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EAN : 9782707197009
160 pages
La Découverte (12/10/2017)
3.58/5   100 notes
Résumé :
Cet essai voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien — et par conséquent dont ils ne voient pas l’immense énergie politique qu’on pourrait tirer de leur rapprochement.
D’abord la « dérégulation » qui va donner au mot de « globalisation » un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l’explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l’entreprise systématique pour nier l’exi... >Voir plus
Que lire après Où atterrir ? Comment s'orienter en politiqueVoir plus
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Quand c'est Latour (de contrôle ?) même qui demande « où atterrir ? », avouez qu'il y a de quoi s'inquiéter…
Cela dit, Latour propose tout de même une solution : atterrir sur terre, enfin sur le terrestre.

Au-delà de la blague, ce petit ouvrage du grand sociologue des sciences qu'est Latour mérite le détour. Mais m'inspire aussi quelques réticences.

Si je trouve que le diagnostic est bon – avant tout celui de politique fiction qu'il formule au début sur la stratégie de rupture décomplexée des élites financières voire politiques qui les servent, mais aussi celui qui concerne la nécessité d'un redécoupage des clivages politiques – je suis (bien) moins convaincu par les propositions qu'il formule. Proposer de nommer le terrestre ce qui devrait être le nouveau local (pour éviter les dérives « nationalo-identitaires »), je le comprends, mais cela me semble un voeu pieux : je trouve quelque peu malhonnête le portrait que fait Latour sur les risques d'un « retour » en force du local (si tant est qu'il avait d'ailleurs disparu) et notamment son assimilation à une forme d'obscurantisme identitaire.

Car le local ne se réaffirme pas que sous ce masque (même s'il existe et que, malheureusement, tout « localisme » a tendance à être réduit à cet forme d'exclusivisme et de fermeture aux autres – mais par qui ? précisément par des éditorialistes qui sont au service des élites « hors sol »), mais aussi sous celui, bien plus pertinent d'un désir de reconquête de la souveraineté que le global de la « mondialisation moins », comme il dit, a largement battu en brèche.
Et sa conviction dans le fait que l'Europe est la bonne échelle d'une « mondialisation plus », débarrassée de ses illusions et seule à même de lutter contre le local et ses oripeaux nationalistes les plus abjects, me semble vraiment très simplificateur : non seulement l'Europe n'a pas commencé à exister après le second conflit mondial (pour garantir la paix) mais (à l'inverse) elle a « commencé » au moment de la Conférence de Berlin (1885) dans ce grand partage de l'Afrique entre gouvernants blancs et puissants : un projet rien moins que pacifiste, pour les Africains et même pour les peuples européens. Car cette Europe-là, rapidement en crise face aux désordres sociaux de la soi-disant Belle Époque, n'a pas hésité à envoyer ses peuples non plus au charbon mais sous les déluges d'acier pour faire taire les aspirations révolutionnaires.

Croire que l'Europe est un projet pacifique me semble une parfaite foutaise. L'Europe n'a jamais été, ni de près ni de loin, un projet de rassemblement des peuples derrière un projet de paix universelle (affiche de propagande qui ne berne que ceux qui veulent y croire), mais est une stratégie de gestion des obstacles de l'impérialisme capitaliste de ses élites. Croire que l'« Europe » peut devenir autre chose, qu'elle puisse soudain se parer de bons sentiments (politiques et écologiques) et que les peuples y verront soudain la lumière tant attendue (eux qui ont été bernés depuis près de 150 ans sur le sujet – ce que Latour reconnaît d'ailleurs honnêtement, mais comment faire autrement…), c'est effectivement, comme il l'admet (mais sans doute avec un peu de fausse modestie puisque l'objet de son ouvrage est bien politique), être bien « fragile » comme analyste du politique (au sens moins de l'étude des rapports de pouvoirs – science politique à papa - que de celui de l'étude des liens sociaux – la politique au sens premier du terme, et une science politique, donc, qui se nourrit de toutes les sciences humaines).

Finalement, qui a besoin d'atterrir ? Précisément ces élites qu'il identifie justement comme « hors-sol ». La plupart des individus, eux, ceux qui n'ont donc pas de pouvoir, réclament qu'on cesse de les obliger à décoller (pour le pays imaginaire du « libéralisme » où la dernière liberté qui leur reste est d'aller se faire exploiter par des multinationales dont l'universalisme n'est rien d'autre qu'un United Colors of Benetton - fait pour gagner du fric) : non pas par racisme (même s'il en est parmi ceux-là, il ne faudrait pas non plus être angélique) mais parce que sans « enracinement », comme disait Simone Weil, l'homme se perd… et avec lui, toute politique (être ensemble) digne de ce nom.
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Il est des figures de notre panthéon philosophique national qui inspirent la plus grande déférence et ce, d'autant qu'ils suscitent à longueur de temps des hommages appuyés. Qui sommes-nous pour prétendre critiquer ce qu'ils ont écrit, eux qui semblent inatteignables ? Bruno Latour entre incontestablement dans cette catégorie de penseurs et le fait qu'il nous ait quittés récemment pourrait même ajouter de l'indécence à la moindre critique. Tout jugement négatif deviendrait sacrilège.
Après tout, si tant est qu'on soit incité à critiquer tel ou tel de ses livres, il suffirait de dire « ça ne m'a pas plu » ou « je n'ai rien compris » pour renvoyer à notre subjectivité défaillante le sentiment d'inconfort ressenti à la lecture. Ainsi l'affaire serait-elle prestement réglée : on aura évité d'égratigner le Maître, sans pour autant contribuer au concert de louanges.
Avec cet essai, « Où atterrir ? Comment s'orienter en politique », j'aimerais quand même aller un peu plus loin et, au risque de paraître présomptueux ou trop téméraire, exprimer les raisons pour lesquelles l'ouvrage n'a pas emporté ma conviction – c'est le moins que je puisse dire.
Tout d'abord, il convient d'écarter une espèce de « fausse modestie » qui serait inhérente au livre. On a bien un simple essai, d'une petite centaine de pages, au style souvent léger, farci de formules humoristiques… Un tel texte, dira-t-on, n'a pas à subir une critique trop sévère, car son intention est limitée et procède plus d'une intuition assez spontanée que d'une construction étayée et méticuleuse. En réalité, l'ouvrage est bien plus ambitieux qu'il y paraît. le sous-titre, d'ailleurs, devrait nous alerter. Il s'agit rien moins que de répondre à cet immense défi : « Comment s'orienter en politique ». L'entame du texte situe aussi l'ampleur de l'ambition : s'interroger sur la convergence de trois problèmes majeurs – la dérégulation, l'explosion des inégalités, le changement climatique.
Précisément, il me semble que face à une telle aspiration, les réponses apportées par l'auteur, en termes de concepts et d'éléments d'analyse, ne suffisent aucunement et surtout ne sont absolument pas à même de déboucher sur une quelconque voie opérationnelle – qui pourtant s'impose dès lors que le pari, encore une fois, est de « s'orienter en politique ».
En fait, et si l'on ose dire, toute cette histoire tourne autour de la Terre. Rétif face aux concepts usuels – présentés comme « attracteurs », en l'occurrence devenus caducs à ses yeux – de « Global » et de « Local », Latour promeut un troisième attracteur : le « Terrestre », un Terrestre qui ne se confond pas tout à fait avec la Nature ; laquelle Nature est bien trop éloignée des gens, ne leur parle pas. « Avez-vous remarqué, dit-il (pour le coup, assez justement), que les émotions mises en jeu ne sont pas les mêmes selon que l'on vous demande de défendre la nature – vous bâillez d'ennui – ou de défendre votre territoire – vous voilà tout de suite mobilisé ? » (p. 18). le Terrestre donc, plutôt que le Global et le Local. Eux aussi seraient trop abstraits pour être réellement opératoires : « Ni le Global ni le Local n'ont d'existence matérielle et durable », écrit-il (p. 55). C'est là déjà un premier point qui fait problème. Par exemple, pour les géographes notamment, la dimension matérielle (et fonctionnelle) du territoire local est canonique ; les travaux qui la mettent en exergue sont légion. Par ailleurs, la problématique environnementale a considérablement renouvelé les approches tant pour le pôle global (interdépendances diverses sur le plan planétaire, enjeu des « communs »…) que pour le pôle local (pollutions locales, développement durable local…), de même que les interférences entre les deux (par exemple, le fait qu'un problème global requiert une coopération entre acteurs de niveau géographique inférieur).
On m'objectera alors que la faiblesse des réalisations se prévalant du Local et du Global ne plaide pas pour ces deux « attracteurs » particuliers et il en résulte qu'un concept nouveau est nécessaire : d'où le Terrestre. Soit, pourquoi pas. Mais celui-ci apporte-t-il un plus significatif ? Pour ma part, j'en doute. Pour tenter de l'étayer, Latour recourt à une approche fréquente chez lui, la recomposition d'acteurs et d'objets particuliers dans des catégories nouvelles. Il en fait un usage abondant, avec parfois des passages qui laissent perplexe : « Dans le système d'engendrement, la liste est beaucoup plus difficile à enregistrer puisque les agents, les animés, les agissants qui la composent ont chacun leur propre parcours et intérêt. » (p. 121). Gênant aussi, le fait de vouloir évacuer certains concepts (le Global, le Local…), mais d'en conserver paradoxalement d'autres, pourtant en rien induits par la notion de Terrestre : par exemple, la lutte des classes. Ainsi, « [l]a question devient donc de définir de façon beaucoup plus réaliste les luttes de classes en prenant en compte cette nouvelle matérialité, ce nouveau matérialisme, imposés par l'orientation vers le Terrestre. » (p. 80) Pourtant, il n'aurait pas été saugrenu de suggérer que l'immixtion du Terrestre dans les affaires des hommes est peut-être propice à d'autres formes de rapports que la vieille lutte des classes…
Cela étant, si l'on peut a priori douter de la fécondité heuristique de la notion de Terrestre dans l'orientation des politiques, qu'en est-il des conséquences opérationnelles de l'approche proposée par Latour ? Lui-même, d'ailleurs, résume très bien l'enjeu : « L'hypothèse est peut-être attirante à défaut d'être prouvée (sic), mais qu'est-ce qu'on en fait pratiquement et qu'est-ce que ça change pour moi ? » (p. 115) Or, force est de constater que la moisson, en la matière, est bien maigrelette. Hormis une ou deux allusions aux ZAD – dont on admettra difficilement qu'elles puissent être un modèle reproductible à la majeure partie des affaires humaines… – ou la reprise des cahiers de doléances établis pendant la Révolution française, pas grand-chose à se mettre sous la dent… Si, quand même, on peut lire une conclusion assez surprenante où Latour fait l'apologie de l'Europe et du rôle que celle-ci devrait avoir dans l'accueil des réfugiés. Surprenante, en ceci qu'un tel plaidoyer pourrait tout à fait faire l'économie d'un détour par le Terrestre. Bien plus : il me semble que si le Terrestre peut avoir un sens, c'est pour s'intéresser aux diverses conditions aptes à assurer une vie décente dans les territoires, et certainement pas au fait de les quitter. Et dans ce cas, si on souhaite légitimer l'accueil, c'est plutôt vers un autre registre de principes qu'il convient de se tourner : la justice, la solidarité, nullement le Terrestre…
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Un nouvel acteur politique : la Terre elle-même

Dans ce court essai percutant, Bruno Latour développe la réaction à chaud qu'il avait publiée dans le Monde au lendemain de l'élection de Donald Trump. Il voit dans l'évènement le sauve-qui-peut de masses qui ne croient plus à la mondialisation et se réfugient dans un passé idéalisé. Sans voir - ou plutôt en refusant de voir - la crise écologique qui change tous les repères.

L'humanité désorientée…

« Où atterrir ? » La question titre est devenue cruciale. Embarqués dans une course folle à la croissance mondialisée, nous découvrons qu'elle n'est pas soutenable et qu'il va falloir revenir sur Terre. Ceux qui en profitent le plus veulent poursuivre le voyage le plus loin et le plus longtemps possible, sans se soucier des dommages collatéraux qui, comme ceux infligés au climat, forcent de nouveaux flux de migrants à se mettre en marche. Mais la multitude des autres sent confusément qu'on les mène en bateau. Ils veulent retrouver la terre ferme – leur identité, leur sécurité, leurs certitudes, alors que le sol n'est plus assuré. Il se dérobe, car la crise écologique, dont le volet climatique n'est que le plus criant, va rendre la planète de moins en moins habitable. Elle rend déjà caduque l'espoir d'un accroissement du bien-être pour tous.

…quand la Terre se rebiffe

« Comment s'orienter en politique ? » le sous-titre du livre rend compte de son objet : penser une nouvelle géographie politique et dresser une ébauche de carte. Une fois exposée l'impasse de la polarisation actuelle entre local et global, l'auteur tente d'expliquer pourquoi l'écologie n'a pas réussi à s'imposer dans le paysage politique. Son erreur, pense-t-il, a été de vouloir se situer sur l'axe qui servait et sert toujours de repère à la confrontation entre droite et gauche. Résultat : le mouvement écologiste, constamment ballotté entre les deux pôles, a fini par être laminé. Alors que, suggère-t-il, il fallait faire émerger un nouveau pôle. Ce nouvel attracteur, qu'il nomme faute de mieux « le Terrestre », consiste à donner toute sa place au nouvel acteur politique qui s'est imposé, la Terre, qui rue dans les brancards d'être ainsi malmenée et éreintée. La Terre, qui n'est plus la scène immuable sur laquelle l'homme pouvait tranquillement développer ses activités. C'est comme si, dit-il, le décor s'était mis à jouer dans la pièce.

Bruno Latour, qui n'est pas toujours facile à lire, a pris ici le parti de s'adresser à un large public. Fort heureusement, car ce qu'il a à dire nous concerne tous. Son style est imagé et les formules font mouche. Exemple : [Le retrait par les Etats-Unis de l'accord de Paris], « une déclaration de guerre qui permet d'occuper tous les autres pays, sinon avec des troupes, du moins avec le CO2 que l'Amérique se garde le droit d'émettre ». Dommage toutefois qu'il ne soit pas parvenu à s'affranchir complètement du jargon ni des références en usage dans son domaine de spécialité… C'est peut-être pour le prochain livre, qu'on ne peut qu'espérer, car après avoir répondu à la question « Où atterrir ? », il faudra bien répondre à celle-ci : « Comment s'organiser après l'atterrissage ? »

Lien : http://www.ouvertures.net/un..
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Voilà un essai (très ! trop ! ) Intelligent. Que de réflexions sur le monde contemporain. La Guerre froide, l'opposition Est-Ouest, ou même Nord-Sud, sont devenues plus insuffisantes on le voit. B. Latour nous propose une opposition Local-Global très intéressante (même si pas toujours facile à suivre). L'élection de Trump, époque de l'écriture de ces lignes, a mis l'accent sur le sujet d'opposition central : le climat. Il nous montre aussi a quel point l'élite se protège, se met à l'abri, de tout ce qu'elle est en train de détricoter. Ça fait froid dans le dos d'actualité.
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L'humanité est désorientée, une mondialisation effrénée qui devient insoutenable et le sentiment de plus en plus partagé qu'il va falloir atterrir, retrouver « le terrestre », c'est ce que Bruno Latour nous explique dans cet essai. Les inégalités qui s'accroissent, les privilégiés qui profitent le plus longtemps possible d'un système qu'ils ont établi sans tenir compte des dégâts collatéraux (le climat, les migrations..), le mouvement écologiste, ballotté entre la droite et la gauche ne sait plus ou il habite ! L'auteur, philosophe n'est pas toujours facile à suivre, mais il fait malgré tout un effort de pédagogie qui devrait profiter au plus grand nombre, tellement les enjeux sont importants.
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critiques presse (2)
NonFiction
07 février 2018
Un essai politique reliant questions sociale et écologique et invitant à la description de nos « terrains de vie » en prélude à de nouvelles luttes.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Lexpress
22 novembre 2017
Qu'on le veuille ou non, suggère Bruno Latour dans son nouvel essai, Où atterrir?, l'idéologie dualiste de la modernité nous empêche de répondre au défi environnemental.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Chacun de nous se trouve donc devant la question suivante : " Est-ce que nous continuons à nourrir de rêves d'escapade ou est-ce que nous nous mettons en route pour chercher un territoire habitable pour nous et nos enfants ?"

Ou bien nous dénions l'existence du problème, ou bien nous cherchons à atterir. C'est désormais ce qui nous divise tous, bien plus que de savoir side droite ou de gauche. (p. 15)
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Le talon d’Achille de tout texte qui prétend canaliser des affects politiques vers de nouveaux enjeux, c’est que le lecteur est en droit de demander à la fin : « Tout cela est bien joli. L’hypothèse est peut-être attirante à défaut d’être prouvée, mais qu’est-ce qu’on en fait pratiquement et qu’est-ce que ça change pour moi ? »
« Est-ce que je dois me lancer dans la permaculture94, prendre la tête des manifs95, marcher sur le Palais d’Hiver, suivre les leçons de saint François96, devenir hacker, organiser des fêtes de voisins, réinventer des rituels de sorcières97, investir dans la photosynthèse artificielle98, à moins que vous ne vouliez que j’apprenne à pister les loups99 ? »
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Que faire? D'abord décrire. Comment pourrions-nous agir politiquement sans avoir inventorié, arpenté, mesuré, centimètre par centimètre, animé par animé, tête de pipe par tête de pipe, de quoi se compose la terre pour nous? (p.119)

Il existe ... un épisode de l'histoire de France qui pourrait donner une idée de l'entreprise: l'écriture des cahiers de doléances, de janvier à mai 1789, avant que le tournant révolutionnaire transforme la description des plaintes en une question de changement de régime ... Figure que l'on retrouve aujourd'hui dans l'immense et paralysante question de remplacer le Capitalisme par un autre régime. (p.122)
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La question n’est pas de savoir comment réparer les défauts de la pensée, mais comment partager la même culture, faire face aux mêmes enjeux, devant un paysage que l’on peut explorer de concert. On retrouve là le vice habituel de l’épistémologie qui consiste à attribuer à des déficits intellectuels ce qui est tout simplement un déficit de pratique commune.
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Pour reprendre la métaphore éculée du Titanic : les classes dirigeantes comprennent que le naufrage est assuré ; s’approprient les canots de sauvetage ; demandent à l’orchestre de jouer assez longtemps des berceuses, afin qu’ils profitent de la nuit noire pour se carapater avant que la gîte excessive alerte les autres classes16 !
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Vidéo de Bruno Latour
Mardi 31 mai 2016, Bruno Latour, philosophe et sociologue des sciences, auteur de Face à Gaïa a été présent sur le plateau des Mardis des Bernardins. L'occasion pour la Lettre de la recherche de vous avoir proposé un entretien avec celui qui à travers les sciences, les techniques, l'économie, l'esthétique et la théologie pensait l'introduction des êtres de la Terre dans le processus politique.
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