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ISBN : 2253073717
Éditeur : Le Livre de Poche (07/02/2018)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 308 notes)
Résumé :
Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies.
Jean-Michel Guenassia nous révèle une version stupéfiante de ces derniers jours.
Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille av... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (140) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  15 septembre 2016
Encore une preuve qu'il n'est pas nécessaire de maltraiter la langue ou de se perdre dans des figures de style douteuses pour séduire un lectorat. C'est clair, limpide, et pourtant l'histoire est fondée sur un mystère non élucidé : celui de la mort de Vincent van Gogh.
Nous sommes à Auvers-sur-Oise en 1890, alors que la Tour Eiffel est l'objet de polémique et que des pétitions circulent pour obtenir sa démolition. C'est aussi une période où les femmes passaient de l'autorité d'un père à la férule d'un mari, sans avoir pu exprimer la moindre volonté, au risque de se retrouver à la rue.
Marguerite Gachet ne l'entend pas ainsi. La froideur de son père l'a armée au moins contre le piège d'un chantage affectif, et c'est avec détermination qu'elle se distingue de ses congénères , d'abord en passant son baccalauréat (encore une institution vouée à une disparition rapide, si l'on en croit les prédictions des professionnels de l'éducation de l'époque). Malheureusement, elle n'a pas l'autonomie financière pour aller au bout de ses désirs, et poursuivre son but : se perfectionner dans l'art de la peinture (à l'école des Beaux-Arts, les femmes ne sont pas admises, et les académies privées qui les acceptent sont hors de prix).
C'est parce que son père monnaye ses piètres talents médicaux contre des toiles de peintres pas assez connus pour ne pas vivre dans la misère, que Marguerite croise sur son chemin le pas encore célèbre Van Gogh. La jeune fille voue un culte à la fois au peintre et à sa peinture, au point d'y risquer son honneur. de toute façon, il est hors de question pour elle de céder à la pression de son père qui lui enjoint d'épouser un futur pharmacien. Non, elle partira pour l'Amérique avec l'élu de son coeur.
L'aventure tourne au drame, et si la thèse du suicide ne résiste pas aux arguments des légistes, la mort par hémorragie interne à la suite d'une blessure par balle est accidentelle ou criminelle . Il est curieux qu'aucune enquête n'ait été diligentée après le décès de cet homme de 37 ans. La vie d'un artiste méconnu n'a t-elle que si peu de valeurs qu'on n'y accorde pas le moindre intérêt?
Jean-Michel Guenassia nous propose sa version des faits, plus plausible que l'officielle.
C'est avec talent que l'auteur nous dresse le portrait de ce siècle finissant, et l'idée d'insérer des extraits d'articles de presse de l'époque est excellente, car elle évite d'alourdir le récit, tout en le replaçant dans son contexte.
Ce qui fait tout le charme de ce roman, c'est aussi d'être le témoin de l'élan créateur du peintre (un petit conseil : se munir d'un support numérique ou papier avec des représentations des oeuvres de van Gogh pour apprécier au mieux la description qu'en fait l'auteur).

C'est une incitation à revisiter l'univers pictural de ce grand peintre, dans ce roman aussi agréable qu'instructif.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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lyoko
  13 février 2018
Et encore un roman de Jean Michel Guenassia qui fait mouche chez moi.
Sa façon d'écrire est belle, pas pompeuse pour un sous et il sait admirablement mettre en avant, avec de simples mots le talent incontestable de van Gogh. Sa description des toiles est incroyable, surtout celle du docteur Gachet. Je vais avouer que j'ai lu ce roman mon portable à la main afin de pouvoir aller rechercher les toiles décrites par l'auteur.
J'ai aussi beaucoup aimé la romance qu'il a fait autour du célèbre peintre.
Enfin les supputations que fait l'auteur sur Van Gogh, sur la fille du docteur sont juste très bien travaillées et peuvent très bien être plausibles.
Un très beau roman
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fanfanouche24
  07 décembre 2016
Que de trésors en cette rentrée littéraire 2016 ! ...Pour ne citer que mes tout derniers coups de coeur: "Le Garçon" de Marcus Malte, "Continuer" de Laurent Mauvignier et ce roman de Jean-Michel Guenassia que je lis pour la première fois..avec délectation !.
Le sujet ne pouvait que m'"accrocher": les derniers jours de Vincent van Gogh, à Auvers-sur-Oise. Hormis la version stupéfiante de l'écrivain mais plausible ou du moins comportant moins d'invraisemblable , et de clichés grossiers, que la réalité officielle...le roman se lit aisément, entre les extraits d'actualités de l'époque, dont ceux de la Lanterne, ainsi que des extraits de la correspondance de van Gogh à son frère Théo, alternant avec la voix centrale de la fille du Docteur Gachet, Madeleine !!
Un style réjouissant pour décrire les toiles de Vincent, sa manière de peindre...sa personnalité attachante, loin des images toutes faites, tant véhiculées, sans aller plus avant.... Nous sentons intensément l'admiration de Jean-Michel Gunenassia, pour l'artiste maudit ...Au début de ce roman, le premier personnage décrit , qui est la voix du récit, est Marguerite Gachet, la fille du célèbre Docteur Gachet... enfermée moralement et physiquement dans un univers petit-bourgeois où les filles n'ont comme issue que le mariage et la famille...On se réjouit de constater que le Dr Gachet semble plus ouvert et tolérant puisqu'il encourage sa fille à passer son baccalauréat (Véritable évènement à l'époque) ce qu'elle réussit. Mais déception rapide: l'image du célèbre mécène des Impressionnistes se trouve rapidement très écornée. Personnage fat, amateur de painture, dessinant lui-même, mais rempli d'autosatisfaction, et peu embarrassé par les scrupules... Je reconnais que l'image que j'avais de ce bon Docteur Gachet a été diamétralement modifié...Un personnage antipathique, et d'une mauvaise foi sans nom... avec toutes les caractéristiques de l'arriviste, petit-bourgeois, se targuant de bon goût et d'esprit avant-gardiste...alors que son culte des apparences et de leur sauvegarde reste son obsession. Il veille à son image et à son auréole de bienfaiteur éclairé des artistes incompris !
Van Gogh vient s'installer à Auvers-sur-Oise pour consulter le Dr Gachet, qui ne le trouve pas aussi malade que cela..le rassure,. l'invite à déjeuner chaque dimanche...non par générosité spontanée mais , selon son apparente habitude, pour obtenir les oeuvres de ses pseudos protégés,à "bon compte", sans sortir un sou...On découvre un tout autre visage du gentil Docteur Gachet"
La fille du Docteur Gachet tombe amoureuse de van Gogh; avant l'arrivée du peintre, elle rêvait de partir en Amérique, d'apprendre la peinture, pour gagner sa liberté et échapper à l'autorité paternelle ou au mariage arrangé avec le fils du pharmacien, un ami d'enfance... ce qu'elle refuse. Elle s'attache à Van Gogh, lui demande de lui apprendre à peindre... L'écrivain imagine pour nous, lecteurs, la relation intime, personnelle entre l'artiste pauvre et incompris et la fille de son "dit-bienfaiteur"....
L'histoire progresse jusqu'à l'issue fatale: le fameux suicide... dont Jean-Michel nous propose une autre version....mais je n'en dirai pas plus !!

"Pour en finir avec l'extravagante thèse du suicide de Vincent, je veux dire qu'en ce mois de juillet 1890 il était enthousiaste, sa maladie était un vieux souvenir, il fourmillait de projets, mais surtout il faut réaliser que Vincent était un graphomane, l'écriture était pour lui presque aussi importante que la peinture, il y consacrait deux heures chaque soir, écrivant de longues lettres à tout le monde, pour un oui ou un non, à son frère bien sûr, mais aux autres membres de sa famille, à Gauguin et à tous ses amis et connaissances. Comment imaginer une seconde qu'il se soit suicidé sans un mot d'explication à ce frère qui était si proche de lui, à sa mère, à sa soeur ? Et qu'il n'ait laissé aucune instruction sur ce qu'il voulait qu'il advienne de ses tableaux, lui qui avait consacré sa vie à la peinture, est tout simplement inimaginable. (p. 286)
"Quand j'y repense, je suis effarée des affabulations qui ont été écrites sur Vincent, les fadaises sur son état mental ou sa santé. La foule se délecte des clichés colportés par les ignorants qui font bloc comme les moutons d'un troupeau et se repaissent avec délice de cette légende d'artiste maudit qui n'est qu'une imposture. (p. 246)"
Du suspens, un tout autre regard sur les dernières semaines de vie de van Gogh....et sur l'icône que l'on en a fait !!
Un moment de lecture, captivant et bouleversant sur ce peintre hors-norme... dont la passion pour son art relevait du sacerdoce, était devenu toute
sa raison d'être et de travailler sans relâche ! Pour tous les "amoureux" de beaux-arts mais aussi pour les esprits curieux qui ne se contentent que modérément des modes et des légendes trop fidèlement transmises, au fil du temps !
"Et il y a sa peinture magique, unique, bouleversante, elle est indissociable de son être, comme l'envers et l'endroit d'un gant, elle est dans sa peau, dans son sourire, avant qu'il ne réussisse à la projeter sur la toile" (p.234)
N.B: En annexe, à la fin l'auteur remercie un des spécialistes de van Gogh, Benoît Landais, pour son aide. Spécialiste mondialement reconnu , auteur de nombreux ouvrages, dont deux textes que je suis curieuse de lire pour approfondir la fin de cet artiste immense: "L'audace des bandits. L'affaire Gachet, éditions du layeur," 1999; "La folie Gachet. Des van Gogh d'outre-tombe", Les impressions nouvelles, 2009...
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joedi
  22 septembre 2017
Auvers-sur-Oise, été 1890. Vincent van Gogh réside dans une chambre mansardée, à l'auberge des Ravoux. Il aime cette campagne, ses habitations aux toits de chaume, les champs et les fleurs, sujets de ses tableaux. Le docteur Gachet le reçoit à diner tous les dimanches ; amateur de peinture, il a pour habitude de faire payer ses consultations avec les toiles de ses patients peintres. Le docteur Gachet est père d'une jeune fille de 19 ans et d'un fils cadet.
Jean-Michel Guenassia, d'une écriture fluide, raconte l'amour que voue Marguerite à Vincent, les dîners chez le docteur et la fin tragique du peintre.
Un auteur à suivre !
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Eve-Yeshe
  31 décembre 2016
C'est le premier roman de Jean-Michel Guenassia que je lis et j'ai aimé la façon dont il décrit la manière de peindre de Vincent van Gogh ainsi que l'arrivée des Impressionnistes. Il nous fait entrer dans cet univers. On imagine très bien le peintre arpentant la nature, son chevalet et ses brosses à la main, et dépensant toute son énergie pour s'acharner à retranscrire son émotion sur la toile.
L'auteur analyse très bien le statut des femmes dans la famille en cette fin de siècle : soumise à l'autorité du père puis du mari, mariage arrangé pour que cela profite aux deux familles, il n'y a pas de place pour l'amour.
On aborde aussi la place des femmes dans la société : Marguerite Gachet est une des rares à avoir passé son baccalauréat, mais ne peut pas s'inscrire aux Beaux-Arts, interdits aux femmes : elles peuvent peindre pour leur plaisir (les cours de peinture sont très chers) mais pas pour exposer ou en vivre. Marguerite rêve de fuir en Amérique où tout est possible, pour pouvoir enfin être libre de vivre, de peindre…
le statut du frère de Marguerite n'est guère mieux : il aspire à être poète alors que son père le pousse vers une carrière médicale, n'hésitant pas à enlever tous les livres de sa chambre pour l'obliger à se soumettre à sa volonté.
La jeune fille se rebelle contre l'autoritarisme de ce père, le tristement célèbre Dr Gachet, piètre médecin, qui troque de pseudo soins contre des toiles : tout est calculé chez cet homme opportuniste.
« En réalité, c'est mon père qui se mettait en avant et, à travers nous, se donnait en spectacle; sa fille poussait des études comme aucune autre, son fils montrait une sensibilité pour son âge, ses enfants étaient sa fierté légitime et sa revanche sur sa vie si modeste »
Jean-Michel Guenassia décrit très bien la société de l'époque et ses préoccupations, la situation précaire des artistes , les discussions sans fin sur le statut de la tour Eiffel après l'exposition universelle de 1889 et sa destruction ou non…
L'auteur construit son roman sur les conditions de la mort très controversée (suicide ? Homicide ?) de Vincent van Gogh pour faire revivre ce peintre flamboyant, avec ses angoisses et imaginer une rencontre entre deux artistes puis une histoire d'amour,pour notre plus grand plaisir.
Une belle histoire, une idée originale, mais je suis restée sur ma faim, je me suis parfois ennuyée pendant cette lecture pourtant agrémentée de lettres de Vincent à son frère ou à Gauguin, ou d'articles de journaux de l'époque, mais Jean-Michel Guenassia a réussi son pari car il m'a donné l'envie de faire des recherches plus poussées sur la mort de van Gogh et sur le sinistre Dr Gachet et sa famille

Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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critiques presse (3)
Actualitte   15 décembre 2016
Une fiction romanesque exaltante dont la probabilité importe peu au final et en constitue peut-être sa force d'ailleurs.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte   15 décembre 2016
Une fiction romanesque exaltante dont la probabilité importe peu au final et en constitue peut-être sa force d'ailleurs.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeJournaldeQuebec   26 septembre 2016
Une histoire haute en couleur dont on se souviendra longtemps.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (125) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   18 septembre 2017
Chaque mercredi, je m'applique à faire un dessin entier. Dans les coins de la feuille, j'approfondis des détails ou j'esquisse des parties plus délicates à attraper. La sanguine a cet avantage que le repentir y est facile, la reprise invisible, la raideur de ma pointe peut passer pour volontaire, et je peux l'estomper avec le bout de mon doigt, en ombrant le trait.
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joedijoedi   21 septembre 2017
La Lanterne, 12 février 1890

«Le théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, a donné hier la première représentation d'un opéra français : Salammbô, en cinq actes et sept tableaux, d'après le célèbre roman de Gustave Flaubert ... La musique est de M. Ernest Reyer, l'auteur applaudi de La Statue et de Sigurd.
Salammbô a été donné devant une salle splendide. Aucune place n'était vide, sauf la loge royale, à cause de la mort du duc de Montpensier.
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michfredmichfred   20 août 2016
De son sac, il sort les brosses, une palette, des tubes couleur. De là où je me trouve, je ne peux le voir préparer sa palette, ni voir ce qu'il commence à peindre. c'est à peine si je devine la toile qui se colore. Il peint collé à la toile, comme s'il avait déjà tout mémorisé ou qu'il savait déjà ce qu'il a l'intention de peindre. Quand il reprend de la peinture, il ne jette pas un regard à sa palette, en tout cas il ne bouge pas la tête. Je suis surprise de sa brusquerie. Il ne pose pas la peinture sur la toile avec délicatesse, comme on le fait habituellement, mais avec nervosité, comme s'il avait un fouet à la main et qu'il frappait le revêtement, il semble pressé, ses gestes sont saccadés.
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fanfanouche24fanfanouche24   05 décembre 2016
A la réflexion de ces années passées dans le silence et la méditation, je pense que Vincent n'était en rien un malade mental ou un exalté, comme on l'a si souvent et si mal décrit. A cette époque, ce dont il souffrait était mal compris, et aucun médecin ne savait comment soigner ses troubles épisodiques. Il était d'un tempérament doux et calme, peu agressif, enclin à la conciliation plus qu'à la confrontation (...) (p. 195)
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Eve-YesheEve-Yeshe   31 décembre 2016
Peut-être les hommes redoutent-ils de perdre leur domination, si nous pouvions nous confronter à eux. Nous ne sommes bonnes qu’à contempler leurs œuvres, sans avoir le droit d’apprendre et de devenir des artistes reconnues. Et si jamais une femme arrivait à mettre un pied dans la porte entrouverte, je suis sûre qu’ils la refermeraient avec toute la violence possible, quitte à briser l’os.
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