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EAN : 9782890527836
486 pages
Boréal (30/11/-1)
4.04/5   106 notes
Résumé :
Annabelle a treize ans. Pianiste prodige depuis l'âge de cinq ans, elle abandonne brutalement la musique. Peu après, ses parents, Luc et Christianne se séparent.

Alors commence pour Annabelle une sorte d'enfer. Elle cherche son issue, petite bulle d'air pur, dans l'atmosphère délétère du divorce.

Marie Laberge aborde ici le monde de l'adolescence, âge obscur et délicat, où il faut départager ce qu'on doit aux autres et ce qu'on se doit ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Annabelle, treize ans et déjà pianiste prodige. Sa voie est presque toute tracée, depuis des années, un long chemin devenu sacerdoce. Jusqu'au jour où la musique ne vient plus à elle. Elle ne ressent plus rien, n'y arrive tout simplement plus. La musique l'a quitté. Parallèlement, ses parents divorcent, un père souvent absent, imprésario d'une très grande pianiste, une mère très aimante, mais probablement trop. le début de l'enfer pour Annabelle, ou la fin du monde, le sien, celui de sa famille, la musique oubliée.

Sur fond de "guerre" parentale, Annabelle se retrouve entre deux eaux. Elle se noie dans la baie du Saint-Laurent, plonge en apnée dans cette maudite vie. Ses notes perturbent, son silence aussi. Elle a envie de crier, mais contre qui, à part contre elle-même. Elle ne veut pas prendre partie, ne veut pas faire de mal ni à l'un, ni à l'autre, la sensibilité à fleur de peau, dans ces eaux troubles et glaciales où le blizzard du grand nord pique les yeux coulant de tristesse. Ferme les yeux, Anna. Belle au fond de toi, écoute tes larmes glisser le temps d'une mélodie de Schubert.

Il y a des romans qui te bousculent, sans rien dire, petit à petit, tu sens l'émotion grandir comme pour un tune de Sting par exemple. Et puis là, sans prévenir, le choc. Tu ne t'y attends pas, comme un métro qui arrive soudainement, ligne verte, station McGill. Et pis là, tu comprends. Tu comprends que tu n'en peux plus, que tu ressens la tristesse de ces mots, que tu souffles entre les pages, parce que cette sonate de Schubert qui te berce au début, te rend inexorablement sombre et triste, que ton âme a basculé bien au-delà de toute résistance, là où la littérature se mêle à la vie, là où la musique reste ton seul refuge. Merci encore et désolé si les dernières pages du livre se retrouvent gondolées, mouillées par les gouttes salées de ma peine, des larmes de Schubert.
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Auteure : Marie Laberge
Roman : Annabelle
Nombre de pages : 486
Difficulté de lecture : Moyenne à difficile
Origine : Québécois

Je suis en ce moment en pleine lecture de ce petit bijou qui se lit comme, l'eau qui coule sur les rochers. C'est mon conjoint qui m'a parlé de ce roman, parce qu'il l'a lu au dans ses lectures obligatoires au Cégep et il m'a dit que le roman l'avait marqué! Alors, par curiosité, je me suis plongée dedans, c'est aussi mon premier roman de Mme Laberge et je dois dire que je ne suis pas déçu. Ce n'est pas un roman qui m'a été facile de lire, les mots, la plume et le sujet est venu beaucoup me chercher.
Annabelle, est jusqu'à maintenant un personnage typiquement d'une jeune fille au seuil de l'adolescence. Perdu, en amour avec son voisin et sa vie pleine de drames. Elle est tout de même une jeune fille, réfléchis qui essaient de composer avec le divorce de ses parents. Paternel qui tombe malheureusement dans la catégorie des vilains stéréotypé que c'est lui qui à mal agis dans le sont couple et que ça s'est terminé ‘'seulement à cause, de sa gaffe'', c'est la vision que le début du roman nous donne dans les premiers chapitre. Avec la ‘'descente de la nouvelle, mère monoparentale'' qui en veut au monde entier MAIS surtout à son ex conjoint.
Je ne veux pas tomber dans les banalités de ce que le roman apporte avec le sujet de départ. Madame Laberge, à cette manière de peinturer et écrire un gros sujet avec une légèreté incroyable je lui donne cela. Luc, homme qui est l'homme séduisant qui a une carrière fleurissante et grandiose, agent d'artistes plus précisément avec les pianistes. Homme qui passe son temps, à découvrir chaque recoin de sa chambre à coucher avec toutes sorte de femme. Homme qui a trébuché dans sa vie sentimentale et familial qui essaient de se reprendre aux yeux de sa fille qui a pour lui toute une admiration malgré le divorce. le caractère de sa mère aide beaucoup entre autres dans tout cela. Comme je mentionnais un peu plus haut, mère nouvellement seule, qui peine à passer au travers de l'échec de son mariage, qui met toutes ses misères sur le dos de son ex-mari, qui ne peux pas passer à coter de chaque occasion de reproche ceci ou cela. C'est sur sa fille que toute sa colère et sa tristesse retombe mais qui ne veut pas l'admettre ou qui est encore dans le déni.
Étienne, un personnage attachant au fils de la lecture, je dois avouer que s'a m'a pris du temps avant de tomber sous son charme, personne non voyante avec une enfance à une histoire des plus triste. Je crois que je me suis attachée à lui à ce moment-là. Jeune homme plein de vie malgré tout un peu maladroit et amoureux d'Annabelle, mais ne sais pas comment réagir, aux signaux contradictoires de son amie.
Lydia, belle femme la protégée de Luc, pianiste et quelque peu naïve de son amour de son agent d'artiste. Jeune femme qui est l'idéal des images que l'on se fait d'aimer en silence dans l'ombre de ses propres envies.

Je ne vais pas pousser plus ma critique parce que j'ai peur d'en dire trop de révéler des éléments essentiels du roman qu'il vaut mieux découvrir soit même!
Mme Laberge, m'a fait chavirer sur mon sofa, avec sa plume en décrivant chaque personnage, certains d'entre-deux m'ont ramené à des moments de ma vie que je ne voulais pas revoir. C'est l'une des raisons que s'a m'a pris du temps terminer le roman
P.s. L'évolution des personnages, chacun est incroyable et l'on s'attache très fort.
Bonne lecture à tous!
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D'aussi loin qu'elle se souvienne, Annabelle 13 ans, a toujours baignée dans la musique. Enfant prodige, pianiste virtuose, épaulée par son père, agent artistique, la musique a enveloppé son enfance, l'a investie. Plus qu'une activité, un travail. Plus qu'un goût, une passion. Tellement exigeante la musique… qu'elle ne laisse entrer ni rien ni personne dans l'existence d'Anna. La petite fille grandit dans un univers clos, seule penchée sur son piano, ses parents non loin d'elle, présence rassurante.

Et du jour au lendemain, la bulle dans laquelle elle évoluait éclate. Voilà Annabelle en contact avec le monde, sa réalité, son âpreté… violence du choc. Elle ne peut plus jouer, ses mains ne savent plus, la musique s'est envolée. Elle est devenue insaisissable. Explosion d'émotions. Turbulences de l'adolescence? Mésentente entre ses parents? L'esprit de la jeune fille est embrouillée face à un monde qu'elle ne connaît pas. Sans filtre, sans armure, elle avance dans l'inconnu.

Son père a quitté le domicile conjugal, sa mère ne le supporte pas, elle entre en dépression. Au collège, Anna n'a pas d'amis – elle n'en a jamais eu, pas le temps… -, elle ne sait pas ce qu'est l'amitié, l'amour, la fantaisie, la légèreté, le désir… Elle se sent si différente, si isolée. Tantôt en colère tantôt triste face à sa mère, elle attend avec impatience la fin de semaine pour aller chez son père. Et même si elle se sent plus à l'aise avec lui, le souffle lui manque. Elle a besoin d'air…

Étienne, un nouvel élève, aveugle, va l'aider à y voir plus clair dans sa vie. Avec patience et délicatesse, il va lui ouvrir les yeux et le coeur sur les beautés de la vie.

Ce roman intense sensible et sincère sur l'adolescence, entre quêtes désillusions et puissance créatrice m'a émue aux larmes. Un roman qui laissera une trace indélébile sur mon chemin livresque.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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Lu en 2020. C'était mon premier livre de l'auteure québécoise aux multiples récompenses littéraires. Un roman d'apprentissage plutôt dense (540 pages), profondément incarné et psychologique, souvent émouvant mais également éprouvant.
Un récit sur l'adolescence, le traumatisme, le chantage affectif, l'abandon, la culpabilité et l'autodestruction. Annabelle est une naufragée de 13 ans, victime et otage d'un divorce douloureux, fragile et attach(i)ante, à la fois en demande d'attention et en quête d'émancipation... Une écriture précise, incisive, clairvoyante. Un vocabulaire également irrésistible, avec cet accent qui chantait perpétuellement dans ma tête.
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Lu à 15 ans : adoré
Lu à 29 ans (en prévision de le faire lire à mes élèves) : aimé encore, quoique je j'aie été plus consciente de la manie de l'auteur à plonger dans le mélo à la tragédie grecque (personnages qui meurent de façon tragique) et ses thèmes récurrents comme l'attirance entre personnes d'âge différent. Mais somme toute, une Annabelle attachante, symbole de l'adolescente plus mature que son âge, et un Étienne attirant, symbole de l'adolescent différent qui a, derrière sa cuirasse, une douceur infinie. Bref, un Edward et une Bella du monde réel.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Elle revenait de la rue Viger et , parce qu'elle était épuisée, elle a décidé de prendre le métro. A la station Berri, comme il y a toujours du monde, elle s'est installée près du tunnel d'où la rame émerge. Elle écoutait une chanson de Sting sur son baladeur quand le métro est arrivé. C'est là qu'elle l'a vu. Comme un ralenti au cinéma. Un ralenti avec la musique de Sting, des visages stupéfiés sur la musique de Sting, et ce garçon, ce jeune homme qui saute, qui bondit comme un taureau dans l'arène, qui fait face au métro qui ne ralentit pas, pas assez, pas assez vite, les yeux d'un jeune homme décidés, butés et son corps qui vacille d'avant en arrière comme pour fournir sa part d'élan à l'impact. Elle l'a vu regarder la mort, elle l'a vu défier, attendre le métro, déterminé, les yeux fixes, les épaules rentrées, le front tendu contre le choc. Elle avait l'impression que si elle tendait le bras, elle pourrait freiner le wagon qui fonce, elle pourrait briser le mouvement dément, faire cesser le bruit atroce des freins inefficaces.
Elle n'a rien entendu d'autre, aucun son pour accompagner l'éclaboussement d'un corps projeté contre du métal bleu, rien, ni cri ni bang, seulement tout ce corps devenu liquide qui gicle partout sur la musique de Sting. Toute cette chair éparpillée, sanglante et tous ces yeux muets, fascinés. C'est en effleurant la tache rose sur son t-shirt qu'elle s'est mise à hurler. Comme une bête, gueule ouverte, elle hurlait sans pouvoir s'arrêter, pliée en deux, penchée au-dessus du gouffre à vomir son cri, vissée à même le sol qu'on tentait de lui faire quitter.
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Au début, presque sur ses gardes, Annabelle n'est pas très émue. La musique n'est pas une si grande perte, se répète-t-elle. Laissons-la aux gens doués qui ont du plaisir à exercer leur don. Mais, au mouvement lent que Lydia exécute avec un admirable legato, tout lui revient : le bonheur d'être assise au piano, d'arracher les notes du fond d'elle-même, de jouer avec tout ce qui l'habite et qu'elle ignore, l'in-nommable enfin nommé, la violence, l'isolement, la tendresse, la passion, toutes ces émotions si encombrantes qu'elle pouvait faire exploser sous ses doigts, avec son propre corps et un piano.
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Cette sonate de Schubert, si difficile à exécuter, cet andante dont la coda extrairait des larmes aux glaciers, s'échappe sous ses doigts raides. Plus elle joue, plus le clavier l'aspire, happe tout son chagrin. Elle est enfin chez elle. Elle n'est plus que ce contact furtif et puissant qui touche une corde, suspend le son, vibre et réveille toutes les abominations créées sur terre et toutes les minuscules consolations qui tentent en vain de faire gagner l'espoir. Elle reprend le même andante à deux reprises, le visage tendu de souffrance, le souffle hachuré.
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Le couchant tamise l'éclairage peu à peu, l'enrobant de doré. Les oiseaux piquent dans les vagues et en ressortent avec des poissons qui brillent d'un dernier éclat avant d'être engloutis.
"T'entends ? Les vagues font un 4/4 ce soir : le temps va changer."
Elle n'aurait jamais parlé du rythme de l'océan. Elle n'a pas pensé que, pour lui aussi, tout se découpe en rythmes et en musique.
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- Le concept entier [responsabilité] est un piège ?
- Oui. À partir du moment où on nous parle de responsabilité, on nous tend un piège. C’est très facile de dire : tu es responsable de ta santé, de ton avenir, du métier que tu vas choisir, de la sorte de vie que tu vas mener, même du ménage de ta chambre. Après, quand tu essaie de prendre une décision toute seule, là c’est plus pareil, là ils sont responsables de toi, ils ne peuvent pas te laisser faire d’erreur, ils n’ont que cette responsabilité-là en tête : la leur. Et après, quand ils s’aperçoivent qu’ils ont raté quelque chose, je ne sais pas moi, leur carrière ou leur mariage ou leur vie, là c’est redevenu ta responsabilité. Là c’est de ta faute, c’est toi qui paye. Ça aurait été différent sans toi. La responsabilité, ça change tout le temps, sauf que c’est fait pour arranger ceux qui ont le pouvoir et pour caler ceux qui essaient d’être responsables. Finalement, tu peux l’être quand tout le monde est mort ou quand tout le monde s’en fout. C’est pour ça que c’est un piège.
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Quand l'histoire d'une famille rejoint l'Histoire Guillaume Erner reçoit Jacques Attali. Cette semaine, Justine, étudiante et membre du club de lecture de l'université d'Orléans, répond au thème de l'émission en convoquant « Antigone » de Jean Anouilh, et « le Goût du Bonheur » de Marie Laberge.
Une émission présentée par Guillaume Erner, en partenariat avec France Culture.
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