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EAN : 9782847341102
167 pages
Tallandier (22/08/2003)
3.77/5   11 notes
Résumé :
Moyen âge et érotisme : les deux termes paraissent contradictoires. Ils ne le sont pas. La civilisation médiévale, taxée à tort d'obscurantisme, fut extrêmement inventive dans les domaines du désir et de la sexualité.

À la fin du XIe siècle, les premiers troubadours chantent la sensualité, la femme, l'adultère, et influencent progressivement les comportements amoureux en Occident, en rupture avec l'héritage antique. Au XIIIe siècle, le Roman de la Ros... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
jmarcio
  03 décembre 2021
Petit livre intéressant qui m'apprends les habitudes de la société en ce qui concerne l'érotisme et quelques pratiques sexuelles.
D'abord les classes plus élevées, la noblesse, ... on pratiquait le "amour courtois". L'époque des troubadours... Un jeu de séduction par des chansons ou des poèmes ou des lettres, où les cibles étaient souvent des femmes mariées. Aucun scrupule à les séduire.
L'adultère n'était même pas condamné. le mariage était plutôt destiné à donner aux époux une situation sociale et à la procréation. La notion d'amour entre homme et femme n'était pas celui d'aujourd'hui, qui par ailleurs on ne sait toujours pas ce que c'est...
Ce jeu de séduction était souvent très long, avec des contacts physiques intermédiaires, des attouchements réciproques, sans aller jusqu'au bout.
Dans les classes populaires, l'époque des "fabliaux", des écrits obscènes qui pourraient ressembler à ceux de Guillaume Apollinaire - des mots crus (con, vit, ...). Mais les fabliaux ne parlent pas d'amour mais d'ardeur amoureuse s'inscrivant toujours dans un scénario, ressemblant une fable ou une leçon.
L'auteur compare les fabliaux et la pornographie d'aujourd'hui ne les mettant pas dans le même plan. La différence première est l'absence d'histoire dans la pornographie, ou juste un minimum pour justifier une suite interminable de pénétrations, alors que dans les fabliaux, il y a un peu plus de contexte et de sensualité dans les actes.
C'est un livre exigeant un peu d'effort de lecture (l'auteur est unphilosophe) mais dont le "jeu en vaut la chandelle".
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MarianneRichard
  28 décembre 2022
Une autre lecture faite dans l'optique d'un club de lecture sur le thème de l'érotisme. En fan d'histoire avec un grand H, cet essai semblait une bonne piste de lecture. Et j'ai bien aimée.
Bien sur, comme son titre l'indique, L'érotisme au Moyen-Age nous démontre bien, qu'au delà des idées d'un monde ardu, le Moyen-Age est aussi le berceau d'un certain érotisme, d'un amour romantique. Nous n'avons qu'à penser à Chrétien de Troyes, le Roman de la Rose et meme Guillaume d'Aquitaine, légendaire roi, qui seront très prolifique et feront rougir bien des filles.
Nous apprenons donc bien des choses dans ce petit essai mais il y a aussi beaucoup de divagation et d'errance. Il aurait mérité un meilleur travail d'édition mais sinon, j'ai bien aimée et j'ai appris plein de choses. Donc si le sujet vous fascine, ce livre d'Arnaud de la Croix mérite votre attention.
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Zoette1
  16 novembre 2022
Il faut partir d'un fait : c'est un livre d'histoire écrit pour les historien.ne.s. Il s'agit plus de décrire la conception de l'érotisme mais aussi de l'amour que de proposer un panorama des pratiques et habitudes. Nous avons donc affaire à une analyse littéraire et presque sociologique d'une ou des conceptions qui occupent les esprits médiévaux. L'écriture est très simple à suivre et les extraits littéraires analysés sont intéressants mais je n'ai pas trouvé ce que je voulais chercher. Je m'attendais à avoir un panel concret des pratiques ou encore des corps érotiques au moyen-âge. L'idée d'étudier des visions de l'amour est intéressante mais pour moi il manque cruellement de gens du peuple et de quotidienneté. J'ai conscience que les sources médiévales sont lacunaires en ce qui concerne le petit peuple, mais il n'y a même pas de recherche sur la pratique.
Je l'ai lu en entier et ne le regrette pas, mais j'ai l'impression d'avoir été un peu abusée par la quatrième de couverture.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
jmarcio
jmarcio  
(p. 11)
Parler d'érotisme au sujet de ces dix siècles, du Ve au XVe, qu'on a l'habitude de nommer médiévaux, c'est, disons-le pour commencer, commettre un anachronisme linguistique.

Le mot, dérivé du grec Éros, nom du dieu de l'amour et du désir, n'apparaît pas au Moyen Âge. C'est, en langue française, une création du milieu du XVIe siècle, qui ne prendra le sens contemporain de ce qui a trait au plaisir et au désir sexuel qu'à la fin du XVIIIe.

Mais ce que terme évoque se développe largement pendant le millénaire que compte le Moyen Âge.
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jmarcio
jmarcio  
(p. 70)
Enfin, lorsque, au bout de l'échelle sociale, le dialogue final fait s'affronter un grand seigneur et une dame de la haute noblesse, il s'avère tout à coup que le grand seigneur en question n'est autre... qu'un clerc : "Si je demande à une femme de m'aimer elle ne peut me repousser sous prétexte que je suis un homme d'Église; bien plus, je vous prouverai de façon irréfutable qu'il vaut mieux aimer un clerc qu'un laïc (...) car on sait que rien n'est plus nécessaire sur cette terre que d'être versé dans la technique de tout ce qui touche à l'amour."
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jmarcio
jmarcio  
(p. 122-123)
Cette littérature du peuple médiéval peut donc témoigner de la conception de la sexualité que se faisait ce peuple, loin des prescriptions théologiques ou des raffinements de l'amour courtois. N'en déplaise au clerc André Le Chapelain, qui déconseillait d'initier les paysans à l'art d'aimer, la sexualité des vilains, à lire les fabliaux, les préoccupe tout autant qu'elle travaille les guerriers... ou les clercs. L'adultère est de mise, ici aussi, mais parce que les jeunes valets et surtout les prêtres apparaissent plus disponibles et plus amoureux que bien des maris. Sans parler de la taille de leur sexe : "Il y a plus grand que vous n'avez et plus gros, sachez-le bien!", fait remarquer l'épouse de maître Picon à ce dernier.
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jmarcio
jmarcio  
(p.117 - un fabliaux)

"Elle commence à le lisser;
Rosette le prend dans les mains,
sans en concevoir mille malice.
Doucement elle l'étreint et le masse,
et le vit dresse le cou dans sa main."

Douin de Lavesne, "Trubert", trad. L.Rossi, p501
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jmarcio
jmarcio  
(p. 143)
Les libertains du XVIIIe siècle, Sade en tête, confondent sexualité et agression : ce n'est jamais que la conquête ovidienne de la proie par son séducteur, revisitée jusqu'à ses ultimes conséquences.
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