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ISBN : 2290334839
Éditeur : J'ai Lu (01/05/2003)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 593 notes)
Résumé :
Existe-t-il plus grand plaisir que d'écouter des récits macabres, la veille de Noël, dans une vieille maison isolée ? Qu'il est diabolique le frisson qui glace alors les sangs...

Qu'il est divin le cri des femmes épouvantées... Ce ne sont pourtant que des histoires... Tandis que celle-ci... Elle a été vécue... Par des enfants encore, deux petits orphelins, si admirablement gracieux, si serviables et si doux...

Et leur gouvernante, une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
18 septembre 2016
« Une histoire écrite, qui est dans un tiroir fermé à clef. »
Ne comptez pas sur Henri James pour nous la donner, cette clef ! Il nous laisse nous démerder tout seul avec ce roman gigogne, ce sombre récit aux multiples facettes…
Dans cette histoire, la narratrice qui oublie de donner son nom, a pourtant tout pour être heureuse quand elle arrive au vieux manoir de Bly pour veiller sur Flora et son grand frère Miles, deux adorables enfants, si agréables, si bien élevés, si croquignolets qu'elle leur aurait donné le bon Dieu sans confession.
Mais très vite, des évènements étranges et troublants viennent brouillés la vie champêtre de notre gouvernante. Dans le manoir gothique, s'animant crescendo, ils s'enchainent les uns après les autres… Des souffles rauques, des frôlements inquiétants perturbent les nuits calmes de Bly. le coeur battant la chamade, la gouvernante entrevoit les apparitions furtives de deux parfaits inconnus ; des apparitions qui deviennent de plus en plus fréquentes, réelles… et maléfiques. Les sosies parfaits de Peter Quint, ancien valet attaché au domaine, et de Miss Jessel, prédécesseur de la narratrice, tous deux décédés juste avant son arrivée… Quand la gouvernante horrifiée comprend que les deux fantômes sont attirés (attirance franchement morbide et tordue) par la présence des deux enfants et cherchent à pervertir leur innocence, un combat s'engage entre elle et les deux apparitions.
Alors !!!! S'agit-il d'un conte fantastique et pervers ou je dois croire à nos deux fantômes ? S'agit-il au contraire de la description du délire hallucinatoire de notre narratrice qui, parfois, m'a fait l'effet d'une vraie frapadingue ? Henri James m'a laissé dans le doute en brouillant les pistes, m'a abandonné dans le marigot… Miss Grose, l'intendante de la maison, seule personne à peu près sensée de ce bouquin, n'aide pas à résoudre l'énigme. Elle voudrait tant croire la narratrice, l'aider de toutes ses forces à sauver la pureté des deux enfants, mais son solide bon sens l'empêche de se livrer totalement. Elle reste toujours sur son quant-à-soi… Miss Grose s'est bien gardée de me donner les clefs du tiroir…
J'ai dévoré ce livre dans des frissons de malaise ; j'ai été dérangé, troublé, englué dans des miasmes fétides, dans la noirceur des sentiments humains…
Un livre absolument magistral.
Challenge XIXème siècle



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Lolokili
25 mai 2015
Ouhla ma fille, le moment est délicat (il m'arrive occasionnellement de m'appeler «ma fille», ça favorise ma concentration) car là pour une fois je me suis immergée dans un vrai classique, de ceux passés à la trappe à l'époque où je poursuivais mes brillantes études sans grand espoir de les rattraper.
Délicat le moment donc puisque je me suis intensément barbée en lisant ce texte pourtant court et «unanimement considéré comme LE chef-d'oeuvre d'Henry James» (c'est pas moi qui le dit, c'est la quatrième de couverture).
Plutôt ronchon de par le fait mais désireuse de creuser un peu le problème, je découvre que les interprétations de cette oeuvre qui ont été hasardées au fil des décennies et de l'évolution des moeurs, ont oscillé entre conte fantastique et métaphore psychanalytique. Là je comprends (presque) mieux. Beaucoup ont donc évoqué les thèmes de la névrose, de la transgression, de la frustration ou de la perversion sexuelle qu'Henry James aurait, consciemment ou pas, traités dans son oeuvre de manière subliminale.
D'accord.
Réjouissant programme.
Il n'empêche que pour ma part, et quelle qu'en puisse être l'approche, il m'a juste été pénible d'appréhender cette atmosphère singulière, impossible de m'attacher aux personnages, et surtout très laborieux de m'y retrouver dans cette écriture précieuse, aux circonvolutions sans fin.
J'ajouterai au passage une pensée hautement compatissante pour les élèves (j'en connais) qui ont eu à se farcir cette oeuvre sans les éclaircissements d'usage. « le Tour d'écrou », à l'adolescence et sans filet, je peux comprendre que ça fasse moyennement kiffer.

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AgatheDumaurier
19 septembre 2016
Diable ! " le Tour d'écrou"...Moi qui m'attendais à lire paisiblement un traité de bricolage écrit par un dénommé Henry James, j'ai dû me rendre à l'évidence au bout de quelques pages, les travaux allaient être difficiles pour la jeune fille envoyée au château.
Le propriétaire a été très clair : il ne veut rien savoir de l'avancée du chantier. La jeune fille doit se débrouiller seule. En plus, à l'arrivée, on lui colle dans les pattes deux orphelins à problèmes, ce qui n'est pas idéal quand on a un manoir entier à restaurer avec un seul écrou ! Et ce n'est pas tout, je n'avais toujours rien appris au bout de vingt pages sur l'art du bricolage, je commençais à m'impatienter, quand la jeune fille, faisant visiblement le tour des tours pour installer -de nuit ! -des échafaudages, se met à avoir des apparitions !!!!! Un homme roux, très beau, mais "ignoble" ! Qui lui apparaît ensuite derrière une vitre -même pas brisée- et qui, d'après l'intendante du château, d'après la description, est mort l'année dernière ! Oh le chantier !! Quelle galère les travaux ! La précédente jeune fille préposée aux écrous est morte elle aussi l'an dernier ! Et elle réapparaît à son tour !!! Elle veut finir le travail ? Notre jeune fille vivante est dubitative : elle pense plutôt que les deux fantômes veulent enlever les orphelins à problèmes. Il faut clarifier la situation avant de rafistoler les tours.
Question : les orphelins voient-ils les spectres ? Sont-ils stressés par ces apparitions ? C'est difficile à savoir, surtout quand on ne pose aucune question...La jeune fille n'est pas très psychologue. Son truc à elle, c'est le bricolage.
Question : La jeune fille voit-elle vraiment des spectres, ou est -elle stressée par l'ampleur du chantier ? Difficile à savoir, puisqu'il n'y a qu'elle qui parle, et qu'elle est persuadée de voir des spectres.
Question : si quelqu'un s'en prend aux orphelins, sont-ce les spectres ou la jeune fille ?
Le champ des possibles est vaste, et toutes les fenêtres sont ouvertes...Le fantastique peut être pris au premier degré, mais c'est un peu frustrant, d'autant plus que de nombreuses ellipses titillent épouvantablement l'imagination débordante du lecteur...
-Pourquoi le jeune homme (Quint) et la jeune spectre (miss Jessel) sont-ils "ignobles"...Cela ne peut se résumer à une simple aventure...
-De quoi miss Jessel est-elle morte ?
-Pourquoi Miles, le bel ange frappadingue, a-t-il été renvoyé du collège ?
-De qui la jeune fille vivante était-elle amoureuse ?
-Pourquoi le tuteur ne veut-il rien savoir des travaux ? Absolument rien !!!
etc etc...Tout cela grouille de secrets innommables.
En peu de pages, Henry James nous retourne le cerveau. Encore un roman obsédant ! J'ai hâte de lire la suite : "Le coup de marteau". C'est pas tout ça, mais j'espère qu' Henry James traitera enfin son sujet, le bricolage ...
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Foxfire
23 février 2015
C'est en lisant un livre comme "le tour d'écrou" que je me dis que je ne lis pas assez de classiques. Il est en effet bien agréable, entre deux romans plus modernes, de se plonger dans une oeuvre plus ancienne. Et d'autant plus lorsque le récit en question relève de la littérature de genre. Et dans ce registre, force est de constater que les auteurs du 19ème siècle ne manquaient pas de savoir-faire.
Si les effets utilisés pour susciter l'angoisse sont moins évidents que dans la littérature d'épouvante contemporaine, on n'est pas ici dans le démonstratif, ils n'en demeurent pas moins efficaces. L'auteur parvient à créer le trouble et à installer une atmosphère oppressante nimbée d'une angoisse sourde., distillée subtilement par petites touches. Cela, grâce à un récit très bien mené qui prend la forme d'un drôle de jeu.
Car c'est à une expérience étrange que nous convie Henry James avec "le tour d'écrou", celle de la lecture créative. Plutôt que de prendre le lecteur par la main, plutôt que de tout lui montrer, plutôt que de démêler explicitement le vrai du faux, l'auteur choisit de laisser l'imagination du lecteur remplir les trous de son récit. James manie l'art des non-dits avec brio et avec un goût de la manipulation certain. Cet art de la suggestion n'a pas pour seule intention de créer de l'angoisse. C'est à dessein que Henry James ne livre pas toutes les clés de son roman. En remplissant lui-même les zones d'ombre du récit, en imaginant ce qui n'est pas révélé, en explicitant ce qui est tu, le lecteur se retrouve confronté à sa propre perversité. Tout au long de ma lecture, je me suis demandée si l'auteur avait "explicitement sous-entendu" ce que j'avais imaginé ou si c'était mon esprit tordu qui en avait fait cette interprétation.
Et ce questionnement du lecteur est à l'image du personnage de la narratrice. Les fantômes qui veulent posséder les enfants sont-ils réels ou ne sont-ils que le reflet de sa propre psyché ? N'est-ce pas elle qui désire prendre possession du jeune Miles (une possession qui n'aurait alors rien de spirituelle) ?
C'est ce double-jeu qui rend la lecture du "tour d'écrou" si particulière, qui lui confère un caractère troublant à l'extrême, un trouble qui va jusqu'à une doucereuse sensation de malaise.
Comme quoi, il n'est pas besoin d'user de grands effets chocs pour remuer un lecteur.
A noter que l'édition proposée par le livre de poche inclut une préface et des notes de la traductrice qui éclairent la lecture de façon très intéressante.
Je profite également de cette modeste critique (un peu embrouillée) pour vivement conseiller la vision de l'adaptation cinéma signée par Jack Clayton en 1961 (avec Deborah Kerr, remarquable) intitulée "les innocents" qui est un véritable petit bijou et qui, à mon avis, est à classer aux côtés de "la maison du diable" de Robert Wise dans le panthéon des meilleurs films d'épouvante gothique.
Challenge Variété 9 (catégorie "un livre qui a plus de 100 ans")
Challenge Petits plaisirs 15
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Alexein
09 avril 2016
Le tour d'écrou, chef-d'oeuvre de Henry James, me laisse pantois, sonné, hagard. Moi qui ai l'habitude d'encenser les classiques, je me trouve bizarrement confronté à une énigme qui m'apparaît insoluble et je pense qu'elle l'est ; que le fond, le secret de l'histoire que constitue cette énigme n'est en fait qu'un prétexte, un magnifique prétexte au déploiement savamment orchestré d'ingrédients qui font de ce livre un modèle de genre et de style. le coeur de l'histoire, le seul intérêt que j'y ai trouvé, c'est sa forme.

Dès le début, le ton est donné avec des dissonances et des contradictions, une façon de souffler le chaud et le froid qui est devenue presque agaçante au fil des pages tout en lui conférant un ressort indéniable. L'atmosphère de plus en plus étouffante est très réaliste et les personnages sont très bien campés dans leurs attitudes et dans les dialogues. Cependant, tout ce qui accompagne cela, c'est-à-dire les analyses de la narratrice, sème la confusion en tournant autour du pot dans une sorte d'excès de description de ses états d'âme pareille à un serpent qui se mordrait la queue.

Les non-dits sont bénéfiques à l'intrigue et au suspense. Mais trop de non-dits crée une sorte de distorsion et tout devient tellement tendu que l'ensemble se relâche de fatigue et de lassitude dans mon esprit de lecteur. L'excès d'opacité et la fragilité des points de repère finissent par égarer le petit lecteur que je suis qui ne sait plus vraiment pourquoi il lit cette histoire.

L'auteur sait tenir en haleine par divers effets dont c'est un maître reconnu : les effets de narration, les dialogues, les images. Tout cela est magistralement déployé devant nous. Mais ce qui habille l'histoire semble prendre plus d'importance que le fond et, au lieu de me demander : « Que se passe-t-il à la fin ? », je me suis plutôt demandé : « de quelle manière cela va-t-il se passer ? » Avec toutes les possibilités ouvertes par les ambiguïtés du récit, les pires choses imaginables semblent possibles. Tout n'est lié qu'à la perception, aux apparences ; et le lecteur doit composer avec cela au fil d'un récit où les repères n'en finissent pas de vaciller.

On finirait par croire la narratrice folle ou les enfants des envoyés du diable. C'est l'effet que l'auteur a voulu produire sur l'esprit du lecteur qui prédomine. L'histoire en soi n'est qu'une illusion d'optique. Il nous montre les effets de la force de suggestion sur l'esprit du lecteur, faisant de son Tour d'écrou un véritable tour de force.

Je crois qu'on ne peut plus vraiment apprécier ce genre d'effet aujourd'hui. le cinéma concurrence ce genre de livres qui l'ont d'ailleurs inspiré. Les histoires de revenants sont tellement éculées qu'on en est blasé. Si on a vu Sixième sens, Les autres, L'orphelinat, Apparences (pas tout à fait un film de revenants mais dans la même veine), sans parler des séries Walking dead et autres, on ne peut pas être vraiment choqué par ce genre de livre. On prend conscience de ce que le cinéma de suspense et la littérature noire doivent énormément à James et Lovecraft entre autres.

Henry James, qui appréciait infiniment Flaubert, a peut-être lui aussi voulu produire un livre « qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style ».
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Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa12 septembre 2017
Y avait-il un secret à Bly ? Un mystère d’Udolphe, ou quelque parent aliéné, ou scandaleux séquestré dans une cachette insoupçonnée ? Je ne saurais dire combien de temps, partagée entre la curiosité et la terreur, je demeurai là où le coup m’avait été porté. Je me rappelle seulement que, lorsque je rentrai dans la maison, la nuit était tout à fait venue.
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Eric76Eric7610 septembre 2016
Assise à ma propre table, dans la claire lumière de midi, je vis une personne que, sans mon expérience antérieure, j'aurais prise pour une servante laissée à la garde de la maison, qui aurait profité du manque, si rare, de surveillance, autant que du papier et des plumes de la salle d'études, pour s'appliquer à l'effort considérable d'écrire une lettre à son bon ami. [...] Mais, tandis que je faisais cette observation, je m'étais rendue compte du fait singulier que mon entrée ne modifiait en rien son attitude. L'instant d'après, elle changea de position, et ce fut alors, dans ce mouvement même, que, comme en un jet de flamme, jaillit son identité. Elle se leva, non comme si elle m'eut entendue, mais avec une grande et indescriptible mélancolie, faite d'indifférence et de détachement, et, à une douzaine de pas de moi, se tint là, debout, toute seule, elle la vile miss Jessel. Tragique et déshonorée, elle était toute entière devant moi. Mais comme je la fixais et assurais son image dans ma mémoire, l'affreuse apparition passa, disparut. Sombre comme la nuit dans sa robe noire, sa beauté hagarde et sa douleur indicible, elle m'avait regardée assez longtemps pour sembler me dire que son droit de s'asseoir à ma table était aussi bon que le mien de m'asseoir à la sienne. [...] Dans une protestation passionnée, je m'étais directement adressée à elle : " O terrible et misérable femme ! " m'étais-je entendue crier, et le son, par la porte ouverte, s'en était allé résonner le long du corridor et dans la maison vide. Elle me regarda, mais je m'étais reconquise, et l'atmosphère s'assainissait autour de moi. Une minute plus tard, il n'y avait plus que des rayons de soleil dans la chambre, que des rayons de soleil...
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Eric76Eric7605 septembre 2016
Mais tandis que ma conductrice, avec ses cheveux d’or et sa robe d’azur, bondissait devant moi aux tournants des vieux murs, et sautillait le long des corridors, il me semblait voir un château de roman, habité par un lutin aux joues de rose, un lieu auprès duquel pâliraient les contes de fées et les plus belles histoires d’enfants. Tout ceci n’était-il pas un conte, sur lequel je sommeillais et rêvassais ? Non : c’était une grande maison vieille et laide, mais commode, qui avait conservé quelques parties d’une construction plus ancienne, à demi détruite, à demi utilisée. Notre petit groupe m’y apparaissait presque aussi perdu qu’une poignée de passagers sur un grand vaisseau à la dérive. Et c’était moi qui tenais le gouvernail.
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ZebraZebra25 août 2012
p 57

[...] J'étais là pour protéger et pour défendre les petites créatures les plus adorables et les plus démunies du monde, dont soudain la fragilité lançait un appel qui n'était que trop explicite, et qui ne pouvait que provoquer une douleur profonde et constante dans un cœur sensible. Nous étions vraiment, ensemble, coupés de tout ; nous étions unis dans un danger commun. Il n'avait personne d'autre que moi, et moi ... eh bien, moi, je les avais. [...]
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TatooaTatooa09 septembre 2017
Je reconnais bien – pour ce qui est du fantôme de Griffin ou tout ce que vous voudrez que ce soit – que le fait d’apparaître d’abord à un petit garçon d’un âge si tendre ajoute à l’histoire un trait particulier. Mais ce n’est pas, à ma connaissance, la première fois qu’un exemple de ce genre délicieux s’applique à un enfant. Si cet enfant donne un tour de vis de plus à votre émotion, que direz-vous de deux enfants ?
– Nous dirons, bien entendu, s’écria quelqu’un, que deux enfants donnent deux tours… et que nous voulons savoir ce qui leur est arrivé. »

Je vois encore Douglas ; il s’était levé et, adossé à la cheminée, les mains dans les poches, il regardait son interlocuteur de haut en bas.
- Il n’y a jusqu’ici que moi qui l’aie jamais su. C’est par trop horrible. »
Naturellement, plusieurs voix s’élevèrent pour déclarer que ceci donnait à la chose un attrait suprême. Notre ami, préparant son triomphe avec un art paisible, regarda son auditoire et poursuivit :

- C’est au-delà de tout. Je ne sais rien au monde qui en approche.
- Comme effet de terreur ? » demandai-je.
Il sembla vouloir dire que ce n’était pas si simple que cela, mais qu’il ne pouvait trouver des termes exacts pour s’exprimer. Il passa sa main sur ses yeux, eut une petite grimace douloureuse :
- Comme horreur. Comme horreur – horrible !
- Oh ! c’est délicieux ! » s’écria une femme.
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