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EAN : 9782330050993
190 pages
Actes Sud (03/06/2015)
3.44/5   125 notes
Résumé :
5 700 000 couronnes : c'est le montant de la facture qu'un organisme de recouvrement adresse un beau jour au modeste employé d'un vidéoclub. Esseulé depuis la mort de ses parents, négligé par ses amis qui ont charge de famille et mènent carrière, ce célibataire se contente d'une vie aussi paisible qu'insignifiante. Mais voilà que l'Administration a décidé d'une taxe sur... le bonheur. Or, si frugale que soit l'existence de notre homme, des petits riens suffisent à l... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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fertiti65
  09 février 2021
J'avais lu de bonnes critiques sur ce livre. le sujet me plaisait bien. C'est un homme (on ne connaîtra jamais son prénom ni même son nom) reçoit une facture d'une société WDR dont la somme est hallucinante : 5 700 000 couronnes ce qui donne l'équivalent de 600 000 euros. Cet homme n'est pourtant pas bien riche, il vit dans un studio en location et travaille à mi-temps dans une boutique de location de vidéo. Il vit seul n'a qu'un seul ami mais malgré tout il se sent heureux. Il a beau se dire que c'est une erreur, il veut en avoir le coeur net. Il appelle la société en question, attend des heures et finalement réussi à avoir quelqu'un, Marion. Il apprend donc que la somme réclamée n'est pas une erreur : il s'agit de régler son BV (Bonheur de Vivre).
Il va tout faire pour échapper à cette sentence.
Je vous laisse découvrir la suite.
Ce que j'ai bien aimé, c'est l'originalité du sujet. Cela m'a fait pensé à Big Brother dans "1984" écrit par Orwell, la science-fiction en moins mais la gaieté en plus.
Ce que j'ai moins aimé : beaucoup de longueurs, j'avoue avoir sauté quelques pages.
Un joli récit bien écrit mais un peu long à mon goût.
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Yassleo
  10 mai 2016
C'est quoi le bonheur? Difficile à évaluer pense-t-on. Taratata. L'administration suédoise a tranché : à coups de tables chiffrées secrètes, tout se calcule. Vie sentimentale, sociale, professionnelle, on additionne de-ci de-là, on multiplicationne beaucoup, on divisionne un peu, moins 12 racine carrée de 276 puissance 5 et hop, on imprime la facture. Souriez et payez. C'est pas sorcier nom d'un Jamy.
Et apparemment la vie du narrateur (dont on ne saura jamais le nom) vaut des millions de couronnes. Faut dire qu'un amour de jeunesse raté et nada sous la couette depuis lors, un job à mi-temps de vendeur vidéos chez les Bobines de Jojo, des parents out pour cause de décès à priori définitif, un seul pote radin à souhait, et zéro marmaille à élever, ça vous fait monter le curseur du Bonheur Vécu au top. Car notre héros se satisfait de peu le bougre. Un rien le rend heureux. Sauf la douloureuse qui a quand même du mal à passer dans le tuyau du bonheur. Et pas simple de trouver une oreille bienveillante pour défendre et négocier le montant.
On l'aura compris ou pas, mais ça ressemble à du Kafka, avec l'odeur du Kafka, et une idée digne de Kafka. Mais on soustrait le F.
L'idée de départ pourtant séduisante se réduit à un imbroglio administratif plus qu'ennuyeux. Une sacrée aubaine pourtant de pointer du doigt cette société régie par l'argent, et de pousser le lecteur à évaluer son propre potentiel au bonheur. Malheureusement ça tourne en rond, en carré, en tout ce que vous voulez, mais ça n'avance guère. Avec un style aussi plat que l'encéphalogramme du bulot à crampons munichois face au Larousse (non Frank, il n'y a pas d'erreur d'article. J't'explique : Larousse, dico / la rousse, Mylène Farmer), donc avec ce style plat disais-je, on ne ressent pas grand chose. Ni empathie pour les déboires de ce pauvre type, ni tristesse, ni tendresse. Calme plat, plat comme l'encépha... bref. Même ma feuille d'impôt un soir d'hiver au coin du feu me passionnerait davantage.
Seul le personnage hélas trop secondaire de Roger, l'ami au porte-feuille fourré au porc-épic, a su susciter un semblant d'intérêt à ma difficile personne.
Peut-être l'auteur voulait-il imager la lourdeur de l'administration par une répétition lourdingue de scènes supposées loufoques? Auquel cas, bravo, carton plein...
Manque pourtant pas grand chose, juste un peu d'humour, de second degré, de réparties fines pour faire mouche.
Mais tant mieux finalement, mon Bonheur Vécu sur ce bouquin ne pèsera pas lourd en couronne à l'heure des comptes.
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hanyrhauz
  27 novembre 2022
Vous coûtez cher à la société. A un moment, il vous faudra bien rembourser tout ce bonheur quotidien dont vous profitez depuis toujours.
5700000 couronnes, c'est ce que l'administration demande au héros de la facture de Jonas Karlsson. Une note plutôt salée pour un garçon qui ne voit pas bien, vu la médiocrité de sa vie, pourquoi sa dette est si élevée. Il vit seul, n'a pas d'enfant, bosse, enfin zone, dans un vidéoclub, compte quelques amis avec qui boire des bières de temps en temps. Rien de fou, de très excitant. Et pourtant, ce pauvre garçon n'y entend rien, mais il coche toutes les cases. Une vie de célibataire offre bien des avantages, un neveu compte triple, un job sans responsabilité vous libére du stress et des amis ponctuels, vus pour des choses simples, ah mais ça, ça chiffre, mon bon monsieur. C'est ce que le personnel compétent de cette institution de recouvrement tente de lui faire comprendre. le bonheur se compte en petites monnaies. Mais dix centimes par-ci, par-là... 5700000 couronnes. Au début.
C'est une situation kafkaïenne. Et c'est totalement assumé. Un court roman qui emprunte autant à Kafka qu'à Beckett. Mais l'auteur cite aussi Tove Jansson dans les écrivains qui l'inspirent. Un roman qui pourrait parfaitement être adapté sur scène ou au cinéma, tant l'engrenage subit par le personnage principal prend une ampleur démesuré au fil des pages. Rendant une atmosphère de bureaux totalement angoissante.
Critique à peine deguisée de l'ingérence des sociétés occidentales dans nos vies privées et de la fausse bienveillance des sociétés scandinaves, c'est un livre gentiment méchant. Parce qu'il y a une morale à cette histoire. Est-ce que l'accumulation de ces petits riens ne ferait pas un grand tout ? Un grand bonheur ignoré. Tout ça est très drôle sans en avoir l'air.
A l'image de son auteur, que j'ai eu la chance de recevoir à la bibliothèque dans le cadre du festival les Boréales. Acteur, écrivain de théâtre, Jonas Karlsson pose un regard fin et amusé sur le monde. Ses anecdotes de tournage, tout comme son explication de ce qui pour lui représente un Français.
Un Français se reconnaîtrait à sa capacité à s'abriter de la pluie sous un journal en gardant une grande élégance et en cherchant le bistrot le plus proche où il pourrait d'un geste de la main faussement negligé commander un café au serveur.
Et nous avons éprouvé sa théorie quelques temps après en nous rendant au restaurant sous la pluie et en commandant de maniere faussement negligée une bière. Notre table où se mêlait joyeusement le français, l'anglais et le suédois pourrait être le début d'un prochain roman où l'absurde aurait toute sa place.
Et comme un dernier hommage à un auteur qui aime écrire les incipit mais pas les fins, il n'y en aura pas pour cette chronique.
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mumuboc
  20 juin 2017
Qu'il est agréable de tomber sur ce genre de "fable" sur notre société : originale, bien observée et que l'on lit avec avidité afin de comprendre tous les ressorts de cette absurdité sociétale et de savoir comme le héros va s'en sortir.
Peut-on être taxé parce que l'on sait être heureux, que même si nous n'avons rien nous avons une capacité naturelle à vivre pleinement le bonheur quand il se trouve à notre porte.
Et bien c'est ce qui arrive au narrateur qui reçoit une facture conséquente, inexpliquée et au fur et à mesure de ses recherches pour comprendre cette facture va s'enfler, va devenir encore plus faramineuse, jusqu'à ne plus avoir de mesure.
C'est une sorte de petite pépite, bien écrite, comique et reflétant tellement notre société...... qui dit qu'un jour nous ne serons pas taxés sur notre bonheur, nos rires, notre bien être, la faculté pour certains à être heureux alors que d'autres baignent dans la morosité.
En tout cas ce court récit fait du bien, il nous sort de notre quotidien et nous fait porter un regard sur notre mode de vie et de constater que finalement nous ne sommes pas si malheureux que cela ...... Il faut ouvrir les yeux, rester humble, ne pas mettre la barre trop haut.
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Syl
  03 décembre 2018
A l'heure des surtaxes imposées par le gouvernement et du mouvement des Gilets Jaunes, cette lecture ne pouvait pas tomber mieux !
Le narrateur est un trentenaire qui travaille à mi-temps dans un vidéo-club. Célibataire, un peu étriqué dans sa vie, aussi bien professionnelle qu'intime, on ne peut pas dire qu'il soit dévoré par l'ambition, ni les problèmes d'ego. Sa dernière initiative au sein de sa toute petite entreprise est d'avoir acheté un ensemble sceau-balais pour nettoyer le magasin en lui donnant un lustre un peu plus éclatant…
Mais un jour, son quotidien se trouve bousculé lorsqu'il découvre dans son courrier une lettre d'un centre de recouvrement qui lui réclame la somme astronomique de 5 700 000 couronnes. Croyant d'abord à une arnaque ou à une erreur administrative ou… à un problème d'homonymie, il la met de côté sans s'en préoccuper davantage, jusqu'à une lettre de rappel majorée d'une taxe de retard. Les questions commençant à tourner dans sa tête, il se décide à appeler le centre pour avoir des explications. Et là, c'est digne de Kafka ! Il est un numéro, un matricule.
– Il faut payer ! – Oui, mais payer quoi ? – Pour tout, Monsieur ! – Mais, tout quoi ??? – Comment ! vous n'êtes pas au courant ? Vous n'écoutez pas la radio ? Vous ne regardez pas la télé ? Vous êtes imposable sur la beauté, l'air que vous respirez, les rêves, l'amour, votre enfance… le bonheur, quoi !!!
C'est par Maud, son interlocutrice attitrée, qu'il apprend la dernière lubie du gouvernement qui vient de déléguer à une société privée de prélever ce nouvel impôt.
Comme on ne peut pas taxer le futur, ils se basent donc sur le passé. le jeune homme se replonge avec délicatesse sur son enfance, dans une famille modeste mais aimante, et se remémore l'époque heureuse de son premier et dernier amour avec Sunita. Ce temps là était béni des dieux ! mais le bonheur a un coût… paraît-il.
Tous les jours, Maud l'informe et recalcule son endettement qui ne cesse d'augmenter. Tous les jours et presque toutes les nuits. Il la sollicite et elle est toujours présente au bout du fil, à lui répondre avec douceur et gentillesse. Il réfléchit, il se confie pour qu'elle déduise de la facture ses jours d'angoisse, ses jours de pleurs, mais il lui parle aussi des jeux de société quand il était petit et de sa passion pour le cinéma. Elle lui rétorque alors que tout est à classer dans le bonheur, même ses plus grandes peines car elles sont dues à ses plus belles émotions.
– Et si je ne paie pas ? – Voyons… vous devez payer ! – Et si je pars, si je m'enfuis, si je ne paie pas ?
L'engrenage est lancé et le narrateur raconte… C'est invraisemblable, surréaliste et pourtant c'est très réel. Il faut payer sinon…
La caisse enregistreuse additionne les petits et les grands plaisirs. A combien peut-on chiffrer le bonheur ? surtout s'il se cache partout.
L'histoire, un conte de notre temps, dénonce avec déraison et cocasseries les surtaxes imposées par l'état suédois et l'illogisme des processus administratifs. le héros a la faculté de se contenter de ce qu'il a et de trouver son bonheur dans des petits riens. D'après un tableau où tout est évalué, sa folle dette ne fait que s'amplifier.
Une lecture facile à lire, grinçante, très actuelle, qui fait bien réfléchir sur notre futur.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
fertiti65fertiti65   09 février 2021
J'ai joué avec l'idée de filer sans demander mon reste. Quitter le pays. Quels moyens pouvaient-ils mettre en oeuvre pour retrouver quelqu'un comme moi ?
Je pouvais prendre le bus pour Nynashamn, puis le ferry pour Gotland et me cacher là, près d'une plage de galets. (...) Je pouvais retirer tout mon argent de la banque, acheter un billet d'avion pour les USA et aller à Manhattan boire des milk-shakes et manger des sandwichs au pastrami.
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fertiti65fertiti65   09 février 2021
Je prenais peut-être mes échecs trop à la légère et acceptais les choses comme elles venaient, sans protester suffisamment ? Étais-je trop naïf, trop béat ? Fallait-il être plus exigeant ? Gagnerais-je peut-être à me méfier davantage, à mieux négocier ?
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chicha56chicha56   15 juin 2020
Sentez-vous quelque chose ?
- Euh… Oui.
J’ai humé l’air de la rue. Il était sucré et chaud, plein de parfums d’été Des fleurs, un buisson peut-être ? Un vieux fond de graillon ? Une vague odeur de pourri et d’essence. Typique parfum d’été. Quelque chose de presque méridional. On entendait à nouveau la mobylette.
« Vous sentez quelque chose, n’est-ce pas ? a-t-elle continué au téléphone. Vous avez des sensations, des fantasmes, des amis et des connaissances. Et vous rêvez, je suppose ? »
Elle ne me laissait même plus le temps de répondre.
- Qu’est-ce que vous voulez dire ?
- Vous rêvez, la nuit ? a-t-elle continué.
- Ça arrive.
- Mmh. Et vous croyez que tout ça c’est gratuit ? » p 24 a - 7
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HedialevadeeHedialevadee   18 octobre 2017
Ces dernières années, je suis toujours allé dans la même boutique acheter les mêmes céréales pour le petit-déjeuner. Je prends toujours la même sorte de café dans le même bistrot, je vais au même boulot où je traîne tous les jours de la même façon. Puis je vais dans le même restaurant acheter le même plat à emporter. Je vais même toujours au même kiosque quand je me paie une glace. […] Je ne sors jamais. Ne vois jamais de copains. Putain, c’est pas une vie !
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rkhettaouirkhettaoui   14 décembre 2015
es gens sont très malheureux. La plupart vont mal ! Ils souffrent. Ils sont pauvres, malades, prennent des médicaments, sont angoissés, ils ont peur, s’inquiètent. Ils sont stressés, pris de panique, ont du chagrin, mauvaise conscience, sont sous pression, ont des problèmes de sommeil et des difficultés à se concentrer, ou bien sont juste las, on les remet en question, ils se sentent injustement traités. Trompés, ratés, coupables, tout ce que vous voulez. La plupart des personnes vivent, au grand maximum, quelques années de relative insouciance pendant leur enfance. Ce n’est souvent que là qu’ils obtiennent leurs points. Après, tout est très sombre.
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