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EAN : 9782721002709
111 pages
Editions des Femmes (01/02/1985)
3.57/5   27 notes
Résumé :
Ici, c'est un homme qui est habité par une jeune fille, venue de la misère du Nord-Est brésilien, à Rio, où elle mourra.
" Je jure que ce livre est écrit sans mots. C'est une photographie muette. Ce livre est un silence. Ce livre est une question ", écrit-il. Et il est tout occupé d'elle : écrire sa vie, sa mort doit le délivrer, lui qui a échappé au sort sans futur qu'elle subit. Il l'aime, comme on aime ce qu'on a craint de devenir...

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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
DoubleMarge
  24 décembre 2020
"Dans ce court roman qui est le dernier écrit par Clarice Lispector, le narrateur est un écrivain dont le moins qu'on puisse dire est qu'il a un rapport conflictuel avec l'écriture, sa malédiction : « Je médite sur le néant. Ce qui me gâche la vie, c'est d'écrire. » On ne sait trop à quel chantier il s'attaque le jour où il décide de raconter la vie d'une jeune Nordestine croisée un jour dans la rue : « Comment puis-je savoir tout ce qui va suivre en l'ignorant encore, faute de l'avoir vécu ? Il se trouve que dans une rue de Rio j'ai entrevu, l'espace d'un instant, une jeune Nordestine à l'air perdu.» (...)
On suit ainsi, à travers le chaos des grimaces, des exclamations et des caprices du narrateur, la fluide et mystérieuse existence fictive de la jeune fille un jour croisée. Ce récit est plein d'éclairages dissonnants, de ruptures de rythme, d'introspections complaisantes et de brèves descriptions qui sont chacune comme des portes ouvertes sur des récits latents : « Dois-je dire qu'elle adorait les soldats ? C'est pourtant vrai. Quand elle en voyait un, elle tressaillait de plaisir, en se disant : et s'il allait me tuer ? » On est éblouie par l'intelligence, la virtuosité narrative qui évoque les improvisations déroutantes mais toujours parfaitement équilibrées du free jazz, une fantaisie qui parfois frôle la démence, une patiente exploration du travail d'écrivain dans cette oeuvre dont l'une des ligne narratives consiste à décrire l'élaboration tâtonnante et déterminée : « Je ne suis pas un intellectuel, j'écris avec mon corps. Ce que j'écris est brume humide. Et les mots, des sons transfusés d'ombres qui s'entrecroisent inégaux – stalactites, dentelle, musique d'orgue transfigurée. C'est à peine si j'ose appeler mots cet entrelacs vibrant et riche, morbide et obscur s'opposant à la sourde basse de la douleur. Allegro con brio. du charbon je tenterai d'extraire de l'or. J'ai parfaitement conscience de remettre à plus tard cette histoire, et de jouer au ballon, sans ballon. Tout fait est-il un acte ? Je jure que ce livre est écrit sans mots. C'est une photographie muette. Ce livre est silence. Ce livre est questionnement. »
Ce roman est un poudingue d'une forme déconcertante renfermant joyaux et quartz dans son mortier. Il se lit avec une grande facilité, et pourtant on n'a jamais fini de le lire, car chaque nouvelle lecture en déplie des significations enjambées à la lecture précédente. C'est l'étrange et exaltant chef-d'oeuvre d'un art qu'il inaugure et que Lispector a emporté avec elle."
Lonnie (Extrait) dans Double Marge
Lien : https://doublemarge.com/coff..
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anniefrance
  02 octobre 2020
écouté; il m'a fallu un moment pour m'adapter à l'interprète; je ne suis parvenue à m'intéresser que quand est apparue la nordestine; jeune vierge à laquelle on prête tous les défauts: elle est sale, mal habillée; on la croit idiote, elle est juste naïve. Un garçon s'intéresse à elle mais il est odieux et la quittera pour Gloria la collègue de la petite dactylo. Ils s'appellent Jésus et Macchabée...
Je n'aime pas beaucoup les Editions des femmes, même si je reconnais leur côté précurseur, je n'aime pas beaucoup non plus l'autrice; mais je n'ai pas regretté d'avoir écouté jusqu'au bout. L'autrice se pose beaucoup de questions et interpelle le lecteur.
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LecturesdeVoyage
  07 mai 2016
« L'Heure de l'Etoile » est la dernière oeuvre de Clarice Lispector, une émigrée juive d'Ukraine arrivée enfant au Brésil après la première guerre mondiale. C'est le récit étrange et envoûtant de Macabéa, une immigrante du Nordeste, désorientée dans les favelas de Rio. Menant une vie simple et sans charme, elle rêve d'amour, même si son amant la néglige. Une diseuse de bonne aventure lui prédit un avenir merveilleux, mais en sortant de la consultation, elle meurt renversée par une voiture.
Lien : http://www.lecturesdevoyage...
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pasiondelalectura
  07 janvier 2017
Ce fut la découverte avec ce livre de Clarice Lispector, une écrivaine considérée comme "une grande dame des lettres brésiliennes". J'avais une curiosité monstre pour la lire, réellement.
Je ne sais pas si j'ai fait un mauvais choix, ou quoi. Je ne peux pas la juger sur un seul livre, surtout avec la réputation qu'on lui connait.
Mais je n'ai pas aimé cette lecture, je n'ai trouvé aucun intérêt au livre; j'ai trouvé que par moments la traduction était défaillante, avec des phrases en français qui ne voulaient rien dire.
Le personnage principal s'appelle Maccabée, cela évoque d'emblée la mort, c'est un personnage proche du néant, une anti-héroïne qui n'existe pas et qui va mourir en même temps qu'elle apprenait qu'elle aurait une destinée merveilleuse...
Une déception de taille pour moi, complète et sans ambages. Mais j'ai l'intention de lire au moins un deuxième livre d'elle en essayant de se renseigner avant. Si un babelien/enne est en mesure de recommander un titre en particulier, merci d'avance.
Ce livre fut son dernier, paru l'année de sa mort, 1977. Peut-être sa fin annoncée (cancer) distille dans ces pages...je ne sais pas.
Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
alzaiaalzaia   12 juillet 2013
DEDICACE DE L'AUTEUR
(En réalité Clarisse Lispector)

Je voue donc la chose que voici à l'antique Schumann et à sa douce Clara qui ne sont aujourd'hui que poussière, malheureux que nous sommes. Je me voue au rouge aussi vermeil que mon sang d'homme en pleine force de l'âge et je me voue donc à mon sang. Je me voue surtout aux gnomes, nains, sylphides et nymphes qui hantent la vie. Je me voue au regret de ma pauvreté passée, du temps où tout était plus sobre et plus digne et où je n'avais jamais mangé de langouste. Je me voue à la tempête de Beethoven. A la vibration des couleurs neutres de Bach. A Chopin qui m'amollit les os. A Strasvinsky qui m'a bouleversé et enflammé. A "Mort et transfiguration", où Richard Strauss me révèle un destin. Je me voue surtout aux veilles du jour présent et au jour présent, au voile transparent de Debussy, à Marlos Nobre, à Prokofiev, à Carl Orff, à Schoenberg, aux dodécaphoniques, aux cris discordants des compositeurs de musique électronique - à tous ceux qui ont su toucher en moi de façon alarmant des profondeurs inespérées, à tous ces prophètes du présent qui me prophétisent à un tel point qu'en cet instant je vais exploser en : moi. En ce moi, qui est vous, car je ne supporte pas de n'être que moi, car j'ai besoin d'autrui pour tenir debout, tant je suis fou, tant je divague. Que faire d'autre enfin, sinon méditer, pour choir en ce vide plein que seule peut atteindre la méditation. La méditation n'escompte point de profit : la méditation ne peut avoir d'autre fin qu'elle-même. Je médite sur le néant. Ce qui me gâche la vie, c'est d'écrire.
Or - ne pas oublier que la structure de l'atome est chose connue quoi qu'invisible. Comme me sont connues bien des choses que je n'ai jamais vues. Il en va de même pour nous. Il est impossible de démontrer l'existence des choses les plus vraies : il suffit d'y croire. D'y croire en pleurant.
Cette histoire survient en pleine urgence, en pleine calamité. C'est là un livre inachevé, faute de réplique. Cette réplique, j'espère que quelqu'un en ce monde me la donnera ? Vous ? C'est une histoire en technicolor, pour ménager un certain luxe , dont dieu sait que j'ai , moi aussi, grand besoin. Pour nous tous, amen.
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alzaiaalzaia   12 juillet 2013
En ce monde tout a commencé par un oui. Une molécule dit oui à une autre, et la vie naquit. Mais avant la préhistoire , il y eut la préhistoire de la préhistoire et il y eut le néant et il y eut un oui. Toujours il y eut - quoi, je ne sais, mais je sais que jamais l'univers n'eut de commencement.
Que nul ne se méprenne : je n'atteins à la simplicité qu'au terme d'un long travail.

(...)

N'oublions pas qu'en ce moment c'est la saison des fraises.
Oui
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alzaiaalzaia   12 juillet 2013
MIENNE EST LA FAUTE
OU
L'HEURE DE L'ETOILE
OU
QU'ELLE SE DEBROUILLE
OU
LE DROIT DE CRIER
OU
CLARICE LISPECTOR
OU
QUANT A L'AVENIR
OU
BLUES PLAINTIF
OU
ELLE DE SAIT CRIER
OU
L'IMPRESSION DE PERDRE QUELQUE CHOSE
OU
SIFFLEMENT DANS LE VENT OBSCUR
OU
JE N'Y PEUX RIEN
OU
RECUEIL DES FAITS ANTERIEURS
OU
HISTOIRE A FAIRE PLEURER MARGOT
OU
DISCRETE SORTIE PAR LA PORTE DE SERVICE
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alzaiaalzaia   17 mars 2016
Cette histoire survient en pleine urgence, en pleine calamité. C’est là un livre inachevé, faute de réplique. Cette réplique, j’espère que quelqu’un en ce monde me la donnera? Vous ?
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Videos de Clarice Lispector (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Clarice Lispector
Rodrigo S. M. s'attarde sur le sort de Maccabée, une femme sans charme et sans esprit du Nord-Est brésilien. Autour d’elle gravitent des avides et des ambitieux qui ne lui donneront rien. En observateur distant, l’auteur fictif auquel Sterenn Guirriec prête sa voix vibrante fait le récit de cette vie misérable, dépourvue d'amour, qui tiendrait en un souffle, prête à s'évanouir.
Ultime roman de Clarice Lispector, publié en 1977, l'année de sa mort, « L’heure de l’étoile » est le chef-d'œuvre de sa maturité. Avec un regard sans concession, l'autrice s'attaque aux injustice sociales et aux ravages de la pauvreté.
Le CD MP3 est accompagné d'un livret de présentation de Paulo Gurgel Valente, fils de Clarice Lispector, traduit par Didier Lamaison.
Le texte français, traduit du portugais brésilien par Marguerite Wünscher, revisé par Sylvie Durastanti, a paru en 1984, réédité en 2014, aux éditions des femmes-Antoinette Fouque.
Direction artistique : Francesca Isidori.
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