AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Simone David (Traducteur)
ISBN : 2264018372
Éditeur : 10-18 (26/11/1993)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Mrs. Gereth n'a accepté l'invitation des Brigstock à Waterbath que pour vérifier si son fils Owen est épris de leur fille Mona, ce qu'elle redouté car elle a toujours pensé qu'il s'enticherait d'une pimbêche sans intérêt.
Ses craintes se trouvent confirmées et la consternation s'y ajoute : Waterbath est un monument de mauvais goût risible et désolant. Mrs. Gereth éprouve un certain soulagement à en rire avec une autre invitée, la jeune Fleda Vetch, qui tranch... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
hoteldelaplage
  21 février 2019
Parmi la profusion de romans que Henry James a écrits, les chefs d'oeuvre les plus connus (Portrait de femme, Les ambassadeurs...), par leur prestige colossal, font beaucoup d'ombre à leurs petits frères. Si Les dépouilles de Poynton fait assurément partie de ces derniers, il n'empêche que c'est un texte attachant dans lequel se retrouvent réduits à une expression plus concise et peut-être plus accessible les thèmes chers au grand auteur américain.
L'intrigue peut sembler datée ou loin des considérations d'un lecteur contemporain : Mrs Gereth, veuve anglaise issue de la gentry, voue une passion sans bornes à sa collection d'objets d'art, collection patiemment constituée qu'elle conserve dans sa magnifique propriété de Poynton. Lorsque son unique fils Owen, rejeton sans grande substance, se fait mettre la corde au cou par la philistine Mona Brigstock, la mère du jeune homme, prête à tout pour ne pas voir l'oeuvre de sa vie passer entre des mains incultes lorsque l'union sera célébrée, soumet de force à ses projets fous sa protégée, Fleda Vetch, une jeune femme sans fortune mais douée d'un sens inné de tout ce qui est beau. de déménagements clandestins en stratagèmes machiavéliques pour faire capoter le mariage de son propre fils, Mrs Gereth ne recule devant rien pour conserver pour elle sa collection chérie, et entraîne dans les dilemmes les plus terribles sa jeune amie qui, entre temps, n'a pas manqué de tomber elle-même amoureuse d'Owen.
Totems d'un bon goût exclusif pour Mrs Gereth, objets précieux dont la valeur marchande et patrimoniale saute aux yeux de Mona, les « dépouilles » qui trônent à Poynton finissent par devenir, au fil du roman, les prétextes à toutes les manigances pour que se joue en leur nom un bras-de-fer terrible entre les deux femmes, dont Owen se résout par nature à n'être que le spectateur, tandis que Fleda en devient malgré elle le dommage collatéral tragique.
La figure de la jeune femme désargentée occupe toujours une place centrale chez James. Dans Les dépouilles de Poynton, l'auteur a eu l'idée ingénieuse d'en faire à la fois l'instrument par lequel les coups sont portés et le bouclier qui les reçoit. En effet, contrainte par sa position sociale fragile à une obéissance silencieuse à sa bienfaitrice, Fleda se plie à toutes les idées fixes de la formidable Mrs Gereth, figure marquante et imposante d'un livre bref dont elle est le dragon. Cette maîtresse mère inaugure, cent ans avant la Patsy Stone d'Absolutely Fabulous ou la Karen Walker de Will & Grace, le personnage de la peau-de-vache plus-que-parfaite, odieuse, égoïste, totalement déraisonnable et indéboulonnable dans ses lubies, qui donne à Henry James l'occasion de montrer un talent qu'on lui connaît moins : un humour extrêmement caustique, qui confère à ce petit roman une tonalité comique savoureuse. En quelques dizaines de page, c'est tout un théâtre qui défile sous nos yeux et ne se départit jamais ni de légèreté, ni de profondeur : l'âme humaine y est sondée avec une acuité sans pareille, et l'on referme Les dépouilles de Poynton avec le sourire aux lèvres et la sensation d'avoir aperçu, à travers le microcosme de ces quelques personnages, bien plus que cela.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41
ivredelivres
  13 février 2018
Poynton est une magnifique propriété du sud de l'Angleterre. A la mort du propriétaire tout va passer dans les mains de son fils Owen Gereth, et quand je dis tout c'est vraiment tout : la maison, le domaine, les meubles et toutes les oeuvres d'art qu'Adela Gereth et son époux, amateurs de beauté, avaient patiemment amassés.
La laideur, les niaiseries esthétiques sont pour Mrs Gereth « une secrète souffrance » aussi lorsqu'Owen s'éprend et se fiance à Mona Brigstock qui n'a aucun goût pour les belles choses et qui offre « le hideux spectacle d'une pimbêche disgracieuse et mal habillée » , Mrs Gereth sait qu'il va lui falloir agir avec célérité et détermination.
Owen Gereth n'a jamais aimé Poynton aussi faut-il une stratégie à Mrs Gereth et cette stratégie s'apelle Fleda Vetch, une jeune personne élégante mais pauvre, intelligente et sensible à l'art et qui va servir d'intermédiaire entre les différents protagonistes, l'essentiel étant pour Mrs Gereth que jamais oh grand jamais ! Mona ne puisse devenir la propriétaire des merveilles de Poynton quitte à ce que son fils s'unisse à quelqu'un sans le sou.
Henry James est habile et se joue de son lecteur, nous sommes immédiatement ralliés à sa cause alors que nous n'avons jamais le plaisir de visiter vraiment Poynton. Tout est dans l' art du sous-entendu, du dit à demi.
Fleda et Mrs Gereth s'installent dans une maison charmante mais à mille lieux de l'héritage convoité. Et le temps et les manipulations de Mrs Gereth font leur chemin, Owen finit par être troublé par Fleda mais il n'est pas si facile de défier et duper Mona Brigstock.
Tout le talent d' Henry James est là. Ce n'est pas une de ses oeuvres majeures mais quel plaisir de suivre les manipulations des uns, les réticences des autres, les fourberies et les scrupules, les promesses faites et non tenues, les vainqueurs et les vaincus. C'est tortueux à souhait, on éprouve de la sympathie pour Fleda, de l'agacement devant la bêtise d'Owen.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          51
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
SachenkaSachenka   12 mai 2018
- Vous simplifiez beaucoup trop. Vous l'avez toujours fait et vous continuerez. La vie est beaucoup plus embrouillée que vous ne l'avez, je crois, jamais compris. [...]
Commenter  J’apprécie          80
tolstoievskitolstoievski   20 décembre 2017
Fleda et Owen debout près de la porte se regardèrent alors gravement sans parler. Leurs yeux se rencontrèrent une fois de plus, un long moment, et elle sentit qu'elle avait dans les siens quelque chose que l'obscurité n'éteignait pas, qu'il n'y avait jamais vu, qu'il n'y reverrait peut-être jamais. Il resta assez longtemps pour recueillir ce regard, pour le recueillir avec des yeux assombris où pointaient la surprise…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Henry James (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henry James
Géraldine Mosna-Savoye : " Deux livres pour tisser des liens entre littérature et philosophie" .Un livre pour l'été, le conseil du jour ! Géraldine Mosna-Savoye, productrice des Nouveaux chemins de la connaissance vous propose deux livres à découvrir pour cet été. Son choix : "Les Bostoniennes" d'Henry James et "Des phrases ailées" de Virginia Woolf . A partir du 4 juillet et jusqu'au 28 août, retrouvez la grille estivale de France Culture ! Tous les détails ici > http://bit.ly/28QJC1e
autres livres classés : héritageVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les animaux en littérature

"De sa fourrure blonde et brune sort un parfum si doux..." De quel animal parle Baudelaire ?

Un chien
Un cheval
Un chat
Un lion

15 questions
319 lecteurs ont répondu
Créer un quiz sur ce livre