'argent sale.
Pendant qu'Aldo, professeur de tennis et gigolo encanaillent des quinquas délaissées, la brillante Svetlana, jeune banquière issue d'une famille modeste de l'Europe de l'Est et mère célibataire, gravit à grand pas d'escarpins les échelons de la réussite.
A force de fréquenter les requins de la finance, les oursins qui colonisent les poches des costumes sur mesure, les piranhas en col blanc qui se dévorent, les sirènes qui se transforment en mérous sous l'effet de la chirurgie esthétique et les maquereaux assis sur les bancs, Aldo et Svetlana décident de plonger en apnée dans cet aquarium. Ces gros poissons ne fréquentent pas les eaux du lac Léman mais plutôt les piscines des Palaces. Les deux ambitieux vont découvrir le prix à payer pour barboter dans les hautes sphères. Très vite, ils n'auront plus pied.
Aldo va jouer les mules pour transporter des valises de la mafia corse de la France jusqu'aux banques suisses sans passer par la case Prison de cette partie de Monopoly. de son côté, Svetlana va devoir se rendre complice d'opérations financières illégales et léguer son corps aux puissants pour avoir sa part du gâteau (un Financier forcément…).
Ces deux destins se croisent et se lancent dans une OPA amoureuse. La tragédie helvète est en place.
J'aurai pu détester ce roman car le biotope des transactions boursières et des milieux affairistes des eighties ne me passionne guère. Je l'ai au contraire adoré.
Le rapport du sexe à l'argent a rarement été aussi bien mis en scène. Dans les hautes sphères, les mariages sont décrits comme des investissements, les divorces comme des krachs boursiers et les mélanges des corps comme des paiements avec contact. de même, l'auteur tend à montrer que l'argent n'est plus un moyen mais une finalité, une religion matérialiste.
Ce roman est construit comme l'algorithme d'un trader qui suivrait le cours des actions de chaque personnage en fonction sa rentabilité et de son paraître. L'honnêteté n'est pas vraiment un indice de croissance, la morale est un signe de faillite. le propos est froid, amoral mais l'histoire d'amour d'Aldo et de Svetlana humanise l'histoire et les incursions narratives de l'auteur en voix off impitoyable dopent les transitions.
Joseph Incardona décode aussi très bien le génome de l'ambition, cette volonté de s'élever dans la société pour rejoindre des castes hors-sols et hors d'atteinte.
Autre force du roman, même les personnages les moins recommandables ne sont pas présentés de façon manichéenne et ils ne sont pas exemptés de tourments. La maladie, la vieillesse, le deuil, les déceptions amoureuses et les amitiés artificielles font fi du statut social et fédèrent la tristesse de l'espèce.
Dès les premières pages, on sent qu'il ne peut y avoir de happy end pour les personnages mais rien n'empêchera tout ce petit monde qui baigne dans le grand monde d'aller au bout de ses obsessions.
Une lecture qui m'a fait penser au Wall Street d'Oliver Stone et au Bucher des Vanités de Tom Wolfe.


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Kittiwake
  06 avril 2020
Brillant et efficace!
Ça commence cool : un prof de tennis gigolo séduit une femme dont la cinquantaine nantie pèse sur les épaules. Son but : se faire du fric, c'est tout, lui qui est un ex-futur champion. Un raté en quelque sorte.
Mais voilà, si dans un premier temps , son objectif semble atteint, il a mis le doigt dans un engrenage mortifère qui immerge le lecteur dans le milieu de la corruption et le blanchiment d'argent sale. Et dans ce milieu, quiconque, et surtout les pions exécuteurs des basses oeuvres, risque fort d'y laisser quelques plumes, voire tout son quota de duvet.

C'est avec une intensité croissante que la narration progresse, prenant vite le ton et la manière du thriller. Mais pas seulement. L'auteur s'immisce dans les pages, en tant que créateur, qui tient les ficelles qu'il manipule sans parfois garder le contrôle sur le destin de ses personnages. Comme si les événements et leur logique lui échappait.
Certes c'est un polar qui se déroule dans le milieu du grand banditisme, mais la présence précieuse de l'auteur qui intervient en voix off est précieuse pour remettre les choses dans contexte et en tirer des leçons de philosophie et pointant pour nous les failles du monde où nous vivons.

Un excellent moment de lecture.
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Cannetille
  14 juin 2020
Ex presque-champion de tennis, désormais coach dans un club fréquenté par la société genevoise la plus huppée, Aldo arrondit ses fins de mois en jouant les gigolos. Sa rencontre avec Svetlana, jeune financière aux dents de louve, est un coup de foudre amoureux, mais aussi la confluence de deux insatiables appétits de richesses qui va les conduire bien au-là de leurs prévisions…

L'histoire est efficace et musclée, le mécanisme implacable et la chute impitoyable. Mais, au-delà du suspense et de l'action qu'elle contient, c'est la construction de son épais contexte qui lui donne tout son relief : dans les années quatre-vingts, le capitalisme triomphe avec la chute du bloc soviétique, la finance internationale s'emballe pour le plus grand bénéfice des Golden Boys mais aussi des paradis fiscaux, le blanchiment d'argent prend des dimensions inédites… Décortiquée avec un cynisme d'un noir absolu, se dessine dans ces pages une société qui a troqué toutes ses valeurs contre l'unique obsession de l'argent, sacrifiant morale et sens commun dans la quête infinie d'un Graal qui la rend folle.

Le style narratif est original : n'hésitant pas à se mettre lui-même en scène, apostrophant ses personnages pour leur rappeler que le « grand architecte » de cette histoire, c'est lui, ou commentant leurs choix comme s'ils menaient l'intrigue à sa place, l'auteur scrute, souligne, critique, et enrichit sa narration d'une foule d'observations et de digressions qui finissent par conférer à ce thriller une dimension sociologique.

Impressionnée par l'habileté de ce roman qui prend le temps de nous convaincre de la noirceur de ce monde mais réussit encore à nous surprendre par l'absolu machiavélisme de sa chute, j'ai eu toutefois du mal, assez inexplicablement, à m'absorber dans sa lecture : peut-être trop touffue et déprimante pour mon état d'esprit du moment…

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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horline
  16 janvier 2021
La soustraction des possibles ne pouvait se dérouler ailleurs qu'à Genève, vitrine de la finance internationale et des grosses fortunes. Au coeur de ce roman gorgé de noirceur : le pognon, l'oseille, les flux d'argent opaques qui attirent au bord du lac Léman de futurs oligarques russes à la veille de l'effondrement du bloc de l'Est, des bandits corses soucieux du blanchiment de leurs capitaux, des hommes d'affaires et des banquiers qui accueillent à bras ouverts la perspective de la mondialisation.
Avec une plume tranchante qui ôte toute part d'empathie au récit, Joseph Incardona met en scène une réalité invisible où se dissimulent des puissances féroces. En araignée inspirée, il tisse une histoire qui piège ceux qui tentent d'interférer dans ce monde sans concession où la violence tient lieu de monnaie d'échange.
Pas de longues descriptions, des personnages pathétiques, des scènes glaçantes, une écriture qui ne s'attarde guère sur les détails, l'auteur a composé une matière romanesque qui entretient avec le thriller une proximité évidente. On peut se retrouver étourdi par ce monde de la finance totalement clos qui obéit à une mécanique qui lui est propre et par la vulnérabilité des personnes qui l'utilisent qui en sont autant de talons d'Achille.
Ce livre est même assez effrayant, mais retient la plupart du temps le lecteur ou la lectrice. Peut-être parce que Joseph Incardona n'hésite pas à délaisser sa table d'écrivain pour le siège de scénariste. Il a su trouver un rythme séduisant pour déployer son histoire riche en rebondissements.
Sans réelle finesse de narration, criard à certains endroits, notamment lorsque les ambitions s'entrechoquent, il n'en reste pas moins un livre qui se lit facilement.
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critiques presse (6)
Actualitte   29 mai 2020
Dans cette incroyable intrigue, la morale est reléguée au second plan : dans une société régie par le profit, l’idée de faire toujours plus de profits et de maintenir son statut, son pouvoir et assouvir ses plaisirs les plus inavouables, tous les coups sont permis, personne n’est épargné. Joseph Incardona signe un roman d’une immense richesse, d’une ambition exceptionnelle. Accordez-vous cette expérience rare.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   29 janvier 2020
Un livre tout bonnement prodigieux, addictif.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   29 janvier 2020
Une écriture cadencée, rapide et grinçante d’humour pour mieux décrire l’horreur de ce monde.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   29 janvier 2020
Des phrases qui cinglent comme des cravaches, des mots qui brûlent et glacent.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro   29 janvier 2020
Une mécanique narrative fatale.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   23 janvier 2020
Dans un court prologue, l’écrivain suisse Joseph Incardona dresse la liste de ce que son roman n’est pas : ce n’est pas une histoire d’argent, ni de truands, ni de trahison, ni d’ambition. Qu’est-ce alors ? « Ceci est une histoire d’amour. » [...] On n’est pas loin de la noirceur satirique d’un Houellebecq, le clinquant en plus.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   19 mai 2020
Tout ça, tu le sais, Odile. Je t’aime bien, je pense que tu es une femme intelligente. Que tu as juste commis cette erreur initiale du choix de la sécurité, qui te rend esclave et prisonnière d’un monde qui ne te satisfait plus. Ce monde que tu n’as jamais voulu peut-être, qui sait ? Ce que tu désires maintenant, c’est demander pardon, pardon, pardon à l’existence de l’avoir trahie pour gérer le calendrier des pousses d’un jardin, d’une soirée dans un bain à bulles, d’un mariage perpétuant le même désastre. De n’avoir pas su donner à ta fille une possibilité d’évasion d’elle-même, mais d’être complice de l’édification de sa cage dorée. A un moment, tu aurais pu élargir le champ des possibles, Odile. Entre nous, c’est cela que je te reproche. De ne pas avoir eu le courage au moins d’essayer. Tu as contribué à creuser une tanière profonde pour ta progéniture. Tes petites filles suivront le modèle. Il faut espérer dans le sursaut d’une âme vieille dans le corps d’une jeune fille, celui d’une femme qui aura le courage de se soustraire à l’emprise des hommes, de ne pas se laisser acheter ni corrompre au nom de la sécurité. Du confort. Le confort qui devient notre propre prison. Nous sécurise et nous enferme.
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PecosaPecosa   03 mars 2020
Alfred Hitchcock nomme "McGuffin" ce qui, dans un film, est objet indéfini prétexte à l'action des protagonistes. Par exemple, dans Les Enchaînés, Ingrid Bergman et Cary Grant sont deux espions antagonistes dont la mission consiste à mettre la main sur des documents relatifs à un programme nucléaire. On ne sait rien de ce "programme", il serait notamment question d'une bombe, Hitchcock lui-même, lorsqu'il écrit le scénario, ignore tout du sujet et ne s'en inquiète guère -la première bombe à neutrons n'a d'ailleurs pas encore explosé sur Hiroshima lorsqu'il tourne le film en 44-, mais ce qui nous intéresse en tant que spectateurs, c'est que deux personnages sont mus par la nécessité de cette action. Tout découle du "McGuffin": c'est le moteur de la dramaturgie, mais il n'est pas indispensable de posséder un doctorat en physique nucléaire pour comprendre l'histoire qui nous est racontée.
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berni_29berni_29   17 juillet 2021
Mimi ne lit que des écrivains morts. Parce que si elle rencontrait un auteur vivant écrivant d'une manière aussi essentielle ces phrases qu'elle est incapable d'exprimer, mais qui semblent sortir tout droit d'elle d'elle-même sans pouvoir se l'expliquer, comme s'il existait un autre être de chair capable d'être vous-même et de vous restituer en mots, alors, de deux choses l'une : soit elle le tuerait, soit elle en tomberait amoureuse.
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CannetilleCannetille   14 juin 2020
Alfred Hitchcock nomme « McGuffin » ce qui, dans un film, est objet indéfini prétexte à l’action des protagonistes. Par exemple, dans Les Enchaînés, Ingrid Bergman et Cary Grant sont deux espions antagonistes dont la mission consiste à mettre la main sur des documents relatifs à un programme nucléaire. On ne sait rien de ce « programme », il serait notamment question d’une bombe, Hitchcock lui-même, lorsqu’il écrit le scénario, ignore tout du sujet et ne s’en inquiète guère — la première bombe à neutrons n’a d’ailleurs pas encore explosé sur Hiroshima lorsqu’il tourne le film en 1944 —, mais ce qui nous intéresse en tant que spectateurs, c’est que deux personnages sont mus par la nécessité de cette action. Tout découle du « McGuffin » : c’est le moteur de la dramaturgie, mais il n’est pas indispensable de posséder un doctorat en physique nucléaire pour comprendre l’histoire qui nous est racontée. En passant, il n’est pas nécessaire non plus de savoir comment fonctionnent la plupart des objets qui nous entourent pour savoir les utiliser.
(...)
L’argent est devenu le « McGuffin » de l’Humanité. On ne sait même plus s’il est cause ou conséquence d’un certain fonctionnement économique. Les années 1990 préfigurent un système sur le point de perdre tout contrôle, où l’informatique s’apprête à révolutionner la planète, où les algorithmes emballent la combinatoire des transactions boursières. Plus personne ne sait vraiment ce qu’est devenu l’argent, un moyen, un but, un prétexte, une dématérialisation de nos existences.
Demandez autour de vous, les réponses restent vagues.
Et même si l’argent a une odeur — celle des slips crasseux du junkie, des mains sales du dealer, des doigts maculés du mécanicien, de l’usure en filigrane où se nichent bactéries et virus, des mains de la boulangère prenant votre billet en échange du pain —, et même si l’argent se matérialise en numéraire déposé dans des millions de coffres, honnête ou malhonnête,
et même, et par conséquent,
l’argent est le « McGuffin » de notre histoire.
À force de le laisser se propager, il prend toute la place disponible. Il est comme l’air, il est partout.
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PecosaPecosa   01 mars 2020
"Tu sais quoi, René? J'ai décidé que ma seule patrie, le seul drapeau auquel faire allégeance est le pognon. Et quand il y a le pognon, on est tous copains, on n'est pas raciste ni rien. Il n'y a jamais de problèmes dans les hôtels cinq étoiles, jamais. T'as remarqué?"
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