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EAN : 9782021451702
128 pages
Seuil (05/03/2020)
4.08/5   12 notes
Résumé :
Une femme se trouve aux prises avec l'ombre de sa mère disparue, qui la poursuit dans ses moindres faits et gestes, de jour comme de nuit, formant ainsi un double obscur. En cherchant à comprendre les raisons de ce phénomène, elle découvre qu'elle fait partie des Inutiles, un groupe social marginal très restreint. Pour gagner la confiance de cette famille d'appartenance, il lui faudra d'abord se débarrasser de l'ombre de sa mère.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Imprimé en Mars 2020, ce livre est arrivé chez les libraires au plus mauvais moment de ces dernières années, un obstacle supplémentaire, et même injuste handicap pour un premier roman, pourtant édité au Seuil. "L'ombre de ma mère” mérite une seconde chance, qu'il faut forcer par le bouche à oreille.
La narratrice est une femme exquise, d'une exquisité réellement indiscutable, au moins si l'on en croit l'assurance avec laquelle elle le répète, tout au long de son récit. On comprend vite du reste que c'est le seul atout de son cheminement, voué à la libérer d'un appendice incongru, une ombre, qui l'accompagne dans ses pérégrinations. Non pas la sienne mais celle de sa mère, qui se colle à elle. Cette incongruité va durer, selon le gardien du cimetière, jusqu'à ce que l'ombre règle le mystérieux problème qui la retient sur terre… D'autant plus que notre conteuse comprend, en rencontrant Alberto, qu'elle fait partie comme lui, de la communauté des Inutiles, et qu'un Inutile est tellement transparent aux yeux de la société qu'il n'a pas d'ombre à promener… Malheureusement, Alberto ne peut rien pour elle, qui doit seule se dépêtrer de son encombrante compagne. Elle va, de rencontre en rencontre : un herboriste, une couturière, un marin, mener sa quête jusqu'en Corse, auprès de vieilles tantes disparues qui hantent ses rêves, jusqu'au pied d'un olivier providentiel.
Vouloir résumer “L'ombre de ma mère” à une intrigue a peu de chances d'attirer, car ce petit livre (une maigre centaine de pages) ne joue pas sur ce terrain. Ni conte, ni roman initiatique, il tire tout de même vers ces horizons-là, avec une fraîcheur étonnante. Dit plus simplement, “L'ombre de ma mère” ne ressemble à rien de conventionnel, et c'est ce qui en fait vraiment le charme. Porté par une écriture aussi simple que souple, le fil se livre avec quelque chose de joyeux qui court sous la tonalité plutôt sombre du destin de la narratrice. Je crois aussi (mais je n'ai pas vérifié!) que le livre porte en lui une jolie métaphore de notre époque convaincue de tant d'utilités : la poésie, chargée d'images et de sensations, demeure la seule voie à notre disposition pour résister à l'exigence fonctionnelle. C'est finalement ce qui ne sert à rien, l'ombre dans le cas présent, qui donne le plus à imaginer, et qui ouvre le temps sous nos pas.
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Quel roman étrange et enthousiasmant! Une jeune femme s'aperçoit que sa mère décédée la suit. Disons plutôt son ombre. Mais comment faire pour s'en débarrasser? Loufoque, ce roman attachant se déguste rapidement. Parsemé de notes d'humour, de personnages quasiment sans queues ni têtes, L'ombre de ma mère est une belle surprise. S'adressant directement à son lecteur, le mettant dans ma confidence, Claudine Londre choisit ses mots avec soin, repense ses tournures de phrases pour apporter la moindre information en un minimum de mots. Au lecteur ensuite de décortiquer ces divagations réjouissantes. On pense à du Amélie Nothomb dans le sens barré. Une courte lecture rafraichissante.
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J'ai adoré le roman de Claudine Londre, son univers nous emporte en douceur aux frontières d'une réalité souvent drôle, toujours pertinente, où les mots font mouches et sans y prendre garde nous malmènent au coeur d'une quête d'absurdité qui fait sens. le style est un délice, l'aventure un vrai vent de fraîcheur et pourtant le questionnement philosophique ne renie pas la poésie de l'existence qui parfois nous dépasse... une autrice à suivre, à déguster sans modération pour transformer le plomb en plume .
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Super premier livre. J'aime beaucoup car on sent toute la finesse et la sensibilité de l'auteur. il y a des passages pleins d'humour, d'autres surréalistes, d'autres pleins de poésie, une très belle écriture. L'approche des liens familiaux, de la relation aux ancêtres, de l'hérédité est traitée de façon originale et on a plaisir à suivre l'auteur dans son périple. J'ai hâte de lire le prochain ouvrage !
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Le lieu était petit et étroit. Le bruit de la porte a fait surgir de derrière un rideau une femme voûtée portant blouse.
- C'est pour quoi ?
J'ai montré l'emplacement vide sur ma poitrine.
- Pour recoudre un bouton.
La vieille femme m'a regardé avec incrédulité et dédain.
- Vous ne savez donc pas coudre un bouton ?
J'aurais pu répondre : " Le jour où les Inutiles sauront coudre un bouton, il poussera des dents aux coqs, les antilopes aboieront et il pleuvra des têtards ; par ailleurs, de quoi vous plaignez vous puisque je fais marcher votre commerce ? "
Au lieu de quoi, j'ai rétorqué "En effet" et j'ai ôté ma veste.
Elle a chaussé ses lunettes, enfilé une aiguille et s'est penchée sur l'ouvrage.
- Alors comme ça vous ne savez pas coudre un bouton ?
Si je savais coudre un bouton, madame, l'ordre du monde en serait changé, et cela ne tournerait pas forcément à votre avantage.
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Je revoyais l'ombre qui m'avait suivie tout au long de la journée, patiemment, docilement. Je la revoyais sur les trottoirs. Sur les parapets. Les murs. Les arbres. Les lampadaires. Jouant de ses métamorphoses. Déclinant ses gammes. Allongée, raccourcie, fine, courtaude, géante.
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sait-on seulement ce que font les ombres quand il pleut?
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