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ISBN : 2843379083
Éditeur : Anne Carrière (02/03/2018)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 21 notes)
Résumé :
C’est l’histoire d’une femme qui se met à douter. De la relation avec son fils de dix ans, de son couple, de la vie qu’elle s’est choisie.
Un jour, apparaît Moussa, un copain de son fils, pour lequel elle se prend d’une affection toute neuve. Une chance peut-être ? Celle de devenir la mère modèle d’un enfant idéal. À moins que tout ne se dérègle. C’est le portrait d’une femme qui se remet à fumer, à vibrer, à transgresser l’ordre établi et les injonctions in... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
AudreyT
  29 avril 2018
***
Florence est une femme active : elle est répétitrice de chant, elle vit avec son fils de 10 ans et son conjoint, professeur de littérature, vit la moitié de l'année à New York. Elle partage alors son temps entre les mois où elle est libre de mener sa vie et ceux où elle reprend une vie de couple. Mais rien n'est simple et William la presse de tout quitter pour le suivre aux États-Unis. Quand arrive Moussa, le nouvel ami de son fils, tout bascule... Qui est-elle ? Que veut-elle ? Pourquoi cette voix dans sa tête lui répète sans cesse que c'est une mauvaise mère, une mauvaise épouse et une mauvaise personne ?
Pierre Linhart est scénariste et réalisateur. Et cela se sent !!! Ce premier roman est tout en images, en étapes rythmées qui nous amènent vers le dénouement final. Florence est une femme qui se questionne, qui perd ses repères et qui ne sait plus ce qu'elle cherche. Elle se prend d'affection pour un jeune garçon qu'elle croit sauver d'une vie triste mais c'est elle qu'elle tente de fuir. Sa relation d'épouse ne lui convient plus et elle ne sait comment se sortir de cette angoisse du retour de son mari... Bref, tout un tas de questions et de renoncements qui l'emmènent doucement vers la folie...
Un roman bien écrit sur un monde qui s'écroule et sur la difficulté de le regarder en face...
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Commenter  J’apprécie          340
nilebeh
  02 juillet 2018
Chef de chant en pleine réussite, mère comblée d'un charmant - quoique capricieux - petit Joachim de dix ans, épouse amoureuse et aimée d'un écrivain nigérian (Yoruba, d'après son nom) en plein succès également : trop de bonheur tuerait-il le bonheur ? C'est peut-être ce qui arrive à Florence qui, en quelques semaines, voit son petit monde paisible se déliter et l'amener jusqu'au bord de l'abîme.
A quoi peut-on attribuer un tel maelstrom dans sa vie ? Peut-on réellement en faire porter la responsabilité à Moussa, jeune Sénégalais copain de son fils dont elle s'entiche littéralement, devenant une sorte de missionnaire d'une ONG toute personnelle, assoiffée d'humanitaire à Paris (quartiers chics, tout de même), entre deux prestations à Garnier et Bastille ? Car elle découvre l'intérêt, puis le don, puis la passion, puis le génie de Moussa dès qu'il touche un piano. Et se voit en Pygmalion, en sauveuse de petit Noir qui vit la précarité et la misère. Sauf que Moussa ne vit pas spécialement dans la détresse, il est riche d'une famille qui va bien, d'une mère exigeante qui l'aime et prend soin de lui. Non, il ne vit pas dans un bidonville !
N'y aurait-il pas malentendu dans la vie de Florence ? Elle se trompe sur Moussa et sa prétendue misère, elle se trompe peut-être aussi sur elle-même et son joli petit monde. Sur sa relation si « normale » avec son homme, avec son fils. Et c'est involontairement le petit Africain qui la fait basculer dans la crise, elle entend des voix contradictoires lui parler dans sa tête (moi, mon moi rêvé, mon moi réel, qui suis-je ? Brrr...cela me rappelle mes vieux cours de philo...). Et elle sombre dans une sorte de cocon anxiolytique qui ne réglera rien.
Pierre Linhart écrit à la place d'une femme, l'incertitude, la quête de sa propre vie, la passion, le désir, l'envie de bien faire, les paradoxes et, pour une fois, c'est plausible. Pour une fois, je n'ai pas envie de lui dire de laisser les femmes s'exprimer toutes seules comme des grandes (car je me fatigue de ces auteurs qui écrivent au nom des femmes, notamment quand il est question de sexe!). Et quand il raconte qu'une mère et une épouse bien sous tous rapports veut se réaliser et être ce qu'elle est vraiment, on le croit.
J'ai juste un petit bémol (oui, nous sommes dans le milieu musical!) à apporter : la relation quasi trouble entretenue avec le petit Sénégalais me chiffonne un peu, très ambiguë, à la frontière entre l'amour maternel et le désir amoureux. Était-ce une bonne idée ? Si le gamin n'avait pas été Africain, y aurait-on pensé ?
Un premier roman bien construit,( l'auteur est scénariste et cela se sent) , une langue agréable. Un bon moment de lecture !




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Commenter  J’apprécie          50
AMR
  28 juillet 2018
Je découvre ce premier roman de Pierre Linhart grâce à la belle aventure des 68 premières Fois… Une mère modèle est le portrait très actuel d'une femme en pleine crise, en proie au doute dans sa vie d'épouse et de mère.
Ce premier roman se révèle vraiment source de surprises en cascade. Je m'explique…
Plutôt sceptique en début de lecture en tant que mère, lectrice et plus encore, prête à plus ou moins relire jusqu'à plus soif une variation sur les sempiternelles thématiques maternelles, maternantes et toujours malgré tout culpabilisantes, sur fond avoué de regards nouveaux, je me suis vue embarquée dans un récit original et diversifié dans son approche, tant dans les milieux littéraires et musicaux, les classes sociales ouvrières et bobo, les espaces français, américain et africain, les parentalités, etc…
Pourtant, ce roman se lit très vite, facilement même ; mais l'écriture est fluide, dans un bon rythme ; le chapitrage est clair, sans la moindre longueur ; les points de vue et les voix se mêlent et se différencient sans erreur possible par l'usage discret de l'italique… La narration omnisciente distanciée et neutre rend encore plus émouvantes les irruptions des JE, dans les courts passages à la première personne.
Vite lu, vite oublié et on passe à autre chose, me direz-vous ? Oh non !!!
Car c'est là que le talent de l'auteur entre en scène… Sans avoir trop l'air d'y toucher, Pierre Linhart provoque la réflexion, bouleverse les codes et les postures établies, pose un jeu de miroirs sans concession au sein du couple, de l'amour maternel, paternel et conjugal, des rapports parents-enfants, des idées reçues et des préjugés sur la vie de famille, sur l'innocence et la maturité ou sur la perversion et la candeur de nos chères têtes blondes pré-adolescentes, sur le désir d'enfant, sur ce qui fait l'équilibre ou le déséquilibre de la vie…
Aucun jugement de valeur ne vient parasiter la lecture, ni aucune tentative de valider ou pas les remises en question, les transgressions, les préférences, les choix, les affinités qui se déploient tout au long du récit : c'est brut, propre et net, efficace.
Il y a aussi une réelle montée en puissance, un véritable suspense.
Il n'est pas anodin que l'auteur soit scénariste : ce roman est une suite de scènes de vies concrètes, de plans ; cela va même au-delà dans une exploration systématique des possibles, dans l'inversion des rôles, dans la recherche de l'enfant idéal… C'est visuel et auditif, prenant et addictif, angoissant même.
Comment ne pas se retrouver un peu dans certaines péripéties, quelle mère n'a jamais perdu son calme devant un enfant qui tape sur les nerfs (« un petit con, voilà ce qu'il est »), n'a jamais trouvé que cela avait l'air mieux chez les autres, n'a jamais mieux communiqué avec les enfants des autres qu'avec sa progéniture ingrate… ???
Décidément, il y a des premiers romans plus que prometteurs ! Bravo Pierre Linhart !
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Commenter  J’apprécie          40
Gaoulette
  17 janvier 2019
Lu dans le cadre Challenge Multi-défi 2019.
Un roman très intéressant qui touche une corde sensible. Pour moi il a manqué une petite connexion pour rendre le roman agréable et fluide.
Pierre Linhart soulève le sujet sensible sur la relation complexe entre une mère et son fils. Florence vit seule la plupart du temps avec son fils Joachim. Son mari William vit à New York la moitié du temps. Débarque dans leur vie un nouveau copain d'école de son fils, Moussa qui sera l'antithèse de son fils.
Où ai-je ressenti un manque de connexion ? C'est le fait que Pierre Linhart mélange plusieurs problématiques dans son premier roman. Nous avons la détresse de la mère, l'épouse qui abandonne, une femme qui n'arrive pas à se décider, une femme qui perd pied... En fait j'ai la mauvaise sensation à plusieurs reprises que je perdais le fil conducteur de la trame principale.
C'est bien écrit. C'est agréable à lire. L'auteure aborde des sujets tabous qui touchera la lectrice. Mais cependant certains chapitres m'ont laissée perplexe. Je cherchais l'intérêt pour l'histoire. L'auteur s'attaque avec l'histoire de Florence à des vérités blessantes pour une mère : suis je une bonne mère, quelles sont mes limites, mon fils est-il si exceptionnel, pourquoi ne suit-il pas mes pas ou mes conseils.... Je trouve dommage qu'il ne soit pas resté sur cette ligne directive. J'aurais eu une critique plus enjouée.
Pierre Linhart a peut-être voulu créer du suspense, nous faire tourner en rond... Mais le fait d'avoir poussé son héroïne vers une maladie psychiatrique a pour moi bouleversé la donne.
Trop d'informations, trop d'intrigues me dérangent dans un roman surtout si je trouve pas un fil conducteur. Après nous sommes dans un premier roman à fort potentiel pour ses prochaines sorties. Une jolie plume, une histoire intrigante, cela ne s'invente pas. L'auteur a les qualités requises pour moi pour me convaincre dans ses prochains romans. Cela reste une découverte sympa et une expérience à renouveler.
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michel.carlier15
  13 mai 2018
Voilà un joli premier roman sur le thème de la famille . Florence est répétitrice à l'opéra , son mari travaille à New York et elle vit donc à Paris avec leur fils de dix ans .
Il est souvent question que Florence aille rejoindre son mari de l'autre côté de l'Atlantique , mais elle hésite régulièrement à franchir le pas , son travail lui plait et elle ne souhaite pas interrompre la scolarité de son fils .
Elle finit par se prendre d'affection pour Moussa , un ami d'école de son fils . Lequel , contrairement à Joachim , est doué pour le piano et progresse très rapidement grâce à son aide précieuse .
Cette rencontre la déstabilise , elle se pose des questions sur son rôle de mère et d'épouse . Manquant de sombrer dans la folie , elle essaie de prendre des tranquillisants pour trouver son équilibre .
C'est une histoire de femme qui se pose des questions sur son rôle de mère , qui ne veut pas se sacrifier sur l'autel de la maternité et du couple , qui refuse d'être l'épouse de , qui s'interroge sur sa capacité à transmettre son talent et ses capacités intellectuelles à son rejeton , et qui en définitive , préfère renoncer à une vie de couple sans histoire pour garder son indépendance .
Bref , une belle histoire et un personnage qui m'a profondément séduit .
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critiques presse (2)
Actualitte   07 mai 2018
Une mère modèle ouvre le lourd sujet de la maternité et de la place de la mère et épouse aujourd'hui dans une vie où tout est apparemment facile. Beaucoup s'y reconnaîtront sans doute...

Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   29 mars 2018
Dialogues lapidaires et monologues intenses pour ce roman féministe.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Olivia-AOlivia-A   09 juillet 2018
On croit passer d'un âge à un autre. On a tort. On ne quitte pas un âge pour un autre. On les accumule telles des couches sédimentaires. Et si nous étions tous des êtres sans âge, bloqués à un stade de notre développement, enfermés dans des corps vieillissants, dans des rôles d'adultes que nous prétendons jouer? Notre image, tel un trompe-l'oeil, masquerait l'immaturité de notre être. Qui peut définir l'âge intérieur, émotionnel, clandestin, de cette vieille dame qui traverse péniblement la rue? Ce cadre au costume griffé, aux joues rasées de près et à la coupe impeccable, si concentré sur son portable, ne consulte pas les cours de la Bourse, ne lit pas les dernières nouvelles du Wall Street Journal. Il joue avec des personnages de dessin animé, comme un gamin de huit ans. Ce costume de trader est un déguisement. La maturité est une mascarade. Rides et cheveux blancs ne disent rien de l'âge réel. Et toi? Quel âge as-tu aujourd'hui? Seize? Dix-sept? Et si tu n'évoluais plus? Mariée, mère d'un garçon de dix ans, alors que tu ne te sens même pas majeure... Tu es bien barrée, ma vieille.
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Commenter  J’apprécie          60
GaouletteGaoulette   10 janvier 2019
On croit passer d’un âge à un autre. On a tort. On ne quitte pas un âge pour un autre. On les accumule telles des couches sédimentaires. Et si nous étions tous des êtres sans âge, bloqués à un stade de notre développement, enfermés dans des corps vieillissants, dans des rôles d’adultes que nous prétendons jouer? Notre image, tel un trompe-l’oeil, masquerait l’immaturité de notre être.
Commenter  J’apprécie          70
motspourmotsmotspourmots   13 avril 2018
On croit passer d'un âge à un autre. On a tort. On ne quitte pas un âge pour un autre. On les accumule telles des couches sédimentaires. Et si nous étions tous des êtres sans âge, bloqués à un stade de notre développement, enfermés dans des corps vieillissants, dans des rôles d'adultes que nous prétendons jouer ? Notre image, tel un trompe-l’œil, masquerait l'immaturité de notre être.
Commenter  J’apprécie          40
fflofflo   13 juin 2018
« On croit passer d'un âge à un autre. On a tort. On ne quitte pas un âge pour un autre. On les accumule telles des couches sédimentaires. Et si nous étions tous des êtres sans âge, bloqués à un stade de notre développement, enfermés dans des corps vieillissants, dans des rôles d'adultes que nous prétendons jouer ? Notre image, tel un trompe-l’œil, masquerait l'immaturité de notre être. Qui peut définir l’âge intérieur, émotionnel, clandestin, de cette vieille dame qui traverse péniblement la rue ?….. » ( page 180)
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GaouletteGaoulette   10 janvier 2019
Un baiser pouvait être maladroit, force, intrusif, trop violent ou trop mou. Il pouvait devenir technique, concentré sur le mouvement circulaire des langues ou sur la succion des lèvres. Il pouvait donner envie d’arrêter aussitôt toute exploration supplémentaire, de fuir et de ne plus jamais revoir celui qui vous embrassait.
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