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EAN : 9782918767480
140 pages
Asphalte (11/06/2015)
3.81/5   18 notes
Résumé :
Santa Clara, ville de province cubaine. Le cadavre d’un caïd est découvert non loin de la gare routière. L’arme du crime étant un marteau de cordonnier, le commissaire de quartier Leo Martín soupçonne tout de suite son ennemi juré, Chago Le Boeuf, dont c’est la profession. Sauf que celui-ci vient de lui-même au poste pour déclarer le vol de l’outil… puis il annonce qu’il souhaite collaborer avec la police sur cette affaire. Sa piste : les prostituées.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Nous voilà de retour dans El Condado, le quartier de Santa Clara sur lequel veille le commissaire Leo Martín. Et Leo Martín a du pain sur la planche. Non seulement il doit mettre un peu d'ordre dans une vie sentimentale et sexuelle pour le moins agitée mais il vient en plus d'hériter d'une sale affaire, le meurtre d'un maquereau de Varadero assassiné avec un marteau de cordonnier. Ça pourrait bien tomber : Chago le Boeuf, le caïd du quartier, l'anguille qui échappe régulièrement à Leo, est justement cordonnier et l'un de ses marteaux a disparu. Sauf, que rien ne se passe jamais comme on le voudrait et que les soupçons pourraient bien s'orienter vers l'une ou l'autre des femmes de la vie de Leo Martín.
« le quartier est un monstre et on ne sait jamais jusqu'où il peut étendre sa tête. » rappelle le policier qui doit à la fois veiller à se protéger et faire parler ce quartier qui sait tout, bien entendu, mais qui n'a pas forcément envie de lui dire quoi que ce soit.
Si les femmes tiennent toujours une place importante dans les romans de Lorenzo Lunar, elles sont ici au coeur de l'histoire et ces nouvelles tranches de vies d'El Condado sont autant de portraits de femmes dont beaucoup, issues des quartiers les plus pauvres ou de familles de fonctionnaires bien installés, sont amenées à se prostituer. Car, comme toujours, Lorenzo Lunar se plaît à lever le voile sur le quotidien des Cubains en pleine période spéciale – cette période d'après la chute du bloc soviétique qui a vu les importations de produits d'Europe de l'Est chuter et a bouleversé l'économie locale, créé la pénurie et donc fait augmenter l'économie parallèle et le système D. Femmes fortes, femmes exploitées, ni Leo Martín ni Lorenzo Lunar ne les jugent, se contentant de décrire un quotidien rude, âpre mais aussi souvent haut en couleurs dans lequel les petits jouent leur survie et les grands, ceux qui ont une once de pouvoir, les membres du Parti et les hauts-fonctionnaires, s'accrochent à leurs places, se pavanent et, bien souvent, se ridiculisent.
Et puis il y aussi Fela, la mère de Martín, toujours là, sorte de conscience de son fils et d'incarnation d'un peuple encore optimiste et qui a porté la débrouille au rang d'art majeur :
« Depuis que la période spéciale a commencé, ma mère ne pense qu'aux stratagèmes auxquels elle doit recourir pour mettre quelque chose sur la table. Elle a déjà expérimenté un tas de recettes alternatives – du hachis de peaux de bananes, des écorces de pomelo panées aux allures d'escalopes. Tous les deux jours, avec un stoïcisme olympien, elle fait la queue devant la rudimentaire presse à hamburger pour pouvoir, carte d'identité en main, acheter des steaks hachés à base de soja, de sang de taureau et de viande maigre. Elle raccommode de vieux vêtements – ceux de mon défunt père, les siens et les miens – pour les échanger contre des tubercules ou du saindoux auprès de paysans qui apportent dans le quartier leur marchandise de contrebande. »
Sans fard mais avec toujours beaucoup d'humour, Lorenzo Lunar continue sa chronique de quartier tour à tour drôle, émouvante ou violente ; il donne à découvrir un Cuba à hauteur d'homme – et de femmes – toujours loin des clichés. Une description minutieuse, rarement flatteuse, portée par un oeil et une plume acérés qui en dit plus que bien des manifestes.

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Cuba comme vous ne le verrez jamais sur les guides touristiques, ceux qui vous vantent les charmes des cigares cubains ou des plages de sable fin…

El Condado, le quartier pauvre de Santa Clara, ne fait sans doute pas partie des cartes postales proposées par les Tour-Opérateurs. Ça vous ferait foutre le camp fissa !

Pourtant, le commissaire Leo Martín aime son quartier, ses putes… Leo est fort critique envers son pays, surtout que nous sommes en pleine période « spéciale » (période qui eut lieu après la chute du bloc soviétique et qui a vu les importations de produits d'Europe de l'Est chuter et cela a bouleversé l'économie locale, créé des pénuries en tout et de ce fait, fait augmenter l'économie parallèle et le système D) et on ne peut lui donner tort.

Entre les femmes qui doivent se prostituer, les files de malade pour obtenir un peu de viande hachée, les listes jaune ou rouge sur lesquelles il faut être inscrit pour avoir le droit d'aller à l'hosto et la pénurie dans toutes les choses importantes, l'amertume est grande, mais tout le monde – dans les petites gens – doit faire avec.

La description de la vie à Cuba est sans fard, sans artifices, sans colifichets, elle est brute de décoffrage, donnant à certains cubains le moral à hauteur du cul, c'est à dire : bas ! (« Cuba », si vous n'aviez pas compris le jeu de mot).

Une chose est sûre, on ne doit pas choisir une enquête de Leo Martín pour son rythme trépidant parce que notre Leo, il trépide pas fort…

Pour résoudre le cas du maquereau en provenance de Varadero, assassiné à coups de marteau de cordonnier (ça s'invente pas), monsieur le commissaire va à une allure de sénateur (mais sans son salaire), emberlificoté qu'il est dans ses histoires de coeur, de cul, de sexe…

Notre homme prend le temps, à chaque interrogatoire, de nous dévoiler des morceaux entiers de la vie du suspect, nous donnant ainsi un portrait peu flatteur de l'ile de Castro.

Roman court, véritable concentré de renseignement sur les prostituées et les hommes du parti qui se pavanent (ou qui chutent), le tout servi par une plume sans fard et acérée qui donne lieu à une critique acerbe du pays, mais sans jugement aucun sur celles qui font le trottoir, le tout emballé dans de belles feuilles de tabac et arrosé d'alcool pas net.

C'est tout ça dans ce petit roman qui, contrairement au guide touristiques, ne vous donne pas envie d'aller folâtrer dans le quartier de Leo Martín, mais juste de lire ses autres aventures !

(3,5/5)
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Pas de quartiers !
Seconde enquête du commissaire de quartier Leo Martin à Santa Clara, province cubaine un peu corrompue où la mort violente semble être monnaie courante.
Lorsque Pedruco, cireur de chaussures de métier et alcoolique de son état, se réveille ; il trouve un cadavre. Leo vient de passer une nuit plutôt chaude avec Raquelita, étudiante en sociologie, fille de l'un de ses amis d'enfance, qui fait un stage au commissariat.
Il s'agit d'un dénommé Francisco Cordié Montero qui a un casier judiciaire long comme un jour sans pain. En particulier un palmarès de proxénète notoire ! Cherchez la putain ! L'arme du crime est pour le moins insolite : un marteau de cordonnier ! Plusieurs coups de cet outil lui ont été assénés sur le crâne qui a bien évidement cédé.
Leo Martin pense enfin avoir un motif pour aller chatouiller son pire ennemi, l'adipeux Chago le Boeuf dont c'est la profession. Mais celui-ci se présente spontanément, on lui a en effet volé son outil de travail, alors comme tout bon citoyen, il vient déclarer ce vol à la police.
Il reste à Leo d'aller voir dans le monde des prostituées ce qui se passe et qui pourrait en vouloir à Montero pour en arriver à cette funeste extrémité. Après une soirée passée avec sa mère qui lui fait remarquer qu'elle n'est pas éternelle et que sa fiancée de longue date, Luisa, ferait une bonne épouse, il plonge dans le monde cosmopolite, bigarré, peuplé de belles femmes des prostituées quasi d'état !
Direction Varadero, haut-lieu du sexe tarifé de l'île, pouponnière de chairs fraiches, jolies et peu regardantes pour bénéficier d'un minimum de bien-être et de promotion sociale. Que ne ferait-on pas pour une bonne place de secrétaire dans l'administration et un frigidaire russe !
Leo rencontre certaines de ces femmes toutes plus pittoresques les unes que les autres : la belle Cuqui, qui d'employeurs et amants en amants-employeurs en a pris pour son grade, mais en a gagné aussi. Faut lui reconnaitre qu'elle s'est dévoué corps et âme à son pays. En visitant Moscou, Prague, Berlin. Son conseil à Leo : « Cherches tu trouveras ».
Alors il repart sur le sentier de la guerre, cherchant et fouinant dans un monde en décomposition où le sexe et la corruption sont les deux mamelles du pouvoir.
Leo Martin, flic intègre, mais victime de ses vieux démons, se débat dans un monde où plus aucuns repères ne semblent exister ! La ville autour de lui n'est qu'un vaste chaos où l'univers qui l'entoure semble sans foi ni loi.
Des femmes en nombre : La Cuqui, Cleopatra, La China, etc… ; certaines se prostituent et le revendiquent. Mais d'autres, Tina ou Raquel, le sont-elles à l'insu de leur plein gré ? Leo l'apprendra, parfois à ses dépens.
Les hommes ne sont guère mieux pour ne pas dire pire…
Le quartier, personnage central de ce roman, est un ogre dévorant ses habitants !
Un Cuba décadent, en proie à tous les excès du monde capitaliste, mais où les fonctionnaires ont pris la place de notre argent roi. Dans le même but et pour le même résultat, la richesse et le pouvoir.
Un livre sombre et violent que l'on pourrait résumer par cette phrase extraite de ce livre :
- La vérité est au bout du tunnel. Ironique et cruelle comme elle seule peut l'être.
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La Kronik d'Eppy
Ce roman nous entraîne à Santa Clara, une ville de province cubaine. C'est chaud, moite, violent. Ça sent le rhum et le sexe, car ce roman fait la part belle aux prostituées, qui n'ont pas toutes choisi leur sort. Certaines sont jeunes, très jeunes, et leur part d'innocence a disparu depuis longtemps.
L'histoire :
Le cadavre d'un caïd, d'un mac, est retrouvé du côté de la gare routière, le crâne défoncé par un marteau de cordonnier. le commissaire du quartier, Leo Martin, pense immédiatement à son ennemi juré, Chago le Boeuf, dont c'est le métier.
Oui mais voilà que Chago le prend de court puisqu'il se présente au commissariat pour déclarer le vol de son marteau. Il refuse d'être accusé d'un acte qu'il n'a pas commis. Et il aiguille habillement Léo vers les prostituées. Et Leo, sans le savoir, va bosser pour lui.
Leo, les putes, il les connaît toutes. Enfin c'est ce qu'il croit. Il est même amoureux de l'une d'elles.
Le commissaire connaît le quartier. Il y a grandi avec une bande d'amis. Certains se sont élevés. Écrivain, membre du parti, ce n'est pas rien. Puis il y a ceux qui sont restés sur le bas-côté. Et lui au milieu. Lui qui vit avec sa mère malade. Cette femme pour qui cuisiner chaque repas est un défi avec le rationnement en place. Car pour les choses les plus simples il faut trouver « des solutions » pour tout.
Leo va débuter son enquête et remonter la piste qui le touche de près. de trop près.
Nous allons découvrir une galerie de femmes de tous âges, qui ont vendu et vendent encore leurs charmes aux hauts fonctionnaires cubains et aux touristes. Puis les magouilles de certains responsables de la police, de membre du parti. La corruption est partout. du plus haut au plus bas, Cuba est gangrenée.
Extrait P.103 : « le lien entre ces deux hommes, c'est un ami commun. Un type au-delà de tout soupçon, pour la simple et bonne raison qu'il portait un uniforme de police qui avait une certaine réputation. Pas n'importe quel flic, donc. A sa vue, les putes se pissaient dessus et les délinquants chiaient dans leur froc. »

Et au final la vérité éclatera, dans la tristesse.
Un très beau livre. Une immersion totale dans un pays, une époque. Qui donne envie de découvrir les autres romans de cet auteur.

Lien : https://collectifpolar.com/2..
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Cher Léo Martin,
Je suis très heureuse de vous retrouver dans de nouvelles aventures, moi qui vous ai connu grâce à un tango. Maintenant, nous passons au boléro que vous écoutiez avec Tania. Quoi, Luisa et vous c'est terminé ?? Tania, la sensuelle putain est entrée dans votre vie et… vous êtes tombé en amour, mais bon, il y a aussi Raquelita « Cette fille, elle me fout des frissons, et la trique. »
Je ne suis pas ici pour parler de votre vie privée, quoique vous en fassiez étalage très facilement et qu'elle est intimement mêlée au crime que vous devez élucider. Toujours prêt à soulever une bouteille de rhum quelle que soit sa qualité, toujours prêt à remuer la fange de votre quartier pour débusquer le ou les coupables, toujours à user de votre lyrisme pour nous parler des femmes ou des putains de votre quartier. Et puis y a Fela votre mère, à la santé si fragile, votre colonne vertébrale, votre sécurité. Cette mère, es-maître du système débrouille, avec des créations culinaires à faire pâlir un maître queux « Depuis que la période spéciale a commencé, ma mère ne pense qu'aux stratagèmes auxquels elle doit recourir pour mettre quelque chose sur la table. Elle a déjà expérimenté un tas de recettes alternatives – du hachis de peaux de bananes, des écorces de pomelo panées aux allures d'escalopes. Tous les deux jours, avec un stoïcisme olympien, elle fait la queue devant la rudimentaire presse à hamburger pour pouvoir, carte d'identité en main, acheter des steaks hachés à base de soja, de sang de taureau et de viande maigre »
El Condado, votre quartier est très « vivant », tant que l'on ne reçoit pas un coup de surin ou que l'on ne se fasse pas écraser la tête avec un marteau de cordonnier. Comme dans les petits bleds de campagne, tout le monde sait tout ou n'importe quoi et diffuse des informations parcellaires. Chago le Boeuf, cordonnier de son état, oui, le marteau vient de son échoppe, est passé maître dans cet art de la divulgation à énigmes.
« Ma vérité devient finalement la vérité ». Une petite pichenette à toutes les magouilles qui cernent votre vie.
Vous retrouverai-je un jour au détour d'une page ?

Quel plaisir de retrouver Lorenzo Lunar ! Son lyrisme lorsqu'il parle des femmes. Son amour pour ce quartier, sa plume qui glisse sur l'arc-en-ciel du lyrisme avec l'ironie qui lui sied, sait être crue, très vivante, émouvante, violente comme son pays. Il dépeint les petits et grands travers des cubains, le système politique (Le sauvetage des toties est un petit moment d'anthologie politique.)
Plus qu'un polar, surtout ne pas oublier l'intrigue, c'est un roman social noir. Noir de la misère quotidienne des habitants de ce quartier, surtout en cette « période spéciale » http://cubanismo.net/cms/fr/articles/histoire-de-cuba-9-la-p-riode-sp-ciale-1990 où la prostitution règne, où le système d'est omniprésent, les magouilles quotidiennes. Lorenzo Lunar, comme Elisabeth Alexandrova-Zorina avec « Un homme de peu » et la Russie actuelle, nous offre une vue plongeante et sans concession sur la vie et les moeurs de son pays.
Merci à Babelio et son opération masse critique qui m'ont permis de retrouver, avec un grand plaisir, une nouvelle enquête de Léo Martin
Les Editions Asphalte, m'ont régalée avec « La vie est un tango » de ce même auteur et « Avaler du sable » d'Antonio Xerxenesky, un western tout aussi déjanté. Une maison d'édition à suivre !

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Dans le quartier, la mort est chose quotidienne.
Rien de plus naturel à ça.
Les gens meurent à n’importe quelle heure, dans le quartier : le matin, l’après-midi, la nuit.
Les gens meurent de choses et d’autres, dans le quartier : le foie, la prostate, la gorge. Les poumons !
Ils meurent, tout simplement.
D’un cancer, d’une leucémie, d’une cirrhose, de tuberculose, d’anémie, du sida...
D’une cuite, de froid, de vieillesse...
Les gens se suicident, dans le quartier : ils se coupent les veines, avalent de la mort aux rats, se pendent, s’immolent par le feu, se jettent dans un puits...
Les gens du quartier se tuent à coups de couteau. Se sabrent à coups de machette. S’affrontent à coups de pierres, de briques, de feu.
Et personne ne s’en étonne, parce que la mort, dans le quartier, est chose quotidienne. Un lieu commun.
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... MIAM-MIAM ...


« Ils disent qu’ils vont donner un demi-litre d’huile de soja par personne à partir du mois prochain », me dit-elle quand je viens l’embrasser.

Depuis que la période spéciale a commencé, ma mère ne pense qu’aux stratagèmes auxquels elle doit recourir pour mettre quelque chose sur la table. Elle a déjà expérimenté un tas de recettes alternatives – du hachis de peaux de bananes, des écorces de pomelo panées aux allures d’escalopes.

Tous les deux jours, et avec un stoïcisme olympien, elle fait la queue devant la rudimentaire presse à hamburger pour pouvoir, carte d’identité en main, acheter des steaks hachés à base de soja, de sang de taureau et de viande maigre.

Elle raccommode de vieux vêtements – ceux de mon défunt père, les siens et les miens – pour les échanger contre des tubercules et du saindoux auprès des paysans qui apportent dans le quartier leur marchandise de contrebande.

(...)

Depuis le début de la période spéciale, ma mère regarde tous les soirs le journal télévisé, pétrie d’espoir devant les désormais sempiternels discours sur la reprise économique.

La production de végétaux des jardins organoponiques a augmenté.
La production laitière se porte mieux.
Les exploitations avicoles réapparaissent et il y aurait très prochainement des œufs parmi les produits inclus dans le rationnement.

Ma mère se nourrit en regardant les informations. Un journal où l’on voit passer, en fond d’écran, de généreux régimes de bananes, un élevage de pourceaux bien gras et une extraordinaire quantité de riz et de haricots.
Le journal télévisé alimente les espoirs de ma mère et ceux de millions d’autres Cubains.

Pour l’heure, ses yeux brillent devant la promesse d’un demi-litre mensuel d’huile pour notre consommation à tous les deux.
Un demi-litre d’huile de soja pour cuisiner le riz, faire frire les œufs et assaisonner les salades pour deux pendant trente jours.

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ÇA ME PLAIT

Leo Martín, garde du corps.
Leo Martín, tonton.
Leo Martín, stoïque, qui supporte les regards insidieux de cette belle gamine. Effrontée.

« Tu le sais, que tu me plais, qu’elle m’a balancé un matin. Tu es un ami de mon père. Tu as vingt ans de plus que moi. Et tu dis aux gens que je suis ta nièce. Mais tu me plais. »
Leo Martín, rouge écarlate. Embarrassé.

« Et quand tu dis que tu m’as vue naître, tu sais très bien que c’est un bobard. Mon père s’est éloigné de vous et du quartier quand il a commencé sa carrière. Et puis, les vingt ans de différence entre nous, ça ne se voit pas tant que ça. Je n’ai pas d’oncles, ou si j’en ai, je ne les connais pas. Tu sais que tu me plais. Et je sais que je te plais aussi. Tu rougis quand tu regardes mes seins. Tu ne soutiens pas mon regard. »

Leo Martín, médusé et atterré.
Leo Martín, qui baisse la tête parce qu’il ne supporte pas l’ardeur de ces yeux plongés dans les siens.
Leo Martín, jouet des caprices d’une môme.
Et dans ce pays, il n’y a pas un seul enfant de dirigeant qui n’obtient pas ce qu’il veut.


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FAIT CHAUD. COUP DE CHALEUR.


Après le déjeuner, la Cuqui s’installe dans son salon pour écouter Los Van Van.

Dans son rocking-chair. Elle se lime les ongles. Jambes croisées. Face à la rue. Pour que les hommes qui passent puissent voir ses cuisses fermes, lisses. Couleur cannelle. Ses longues cuisses. Remonter jusqu’à la naissance de ses fesses qu’on devine rebondies.

Dans son rocking-chair, la Cuqui se coupe les ongles, se lime les ongles, se vernit les ongles. Face à la rue, jambes croisées, superbes cuissots offerts aux regards obliques des passants. En écoutant Los Van Van. "Sandunguera" !

L’après-midi, climax, la Cuqui n’en peut plus, elle danse sur Los Van Van. Seule, pour commencer.

Dans son salon. Volutes de son cul prodigieux au rythme de la musique. Le cul de la Cuqui, une moitié dans le lycra, l’autre à la vue de celui qui passe et l’observe se déhancher : en haut, en bas, d’un côté, de l’autre. "Sandunguera" !

Au rythme de la conga, du son, du changüí. "Sandunguera" !




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" Le camarade dirigeant, celui qui a été le chef et l'amant de la Cuqui quand elle a débuté comme secrétaire, disposait de réfrigérateurs, de téléviseurs, de lave-linges et de tourne-disques... qu'il pouvait distribuer comme récompenses aux meilleurs travailleurs. Modernes et soviétiques. Comme il se devait pour tout bon dirigeant syndical de ces années-là."
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Video de Lorenzo Lunar (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lorenzo Lunar
Quand Lorenzo Lunar pousse la chansonnette Boléro noir, la Vie est un tango, Lorenzo Lunar doit aimer la musique. Deux de ses romans au moins y font référence. L'écrivain Cubain, invité tout le week-end au festival Noir sur la ville à Lamballe est même allé jusqu'à pousser la chansonnette samedi après-midi, apportant un peu de soleil au dessus de Lamballe. Les images de Lionel Samson. Plus d'infos sur www.letelegramme.fr
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