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EAN : 9782072763236
352 pages
Gallimard (08/03/2018)
4.11/5   136 notes
Résumé :
Auvers-sur-Oise, juillet 1890. Vincent Van Gogh revient du champ où il est allé peindre, titubant, blessé à mort. Il n'a pas tenté de se suicider, comme on le croit d'ordinaire. On lui a tiré dessus. Inspiré par les conclusions des historiens Steven Naifeh et Gregory White Smith, ce roman retrace dans un style épuré les deux dernières années de la vie du peintre et interroge sa fin tragique. Qui est responsable de sa mort ? Pourquoi l'a-t-on tué ? Comment la légende... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
4,11

sur 136 notes

Adriatik
  03 mai 2018
C'est avec beaucoup d'émotion que je me prépare à rédiger ma chronique sur ce livre. J'ai le coeur serré et les mots qui se bousculent dans ma tête. Mais il faut que je parle de cette biographie romancée qui m'a arraché quelques larmes, sinon je ne pourrai pas passer à une autre lecture.
Comme le titre l'indique quelqu'un a tué Vincent van Gogh, contrairement à ce qu'on a cru pendant 120 ans.
C'est le livre biographique Van Gogh : The life écrit par les américains Steven Naifeh et Gregory White Smith en 2011 qui tire cette conclusion. C'est de cette biographie que Marianne Jaeglé a été inspirée. Elle a rassemblé tout le matériel nécessaire, les correspondances du peintre avec son frère Théo, les lettres de Paul Gauguin et plusieurs autres informations. C'est un travail de recherche extraordinaire, une véritable oeuvre d'art.
Avec une belle écriture poétique, Marianne Jaeglé retrace les deux dernières années de la vie de Vincent van Gogh. le peintre mal aimé, nous apparaît avec toute sa sensibilité et sa passion pour la peinture. Impossible de ne pas être touché par cette personnalité hors du commun qui n'a jamais fait de mal à personne.
C'est rare qu'un livre me touche autant. Je lis depuis toujours, j'ai aimé plusieurs bouquins, mais côté sensibilité, je compterai désormais trois oeuvres : Notre dame de Paris de Victor Hugo durant mon adolescence , ‘Les pêcheurs' de Chigozie Obioma, lu l'année dernière et "Vincent qu'on assassine".
Encore un coup de coeur, un de plus…
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jeunejane
  07 novembre 2018
Nous suivons Van Gogh dans son parcours sinueux depuis Arles jusqu'à Auvers-sur-Oise.
A Arles, il repeint une maison abandonnée qui devient "la Maison Jaune". Il voudrait la transformer en école du Midi. Paul Gauguin vient le rejoindre mais ils sont tellement différents que la relation s'envenime vite. Paul semble plus solide, très écrasant.
Vincent est hypersensible, confronté aux moqueries des gamins du coin.
Ses originalités sont mal perçues. Il peint avec frénésie des peintures qui, on le sait maintenant deviendront des chefs d'oeuvres.
Pris d'une crise de désespoir, Vincent se tranche l'oreille. Il passera quelques temps dans un asile à Saint-Rémy financièrement couvert par Théo qui vide un héritage pour faire vivre son frère.
Il arrive ensuite à Auvers-sur-Oise où il sera suivi par le docteur Gachet et finira ses jours atteint par le tir d'une arme. La sienne ou celle d'un fils de bourgeois qui l'avait pris pour cible.? Le doute plane...Jean-Michel Guenassia l'avait déjà sous entendu dans son livre magnifique "La valse des arbres et du ciel".
Marianne Jaeglé nous livre un roman qui part à la rencontre du peintre, de l'homme blessé dans son âme, honteux de ne pas pouvoir subvenir à ses besoins. Son écriture est magnifique et les ambiances sont décrites de façon à ce qu'on se retrouve dans le décor du livre.
Après avoir lu "La valse des arbres et du ciel", "La veuve des Van Gogh" et celui-ci, j'ai trouvé que de nombreux évènements se recoupaient comme le lien très fort entre les deux frères, la sympathie naissante entre Johanna, la belle-soeur et Vincent. Le plus imaginatif des trois livres que j'ai lus est celui de Jean-Michel Guenassia mais, après tout un roman n'est pas obligé de respecter les faits à la lettre. le plus respectueux de la nature du peintre est celui de Marianne Jaeglé et "La veuve des Van Gogh" amène un vent de renouveau après la mort des deux frères.
Je sais qu'il existe d'autres oeuvres sur Vincent van Gogh mais je crois que je vais m'arrêter ici pour mes lectures à son sujet.
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fanfanouche24
  09 janvier 2017
Le dernier roman de Jean-Michel Guenassia qui mettait en scène les dernières semaines de Vincent van Gogh à Auvers sur Oise m'a appris le travail , les recherches de deux historiens américains, remettant en cause la légende du suicide de cet artiste. Légende entretenue par tous, dont le
fameux "bon Docteur Gachet"... et ceci dure plus de 120 ans... Alors qu'en réalité il fut tué...
La lecture du roman de J.M. Guenassia m'a incitée à aller plus avant ; c'est ainsi que j'ai choisi la lecture du roman de Marianne Jaeglé, que je lis pour la toute première fois, et avec infiniment de plaisir !
L'écrivain a une écriture fluide, poétique, pleine de sensibilité et d'empathie envers cet artiste-peintre, écorché vif, ayant vécu son art comme un sacerdoce, tour à tour "bonheur et ultime souffrance"
Marianne Jaeglé, s'est également inspirée des investigations des deux historiens, Steven Naifeh et Gregory White Smith. Elle met en scène les trois unités de lieux : Arles, St Rémy de Provence et Auvers-sur-Oise
Elle explique dans un interview ses supports et la documentation utilisés pour ce roman: les célèbres lettres, bien sûr, de van Gogh à son frère Théo,qu'elle connaissait depuis fort longtemps, mais également d'autres correspondances, dont celle de Gauguin, Emile Bernard, et un ouvrage des
plus détaillés et précieux sur la période très riche bien que des plus éprouvantes , vécue à Arles entre Van Gogh et Paul Gauguin, cet "Atelier du midi" commun , tant rêvé par Vincent !!
[" Van Gogh et Gauguin, L'Atelier du midi"de Douglas W. Druick et Peter Kort Zegers, Gallimard, 2002]
En dehors de son cadet , Théo, ayant compris d'instinct le talent et l'originalité de son frère, Van Gogh, sa vie durant, vécut une traversée du désert, une incompréhension tenace de ses contemporains, et même des autres artistes, dont Paul Gauguin, l'ami qu'il admire et aime tant , et méprise les toiles trop vite bâclées, trop "émotionnelles"...à son goût!!
Le destin de van Gogh, nous le connaissons tous... mais le livre de Marianne Jaeglé réussit un tour de force en écrivant avec poésie et finesse les questionnements, le regard unique , l'amour viscéral de van Gogh pour sa peinture...ce décalage avec les autres, dont il souffre tant, qu'il essaye pourtant de réduire, tant qu'il peut, sans succès, jamais !!.
Un idéaliste qui ne rêvait que de fraternité, de partages avec d'autres peintres, d'autres artistes, cet atelier communautaire , qu'il a tout fait pour concrétiser...
Cette complicité et affection exclusives entre Théo et Van Gogh... nous les "revisitons" avec moult émotion... grâce aux lignes de Marianne Jaeglé. Théo n'aurait pas été aussi constant dans la certitude du talent de son frère... nous n'aurions sans doute pas eu la chance, le bonheur, de connaître, admirer les oeuvres de Vincent, encouragé moralement et financièrement par un Théo, seul dans son indéfectible appréciation de la peinture de Vincent, toujours, fidèle et tenace et espérant que l'on reconnaisse enfin le talent de Vincent...
"La vie sans son aîné, sans ce grand rêve de peinture et d'avenir que celui-ci portait pour eux deux lui fait horreur. Comment Théo fera-t-il pour y croire encore ? Où trouvera-t-il encore le courage de vendre des tableaux dénués de grâce, faits par des peintres qu'il n'estime pas ?
Où puisera-t-il la force de dialoguer avec ceux qui n'ont pas su reconnaître le talent de son frère ?" (p. 301)
Un roman bouleversant, à l'écriture des plus prenantes...J'ai adoré cette lecture. Je regarderaisûrement très vite du côté des ateliers d'écriture qu'anime Marianne Jaeglé [cf "Ecrire, de la page blanche à la publication" , édition Scrineo, 2014]
"Tu es trop jeune pour le savoir, ajoute-t-il à voix basse: un peintre peint non seulement avec de la couleur mais aussi de l'abnégation et des renoncements à soi et le coeur brisé" (p. 232)
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Ambages
  16 février 2019
"En plein air, exposé au vent, au soleil, à la curiosité des gens, on travaille comme on peut, répond Vincent. On remplit sa toile à la diable. Alors pourtant, on attrape le vrai et l'essentiel : le plus difficile c'est ça."
Alors là…! je me suis trouvée embarquée dès les premières lignes. Une écriture pleine, fine, vive, qui plonge le lecteur dans les dernières années de la vie Vincent. Je n'arrive plus à le voir comme Vincent van Gogh. C'était Vincent, et Théo aussi. Les frères maudits et le frère fantôme. Tous étaient réincarnés. Ce roman possède une rare puissance. J'étais en immersion et il me fallait, lorsque je le lâchais, un petit temps pour revenir à ma réalité, parce que j'étais avec lui, dans sa tête. Vincent. Pas une once de méchanceté, une folle admiration pour Gauguin et si coupable vis-à-vis de Théo. J'avançais dans les champs en plein été du côté d'Arles au début -elle était belle cette maison jaune- puis je vins à Auvers. Je savais pourtant qu'il ne fallait pas y aller, moins de soleil, moins de vie. Ca allait se finir avec le livre. J'ai même pensé m'arrêter avant la fin. Oh pas beaucoup, dix ou vingt pages… en fonction. Pour ne pas être à ses côtés, dans sa chambre, dans sa souffrance. Et puis l'écriture me tenait. Tellement personnelle, on ressent, on voit, on est avec Vincent. C'était assez incroyable d'y être, et très souvent c'était difficile. J'ai adoré !
"C'est la peinture qui a voulu de moi, la peinture et personne d'autre.
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oran
  28 janvier 2021

de la maison jaune d'Arles, (qui a bien changé en plus d'un siècle, mais qu'on peut encore bien reconnaître ) en passant par Saint- Rémy, pour finir à Auvers-sur-Oise, nous suivons, au quotidien, les dernières années de la vie de Vincent, un être humble, pathétique, illuminé par le soleil de la Camargue, captivé, chaviré par le bleu du ciel provençal , passionné, obsédé par le besoin de peindre sans relâche, prolifique à en perdre la raison, voulant partagé cette beauté avec son ami Paul, tourmenté d'être à la charge de son frère Théo . Un homme raillé, incompris, malheureux, inquiet, La plume empathique de Marianne Jaeglé qui raconte ces deux ans, permet de mieux comprendre les tourments poignants de van Gogh et surtout de croire à une autre hypothèse que la version officielle, celle du suicide.
Je retrouve dans ces pages l'atmosphère des lieux évoqués que je connais bien s'agissant d'Arles et de Saint-Rémy, une invitation à mettre mes pas dans ceux de Vincent en faisant un détour par le musée Angladon-Dubrujeaud à Avignon, qui abrite le seul tableau de van Gogh en Provence – Wagons de chemin de fer – 1888- dans notre région
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   04 août 2016
Marianne Jaeglé romance les deux dernières années de la vie du génial peintre. Où pèse l’absence de reconnaissance et de compréhension, pourtant vitales.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   04 janvier 2017
Mais il y aussi que jamais Gauguin n'a pu discuter avec lui d'égal à égal : quand ils parlent de peinture, Gauguin s'adresse à lui pour lui enseigner sa vérité et la corriger de ses erreurs. Jamais il n'a eu ce sentiment espéré d'avancer côte à côte, comme deux laboureurs traçant chacun leur sillon parallèle. Vincent a cessé de lui dire ce qu'il pense. son rêve d'amitié a vécu.
Oui, il en est persuadé c'est en travaillant qu'on se rencontre.Voilà pourquoi il a tant peint, tant dessiné, pourquoi il se démène comme un fou. Dans l'espoir de se trouver lui-même, à travers la peinture. (p. 88)
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FleitourFleitour   03 juin 2017
Ce qui caractérise son œuvre, c'est l'excès, l'excès en la force, l'excès en la nervosité la violence en l'expression. C'est un exalté, ennemi des sobriétés bourgeoises et des minuties, une sorte de géants ivre, plus apte a des remuements de montagne qu'à manier des bibelots d'étagère, un cerveau en ébullition, déversant sa lave dans tous les ravins de l'art, irrésistiblement un terrible et affolé génie, sublime souvent grotesque quelquefois, relevant presque toujours de la pathologie... Percevant avec des intensités presque anormales, peut-être même douloureuses, les secrets caractère des lignes et des formes mais plus encore des couleurs.
Extrait d'un article de Aurier, journaliste
p 188
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cecilitcecilit   04 août 2018
En une semaine, Vincent a peint onze tableaux, à la va-vite, tous bâclés, "sabrés", comme il dit, pour justifier son à peu-près, barbouillės furieusement, l'un après l'autre, mais tout de même, onze ! dont certains, malgré la frénésie avec laquelle ils ont été exécutés , ne sont pas sans intérêt, il doit l'admettre... Et tout cela fièvreusement, en gémissant ou en se parlant à lui-même, en insultant la toile et la peinture, en tirant sur ses cheveux roux et en se balançant d'avant en arrière..
Paul finit par demander : -"Mais enfin, mon cher, pourquoi peignez-vous aussi vite ?".
Vincent reste coi. Il ne sait que répondre. Comme tout le monde, voilà Paul frappė de la façon dont il s'acharne sur sa toile, de la hâte avec laquelle il étale la peinture, de la fureur avec laquelle il s'exclame quand il n'arrive pas à faire ce qu'il veut, de la rage avec laquelle il déchire sa toile lorsqu'il ne parvient pas à realiser ce qu'il voulait. A sa question, il demeure stupide, impuissant à s'expliquer. Ce qu'il faudrait avouer des choses si intimes, si difficiles à admettre.
Peindre permet d'affronter l'angoisse, c'est aussi simple que ça.
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fanfanouche24fanfanouche24   08 janvier 2017
Demain, il (Van Gogh)peindra ce champ de blé mûr, avec ses épis gonflés et lourds, parsemés de fleurs délicates, et au-dessus, comme un aplat de couleur, le ciel d'un bleu cobalt vif et pur. En montrant cela, la nature simple et sublime, il donnera envie de bonté et d'espérance à tous ceux qui regarderont sa toile. (p. 267)
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jeunejanejeunejane   07 novembre 2018
Sur le lit, le blessé s'agite. Le meurtrier a pris la fuite...Il espère que les deux gamins ont réussi à faire disparaître l'arme et à quitter le pays sans être vus. Quant à lui, il est robuste, il peut encore s'en sortir. Mais si ce n'est pas le cas, sa disparition soulagera Théo. Il était un tel fardeau pour son frère et sa famille.
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Videos de Marianne Jaeglé (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marianne Jaeglé
[EMISSION] LES COUPS DE COEUR DES LIBRAIRES 13-03-20
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