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EAN : 9782228897099
375 pages
Éditeur : Payot et Rivages (19/03/2003)
4.18/5   22 notes
Résumé :

Voyageuse intrépide en son temps, mythique aujourd'hui, Ella Maillart (1903-1997) fut bien cette «femme du globe» dont parlait Paul Valéry. Née à Genève dans un milieu aisé, elle ne rêvait que de fuir une Europe égoïste. A peine sortie de l'adolescence elle s'en va. Sur mer, d'abord, puis à travers les steppes et les monts d'Asie centrale, à la recherche des nomades. Elle ira traîner son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
lupusi
  06 avril 2018
Excellente biographie d'Elle Maillart
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patlacomillere
  23 janvier 2020
Suivre Ella Maillard dans ses pérégrinations en bateau, en voiture, reste un souvenir prenant. Il reste de ce livre une impression de proximité avec cette femme dont on aurait apprécié d'en avoir fait la connaissance pour partager avec elle quelques uns de ses moments de vie.
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MELANYA
  15 juin 2021
Pour ce qui est des femmes aventurières, d'hier et d'aujourd'hui, on sait qu'elles n'ont rien à envier aux hommes et qu'elles savent faire preuve d'un immense courage, même avec peu de moyens ou de soutiens.
Cette fois, il en est une sur les périples de laquelle s'est penché Olivier Weber, Ella Maillart (1903-1997). Il a relaté sa biographie dans le livre : « Je suis de nulle part : Sur les traces d'Ella Maillart ».
Ayant longtemps travaillé en Afghanistan comme journaliste, il connaît très bien tous les endroits évoqués par Ella. Et comme elle, il adore faire des expéditions. C'est ce qui va se passer dans ce livre car il raconte non seulement les périples d'Ella, mais, partant sur ses traces, il va les refaire lui-même.
Il nous brosse un magnifique portrait de cette aventurière qui, après plusieurs aventures en mer et en Europe, décide de partir pour la Russie et l'Asie, afin d'aller à la rencontre des nomades et traverser des paysages somptueux.
L'héroïne, née en Suisse dans une famille aisée, n'avait qu'un rêve, celui de parcourir le plus de pays possible, quitte à se fâcher avec ses parents. Elle commence par embarquer sur des bateaux où elle force l'admiration des hommes par son énergie, son courage et sa ténacité.
C'est un périple extraordinaire qu'elle accomplit alors que ce n'était pas facile du point de vue logistique à son époque.
Dans cette biographie, Olivier Weber rend un bel hommage à cette femme qui arrivait toujours à vaincre tous les obstacles. Et puis sa fameuse devise était : « Qu'est-ce qu'on fout ici ? ». Une invitation à continuer son chemin et toujours aller plus loin, aller au bout d'elle-même.
Cette voyageuse intrépide est devenue une figure mythique. Paul Valery la surnommait : « La Femme du globe ». Elle a d'ailleurs traversé la Chine, l'Afghanistan, l'Inde, dans des contrées dangereuses mais toujours tenace, comme Alexandra David-Néel à qui elle m'a fait penser.
Pour parvenir à payer les frais de ses aventures, elle écrivait de temps en temps un livre, ce qui lui rapportait quelques droits d'auteur.
Avec ses nombreux visages : sportive, photographe, écrivaine, loup de mer et voyageuse, on a l'impression qu'elle a vécu plusieurs vies tellement c'est enrichissant à chaque fois.
C'est un très beau portrait écrit par l'auteur, et il faut aussi, tout de même, admirer son parcours personnel.
Il est à signaler qu'Ella Maillart a fait de nombreux émules, surtout parmi d'autres femmes qui, éblouies par ses exploits, étaient désireuses elles aussi de partir vers l'inconnu, de vivre une expérience inoubliable, hors du commun, malgré les périls à craindre.
Jusqu'à un âge très avancé, une fois revenue en Suisse, Ella connaît des difficultés financières et reste rêveuse quant aux voyages. D'ailleurs, en pages 360/361, on peut lire : « Pour survivre, elle donne des conférences, dans la vallée de Sion, à Genève, parfois à Paris. Veut-elle voyager ? Elle contacte une agence de Genève qui lui propose d'accompagner quelques voyageurs en Indonésie, en Inde et au Népal. Dans sa tête, lorsqu'elle regarde depuis sa terrasse de Chandolin les montagnes avoisinantes, se mêlent déserts terribles et plateaux interdits, monastères reculés et yourtes de nomades au sourire doux. Elle voyage encore vers toutes les villes magiques qu'elle n'a pas connues.
C'est ainsi qu'elle retourne plusieurs années de suite en Asie, notamment sur la côte du Kerala, dans le sud de l'Inde, pour un mariage de brahmanes à Trivandrum, « la ville du Serpent sacré », en 1951, ou pour une visite au sage Sri Krishna Menon, quatre ans plus tard…. « .
Et ce démon du voyage ne la quitte donc jamais, même quand on lui fait remarquer son âge, sa réponse est un grand éclat de rire.
De plus, quand on lui posait la question : « Pourquoi voyagez-vous? » sa réponse était : « Pour trouver ceux qui savent encore vivre en paix ». Ou alors : « Je veux oublier que le retour est inévitable »et une dernière : «Si nous abordons les choses par leurs différences, même le foie et la rate sont aussi éloignés que les villes de Ch'u et de Yueh. Si nous les abordons par leurs ressemblances, le monde est UN ». 
Je ne peux que lui donner entièrement raison car partir en voyage est une expérience très passionnante mais revenir est très dur moralement…
Un grand bravo à cette formidable aventurière et merci à Olivier Weber pour ce livre.


Lien : https://www.babelio.com/monp..
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Apoapo
  12 septembre 2021
Cette biographie très complète et sensible de la voyageuse Ella Maillart possède de nombreux mérites. le principal est contenu dans la lettre du sous-titre : « Sur les traces d'Ella Maillart ». En effet Weber, lui-même voyageur au long cours, connaisseur de l'Afghanistan et de l'Asie centrale, tout au long des étapes de la longue vie de l'auteure (1903-1997), scandées chronologiquement en vingt-trois chapitres, croise toujours le récit biographique avec celui de son propre séjour ou itinéraire sur les lieux dont il est question, étant presque en quête d'une communion mystique avec le « fantôme » de la disparue, à la recherche des personnes qui ont pu garder un souvenir d'elle, outre que des paysages que son appareil photo a immortalisés, des lectures qu'elle a faites et des réflexions qui ont sans doute été les siennes – notamment sur le déclin du nomadisme, sur la modernité occidentale suicidaire, sur le voyage intérieur. Cette communion, très souvent déclarée explicitement, se révèle aussi dans le naturel avec lequel l'auteur interpelle sa muse, et l'appelle la plupart du temps par son prénom ou son petit nom : Kini, sans pour autant afficher la prétention d'avoir décelé tous les nombreux mystères dont elle a semé son chemin. Les difficultés du parcours, le vocabulaire propre aux moyens de transport (en particulier la technicité du lexique de marine), les renvois historiques, géographiques, géologiques, cultuels permettent une grande identification entre les deux voyageurs et un effet de miroir entre les récits que parfois seuls les guillemets permettent de clarifier. Les secrets de Maillart restent bien gardés, mais l'oeil complice du congénère qui retourne sur les mêmes lieux trois générations plus tard dans le but d'effectuer un voyage mémoriel, surtout en Afghanistan, offre une perspective très intéressante sur les permanences et les mutations.
Dès le Prologue et le Chapitre premier, la biographie est placée sous le prisme de la centralité du voyage en Afghanistan accompli en compagnie d'Annemarie Schwarzenbach, relaté dans le Voie cruelle, livre rédigé en Inde suite au décès accidentel de l'amie.
Certes, le parcours de voyageuse d'Ella Maillart se divise en trois parties donc chacune pourrait remplir une existence entière : la navigation en voilier, depuis l'inspiration inaugurale par Alain Gerbault, mais surtout dès l'amitié d'enfance avec sa voisine, coéquipière et complice Miette de Saussure, peut-être jusqu'à sa prise de conscience qu'elle et Miette ne pourront plus naviguer ensemble ; les aventures centre-asiatiques, montagneuses et désertiques des années 30, depuis l'exploration de l'Union soviétique et le premier reportage écrit sur celle-ci : Parmi la jeunesse russe ; puis le voyage introspectif et immobile, depuis la séparation d'avec Annemarie Schwarzenbach suite à laquelle Maillart se rend dans un ashram en Inde du sud, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis se retire dans un chalet dans le village alpin le plus haut de Suisse, à Chandolin – à l'âge encore jeune d'environ 40 ans. de là, si elle voyage épisodiquement par mer et par terre, ce n'est que pour accompagner des touristes et non pour vivre des aventures qu'elle relaterait ensuite dans un volume. Dans sa vieillesse, même avancée, elle vit une retraite qui n'est pas un retrait ni un ermitage d'où la relève des jeunes voyageurs serait exclue. C'est le cas en particulier de Nicolas Bouvier, qui recevra sa bénédiction et son viatique, et de Michel le Bris qui se fera le promoteur de la réédition et du renouveau de l'intérêt éditorial pour ses livres, 60 voire 70 ans après la première parution.
A l'issue de cette lecture, on peut se demander quel fut l'élément unificateur, immuable et caractérisant cette épopée existentielle tellement singulière : si l'écriture semble exclue, Weber, dans le titre de l'ouvrage, privilégie l'hypothèse de la négation de l'enracinement, de l'urgence de la partance : peut-être est-ce là la raison de l'importance de la réflexion sur le nomadisme qu'il lui prête ; pourtant, si l'errance de l'auteure a été précoce, sa sédentarisation semble l'avoir été même davantage ; par contre, sa quête semble avoir été toujours la même, tout intérieure, durant et après les déplacements - une quête extrême de l'âme du monde et de la sienne propre, par des voyages qui le furent autant, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus suffisants ou bien plus indispensables...
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xalatan
  13 septembre 2021
J'aime les biographies en général et je me réjouissais de lire la biographie d'Ella Maillart, cette femme suisse dont ma grande tante, née 20 ans après Ella dans le Valais suisse et grande voyageuse elle-même m'avait beaucoup parlé. Alors je suis un peu fâchée avec l'auteur Olivier Weber, il m'a gâché mon plaisir. Il fait des digressions saugrenues, passe d'une époque à l'autre, pour nous faire "rencontrer" une quantité incroyable de personnages plus ou moins connus (de Cendrars à Julien Delpech en passant par Victor Point de la Croisière Jaune dont il précisera plusieurs fois qu'il s'est suicidé) et qui ont soit croisé Ella, soit en sont de grands admirateurs. Ces sauts d'époque, entre les souvenirs d'Ella Maillart et les souvenirs de l'auteur sont à peine indiqués par un retour à la ligne. Et puis soudain, 5 pages sur Ian Hacking et son livre "Les Fous voyageurs" qu'Olivier Weber prend la peine de nous décrire dans les détails... On s'y perd presque. Par ailleurs, j'ai trouvé le style de l'auteur pas assez fluide et un peu trop grandiloquent à certains endroits, étonnant pour un journaliste, j'avais espéré une écriture plus terre à terre. Sinon, j'ai trouvé la vie d'Ella Maillart extraordinaire ! Quelle femme, quelle athlète et quelle personnalité hors du commun !
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
ApoapoApoapo   12 septembre 2021
4. « De son séjour en Inde Ella Maillart rentre transformée. Elle regagne la Suisse en 1945, convaincue que l'Occident demeure hermétique à la sagesse, sourd à son destin, ravagé par la guerre. "Somme toute, j'étais parvenue à comprendre que pour la plupart des Occidentaux l'équilibre, l'amour du prochain, la sagesse seront inaccessibles aussi longtemps que la plus importante partie de nous-même restera ignorée ou encore étouffée par nos vies profanes, axées uniquement sur l'obtention d'une sécurité qui ne peut exister sur le plan matériel." Le constat n'est pas celui d'une voyageuse dépitée de retour au bercail, ni d'une Occidentale brusquement convertie à la sagesse d'Orient. Ella n'est pas aigrie, non, elle accepte ce retour comme un signe du destin et conçoit l'absurdité du monde qu'elle regagne, ce monde trop soucieux de ses deniers. Elle comprend mieux aussi l'absurdité de ses efforts pour rechercher une harmonie profonde. La paix, la vraie paix, n'est pas au bout du chemin, songe-t-elle, mais au fond de soi. » (pp. 343-344)
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MELANYAMELANYA   30 septembre 2021
Il est dans tout grand voyage un point d’orgue,un moment de flottement où les odeurs et les envies se mélangent, comme si ce moment-m) comportait une interrogation, porteuse des doutes et en même temps des certitudes : pourquoi poursuivre la route… Partir, c’est s’attacher et s’arracher, disait Nicolas Bouvier. S’attacher à un lieu, se souvenir de ses racines, retrouver dans une halte les ingrédients de la grande recette, celle des origines. Et puis s’arracher, repartir, avec des regards à la fois devant et derrière comme un métronome obstiné. Qu’est-ce que je laisse ? Se demandait Ella Maillart. Qu’est-ce que je vais retrouver devant ?
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MELANYAMELANYA   30 septembre 2021
Pour survivre, elle donne des conférences, dans la vallée de Sion, à Genève, parfois à Paris. Veut-elle voyager ? Elle contacte une agence de Genève qui lui propose d’accompagner quelques voyageurs en Indonésie, en Inde et au Népal. Dans sa tête, lorsqu’elle regarde depuis la terrasse de Chandolin les montagnes avoisinantes, se mêlent déserts terribles et plateaux interdits, monastères reculés et yourtes de nomades au sourire doux. Elle voyage encore vers toutes les villes magiques qu’elle n’a pas connues. C’est ainsi qu’elle retourne plusieurs années de suite en Asie, notamment sur la côte du Kerala, dans le sud de l’Inde, pour un mariage de brahmanes, à Trivandrum, « la ville du Serpent sacré », en 1951, ou pour une visite au sage Sri Krishna Menon, quatre ans plus tard ».
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MELANYAMELANYA   15 juin 2021
Je devais repartir à la rencontre de Kini, ombre portée du désir nomade, même morte, croiser des chemins, dormir dans les caravansérails de ses haltes, flaire la passion des steppes. Remonter le cours du fleuve Ella M., forcément impétueux, à son embouchure devant l’éternité mais aussi aux confins de son amont. Comprendre les certitudes et les affres de cette silhouette obsédante. Répondre aussi à sa sempiternelle question, qui reprenait celle de Cendrars :
Qu’est-ce qu’on fout ici ?
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MELANYAMELANYA   15 juin 2021
Quel incroyable patchwork de races et d’ethnies recèle le Caucase ! Se dit Ella Maillart. Dans cette vallée reculée, où la ville la plus proche est à quatre jours de marche par des défilés et cols praticables trois mois seulement par an, et dont le nom est ignoré par nombre de Russes et même de Caucasiens sondés par Ella, les hommes portent des mocassins de cuir bourrés d’herbe sèche, des caftans épais serrés à la taille, et ils circulent en traîneaux tirés par des bœufs.
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