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EAN : 9782228894401
358 pages
Payot et Rivages (30/11/-1)
3.82/5   57 notes
Résumé :
"Partir, c'est revivre", pour Ella Maillart. Et de la vie elle en a à revendre, cette vagabonde des mers et des sables. Chaussée de skis, à dos de chameau ou de cheval, ou dans les trains bondés d'un empire en plein bouleversement stalinien, elle déjoue tous les obstacles, matériels ou humains, accepte les retards, les chutes, les vents glacés du Tien-Shan ou des Sables rouges avec une égale bonne humeur. Le voyage ? Une promenade de santé, un grand bol d'air pour c... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
CHEYENNE75
  27 janvier 2023
Quelle femme que Ella Maillart et quelles femmes toutes ces aventurières qui, il y a longtemps déjà, n'ont pas hésité à vivre des aventures hors du commun en voyageant à travers le monde entier et bien souvent avec de faibles moyens, comme par exemple, la grande Alexandra David-Néel (entre autres).
Ella Maillart était une voyageuse – écrivaine et photographe suisse, née en 1903 à Genève et décédée en 1997 à Chandolin. Elle est considérée comme l'une des plus grandes voyageuses du XXème siècle et a démontré une intrépidité à toute épreuve. Je lui prêterais bien une expression qui démontrerait en peu de mots, son caractère : « Peur moi ? Jamais ! ». J'ai aussi relevé ces quelques lignes : « Les visages rudes de la terre m'appellent violemment. La vie civilisée est trop loin de la vie tout court. »
De ses oeuvres, j'en connais un certain nombre car elles me passionnent.
Avec « Des monts célestes aux sables rouges », (Éditions Payot & Rivages – 2017), c'est une aventure extraordinaire et le livre est composé de deux parties :
* de Moscou à Alma-Ata,
* Vagabonde au Turkestan,
Dans lesquels s'incorporent de nombreux chapitres.
Dans cet ouvrage, nous sommes en 1932 et notre Ella Maillart décide d'explorer l'Asie centrale, mais ce n'est pas sans mal qu'elle parvient à recevoir une réponse de Kiev, car le sieur Pograbetzki est tout simplement parti en vacances. On lui conseille de partir plutôt à Mourmansk, près du cercle polaire, car les « bases » d'Asie sont fermées et elle ne pourrait pas se ravitailler. Mais Ella maintient sa décision : « Non. Je veux à tout prix partir pour l'Orient. » En effet : « La vie des nomades me captive. Leur instabilité m'attire, je la sens mienne comme celle des marins : ils vont, d'une escale à l'autre, partout et nulle part chez eux, chaque arrivée ne marquant somme toute qu'un nouvel appareillage... » C'est une définition qui la caractérise bien elle aussi.
Dans ce livre, Ella Maillart ne manque pas de nous décrire les paysages magnifiques avec des montagnes bien particulières (comme l'Aiguille Verte et des glaciers culminant à 4 900 mètres) – de prendre quantité de photos (même quand c'est interdit) - elle nous fait part de nombreuses réflexions politiques ; Historiques ; des traditions des peuples rencontrés ; on trouve de l'humour car elle sait aussi se moquer d'elle-même ; des nombreuses difficultés rencontrées (principalement à cause de l'administration du pays) – mais elle nous décrit tout aussi bien la générosité des personnages qui savent toujours bien l'accueillir (par exemple en lui offrant du thé grâce à leur « bout-tout-seul » (signification du mot russe samovar) – on la découvre bien gourmande avec toutes les descriptions de ce qu'on lui propose et elle reconnaît « manger comme quatre et prendre des kilos » (un exemple cocasse : « Un Doungane est installé près de sa marmite bouillonnante. Par terre, il étend un tapis poussiéreux sur lequel nous nous asseyons à la turque : l'aryk coule à nos pieds et fournit l'eau pour notre thé. le cuisiner habile jongle avec une masse grise, pâteuse, l'allonge, la double, répétant le mouvement plusieurs fois : alors il a en main une torsade de spaguettis (lapcha) souples qu'il étire une dernière fois et plonge dans son bouillon. En trois minutes le plat est cuit, épicé en diable ! »
Après ce petit intermède culinaire (il y en aura bien d'autres avec les spécialités locales), c'est la poursuite de l'expédition : à cheval, à ski – rencontre des Kirghises – des militants anarchistes – on se retrouve à Tachkent, à Samarcande, ainsi que Khiva (Xiva en ouzbek et خی en persan, une ville d'Ouzbékistan, au nord-ouest de ce pays, dans une oasis de 469 kilomètres de Boukhara) et Boukhara – des Turkmènes ainsi que des Kazaks – on fume le tchilim - on partage le pain, des pastèques, le thé, de la chèvre, des galettes… du koumis ("кумыс", lait fermenté de jument).
Il y aussi cette expédition où elle se retrouve à dos de chameau, avec un vent glacial, pour traverser le désert des Sables rouges, à l'est de la mer d'Aral. C'est de justesse qu'elle échappe à des pillards ou à des contrôles soviétiques et elle arrivera, finalement, grâce à son courage, à venir à bout de son extraordinaire périple. Exploit formidable, cet ouvrage est une ode à la liberté.
Cette lecture nous laisse rêveurs et admiratifs devant une telle expédition qui n'a pas été la seule de cette femme intrépide, libre, qui a poursuivi son but : « Apprendre à connaître la vie. Surtout, la rendre vraie en la simplifiant moralement et physiquement. Alors seulement, en goûter la saveur saine. »
Je n'en dirai pas plus car c'est vraiment à lire pour une belle découverte mais j'adresse simplement un grand « Bravo » à Ella Maillart, là où elle est à présent avec ses yeux qui sont certainement restés rieurs.
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miriam
  10 mai 2015
Je venais tout juste de refermer le volume de la Voie Cruelle et déjà j'étais impatiente d'ouvrir Des Monts Célestes..Cheminer avec Ella Maillart est un grand plaisir.
Des monts Célestes... raconte une expédition en 1932: Ella Maillart se joint à deux couples d'alpinistes soviétiques dans les montagnes du Tien Chan aux confins de la Chine. Ella Maillart âgée d'une trentaine d'années est une sportive confirmée, marin, skieuse de compétition, hockeyeuse, et , Suissesse, aguerrie à la montagne. Elle bluffe pourtant quand on lui demande si elle est une bonne cavalière (et s'en tirera avec tous les honneurs). C'est aussi un écrivain reconnu.Elle part avec un Leica et son livre qui lui sert de lettres d'introduction
Pourtant la bureaucratie soviétique lui laisse peu d'espoir pour ce voyage, les deux premiers chapitres relatent toutes ses démarches auprès de la Société du tourisme prolétarien. On suit ensuite le trajet en train - 4000 km et cinq fois 24h.
"
C'est à Bichkek, capitale du Kirghizistan , appelée dans les années 30 Frounzé, que commence la véritable équipée. En camion tout d'abord, il leur faudra acheter les chevaux. Paradoxe, c'est la Route du Fer qu'Ella suit :
"
Après Karakol et son lac, ils trouvent enfin les chevaux qui vont les conduire jusqu'aux yourtes kirghizes et aux plus hauts sommets.
ella chevaux
Quel plaisir de vivre les aventures des cinq alpinistes et de leurs guides! les nuits sous la yourtes, les repas partagés avec le gibier que chassent les guides,le Koumois, lait fermenté de jument, les costumes pittoresques! Ella Maillard décrit avec précision le montage d'une yourte, la traite d'une jument, le bol qui passe de convives en convive, nettoyé avec l'index.
Merveilleuses descriptions de la montagne, de la lumière qui change, de la neige, d'un lac à la couleur étrange.
Aventures sportives que cette randonnée solitaire à ski, cette escalade qui la mène sur une vire glissante comme du marbre gelé, ces cavalcades où les chevaux sautent de rochers en rochers, parfois se blessent....Cols à plus de 4000 m sommets à près de 7000!
Ella Maillart est aussi attentive à l'histoire : celle du soulèvement nationsl
Kirghizes, aux transformations soviétiques, et à la collectivisation des troupeaux, mal vécue par les nomades. Très attentive aussi à la condition féminine : elle constate avec un certain regret la sédentarisation des nomades mais salue l'émancipation par l'éducation de certaines femmes; J'ai refermé le livre à la fin de la première partie pour découvrir Tachkent, Samarcand, Boukhara et Khiva avec des yeux neufs.
Déjà, dans l'avion du retour, j'étais impatiente de continuer le récit d'Ella Maillart. Quelle expérience ! En 1932, à bord du train de marchandises, sur un rafiot descendant l'Amou Daria, vole dans un petit Junker, à dos de chameau, dans un pays où les transports sont réservés aux privilégiés du régime, où le pain manque, où tout déplacement est réglementé....
Malgré les difficultés, journaliste plutôt que sportive (dans la première partie de Moscou à Alma-Ata, c'était plutôt la sportive qui s'exprimait.
Journaliste donc, elle rencontre le président Faïsoulla Khordjaev, elle assiste à Samarcande au procès des bassmatchis, brigands ou contre-révolutionnaires, prélude des procès staliniens qui ont décimé l'intelligentsia ouzbèque (Khordjaev lui-même). Féministe attentive à la vie des femmes, femmes voilées cachées derrière le parandja, l'écran de crin noir, Maroussia la russe camionneuse, les ouvrières, juives ou arméniennes, elle voit même le peintre Benkov peindre le tableau la Journée du 8 mars au Reghistan quand les femmes brûlent leur parandja.
A Samarcande, elle loge dans les cellules de la Madrasa Tilla Kari, madrassa dorée.
"vivre dans la cour d'une médressé de Samarcande! Voilà...le rêve réalisé"
Conteuse merveilleuse elle évoque, Timour et Bibi Khanoum raconte l'histoire de l'architecte qui lui a volé un baiser, histoire de Nassim m'a raconté dans la cour de la Mosquée de Bibi Khanoum. Elle raconte les émirs, les esclaves du Khorezm où l'esclavage ne fut aboli qu'en 1873...
Si elle décrit les monuments de Samarcande, à "Bokhara, la déclassée", elle consacre plus de ligne à la description des passants, en haillons ou morveux qu'à la madrasa d'Ouloug Beg. Elle n'a pas le regard touriste , happée dans le quotidien de ceux qui cherchent du pain, du riz pour le plov...
Comme j'aurais aimé rencontrer cette dame!

Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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pchion
  11 mars 2017
Magnifique histoire. Grâce à Ella Maillart, j'ai pu visiter Samarcande, Boukhara, Tachkent, suivre des chemins éreintants dans les Monts Célestes, croiser sur ma route Ouzbeks, Turkmènes et Kazaks. J'ai parcouru des lieux mythiques et pu observer nombre de coutumes maintenant disparues. Depuis les années 30 beaucoup de choses ont disparu et le livre d'Ella Maillart est un témoignage remarquable que je recommande à tous les amateurs de voyages et d'explorations. A l'époque où notre voyageuse infatigable parcourt ces régions d'Asie centrale, le confort n'est pas au rendez-vous et transports et hébergements sont des plus aléatoires. Ce livre est aussi un témoignage intéressant sur la façon dont le socialisme d'état est mis en place peu à peu dans ces régions satellites. Les décrets des bureaucrates moscovites ne sont pas toujours en adéquation avec la réalité. On sait par exemple quels dégâts écologiques et humains a créé la généralisation de la culture du coton dans ces régions. le livre d'Ella Maillart permet aussi de se faire une idée des prémisses des difficultés qui vont se développer à cette époque.
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NicoleGiroud
  08 mars 2016
Envie de vous évader en ce début de mars où l'hiver laisse enfin pointer quelques froidures ? Plongez-vous dans le récit de voyage de la Suissesse Ella Maillart Des monts célestes aux sables rouges, vous découvrirez alors ce qu'avoir froid veut dire. Ella MaillartÀ 5 000 mètres d'altitude dans le Turkestan soviétique, à dos de chameau ou à cheval, précipices et montagnes grandioses – sujets au mal des montagnes et au vertige s'abstenir – la jeune femme désire rencontrer les nomades d'Asie Centrale de l'empire soviétique.
En cette journée internationale des droits des femmes, (inutile de vous rappeler qu'il n'existe pas une journée des droits des hommes), je tiens à vous parler d'Ella Maillart, ce modèle pour toutes les femmes qui essaient de tracer leur propre chemin, cette femme de courage, cette aventurière obstinée et casse-cou des années 30 qui n'a jamais recherché l'épaule secourable d'un compagnon mais a assumé ses droits d'être humain dans les endroits les plus difficiles de la planète.
Jamais je n'ai raisonnablement songé à mener une vie rangée.
dira-t-elle plus tard à un journaliste qui l'interroge sur son extraordinaire existence. Certes…
suite sur le blog
Lien : http://nicole-giroud.fr/ella..
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Dombrow01
  01 décembre 2021
J'admire le courage d'Ella Maillard pour entreprendre son périple à travers l'Asie centrale. Je suis moins admiratif de son récit qui me laisse un peu sur ma faim. Elle décrit très bien les paysages, le habitations, les animaux, les personnages rencontrés, mais au final on apprend peu sur leur manière de penser. Les explications historiques sont confuses, avec force détails sans contexte, ce qui les rend incompréhensibles à ceux qui n'ont pas une connaissance précise de la région.
Même chose pour la politique, les rapports des habitants avec le communisme sont souvent évoqués, mais jamais réellement expliqués.
Donc chapeau bas à Ella Maillard pour son aventure, mais je ne suis pas convaincu par son récit.
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
CHEYENNE75CHEYENNE75   27 janvier 2023
Tournant toujours le dos à la Chine, nous enjambons les eaux du Djargalan gris sur un grand pont de bois moderne, traversons l’immense village de Tioup (Préobrajenskaya) et rejoignons la rive nord de l’Issik.
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CHEYENNE75CHEYENNE75   27 janvier 2023
Manger le plus possible, quand on peut, afin que l’imprévu vous rencontre toutes réserves remplies, c’est le principe du chameau. Obéissant inconsciemment à cette règle, chaque jour je me goinfre ; j’engraisse à vue d’œil et suis la terreur de Mila, préposée aux vivres. Ses regards ou sa voix répètent chaque jour :
C’est effrayant. Elle mange plus que les hommes !
La sœur de Djokkoubaï, riant visage à l’ombre du fichu blanc, passe la nuit à faire des toukatchs avec notre farine.
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CHEYENNE75CHEYENNE75   27 janvier 2023
Là-bas, il y a Samarkande aussi qui m’attend : les ruines fabuleuses de Tamerlan s’effritent chaque jour, il faut se hâter. Comme les pèlerins de « Hassan », je marche en répétant :
We take the goldend road to Samarkand….
Comme eux, je veux traverser le désert au pas lent des chameaux, et, au siècle de l’aviation, comprendre encore l’état d’esprit des caravanes.
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CHEYENNE75CHEYENNE75   27 janvier 2023
- Nicolas, mange ton raisin… Et tu n’as pas bu ton thé !
- Ah ! Du raisin, en ai-je maraudé dans les vignobles du Valais ! Vous savez, j’ai parcouru toutes vos montagnes à pied : quel souvenir merveilleux. Mon père, agronome, était aussi zoologue et de lui je tiens ma seule religion, la nature.
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CHEYENNE75CHEYENNE75   27 janvier 2023
On vient de faire pour cinq mille roubles d’empierrement sur cette piste qualifiée de route, mais on ne s’en douterait pas : les fonds sont, paraît-il, bourbeux, et c’est ce qui rend la construction du chemin de fer si difficile. Le rail est déjà posé jusqu’à Tommak et devra atteindre Karakol.
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Videos de Ella Maillart (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ella Maillart
À l'occasion du cycle «Â Albert Londres à la BnF », la Bibliothèque nationale de France et le site de presse, RetroNews, proposent une série de cinq podcasts de 7 à 10 minutes chacun, revenant sur l'histoire du grand reportage. De la figure pionnière d'Albert Londres, globe-trotter infatigable, aux grandes reportrices du début du XXe siècle comme Andrée Viollis, de la question de l'engagement et de l'histoire du Prix Albert Londres, ces cinq épisodes se veulent une entrée originale dans l'histoire du grand reportage du métier de journaliste.
Hervé Brusini est journaliste, ancien lauréat du Prix Albert Londres, dont il est désormais président. Il a notamment été rédacteur en chef du journal de 20 h de France 2 ainsi que directeur du média FranceTv.info.Séverine Liatard est historienne, autrice d'une thèse consacrée à Colette Audry. Ancienne journaliste à France Culture, elle a été productrice déléguée à La Fabrique de l'histoire durant de nombreuses années, et est actuellement chargée de cours à l'ICP.
2 -Les reportrices
Souvent reléguées à l'arrière-plan, voire ignorées, les femmes reportrices ont pourtant été nombreuses et ont elles-aussi marqué de leur empreinte l'histoire de la profession. de Nellie Bly à André Viollis, en passant par Ella Maillart, retour sur ces figures majeures du grand reportage.
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