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ISBN : 226616760X
Éditeur : Pocket (22/03/2007)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 569 notes)
Résumé :
Réunis dans leur résidence estivale de l'île d'Orléans, non loin de Québec, les Miller et leurs six enfants offrent l'image de l'harmonie et de l'aisance. La crise des années trente les a épargnés.

Chez eux, le goût du bonheur l'emporte sur les conventions et les préjugés d'une société paroissiale et étouffante. Comblée par un mari intelligent et sensuel, Gabrielle aspire à encore plus de liberté, prête à la révolte.

La tendre et viol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (89) Voir plus Ajouter une critique
Ode
  05 septembre 2012
Encore un trésor déniché par le bouche-à-oreille !
Lors de mon dernier congé maternité, après avoir fait durer le tome 13 de la saga "Le Chardon et le Tartan" de Diana Gabaldon, j'ai bien dû me rendre à l'évidence : mon stock de lectures-fleuves était à sec ! J'ai donc rappliqué ventre à terre (!) chez ma libraire préférée avec mon cahier des charges pour trouver le livre idéal en cette période (enfin, cela n'engage que moi), à savoir : 
1. Une prose accessible (pouvoir d'attention bien amputé par le manque de sommeil)
2. de l'originalité, de l'aventure et du romantisme (sensibilité au top)
3. Ne pas lésiner sur le nombre de pages (ce n'est pas le temps qui manque pour lire...)
Et là, avec un sourire entendu, elle m'a sorti "Le Goût du bonheur", de Marie Laberge, plébiscité par ses clientes : une saga historique et familiale en trois tomes qui commence vers 1930 à Québec et se poursuit sur 2 générations.
Bon, je dois vous avouer que pendant les 40 premières pages de "Gabrielle" je me suis demandé si c'était une bonne idée... Mais soudain, le récit a décollé, et moi avec !
Premier atout, et non des moindres, le texte est écrit en québécois, ce que j'ai trouvé très rafraîchissant. Quel plaisir de découvrir des expressions insolites et de deviner le sens de certains mots inusités en France. Savez-vous, par exemple, que le verbe "placoter" signifie bavarder ?
La reconstitution historique du Québec après la crise de 1929 est soignée et j'ai beaucoup appris sur ce pays que je connaissais finalement assez peu. Marie Laberge souligne sans complaisance le peu de libertés dont disposaient les femmes, entre le carcan religieux et les pleins pouvoirs accordés aux maris.
Mais la plus grande richesse de ce livre, ce sont ses personnages éperdument attachants et leur volonté de goûter au bonheur, même si cela dérange les conventions étriquées de la bonne société catholique francophone. Dans ce premier tome, on entre dans l'intimité du couple brillant formé par Gabrielle et Edward Miller. Gabrielle, qui a osé se marier par amour, mère attentive de 5 enfants et bientôt 6, toujours à l'écoute des plus faibles, nous charme par son courage et sa générosité. Difficile aussi de résister au charisme de Nic McNally, l'ami de la famille, toujours prêt à aider ses proches. Et parmi les enfants Miller, on remarque déjà la force de caractère d'Adélaïde, qui prend sous son aile le fragile petit Florent, le fils des domestiques de leur maison d'été...
Au fil de leurs aventures, certains trouveront que Marie Laberge force parfois le trait sur la tragédie ou les sentiments charitables. Mais insuffler des sentiments jusqu'à créer l'empathie avec le lecteur, n'est-ce pas là le propre d'une saga réussie ? Et celle-ci l'est à l'évidence, vu l'urgence ressentie à la fin de chaque tome pour se procurer le suivant.
Allez, trêve de placotage ! C'est une pépite, tout simplement.
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latina
  10 avril 2017
C'est fou ce que l'on s'attache à une famille quand on apprend à la connaitre !
C'est fou, oui...car c'est une famille de papier !
Et pourtant, le couple formé par Gabrielle, la belle jeune femme aux yeux gris et Edward, son mari amoureux m'entraine à sa suite dans les activités quotidiennes à Québec et en vacances sur l'île d'Orléans, de l'autre côté du fleuve.
Quelle vie mouvementée ! C'est vrai qu'avec cinq enfants, deux soeurs, un beau-frère, deux nièces et de très bons amis, il ne peut arriver que des péripéties.
C'est vrai aussi que nous commençons cette histoire en 1930 et que la misère règne dans bon nombre de foyers, suite au krach boursier de 1929. Notre Gabrielle s'engage corps et âme dans l'aide aux défavorisés, luttant également pour l'émancipation des femmes, tout en essayant de rester en bons termes – en surface – avec l'Eglise rétrograde et avec la société en général, toute en commérages si quelqu'un fait un pas de travers. C'est qu'on ne badine pas avec les moeurs en ces temps d'avant-guerre !
Cette société aura fort à faire avec la famille de Gabrielle...
J'ai beaucoup aimé cette histoire de famille pleine de vie, de bons et moins bons sentiments, de joies immenses et de drames atroces, une histoire témoin de cette division entre riches et pauvres, entre hommes et femmes, avec toujours, la toute-puissance de l'Eglise et des hommes.
Les questions de mariage – souvent « de raison » - sont abordées maintes fois, ainsi que celles de la contraception, de la maladie (ah...la tuberculose qui a fait des ravages en ce temps-là ! ), de l'amour aussi, omniprésent, ciment du couple-phare de ce 1er tome. Gabrielle est heureuse et le bonheur fait tache d'huile.
Mais la société corsetée laissera-t-elle s'épanouir Gabrielle, Edward et tous ceux qu'ils ont pris sous leur aile, morale ou physique ?
Je l'apprendrai à travers ces presque 900 pages, avec intérêt et bonheur. Une langue savoureuse (ouf, il y a un lexique à la fin) me conduit à travers les pensées et les actes des multiples personnages, dans des lieux bien pittoresques.
Et franchement, j'ai vraiment eu de la peine à quitter ces personnages de papier si attachants !
Il parait qu'il y a encore 2 tomes. Celui-ci se termine en 1942, sur des rebondissements de taille. Vite, la suite !
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NathalC
  20 février 2017
Gabrielle, 1er tome d'une saga familiale.
Ce 1er tome m'a emballé. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu une aussi belle histoire familiale. Dans la lignée des Jalna !
Au départ, j'avoue avoir été réticente à lire ce 1er livre : le nombre de pages (+ de 600), la taille de la police, la couverture qui n'est pas forcément attrayante.
Mais quel plaisir !
On se laisse embarquer par cette histoire, par cette famille qui vit à Québec dans les années 30.
Gabrielle est magnifique dans tous les sens du terme : c'est une mère accomplie, une femme amoureuse, honnête, droite, déterminée, moderne mais aussi respectueuse des traditions.
A cette époque, la religion catholique est extrêmement importante. C'est aussi le début de l'émancipation de la femme, le début de leur indépendance face à l'église, face à leur mari ou leur père, le droit de vote des femmes est réclamé, le tabou de la sexualité, les bonnes oeuvres, la maladie...
J'ai aussi découvert les prémices de la 2nde guerre mondiale vues du côté canadien.
Le statut des canadiens français, des canadiens anglais, des juifs, des pauvres...
Ce livre est riche de détails sur la vie au Québec à cette époque d'avant-guerre.
Durant toute ma lecture, j'ai eu envie de m'asseoir à la table en compagnie de Gabrielle, Edward, Nic, Adélaïde, Florent, et le reste de la famille et amis.
Une très belle histoire que je recommande.
Je commence d'ailleurs illico le 2ème tome : Adélaïde.
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isabelleisapure
  24 juin 2016
La lecture de ce livre m'a rajeunie de quelques dizaines d'années, lorsqu'adolescente, je me délectais de ces histoires familiales au long cours. Je me souviens avec nostalgie des « Jalna » de Mazo de la Roche ou « Les semailles et les moissons » d'Henri Troyat. Ces lectures me ravissaient, j'aimais y retrouver l'atmosphère d'une époque, grâce à un fourmillement de petits détails réalistes de la vie quotidienne.
Dans le premier opus de son « goût du bonheur », Marie Laberge nous entraîne à Québec dans les années 30 à la suite de Gabrielle mariée avec Edward depuis bientôt dix ans. Elle mène une vie bien remplie, entourée de ses cinq enfants. de toute évidence, il s'agit d'un mariage heureux. Mais le bonheur est suspect en cette époque où notre sainte mère l'Église nous dit que nous sommes sur terre pour accomplir notre devoir.
L'héroïne est une femme courageuse, intelligente qui essaie de changer le monde en allant au bout de ses convictions.
Les autres personnages, enfants et adultes sont attachants. Marie Laberge décortique les caractères de chacun.
Même si les 100 premières pages m'ont semblée un peu longues, je ressors de cette lecture totalement conquise. L'histoire se met peu à peu en place pour ne plus laisser place au moindre ennui.
Je ne vais pas tarder à lire les deux prochains volumes de la saga !
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kateginger63
  26 mars 2018
Voilà, je suis bien embêtée pour donner mon avis sur ce roman tant encensé par tout le monde.
Il est très bien noté. Et ma foi, j'ai été bien contente de le débuter, à l'issue d'une pioche tenue par @neneve. (lectrice canadienne).
Et surtout que dans quelques mois, j'irais faire un petit tour au Québec pour la première fois. Je voulais donc bien m'immerger dans ce vocabulaire si cher aux Québecois.
J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, il m'a bien fallu 150 pages pour m'approprier l'essence des personnages.
Mais malgré l'écriture fluide, les mots québecois si charmants, les dialogues bien sentis, je n'ai pas adhéré à la trame narrative. Ce fût une lecture laborieuse. J'ai reposé ma liseuse maintes et maintes fois. Lu d'autres romans en parallèle.
Cela est bien dommage. Les thèmes me plaisaient bien.
Je ne poursuivrais pas forcément tout de suite les tomes suivants.
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
AshallayneAshallayne   07 juillet 2018
Rien de ce que cette enfant a fait n'est jugeable ou condamnable, vous m'entendez ? Ne dites jamais ça ! Jamais ! Tout ce qu'on lui a fait, tout ce qu'on l'a laissée pâtir, par confort, par paresse, pour ne pas avoir à subir la honte de seulement dire ce qu'elle endurait, tout ça ne la salit pas elle, mais nous. Nous. "Le mal", comme elle disait, ce n'est pas Denise, c'est eux et nous. Pas elle. Le mal, c'est d'avoir caché, camouflé et laissé mourir une enfant en enfer, toute fin seule avec trois bêtes sauvages pour la saccager. Le mal, c'est de ne pas avoir aidé la mère, de l'avoir poussée à endurer son avilissement en offrant au Seigneur ses humiliations quotidiennes. On n'a pas le droit de ne pas savoir quoi faire. On n'a pas le droit de ne rien pouvoir faire !
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NathalCNathalC   12 février 2017
Ecouter cette histoire est un péché. Voilà la vérité : on ne peut emêcher des actes pareils, parce qu'on n'arrive jamais à l'acte lui-même, on fuit avant de l'entendre. Comment pourrait-on condamner ce qui n'est pas évocable ? Le sexuel est si douteux que, même quand c'est heureux et beau, ce n'est pas avouable. Alors, quand c'est odieux, perverti, répugnant et dégradant... on laisse une petite fille faire face toute seule à trois ivrognes débauchés.
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NathalCNathalC   17 février 2017
- Et vous êtes riches. Les Canadiens français vous en veulent de votre réussite et de celle des Anglais. Ils pensent que c'est du pareil au même et ce que vous avez, vous le leur enlevez.
- Quel raisonnement ! Qu'ils fassent de l'argent au lieu de vouloir nous écarter. Qu'ils nous devancent, qu'ils soient meilleurs que nous. Vouloir abattre et faire disparaître celui qu'on jalouse, c'est de la barbarie.
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jadziajadzia   29 mars 2013
Le lendemain, ils se promènent toute la journée et Florent lui indique les tons, les couleurs. Sur la plage, il lui montre comment observer l’ensemble de la couleur et ensuite, en prenant chaque galet, il lui montre l’infinité des gris, des beiges, des blancs qui donnent l’ensemble apparemment d’une seule couleur. Parce qu’il la force à porter attention, Adélaïde se rend compte que pas une planche du mur de la grange, pas un brin de blé vert dans le champ n’a la couleur exacte de son voisin… et que l’harmonie provient de la parenté, mais aussi de la différence.
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OdeOde   05 septembre 2012
"Vas-tu nous faire un fond de chaudron, comme dirait le père Gariépy ?"
Les pieds sur le bord du lit, affalé dans le fauteuil de cretonne fleurie qu'il a approché, Edward fume. Flambant nu, sans aucune vergogne, il placote avec sa femme qui est pudiquement demeurée sous le drap. La chambre est déjà bien en désordre et il n'y est que depuis une heure. Comme il s'interdit de fumer au lit, c'est le stratagème qu'il a trouvé pour rester près de Gabrielle et contenter son envie.
"Hé ! mon estorlet, dors-tu ?"
Gabrielle saisit le pied qui la bardasse, elle passe ses doigts entre les orteils d'Edward qui, craignant la chatouille, arrête de la houspiller. "Mon estorlet", ça fait longtemps qu'elle ne l'a pas entendue, celle-là.
"Profite, Edward, dans pas grand temps, j'aurai plus rien d'un oiseau.
- Même en famille, tu restes slim.
- Le fond du chaudron, par chez nous, c'est le dernier.
- Le fond du chaudron, par chez nous, c'est un beau bébé aux cheveux foncés quand le père est un beau blond, comme moi.
- Tu foncis, t'es plus si blond que dans ton jeune temps. Ça doit être à force de t'emboucaner."
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