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ISBN : 2330050992
Éditeur : Actes Sud (03/06/2015)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 81 notes)
Résumé :
5 700 000 couronnes : c'est le montant de la facture qu'un organisme de recouvrement adresse un beau jour au modeste employé d'un vidéoclub. Esseulé depuis la mort de ses parents, négligé par ses amis qui ont charge de famille et mènent carrière, ce célibataire se contente d'une vie aussi paisible qu'insignifiante. Mais voilà que l'Administration a décidé d'une taxe sur... le bonheur. Or, si frugale que soit l'existence de notre homme, des petits riens suffisent à l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
  10 mai 2016
C'est quoi le bonheur? Difficile à évaluer pense-t-on. Taratata. L'administration suédoise a tranché : à coups de tables chiffrées secrètes, tout se calcule. Vie sentimentale, sociale, professionnelle, on additionne de-ci de-là, on multiplicationne beaucoup, on divisionne un peu, moins 12 racine carrée de 276 puissance 5 et hop, on imprime la facture. Souriez et payez. C'est pas sorcier nom d'un Jamy.
Et apparemment la vie du narrateur (dont on ne saura jamais le nom) vaut des millions de couronnes. Faut dire qu'un amour de jeunesse raté et nada sous la couette depuis lors, un job à mi-temps de vendeur vidéos chez les Bobines de Jojo, des parents out pour cause de décès à priori définitif, un seul pote radin à souhait, et zéro marmaille à élever, ça vous fait monter le curseur du Bonheur Vécu au top. Car notre héros se satisfait de peu le bougre. Un rien le rend heureux. Sauf la douloureuse qui a quand même du mal à passer dans le tuyau du bonheur. Et pas simple de trouver une oreille bienveillante pour défendre et négocier le montant.
On l'aura compris ou pas, mais ça ressemble à du Kafka, avec l'odeur du Kafka, et une idée digne de Kafka. Mais on soustrait le F.
L'idée de départ pourtant séduisante se réduit à un imbroglio administratif plus qu'ennuyeux. Une sacrée aubaine pourtant de pointer du doigt cette société régie par l'argent, et de pousser le lecteur à évaluer son propre potentiel au bonheur. Malheureusement ça tourne en rond, en carré, en tout ce que vous voulez, mais ça n'avance guère. Avec un style aussi plat que l'encéphalogramme du bulot à crampons munichois face au Larousse (non Frank, il n'y a pas d'erreur d'article. J't'explique : Larousse, dico / la rousse, Mylène Farmer), donc avec ce style plat disais-je, on ne ressent pas grand chose. Ni empathie pour les déboires de ce pauvre type, ni tristesse, ni tendresse. Calme plat, plat comme l'encépha... bref. Même ma feuille d'impôt un soir d'hiver au coin du feu me passionnerait davantage.
Seul le personnage hélas trop secondaire de Roger, l'ami au porte-feuille fourré au porc-épic, a su susciter un semblant d'intérêt à ma difficile personne.
Peut-être l'auteur voulait-il imager la lourdeur de l'administration par une répétition lourdingue de scènes supposées loufoques? Auquel cas, bravo, carton plein...
Manque pourtant pas grand chose, juste un peu d'humour, de second degré, de réparties fines pour faire mouche.
Mais tant mieux finalement, mon Bonheur Vécu sur ce bouquin ne pèsera pas lourd en couronne à l'heure des comptes.
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mumuboc
  20 juin 2017
Qu'il est agréable de tomber sur ce genre de "fable" sur notre société : originale, bien observée et que l'on lit avec avidité afin de comprendre tous les ressorts de cette absurdité sociétale et de savoir comme le héros va s'en sortir.
Peut-on être taxé parce que l'on sait être heureux, que même si nous n'avons rien nous avons une capacité naturelle à vivre pleinement le bonheur quand il se trouve à notre porte.
Et bien c'est ce qui arrive au narrateur qui reçoit une facture conséquente, inexpliquée et au fur et à mesure de ses recherches pour comprendre cette facture va s'enfler, va devenir encore plus faramineuse, jusqu'à ne plus avoir de mesure.
C'est une sorte de petite pépite, bien écrite, comique et reflétant tellement notre société...... qui dit qu'un jour nous ne serons pas taxés sur notre bonheur, nos rires, notre bien être, la faculté pour certains à être heureux alors que d'autres baignent dans la morosité.
En tout cas ce court récit fait du bien, il nous sort de notre quotidien et nous fait porter un regard sur notre mode de vie et de constater que finalement nous ne sommes pas si malheureux que cela ...... Il faut ouvrir les yeux, rester humble, ne pas mettre la barre trop haut.
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Syl
  03 décembre 2018
A l'heure des surtaxes imposées par le gouvernement et du mouvement des Gilets Jaunes, cette lecture ne pouvait pas tomber mieux !
Le narrateur est un trentenaire qui travaille à mi-temps dans un vidéo-club. Célibataire, un peu étriqué dans sa vie, aussi bien professionnelle qu'intime, on ne peut pas dire qu'il soit dévoré par l'ambition, ni les problèmes d'ego. Sa dernière initiative au sein de sa toute petite entreprise est d'avoir acheté un ensemble sceau-balais pour nettoyer le magasin en lui donnant un lustre un peu plus éclatant…
Mais un jour, son quotidien se trouve bousculé lorsqu'il découvre dans son courrier une lettre d'un centre de recouvrement qui lui réclame la somme astronomique de 5 700 000 couronnes. Croyant d'abord à une arnaque ou à une erreur administrative ou… à un problème d'homonymie, il la met de côté sans s'en préoccuper davantage, jusqu'à une lettre de rappel majorée d'une taxe de retard. Les questions commençant à tourner dans sa tête, il se décide à appeler le centre pour avoir des explications. Et là, c'est digne de Kafka ! Il est un numéro, un matricule.
– Il faut payer ! – Oui, mais payer quoi ? – Pour tout, Monsieur ! – Mais, tout quoi ??? – Comment ! vous n'êtes pas au courant ? Vous n'écoutez pas la radio ? Vous ne regardez pas la télé ? Vous êtes imposable sur la beauté, l'air que vous respirez, les rêves, l'amour, votre enfance… le bonheur, quoi !!!
C'est par Maud, son interlocutrice attitrée, qu'il apprend la dernière lubie du gouvernement qui vient de déléguer à une société privée de prélever ce nouvel impôt.
Comme on ne peut pas taxer le futur, ils se basent donc sur le passé. le jeune homme se replonge avec délicatesse sur son enfance, dans une famille modeste mais aimante, et se remémore l'époque heureuse de son premier et dernier amour avec Sunita. Ce temps là était béni des dieux ! mais le bonheur a un coût… paraît-il.
Tous les jours, Maud l'informe et recalcule son endettement qui ne cesse d'augmenter. Tous les jours et presque toutes les nuits. Il la sollicite et elle est toujours présente au bout du fil, à lui répondre avec douceur et gentillesse. Il réfléchit, il se confie pour qu'elle déduise de la facture ses jours d'angoisse, ses jours de pleurs, mais il lui parle aussi des jeux de société quand il était petit et de sa passion pour le cinéma. Elle lui rétorque alors que tout est à classer dans le bonheur, même ses plus grandes peines car elles sont dues à ses plus belles émotions.
– Et si je ne paie pas ? – Voyons… vous devez payer ! – Et si je pars, si je m'enfuis, si je ne paie pas ?
L'engrenage est lancé et le narrateur raconte… C'est invraisemblable, surréaliste et pourtant c'est très réel. Il faut payer sinon…
La caisse enregistreuse additionne les petits et les grands plaisirs. A combien peut-on chiffrer le bonheur ? surtout s'il se cache partout.
L'histoire, un conte de notre temps, dénonce avec déraison et cocasseries les surtaxes imposées par l'état suédois et l'illogisme des processus administratifs. le héros a la faculté de se contenter de ce qu'il a et de trouver son bonheur dans des petits riens. D'après un tableau où tout est évalué, sa folle dette ne fait que s'amplifier.
Une lecture facile à lire, grinçante, très actuelle, qui fait bien réfléchir sur notre futur.
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VivianeB
  07 novembre 2016
J'ai été déconcertée tout au long du livre par cet argument que la vie pourrait avoir un coût et que le héros du livre en est « redevable ». C'est un personnage plutôt sympathique et on reste incrédule et amusé malgré l'énormité du dispositif et l'on se demande comment ça va bien pouvoir se finir. Ca vaut vraiment la peine de poursuivre jusqu'au bout ce roman car on est sans cesse entre l'amusement et l'étonnement, sans parler du talent d'écrivain de l'auteur.
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christinebeausson
  08 septembre 2017
Notre démocratie parfois tant décriée a tout de même la bonne idée de nous permettre de profiter de la vie dite moderne.
Bien sûr, il y a des mais, (les chômeurs sans qualification par exemple) mais, nous ne sommes certainement pas à plaindre ... nous sommes des privilégiés.
On peut se sentir quelque part un peu fautif d'être né où il fallait et quand il fallait !
L'idée que tout se paye, y compris notre capacité à être heureux, peut déstabiliser !
Notre société devenue hyper marchande avec "tout a un prix" y compris le bonheur, est poussée à son paroxysme.
La facture est élevée.
La chute est un peu simpliste, l'idée qu'un homme heureux n'est pas un homme riche, et qu'ainsi il peut échapper à la douloureuse, et continuer à déguster sa double glace parfum menthe chocolat et framboise, me laisse vraiment sceptique, gâche un peu mon plaisir de lecture et fait perdre sa crédibilité à la leçon sur la vie que voudrait nous donner ce livre !
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
HedialevadeeHedialevadee   18 octobre 2017
Ces dernières années, je suis toujours allé dans la même boutique acheter les mêmes céréales pour le petit-déjeuner. Je prends toujours la même sorte de café dans le même bistrot, je vais au même boulot où je traîne tous les jours de la même façon. Puis je vais dans le même restaurant acheter le même plat à emporter. Je vais même toujours au même kiosque quand je me paie une glace. […] Je ne sors jamais. Ne vois jamais de copains. Putain, c’est pas une vie !
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rkhettaouirkhettaoui   14 décembre 2015
es gens sont très malheureux. La plupart vont mal ! Ils souffrent. Ils sont pauvres, malades, prennent des médicaments, sont angoissés, ils ont peur, s’inquiètent. Ils sont stressés, pris de panique, ont du chagrin, mauvaise conscience, sont sous pression, ont des problèmes de sommeil et des difficultés à se concentrer, ou bien sont juste las, on les remet en question, ils se sentent injustement traités. Trompés, ratés, coupables, tout ce que vous voulez. La plupart des personnes vivent, au grand maximum, quelques années de relative insouciance pendant leur enfance. Ce n’est souvent que là qu’ils obtiennent leurs points. Après, tout est très sombre.
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LorenaMagdaLorenaMagda   16 août 2015
« – Vous rêvez la nuit? a t-elle continué.

– ça arrive.

– Mmh. Et vous croyez que tout ça, c’est gratuit? »
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rkhettaouirkhettaoui   14 décembre 2015
Les gens faisaient carrière, fondaient une famille, avaient des enfants. Se mariaient, se séparaient, montaient leur boîte, créaient des sociétés. Faisaient appel à des cabinets comptables, achetaient leurs logements, leurs voitures, contractaient des emprunts. J’étais bien content d’être indépendant, sans entourage direct ni personne sur les bras.
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rkhettaouirkhettaoui   14 décembre 2015
Nous ne voulons pas manger toujours sucré… et nous ne voulons pas davantage éviter les échecs. En réalité, il nous faut une certaine résistance pour pouvoir jouir de la vie. Encore une fois, pensez aux ingrédients d’un très bon plat. Pensez à la chanson de Lasse Berghagen sur Stockholm… « Un mélange de sucré et de sel…
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